Madagascar, Côte d’Ivoire: Qui sont donc ces français qui se disent aux côtés des locaux? La Françafrique.

Incroyable réalité, vérité malsaine : Un malgache, un français ou le malgache avec la double nationalité ? Une analyse sociale, politique et économique à partir de faits personnels, historiques et actuels… La France à Madagascar, leur psychologie « arrogante » qui perdure, bref la françafrique est toujours vivante.  

MCM de Paris. 

 

 

 

 Madagascar – Que la France quitte pour de bon !

François Goldblatt se sent aisé dans ses bottes d’ambassadeur de France de fournir des arguments gênants, quoique pertinents, justifiant la justesse de la position du gouvernement français dans la crise malgache actuelle. S’il avait pris la largesse d’un discours digne d’une belle histoire, fade et mièvre, pour dénuer la situation qui prévaut à Madagascar actuellement, c’est que sa diplomatie avait peut-être la mémoire courte, pour ne plus se souvenir de l’origine de ce qu’avait tout provoqué « le déclin » du pays.

En 2009, la mémoire collective malgache avait bien retenue que c’était le gouvernement français qui avait travaillé dans l’ombre pour arrêter l’essor économique déjà sur les rails par le biais d’un coup d’Etat militaire, dirigé par un civil et ancien DJ, visant particulièrement l’ébranlement d’un régime Ravalomanana qui n’arrangeait point les intérêts français. A l’époque, en 2009, la France avait oublié son fabuleux discours qui exprime, en affabulateur bien garni par les stylistiques et sémantiques apparemment imposant, « la fidélité à ses valeurs » démocratiques et républicaines. Le gouvernement français a été pointé du doigt par certains observateurs d’avoir déployé tous les moyens utiles afin de déstabiliser le régime d’alors, et de faire écrouler de son piédestal le pouvoir de Marc Ravalomanana, qui découlait ainsi à la fuite de la famille de ce dernier et des ses proches collaborateurs sous la menace des armes des militaires qui suivaient les directives des politicards malgaches lesquels ont été intelligemment manipulés par la France. Et quand le jeune démagogue de la place du 13 Mai avait dû un jour jeté l’éponge après l’essoufflement de son mouvement en 2009, l’ambassade de France lui avait accueilli chez lui à Ivandry pour recevoir des réconforts. Que la France fasse ainsi la transparence autour des plusieurs voyages de Andry Nirina Rajoelina, et d’un certain Norbert Ratsirahonana à Paris en 2008, pour des entretiens privés avec des responsables politiques français autour du projet de putsch de 2009. L’accointance du gouvernement français avec les putschistes se laissait ainsi confirmé après la visite de courtoisie, à l’allure d’une véritable reconnaissance, du tout nouvel ambassadeur de France, Jean-Marc Châtaigner, chez Andry Nirina Rajoelina, au lendemain du coup d’Etat de 17 mars 2009. L’ancien DJ avait reçu des plus belles critiques de la Communauté internationale comme le plus jeune des putschistes, à cette époque, mais le gouvernement français s’en réjouit pour avoir mis à la porte un régime qui lui est hostile. La France était alors devenue sourde et muette des valeurs républicaines, démocratiques, qu’elle avait éperdument soutenues du moins pour raconter des blagues à l’opinion publique internationale. Nul ne peut douter ainsi que la France était derrière Andry Nirina Rajoelina, en 2009. Ce dernier étant sa marionnette. Actuellement, en jouant l’offensive contre l’ancien DJ, la France essaie de tromper l’opinion. Brandir des sanctions, s’occuper carrément de son sort à celui qui lui a valu un héros pour sauver ses intérêts, était une pratique courante de la diplomatie française. Malheur était donné à la famille de Mouammar El-Kadhafi, lorsque son régime avait dépassé le seuil de la mission voulue par Paris dans le tourbillon des relations internationales. Et en 2009, Madagascar était mis complètement à plat, à genoux. Son économie touche le fond et les investissements se sont envolés en éclat. Le chômage déjà inquiétant, ne cesse de grimper avec le départ de centaines d’investisseurs étrangers. Toute cette histoire, indélébile dans la mémoire collective du pays, est-elle retenue par le gouvernement français, qui, actuellement, fait comme si de rien n’était à cette époque et que sa responsabilité n’est qu’illusoire ?
Selon François Goldblatt, « le bilan des cinq dernières années est plus particulièrement éloquent : plus de 8 milliards de dollars d’écart entre ce qui aurait pu générer l’économie et ce qu’elle a effectivement produit ; une aggravation de plus de 50 pour cent de la malnutrition aiguë des enfants dans certaines zones ; une augmentation de 600 000 du nombre d’enfants non scolarisés ; une dégradation marquée des infrastructures routières, sans oublier la réduction drastique de l’accès aux services sociaux de base, l’affaiblissement visible de l’Etat de droit, les atteintes portées à la pluralité des médias et à la neutralité du service public de l’information, ainsi que la recrudescence palpable de la délinquance ». C’est la triste vérité de l’histoire. Une vérité implacable. Cet ambassadeur avait-il conscience de la véracité de ce bilan, aussi accablant que désastreux, que son gouvernement avait provoqué en 2009 par l’avènement d’un régime d’ignorants et d’intéressés qu’il avait soutenu. Maintenant, la France en fait les frais de sa propre turpitude. En tout cas, Andry Nirina Rajoelina a raison lorsqu’il a, lui, refusé le mariage gay à Madagascar, contrairement au gouvernement de François Hollande qui l’avait adopté.
Par extension, le gouvernement français est responsable de ce que le pays est en train de vivre actuellement. Et si Andry Nirina Rajoelina s’occupe « ces derniers temps d’échafauder des calculs, car aveuglé par leur propre schéma réducteur », mais qui, en réalité échappaient aux projections du gouvernement français dans la gestion de la crise malgache, c’est une affaire qui doit se régler entre le concerné et ses mentors qui vivent sous les cieux de Paris. Et si la « marque de fabrique de Madagascar » est hélas le « déclin » selon François Goldblatt, et si « 92% de la population malgache vivent sous le seuil de pauvreté » avec « une contre-performance économique qui sévit le pays », c’est que le gouvernement français l’avait souhaité en créant le coup d’Etat de 2009. Et voilà que le pays est plongé dans un marasme incommensurable depuis 2009. « La stagnation à un niveau médiocre de l’indice de développement humain, l’envolée du commerce illicite de pierres et de bois précieux, l’absence de garde-fous à la corruption, ou les dysfonctionnements de l’appareil judiciaire », savoure ainsi François Goldblatt. Une belle performance d’appauvrissement est en train de se constituer dans le pays depuis 2009, date à laquelle la France avait béni Andry Nirina Rajoelina au pouvoir. La crise politique actuelle, la France était à son origine, son auteur, son concepteur.
Madagascar avait perdu tout ce qu’il avait et tout ce qu’il était auparavant. Les millions de Malgaches pleurent de la gloire qu’ils auraient dû vivre si une crise politique ne s’est pas produite par une main française en 2009. Si une classe politique en mal du sens de l’Etat ne s’était pas laissé manipuler par une bande de sournois étrangers. Si le régime politique du pays n’a pas été interrompu par une pratique machiavélique et malveillante, conçue depuis Paris. Et si actuellement François Goldblatt se désintéresse de Madagascar, qu’il quitte pour de bon le sol malgache. Et si « l’attention des responsables français est captée par de multiples dossiers, souvent sensibles, parfois stratégiques, tels que, ces derniers mois, le Mali et la Syrie », selon toujours cet arrogant ambassadeur, que son gouvernement quitte une bonne fois pour tout le processus de sortie de crise à Madagascar et qu’il aille voir ailleurs. D’ailleurs, cet ambassadeur français est décrié par son indifférence vis-à-vis de certains ressortissants Français dans le pays. A force de jouer avec le feu, la France finit par se brûler les ailes. Comme elle avait autant prouvé dans plusieurs scandales qui ont secoué sa République. A l’instar de l’Anglogate, qui a défrayé la chronique internationale, à propos d’un des plus grands trafics d’armes de la planète et dont plusieurs politiciens français sont cités par la Justice. Notamment, selon Paul-Loup Sulitzer dans son livre « Angolagate », Charles Pasqua, Jean-Charles Marchiani, Jean-Christophe Mitterand, George Fenech, le général Mouton de l’armée française.

Lettre ouverte par Christian Chadefaux (journaliste français)
Vous allez recevoir ce mercredi 7 décembre au palais de l’Élysée et pour un entretien, Andry Rajoelina, le jeune DJ-putchiste de Madagascar qui ne doit qu’à vous, La France, d’être « président » d’une transition qui s’éternise et s’enlise dans le marigot post-colonial de la françafrique. Votre ambassadeur à Antananarivo, Jean-Marc Châtaignier, n’en est-il pas un pur rejeton, puisque son père spirituel n’est autre qu’Alain Joyandet, votre ex-ministre de la Coopération ? Monsieur le Président, souvenez-vous… Le petit Rajoelina s’est réfugié à l’ambassade de France au plus chaud des événements du début 2009 dans la capitale malgache, réflexe normal pour un citoyen français, fils d’un général français, menacé par des étrangers, fussent-ils, aussi mais accessoirement, ses compatriotes… Quel profil idéal que cette marionnette pour remettre la main sur Madagascar, après en avoir été relativement chassé par le petit laitier Ravalomanana. Si le Quai d’Orsay, qui compte quelques vrais diplomates éclairés et fins connaisseurs de Madagascar, était encore écouté au lieu de la racaille françafricaine de la cellule élyséenne « spécialisée », il vous conseillerait, plutôt, de tout faire pour que Ravalomanana revienne au pouvoir. Grâce à vous, La France. Si votre ambassadeur à Antananarivo dispose de quelques heures de travail entre les défilés de mode, l’inauguration de pissotières (!) et ses altercations publiques avec un député malgache, il devrait savoir que la grande majorité de la population malgache, qui n’est pas celle qu’il fréquente, attend le retour de Ravalomanana avec impatience. Alors… Ne serait-il pas intelligent et sage de contribuer à ce retour, puisque de toute façon, il reviendra au pouvoir. Et comme c’est vous, La France, qui l’en avez chassé et qu’il est réputé très rancunier, vous pourrez faire une croix sur ce fleuron de la colonisation française. Monsieur le Président, Vous êtes informé, chaque jour, du nombre de morts en Syrie, comme vous l’avez été pour la Libye, la Tunisie, l’Afghanistan, l’Egypte… Savez-vous combien de Malgaches meurent chaque jour de faim, de manque de soins, de désespérance, de violences économiques dans un pays en paix et qui ne connaît pas et n’a jamais connu de guerre civile ? Quelle belle prime l’Occident offre-t-il, là, à la paix et à la sagesse. Et quelle chance vous avez, vous, La France, que les Malgaches soient si gentils, à l’image de celui, servile et docile, que vous allez recevoir… Monsieur le Président, Ah ! Oui… « L’Africain n’est pas entré dans l’Histoire », ou quelque chose d’aussi subtil… Qui l’en a empêché ? Vous, La France. ! En effet, pourriez-vous me citer une seule ancienne colonie française qui n’est pas, aujourd’hui et plus de 50 ans après « Les soleils des indépendances », passez-moi l’expression, même si vous en êtes, dit-on, coutumier : dans la merde ? ! Vive La France.

Christian Chadefaux. Publié dans: La Nation.mg

M/car. Mr Goldblatt pris en flagrant délit d’ingérence (interview). La Françafrique est bien vivante. Dossier : Impôt colonial et coups d’état.

Aveu d’ingérence flagrante sur tous les tableaux (Hery, Mapar, Hcc, Assemblée nationale, Ces, les éléctions passées et futures…). Mais dites nous Mr l’ambassadeur, un diplomate étranger en poste à Paris, a-t-il  le droit d’émettre des jugements -et politiques de surcroit- de critiquer ou de féliciter des partis, des personnalités politiques ou civiles comme vous venez de le faire ? NON, évidemment. Toujours dans un sens mais jamais dans l’autre. Eternel donneur de leçons et gendarme !!! triste et amusant à la fois.

Pour un diplomate donc, pas très fûté notre « malheureux » ambassadeur. Il y a beaucoup à dire sur cet « interview conquérant » du représentant d’un pays, que nous considérons comme colonisateur. Juste deux points cependant, car Mr Goldbatt ne mérite pas d’être hissé sur le podium de la « vraie diplomatie » : Primo c’est un « artiste » (je n’ai pas dit goujat) qui se croit « fin » et « stratège ». Ensuite, il creuse un peu plus le fossé, déjà « profond » entre les malgaches et les autorités françaises. A ce rythme c’est la haine qui va s’installer bientôt et durablement.

Il doit être aveugle et sourd : Son pays n’est pas notre « bien aimée », et les français à M/car sont déjà considérés comme des adversaires, à cause de cette ingérence éhontée de leur « politique françafricaine » qui perdure

.

Responsables et coupables (Le palais et le Quai d’Orsay). Et nous comprenons  maintenant pourquoi les français (chers touristes faites attention à vous) ne dorment plus que d’un oeil  chez nous : Beaucoup subissent des actes de violence… Mais ce sont des victimes innocentes de la françafrique, au même titre que le peuple malgache.

MCM de Paris.

François Goldblatt : « Madagascar a réussi à vaincre ses démons »
François Goldblatt

09.05.2014 | 9:20 Actualités, Politique0

L’ambassadeur de France à Madagascar met les responsabilités du divorce du Mapar et Hery Rajaonarimampianina sur le dos de l’intransigeance du premier. Il défend également les décisions de la nouvelle Haute cours constitutionnelle (HCC).

• Pensez-vous que Mada­gascar est définitivement sortie de la crise politique  ?
– Dire que la crise est finie serait vouloir prédire l’avenir avec un degré de certitude dont je ne peux me targuer. J’ai envie de dire qu’on a franchi des étapes très significatives par rapport à la situation dans laquelle nous étions, ne serait-ce qu’il y a un an, voire même six mois. Vous vous souvenez de l’année  2013 extrêmement compliquée, chaotique, avec des coups d’arrêts brutaux dans le processus. Je ne vais pas faire l’historique de toutes les étapes qui nous ont amenés jusqu’aux scrutins, mais je dirai que par rapport à cette situation, j’ai un peu le sentiment que Madagascar a réussi à vaincre ses démons  qui sont de  refuser à croire en son avenir, à se sentir immobilisée, asphyxiée par une situation dont certains pensaient qu’on ne pouvait pas en sortir. Le chemin, c’est vrai, n’est  pas totalement terminé, puisqu’il y a encore les communales qui déboucheront sur les sénatoriales. Mais enfin, nous avons fait 90% du chemin et nous sommes très satisfaits de l’aboutissement de la situation.

• Une des préoccupations majeures de la communauté internationale durant la médiation a toujours été que la crise cyclique ne se répète plus. Le schéma actuel permet-il de l’espérer  ?
– Justement, la première condition à réunir, c’est que les Malgaches cessent de croire que la ou les crises sont à caractère cyclique. C’est à dire qu’il y a une notion de fatalité, même s’il est vrai que les crises sont revenues régulièrement depuis l’Indépendance. Mais en même temps, le cadre institutionnel évolue, le noyau juridique se solidifie, l’appui des partenaires se perpétue, donc, il n’y  a pas de raison de croire que, parce que les choses se sont passées ainsi, elles doivent fatalement se répéter. Je crois que, si je peux me le permettre, le premier travail que les Malgaches doivent faire,  c’est quasiment un travail sur eux-mêmes, consistant à avoir confiance en eux, en leur destin, en la solidité des institutions. Pour que les choses fonctionnent dans un pays, il faut que les citoyens fassent confiance en leur État, en leur gouvernement, et croient en leur capacité à progresser.

• Ce qui s’était passé à l’Assemblée nationale ne traduit-il pas un problème de fond qui démontre que le pays n’est pas encore
sorti de l’auberge  ?
– La situation à l’Assem­blée nationale n’est pas claire que pour ceux qui refusent de regarder la réalité en face. Une première élection (NDLR : du bureau permanent) a eu lieu, mais elle a eu la censure de la HCC parce que le règlement intérieur sur lequel a été basé le scrutin n’a pas été validé comme la constitution l’impose. À partir du moment où l’on tient compte de cette réalité, il était attendu et compris, y compris par la principale intéressée, qu’il allait y avoir une nouvelle élection. Il n’y a pas eu de surprise sur ce qui s’était passé la semaine dernière puisque c’était la suite logique d’une décision de la HCC. Je pense qu’une partie de l’opinion et une immense partie de la représentation nationale malgache, comme le montrent les 111 députés qui ont voté pour le nouveau Président, l’ont compris. J’ai le sentiment que ceux qui continuent d’agiter l’idée d’une crise feignent de regarder la réalité, pas seulement politique mais tout simplement juridique, en face.

• Beaucoup pensent que les pratiques de la Transition, qui recourent  à des gymnastiques juridiques pour arriver à des fins politiques, continuent. Qu’en pensez-vous  ?
– Si vous parlez des deux avis sortis dans un intervalle de deux ou trois mois de la HCC sur l’article 54 de la constitution, il faut être précis et  ne pas faire un raccourci. Je ne crois pas que  la HCC, dans son deuxième avis, contredise  ce qui a été dit deux mois plus tôt. Elle ne se déjuge pas et en précise simplement la portée, que cet avis étant un avis, il n’a pas la portée obligatoire ou la force exécutoire d’une décision. Donc, je ne vois pas en quoi il y aurait eu gymnastique.

Ce qui est important, c’est que les cours constitutionnelles ne trahissent pas le droit.

• Mais le soupçon de l’opinion sur la partialité de la HCC est inévitable du moment qu’on touche partiellement à la composition de ses membres à un mo­ment aussi critique. Cela ne posera-t-il pas de problème après  ?
– Je peux comprendre que cette suspicion puisse exister, mais prenez en compte toutes les circonstances. La HCC, lorsqu’elle s’était  prononcée pour la première fois sur l’article 54, était composée de membres dont le mandat a expiré depuis 2010. La situation n’était pas idéale. D’ailleurs, elle ne l’est toujours pas, puisque le Président a nommé trois nouveaux membres. Mais, pour les au­tres, ce mandat a expiré depuis une période significative. C’est un héritage de la Transition, mais je ne crois pas que ce soit un choix cynique des autorités en place.

• Vous qui représentez un pays aussi démocratique que la France, pouvez-vous donc attester qu’il n’existe aucune violation de la Consti­tution dans tout ce qui se passe aujourd’hui  ?
– Je ne peux pas m’ériger en juge constitutionnel. Mais en tant que juriste,  je dis que forcément, et c’est le cas dans toutes les cours constitutionnelles du monde, puisque nous sommes dans le domaine constitutionnel et que la constitutionnalité des textes renvoie à l’équilibre du pouvoir au sein d’un pays, et qu’en sus des considérations juridiques, il y a bien évidemment des considérations politiques. Ce qu’il faut, c’est que le droit ne perde jamais sa prééminence. C’est-à-dire que, lorsqu’il y a une zone d’incertitude et qu’elle est utilisée par la cour pour servir un tel objectif politique, que la façon dont la cour sert cet objectif politique en cause ne soit pas en contradiction avec le droit. Là où vous avez raison, c’est qu’il y a un jeu, une marge de manœuvre, un espace pour dire qu’en l’absence d’une plus grande clarté du texte, on peut donner une prééminence à tel ou tel facteur. C’est là qu’il y a une marge d’appréciation effectivement de la part des différentes cours constitutionnelles du monde. Tout cela pour dire qu’il n’y a pas une anomalie spécifique à Madagascar. Ce qui est important, c’est que les cours constitutionnelles ne trahissent pas le droit.

• Pourriez-vous être plus explicite  ?
– Je ne peux pas vous répondre sans revenir à l’épisode indécent du mois de mai 2013. Pourquoi cette réaction aussi forte, aussi massive, aussi vigoureuse, aussi tonitruante de la communauté internationale à cette époque    C’était parce que cette fois-là, la Cour électorale spéciale trahissait le droit. On était au-delà du jeu normal de l’interprétation quand cette cour décidait  qu’une candidature qui était déposée cinq jours après le délai, était dans le délai. C’était un flagrant délit. Contrairement à ce qui s’était passé en mai 2013, les choix qui sont faits par la cour ces derniers mois sont dans la marge d’appréciation.
• Au final, la France est donc satisfaite de la tournure des choses et des hommes qui sont arrivés au pouvoir
– Nous sommes d’abord satisfaits de l’aboutissement de ce long processus. Cette transition a beaucoup duré, qu’il n’était plus possible de coopérer avec un régime qui a supposé, année après année, à supposer qu’il y ait eu un début de légitimité à un certain moment, ne pouvait plus en avoir aucune à l’issue de ces années d’attente. Il était clair, et ceux qui étaient au pouvoir le savaient, qu’ils n’avaient pas vocation à s’installer durablement. La transition devait être transitoire et lorsqu’elle s’installe dans la durée, elle n’est plus une transition. La France, c’est vrai, a accompagné cette
tran­sition parce que nous avions l’espérance, l’assurance de ceux qui étaient là qu’ils étaient là de manière transitoire et leur objectif
était de remettre le pouvoir à un gouvernement élu démocratiquement. Ce que nous avons pu croire pendant un an ou deux, devenait chaque année de plus en plus difficile à croire.

• Le Président a mis deux mois pour nommer un Premier ministre. Pensez-vous qu’il pourrait relever tous les défis qu’il a annoncés   ?
– En effet, il a fallu deux mois et cette attente a été longue pour nous tous, mais en même temps, tant qu’il n’avait pas cet avis de la HCC précisant la portée du premier avis, le Président pouvait difficilement s’arroger la possibilité de faire autre chose que ce que le premier avis lui imposait. Le premier avis ligotait le Président et faisait de lui l’otage d’un parti minoritaire à l’Assemblée. Une majorité relative n’est pas une majorité absolue. 49 députés sur 151, cela ne fait pas 50%. Dans son premier avis, la HCC disait qu’au seul motif qu’il était arrivé en tête devant les autres, avait seul l’exclusivité de désigner le Premier ministre. Cela allait extrêmement loin et signifiait que la clé de désignation du Premier ministre passait nécessairement, sans aucune autre solution possible, par la case Mapar.  Il y a eu des discussions, il y a un nom qui a été proposé et ce nom n’a pas été accepté. Et nous, ambassade de France, nous comprenons que ce nom n’a pas été accepté parce que ce nom est celui d’une personnalité hautement problématique.

• Qu’entendez-vous par hautement problématique   ?
– Je préfèrerais remettre cela à un autre entretien  parce que les faits en question, sont d’une haute gravité. Donc, je comprends que le Président n’ait pas donné suite. Nous comprenons que le Président a essayé d’obtenir du Mapar d’autres noms, plus acceptables. Mais selon notre compréhension des choses, le Mapar n’a rien fait, alors même que le Président a, pendant de longues semaines, tenté d’obtenir d’autres noms plus acceptables. Donc, si vous cherchez des responsabilités dans l’échec de ces longues discussions, en ce qui me concerne, je les chercherais bien davantage du côté de l’intransigeance du Mapar plutôt que celui d’une hypothétique indolence du Président qui ne m’apparait pas du tout caractérisé. Il a beaucoup tenté, il a beaucoup attendu, il a beaucoup donné ses chances au Mapar. Mais, ce dernier, dans ma compréhension, a choisi la confrontation, l’intransigeance et le Président a fini par en tirer les conséquences. Mon interprétation est que le Président était conscient du poids du Mapar initial, 49 députés, pour avoir tenté d’accommoder les vœux de son parti.

• La France est devancée par d’autres pays dans l’annonce des aides pour Madagascar. Y a-t-il encore des hésitations   ?
– Il n’y a pas de causes spécifiques. D’abord, nous avons attendu que les institutions soient en place. La nomination du Premier ministre et la formation du gouvernement remontent à quelques semaines. Les autorités françaises sont en train d’absorber ce développement et elle se prépare à faire des propositions et nous devrions normalement avoir une visite ministérielle, courant juin, avec un membre du gouvernement français, spécialement en charge de la coopé­ration et du développement, et qui, je pense, apportera les nouvelles que vous attendez impatiemment.

http://www.lexpressmada.com/blog/actualites/francois-goldblatt-madagascar-a-reussi-a-vaincre-ses-demons-10367

 

Françafrique.3 Mai 2014, M/car tribune.

Le saviez-vous ? 14 pays africains contraints par la France à payer l’impôt colonial pour les “avantages” de l’esclavage et de la colonisation

Le saviez-vous ? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !

Lorsque Sékou Touré de Guinée décida en 1958 de sortir de l’empire colonial français, et opta alors pour l’indépendance du pays, l’élite coloniale française à Paris s’est indignée, et dans un acte de fureur historique, demanda à son administration alors en place en Guinée de détruire, dans tout le pays, ce qui représentait, à leur yeux, les avantages de la colonisation française.

Trois mille Français quittèrent le pays, en prenant tous leurs biens et détruisant tout ce qui ne pouvait être déplacé : les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique furent détruits, les voitures, les livres, les médicaments, les instruments de l’institut de recherche, les tracteurs ont été écrasés et sabotés ; les chevaux, les vaches dans les fermes ont été tués, et les nourritures entreposées furent brûlées ou empoisonnée.

Le but de cet acte scandaleux était bien évidemment, d’envoyer un message clair à toutes les autres colonies sur les conséquences du rejet de la France.

Le fait est que peu à peu, la peur s’empara des Élites Africaines, et après ces événements aucun autre pays ne trouva jamais le courage de suivre l’exemple de Sékou Touré, dont le slogan était : “Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage”.

Pour les pays nouvellement indépendants il fallut trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, un petit pays d’Afrique de l’Ouest, trouva une solution susceptible de calmer les Français :

Ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte colonisation proposé par De Gaule, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française.

Ce furent les seules conditions de la France pour ne pas détruire le pays avant de partir. Toutefois, le montant estimé par la France était si grand que le remboursement de la soi-disant « dette coloniale » était proche de 40 % du budget du pays en 1963.

Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA ( franc des colonies françaises d’Afrique ), et créa la monnaie du pays.

Le 13 Janvier 1963, trois jours après, qu’il ait commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s’empara et tua le premier président élu de l’Afrique indépendante : Olympio fut exécuté par un ex Légionnaire français, le sergent de l’armée Etienne Gnassingbé qui, au passage, reçu à ce moment une prime de 612 dollars de l’ambassade française locale pour le succès de sa mission. Le rêve de Olympio était de construire un pays indépendant et autonome. Mais l’idée ne correspondait pas aux volontés françaises.

Le 30 Juin 1962, Modiba Keita, le premier président de la République du Mali, décida également de se retirer du système monétaire FCFA (imposé à 12 pays africains nouvellement indépendants).

En effet, pour le président malien, qui se penchait plus vers une économie socialiste, il était clair que la colonisation qui perdurait avec ce pacte avec la France, devenait un piège, un fardeau pour le développement du pays. Le 19 Novembre 1968, comme, Olympio, Keita sera victime d’un coup d’état mené par un autre ex légionnaire français des Affaires étrangères, le lieutenant Moussa Traoré.

De fait, durant cette période turbulente où l’Afrique combattait à se libérer du joug de la colonisation européenne, la France usera à nombreuse reprises de mercenaire anciennement affiliés à la légion étrangère pour réaliser des opérations coup de poings contre les présidents nouvellement élus :

  • Au 1er Janvier 1966, Jean- Bedel Bokassa, ex légionnaire français, portait un coup d’état contre David Dacko, le premier président de la République centrafricaine.
  • Le 3 Janvier 1966, Maurice Yaméogo, le premier président de la République de Haute-Volta, aujourd’hui appelé Burkina Faso, a été victime d’un coup porté par Aboubacar Sangoulé Lamizana, un ex légionnaire français qui a combattu avec les troupes françaises en Indonésie et en Algérie contre ces pays l’indépendance
  • Le 26 Octobre 1972 Mathieu Kérékou qui était un garde de sécurité au président Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, a porté un coup d’état contre le président, après avoir fréquenté les écoles militaires françaises de 1968 à 1970.

En fait, au cours des 50 dernières années, un total de 67 coups d’état qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex- colonies françaises, ce qui signifie que 61 % des coups d’états en Afrique ont été initiés dans d’anciennes colonies françaises.

Nombre de Coups d’Etat en Afrique par pays

Ex colonies françaises Nombre de coup d’état
Togo 1
Tunisie 1
Côte d’Ivoire 1
Madagascar 1
Rwanda 1
Algerie 2
Congo – RDC 2
Mali 2
Guiné Conakry 2
Congo 3
Tchad 3
Burundi 4
Centre Afrique 4
Niger 4
Mauritanie 4
Burkina Faso 5
Comores 5
Total …………………………. 45
Autres Pays Africains Nombre de coup d’état
Egypte 1
Libye 1
Guiné Equatorial 1
Guiné Bissau 2
Liberia 2
Nigeria 3
Ethiopie 3
Ouganda 4
Soudan 5
Total …………………………. 22

Comme ces chiffres le démontrent, la France est tout à fait désespérée, mais active à conserver une forte emprise sur ses colonies peu importe comment, peu importe le prix.

En Mars 2008, l’ancien président français Jacques Chirac a déclaré : « Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans le rang de troisième puissance [ du monde ] “

Le prédécesseur de Jacques Chirac François Mitterrand déjà prophétisé en 1957 que : « Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’histoire au 21e siècle” En ce moment même où j’écris cet article, 14 pays africains sont obligés par la France, à travers le pacte colonial, de mettre 85% de leurs réserves à la banque centrale de France sous le contrôle du ministère des finances français.

Jusqu’à maintenant, en 2014, le Togo et environ 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale en France. Les dirigeants africains qui refusent sont tués ou victimes de coup d’état. Ceux qui obéissent sont soutenus et récompensés par la France grâce à un style de vie somptueux, tandis que leurs populations endurent la misère et le désespoir.

Les dirigeants africains travailleraient dans l’intérêt de leur peuple s’ils n’étaient pas constamment harcelés et intimidés par les pays coloniaux. En 1958, effrayé des conséquences de son choix d’indépendance face à la France, Léopold Sédar Senghor a déclaré : « Le choix du peuple sénégalais, c’est l’indépendance, ils veulent qu’elle ait lieu seulement dans l’amitié avec la France, pas en litige. “

Dès lors la France a accepté qu’une « indépendance sur le papier » pour ses colonies, mais a signé en parallèle des ” accords de coopération “, précisant la nature de leurs relations avec la France, en particulier les attaches envers la monnaie (le Franc), le système éducatif français, les ententes militaires et les préférences commerciales.

Voici les 11 principales composantes de la poursuite du pacte de colonisation depuis les années 1950 :
1- La dette coloniale pour les avantages de la France colonisation
Les pays nouvellement « indépendants » doivent payer pour l’infrastructure construite par la France dans le pays pendant la colonisation.
Je dois encore trouver les détails sur les montants, l’évaluation des avantages coloniaux et les conditions de paiement imposées aux pays africains, mais nous y travaillons ( nous aider avec des informations ).
2- Confiscation automatique des réserves nationales Les pays africains doivent déposer leurs réserves monétaires nationales en France à la banque centrale.
La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961 : Bénin, Burkina Faso, Guinée- Bissau, Côte-d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo -Brazzaville, la Guinée équatoriale et le Gabon.
La politique monétaire régissant un tel regroupement diversifié de pays est simple car il est géré par le Trésor français, sans en référer aux autorités fiscales centrales comme l’UEMOA ou de la CEMAC. Selon les termes de l’accord qui a été mis en place par la banque centrale du CFA, chaque Banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65% de ses réserves de change dans un « compte d’opérations » tenu au Trésor français, ainsi qu’un autre 20 % pour couvrir les passifs financiers.
Les banques centrales CFA imposent aussi un plafond sur le crédit accordé à chaque pays membre à l’équivalent de 20 % des recettes publiques de ce pays sur l’année précédente. Même si la BEAC et la BCEAO ont une facilité de découvert auprès du Trésor français, les traites sur les facilités de découvert sont sous réserve du consentement du Trésor français. Le dernier mot est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.
En bref, plus de 80% des réserves de change de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français. Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politiques monétaires propres. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenues par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement.
Les gains de l’investissement de ces fonds du Trésor français sont censés être ajouté à la réserve de change, mais il n’y a pas de comptabilité transmise aux banques ou aux pays, ni les détails de ces modifications. « Seul un groupe restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français connaissent les montants figurant dans les « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; si il y a un bénéfice sur ces investissements ; ils ont interdiction de divulguer ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des états africains. ” écrit le Dr Gary K. Busch
Il est estimé que la France gère près de 500 milliards d’argent africain dans sa trésorerie, et ne fait rien pour mettre un peu de lumière sur ce côté sombre de l’ancien empire.
La finalité reste : Les pays africains n’ont pas accès à cet argent.
La France leur permet d’accéder à seulement 15 % de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argents détenu au Trésor français. Pour rendre les choses plus tragiques, la France impose un plafond sur le montant de l’argent que les pays peuvent emprunter à la réserve. Le plafond est fixé à 20 % de leurs recettes publiques de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France a un droit de veto.
L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. Voici une vidéo qui parle du système d’exploitation français. Voici une courte transcription de l’extrait : “Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’une grande partie de l’argent dans nos banques viennent précisément de l’exploitation du continent africain”.
3- Droit de priorité sur toute ressource brute ou naturel découvert dans le pays
La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex- colonies. C’est seulement un refus de celle-ci que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.
4- Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques
Dans l’attribution des marchés publics, les entreprises françaises doivent être considérées en premier lieu, et seulement après les marchés étrangers sont considérés. Le fait que les pays africains pourraient obtenir une meilleure offre financière ailleurs n’est pas pris en compte.
En conséquence, dans la plupart des ex- colonies françaises, toutes les plus grosses compagnies et acteurs économiques sont dans la main des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. Idem dans le commerce, la construction et l’agriculture.
En fin de compte, comme je l’ai écrit dans un précédent article, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens !
5- Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des pays
Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les « accords de défense » attachés au pacte colonial, les africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs de formation en France ou dans des infrastructures militaires françaises.
La situation sur le continent est telle que la France a formé et nourri des centaines, voire des milliers de traîtres. Ils sont en sommeil tant qu’ils ne sont pas nécessaires, et activés en cas de besoin pour un coup d’état ou à d’autres fins !
6- Droit pour la France de pré-déployer des troupes et intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts Sous la dénomination « Accords de défense » attachés au pacte colonial. La France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et installations militaires, entièrement gérées par les Français.

Les bases militaires françaises en Afrique

Lorsque le président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire a tenté de mettre fin à l’exploitation française du pays, la France a organisé un coup d’état. Durant le long processus pour chasser Gbagbo du pouvoir, les tanks français, les hélicoptères de combat et les forces spéciales sont intervenues directement dans le conflit, ont tiré sur des civils et tué beaucoup d’entre eux.
Pour ajouter l’injure à l’insulte, la France estime que la communauté d’affaires française a perdu alors plusieurs millions de dollars lors de la ruée pour quitter Abidjan en 2006 (où l’armée française a massacré 65 civils non armés et blessé 1200 autres.)
Après la réussite du coup d’état par la France, et le transfert de pouvoir à Alassane Ouattara, la France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté d’affaires française pour les pertes pendant la guerre civile.
Du fait, le gouvernement Ouattara leur a payé le double de ce qu’ils ont dit qu’ils avaient perdu en quittant.
7- Obligation de faire du français la langue officielle du pays et de la langue pour l’éducation
Oui, monsieur. Vous Devez parler français, la langue de Molière ! La langue française ! Et une organisation de la diffusion de la culture a été créée. Appelée « Francophonie » elle regroupe avec plusieurs branches et organisations affiliées, toutes contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères.
Comme démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous auriez accès à moins de 4% de la connaissance de l’humanité et des idées. C’est très limitant.
8- Obligation d’utiliser la l’argent de la France coloniale le FCFA
C’est la véritable vache à lait pour la France, un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.
Lors de l’introduction de la monnaie euro en Europe, d’autres pays européens ont découvert le système d’exploitation français. Beaucoup, en particulier les pays nordiques, ont été consternés et ont suggéré à la France se débarrasser du système, mais sans succès.
9- Obligation d’envoyer le rapport annuel France du solde et de réserve
Sans le rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit le secrétaire des banques centrales des ex- colonies, et le secrétaire de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances des ex- colonies est effectué par la France banque centrale / du Trésor
10- Renonciation à entrer en alliance militaire avec tout autre pays, sauf autorisation par la France
Les Pays africains en général sont ceux avec le moins d’alliance militaires inter-état. La plupart des pays ne disposent que d’alliances militaires avec leurs ex- colonisateurs ! ( drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux ! ).
Dans les cas où ils souhaiteraient une autre alliance, la France les garde bien de le faire.
11- Obligation de s’allier avec la France en situation de guerre ou de crise mondiale
Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.
Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée, mais quand vous pensez que cela a pris seulement 6 semaines pour l’Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient être utiles pour conserver la « Grandeur de la France ” à l’avenir.
Il y a quelque chose de quasiment psychopathe dans la relation de la France avec l’Afrique.
Tout d’abord, la France est gravement accro au pillage et à l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de la créativité et de l’imagination de l’élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.
Enfin, la France dispose de 2 institutions qui sont complètement gelés dans le passé, habitées par des paranoïaques et psychopathes ” les hauts fonctionnaires ” qui répandent la crainte de l’apocalypse si la France devait être amenée à changer, et dont la référence idéologique vient toujours du romantisme du 19ème siècle. Ils sont : le ministre des Finances et du Budget de la France et le ministre des affaires étrangères de la France.
Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l’Afrique, mais pour les Français eux-mêmes.
C’est à nous que revient de libérer l’Afrique, sans demander la permission, parce que je ne peux toujours pas comprendre par exemple comment 450 soldats français en Côte d’Ivoire pourraient contrôler une population de 20 millions de personnes ?
La première réaction des personnes lorsqu’ils apprennent l’existence de l’impôt colonial français est souvent une question : « Jusqu’à quand ? “
A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 ( près d’un siècle et demi ) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’ abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.
Les Pays africains paient la taxe coloniale depuis les 50 dernières années, donc je pense un siècle de paiement pourrait être de trop.

Mawuna Koutonin .

http://www.madagascar-tribune.com/Le-saviez-vous-14-pays-africains,19894.html

 

MADAGASCAR – La françafrique n’est pas morte, elle y est bien vivante

GTT International Genève – Collectif des Patriotes Malgaches

Madagascar nage en pleine françafrique depuis précisément 4 ans. Actuellement, on entame les dernières étapes avec les élections prévues à partir du 24 juillet 2013 qui, selon la logique françafricaine, devraient légitimer les putschistes esclaves de l’ancienne puissance coloniale.
Le schéma est classique sur le continent africain, le « putschwashing » est déjà passé par la Côte d’ivoire, la Mauritanie, le Mali et maintenant au tour de Madagascar. Le mode opératoire présenté dans le tableau suivant reste le même dans tous les pays concernés :

1- Préparation minutieuse du putsch :
–  Recrutement des « collabos » qui vont accomplir la mission. Profil psychologique commun : acculturés, assoiffés d’euros et de pouvoir, arrivistes,
–  Deal : Bourses pour les enfants, nationalité française, plusieurs liasses d’euros,…
–  Plusieurs réunions en France (Marcoussis par exemple) et à Madagascar (Ambatobé) afin de peaufiner le plan, (Réalisée)

2- Insécurité et quelques troubles qui marquent le début de l’opération. (Réalisée)

3- Diabolisation du Président de la République en place (Affaire Daewoo) (Réalisée)

3- Médiamensonges par la médiatisation nationale et internationale de la diabolisation (Viva, RFI, F24, AFP,…) – (Réalisée)

4- Montée en puissance des troubles pour provoquer le pouvoir en place (Réalisée)

5- Prise / attaque des lieux-clé du pouvoir notamment la radio TV et le Palais présidentiel par une FOULE (mais pas tout un peuple !) bien déterminée, préparée et recrutée (donc payée) pour cette tâche (ex : 7 février 2009).
La réaction défensive du gouvernement légitime est interprétée comme un « massacre ou une répression aveugle et sanglante sur une population innocente »
==> Le chaos s’installe (Réalisée)

6- Mise en place d’un régime de transition conduit par un laquais de la France et qui aura comme missions : engager la réconciliation nationale et mettre en place des élections « démocratiques, libres et transparentes ». (En cours)

7- Préparation et mise en place de tous les instruments permettant de contrôler les élections au profit du candidat de la Françafrique avec la participation de tous les valets et serviteurs nationaux du système (CNOE, CENIT, CES,…) (En cours)

8- Les observateurs et experts électoraux internationaux sont constitués majoritairement d’organismes satellites de la Françafrique (OIF, COI,…) (En cours)

9- Jour J : Qui est élu(e) ? Le ou la candidate de la Françafrique à l’issue d’un mécanisme de fraude électorale savamment organisée. (A venir)

10- Les médias prennent le relais. AFP, RFI et autre France24 se pressent de proclamer « leurs résultats » qu’ils qualifient de provisoires (un semblant de précaution). (A venir)

11- Dans la foulée même, Communiqué de l’Elysée qui annonce à son tour les résultats qui prennent cette fois-ci un caractère définitif et reconnaît « la régularité et la transparence » du scrutin. S’ensuit la félicitation de la personne « élue » et l’appel à la reconnaissance internationale. (A venir)

12- Reconnaissance de la Communauté Internationale à commencer par l’ONU (A venir)

Posons-nous les bonnes questions :
–  Jusqu’à quand accepterons-nous ce néo-colonialisme de la France ?
–  Jusqu’à quand accepterons-nous d’être les éternels vassaux et esclaves de la France ou de tout autre pays étranger ?
–  Jusqu’à quand accepterons-nous que l’avenir de notre pays se décide à Paris ?
–  Qui est-ce qui doit profiter des richesses de Madagascar ? Les Malagasy ou les étrangers ?
–  Est-ce normal que 80% des Malagasy soient dans une situation de pauvreté extrême alors que le pays dispose de ressources naturelles exceptionnelles capables largement de subvenir aux besoins de ses 22 millions de population ?

Il devient urgent que les Malagasy se réveillent et prennent en main la destinée de leur pays en commençant par se débarrasser de ces acculturés, mafias, pilleurs, traîtres, revanchards et criminels qui ne connaissent ni foi ni loi, qui ignorent ce qu’est l’intérêt général. Ce sont eux qui perpétuent la Françafrique. Le combat n’est certes pas facile mais, notre salut en dépendra.

Nous ne sommes pas pauvres mais NOUS AVONS ETE APPAUVRIS

http://gtt-international.blogspot.fr/

URL de cet article 20242
http://www.legrandsoir.info/madagascar-la-francafrique-n-039-est-pas-morte-elle-y-est-bien-vivante.html

 

Ils feront tout (coups d’état, conflits ethniques provoqués, par exemple) pour garder la main mise sur nos richesses naturelles : minières, flore, faune… Repertoriées et localisées depuis le temps de la colonisation.

http://www.fonds-patrimoniaux.mg/gsdl/collect/butana/import/GRANDI.00010101/UTBUFL4547(p.109-120).pdf

 

La Françafrique expliquée par François-Xavier Verschave

 

 

Côte d’Ivoire. Soutien à Gbagbo.

http://soutienetliberte.wordpress.com/association-des-amis-de-laurent-gbagbo/

Albert BOURGI : « L’Afrique a constamment à l’esprit que Ouattara est arrivé dans les fourgons de l’armée coloniale française »

  • Interview du Pr. Albert Bourgi par EventNewsTv Albert Bourgi dénonce la balade de Hollande à Abidjan. Eventnewtv Presse, 19 juillet 2014. [Vidéo, 24 mn]

 

 

La Françafrique en Côte d’Ivoire, au Mali, etc… Manifestation à Paris.

 

 

Juin 2014 à Paris. Manifestation anti Sarkozy, anti Hollande, anti Françafrique. Libérer les prisonniers patriotes africains.

 

 

14 JUILLET 2014 à Tana. Comme un gouverneur l’ambassadeur exige…

la France « exige » des réformes

(La Gazette de Madagascar 15/07/14)

Le discours de l’ambassadeur à l’occasion du 14-Juillet, à la Résidence de France, est toujours très attendu par les observateurs politiques. Lié par un passé commun, l’Hexagone n’est jamais resté indifférent vis-à-vis de l’évolution politique, économique et sociale dans la Grande Ile. Aussi, l’ambassadeur François Goldblatt est-il allé droit au but pour interpeller les nouvelles autorités face à leurs responsabilités dans la gestion des affaires publiques.

Après avoir retracé les étapes accomplies par les Malgaches, la France et la communauté internationale se sont déjà prononcées quant à la restauration de la normalité constitutionnelle depuis le mois de juillet de l’année dernière. Le chef de mission diplomatique français a interpellé le Premier ministre Kolo Roger – représentant le président de la République à ce cocktail à Ivandry– pour mettre en œuvre les réformes tant promises et tant attendues. Et ce, après la consolidation des institutions de la République. En entrant dans les détails des réformes souhaitées, François Golblatt a mis l’accent sur la lutte contre la corruption et le trafic de bois de rose, mais aussi la nécessité pour le gouvernement d’avancer de façon urgente pour assurer la relance économique.

Sur le redressement du pays, François Goldblatt a interpellé le Premier ministre pour que les attentes des Malgaches ne soient pas vaines. L’ambassadeur français exige des actions concrètes et palpables en matière de modernisation de Madagascar dans les meilleurs délais, pour éviter la déception. « Cette attente ne doit pas être déçue. Le temps est maintenant venu, et il s’agit- là d’une urgence vitale, d’entreprendre l’indispensable modernisation de Madagascar ». Le diplomate français a distillé quelques attentes dans lesquelles la France entend apporter son aide : la construction d’infrastructures éducatives, sanitaires, routières, culturelles, environnementales, sécuritaires… Parallèlement, le pouvoir devra aussi amorcer des réformes en matière de pratiques politiques.

En matière des pratiques politiques, la France exige l’adoption par les dirigeants, des principes de bonne gouvernance, notamment sur la lutte contre la corruption, l’assainissement des finances publiques, les trafics de ressources naturelles. Et parlant de trafics illicites, tout le monde fait toujours référence à l’exploitation et l’exportation illicite de bois de rose qui continue de faire la Une des journaux nationaux et étrangers.

Sur le dossier des bois de rose, François Goldblatt a lancé un signal fort sur le traitement de la chasse aux trafics : « …Je pense, nous pensons tous, de façon particulière, à la lutte contre le trafic de bois de rose. Les efforts en matière de lutte contre la corruption seront plus spécifiquement mesurés par la France et la communauté internationale à l’aune de ce qui sera fait sur ce dossier si brûlant ». Les actions du gouvernement, quant à la chasse aux principaux gros bonnets de l’exploitation et l’exportation illicite de bois précieux, seront donc scrutés à la loupe et suivies de près. Pour concrétiser cette lutte, la France et la communauté internationale attendent des réformes au niveau de la Justice, de la sécurité, des finances publiques (assainissement)…

Face à ces défis relatés par l’ambassadeur français, le président de la République devra effectuer un bilan de ses cinq mois de pouvoir. Et de tirer la conclusion si oui ou non, le gouvernement Kolo remplit les conditions indiquées par les bailleurs de fonds concernant la reprise des partenariats. En effet, pour démontrer que le pouvoir œuvre vraiment dans le sens de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit, les personnalités susceptibles d’entacher les actions gouvernementales devront être reconsidérées telles que le Premier ministre Kolo, trop passif, le ministre Ahmad, embourbé dans l’affaire de corruption du Qatar 2022, le ministre Jules Etienne, pour le non paiement de ses loyers qui lui a valu une condamnation à régler ses arriérés. Bien d’autres ministres devront être évalués par rapport au défi à relever. Le chef de l’Etat osera-t-il faire ce pas ?

Lambo T. http://fr.africatime.com/madagascar/articles/pouvoir-rajaonarimampianina-la-france-exige-des-reformes

L’ingérence ne suffit plus… Le cynisme de Goldblatt (ambassadeur de France à M/car) en prime. Il ne va pas nous faire croire qu’il ne connait pas le « néo-colonialisme » ou la « Françafrique » !

Pourquoi pas un meaculpa ? Chirac et Vincent Auriol l’ont fait (les richesses du continent noir que l’Occident a pillé sans vergogne et les massacres de 1947).Vidéos plus bas.

Goldblatt s’autoproclame « leader de l’opposition ». Il parle à la place des opposants malgaches. Il analyse et dénonce la mauvaise gestion du pays depuis 1/2 siècle : Les méfaits de la Françafrique en somme.

Extrait de son discours du 14 Juillet :  » Le peuple malgache ne pourra pas durablement comprendre ou accepter qu’après 53 ans de souveraineté, le revenu par tête ne soit que le centième de ce qu’il est au Nord de la Méditerranée. Il ne pourra pas tolérer éternellement que moins de 10% des terres cultivables soient effectivement exploitées, et que ce pays, vaste comme la France augmentée du Benelux, se contente de surfaces arables 6 fois inférieures à celles sur lesquelles peuvent travailler les agriculteurs français. Combien de temps encore les mères de famille malgaches pourront-elles accepter que 35% des décès d’enfants de moins de 5 ans soient liés à la malnutrition ? Qu’un enfant de moins de 5 ans sur deux souffre d’insuffisance pondérale, et que plus de la moitié enregistre des retards de croissance ? Combien de temps encore les pères de famille de ce pays pourront-ils tolérer que 35% de la population rurale soient affectés par l’insécurité alimentaire, et que la moitié de la population des pôles urbains vive en-dessous du seuil de pauvreté ? Que 7 personnes sur 10 n’aient pas accès à l’eau potable, et que 4 ménages sur 10 ne disposent pas d’installations sanitaires ?»

Les révélations de Chirac

 

Vincent Auriol déclarait benoitement « On a tiré un peu à tort et à travers » (1947).

 

 

Ouattara, Rajoelina, Hery ou les pantins de la France.

 

 

Madagascar, Côte d’Ivoire: Qui sont donc ces français qui se disent aux côtés des locaux ?

Les dignes représentants de le France. 

 

 

Flash ! les rapaces sont de retour dans les rues africaines!

« Le XXIe siècle sera influencé par ce qui se passera non seulement à Rome ou à Moscou ou à Washington, mais aussi en Afrique. C’est la simple vérité d’une époque où nos connexions font disparaître les frontières entre les peuples. »                                                                                                        (Barak Obama à Ghana, le 11 juillet 2009)

 

Berlin 1885 : la ruée sur l’Afrique. Comment les diplomates occidentaux ont décidé de l’avenir de l’Afrique, fixant les règles de sa colonisation.

Depuis quelques années, plus exactement au début du 21ème  siècle, l’Afrique soudainement refait surface dans les media de tous les pays riches de l’occident. Cette fois-ci, le mobile n’est plus autour de l’aide pour combattre le SIDA,  ou  « blood diamond »,  la faim, la sécheresse et autres fléaux que la grande presse impériale  utilise inlassablement pour définir toute une race d’hommes et de femmes. À présent, on parle de préférence du vaste  marché africain. Les chinois furent les premiers à se précipiter vers « la ruée vers l’or ». À un point tel que certains le qualifie de conquête chinoise, en fait une véritable bousculade dans les rues africaines à la recherche aveugle du profit. L’occident traditionnel proteste et contre-attaque. L’Afrique est à sa deuxième reconquête brutale. L’Africain est confus !

En octobre l’an 2000, s’était tenu la première grande conférence interministérielle sino-africaine à Beijing, Chine.  Le forum  a été rehaussé de la présence des deux plus grandes  personnalités politiques du régime de l’époque, dont le président  Jiang Zemin, le vice-président Hu Jintao et une pléiade de chefs d’État, de gouvernements et de ministres. Pékin dépensa une fortune à l’ occasion de la réalisation de ce projet qui allait donner naissance à une puissante organisation d’échange du nom de « Forum China-Africa  coopération », ayant pour sigle FOCAC.

De l’an 2000 à 2012, 5 sommets furent organisés, soit un sommet tous les 3 ans, pour renforcer l’organisation, multiplier ses actions et renforcer ses structures à travers tous les pays Africains. D’ailleurs, la coopération sino-africaine a presque vu ses avoirs doubler, de 5 billions en 2006 à 10 billions en 2010, sous formes de prêts et de dons.  L’objectif de la FOCAC est « de renforcer les échanges et étendre la coopération dans une dynamique pragmatique. Et, promouvoir le dialogue politique et coopération économique tout en cherchant à s’entraider et coopérer mutuellement ».

Depuis lors, les états occidentaux qui font traditionnellement « main basse » sur le continent ont commencé à présenter  visiblement  des signes d’agacement. En particulier, les Etats-Unis d’Amérique. Jusqu’en 2009, l’Amérique fut le plus grand partenaire commercial de l’Afrique avant de se faire buter  le cul par la Chine. Aujourd’hui, cette dernière a investi plus de 215 billions de dollars dans tous les domaines : économiques, financiers,  touchant de plein fouet des pays comme l’Angola, le Zimbabwe, le Soudan, sous la baguette de 300 compagnies majoritairement venues du gouvernement chinois. L’occident a peur.

L’Afrique, encore une fois va  sauver l’occident et l’humanité d’une crise économique et financière sans précédent, comme ce fut le cas au 15ème  siècle. C’est la visée des rapaces. L’Afrique est perçue comme le poumon de l’humanité à cause du sous-développement industriel. On la voit surtout comme la nouvelle panacée  à reconquérir, et ceci de façon précipitée. Si au 15ème  siècle il y avait eu seulement des rapaces  européens, de nos jours il y a les américains et surtout les chinois. Eux,  que les occidentaux considèrent comme des lutins, en pointant du doigt l’agressivité et le pragmatisme avec lesquels ils opèrent.

Comme les Français, les Anglais, les Américains…les Chinois sont tout aussi des rapaces. Ils investissent les lieux et occupent les terres. Donc, le continent est sur le point de vivre un autre pillage encore plus sévère que celui de  l’esclavage, vue l’engouement et le nombre de voraces.

Rappelons que l’esclavage, comme catastrophe humaine,  a fait plus de 15 millions de victimes, strictement dans le continent Africain, sans mentionner les filières sahariennes et Arabes, à un moment où la population mondiale était estimée à 500.000.000 d’habitants.  Aujourd’hui, à lui seul, le continent africain a une population estimée à 1 milliard d’âmes et, on prévoit un accroissement exponentiel  de 2 milliards en 2050 et de 4 milliards de personnes en moins d’un siècle. De façon contradictoire l’occident est stagnant ou marche  à reculons sur le plan démographique.

Il y a un autre aspect qui mérite d’être pris en compte aussi, même quand il n’est pas d’actualité. Dans les années d’avant 1960, trois institutions contrôlaient les citoyens des pays occidentaux: la famille (père et mère), l’école (instituteurs et professeurs) et les prédicateurs (catholiques et protestants). A partir de l’assassinat de John Kennedy, en Novembre 1963, dont tous les détails ont été suivis à la télé, par tout un pays, en direct, jusqu’aux funérailles . Les parents, éducateurs et prédicateurs s’étaient fait piteusement remplacés par la télévision. D’où la naissance d’une « génération super star », c’est-à-dire qui vit au rythme des vedettes de la télévision, du sport, du cinéma et de la musique.  Une descendance individualiste et ingrate. Ce qui a marqué un tournant historique qui allait prendre plusieurs formes, dont la stérilité. L’occident ne peuple plus. On dirait une affinité: « Autant une nation devient plus riche, autant elle peuple moins ». De là intervient la notion de l’immigration, où les populations des pays pauvres se sont expatriés à la recherche des biens volés par les « colons ». Cette fois, nous allons constater à une autre forte forme d’immigration, celle de l’occident vers l’Afrique, ou la richesse est sécurisée ou la pollution n’est pas aussi étendue. D’où la particularité de cette deuxième « ruée vers l’Afrique ».

Si au 15ème  et 16ème  siècle, les européens s’entendirent pour coloniser les pays africains, on n’a pas la garantie qu’on parviendra à un accord pareil au 21ème  siècle, car les peaux jaunes se sont invités de la partie. Ils sont confiants, ambitieux, orgueilleux et puissants. De ce fait, il est fort probable qu’on revive les anciennes méthodes de la guerre-froide à l’intérieur des frontières africaines. Qui plus est, une reconfiguration sur mesure de l’espace géographique africain en fonction des méandres des puissants. Ou, la guerre meurtrière, tout court.

Sans vouloir me verser dans le cynisme ou la démagogie, l’Afrique sera peut-être le catalyseur inconscient et involontaire de la 3ème  guerre mondiale:  la plus effroyable et la plus sanguinaire des guerres, car les enjeux sont de taille.

Les projections sont très  sombres. Les occidentaux, en tête les Etats-Unis d’Amérique, dénoncent « l’invasion chinoise » en Afrique. Effectivement, ils sont plus de 200.000 à prendre résidence sur le continent.  Ce qui inspire de l’effroi. Ils se renforcent diplomatiquement et culturellement. 18.000 bourses d’études sont à la portée des africains pour étudier en Chine, plus de 30.000 reçoivent des formations de base, tout cela pendant une période de deux ans. Les deux parties cherchent à renforcer leurs coopérations.

Jusqu’à présent,  les chinois n’expriment aucune velléité soutenue de s’immiscer dans les affaires politiques des pays où ils sont présents. Mais, pour combien de temps cette « politique apolitique » va-t-elle tenir ? French Howard, un ancien correspondant du « New York Times » pour l’Afrique, dans une interview accordée au « Newyorker » a opiné de cette façon : « Les chinois sont apolitiques dans le sens qu’ils ne sont porteurs d’aucun projet axé sur un système de valeur (chinois), qu’ils tentent d’imposer dans les pays où ils en sont opération. Cependant, ils sont politiques en termes de stratégies adoptées conformément à la réalité de chaque pays africain (…) ».  Ce que Howard French a négligé de mentionner, c’est que les chinois pratiquent « l’art de la guerre » de Sun Tzu. L’économie et les finances d’abord, la politique ensuite. C’est-à-dire, laisser les occidentaux s’empêtrer dans des conflits armés et religieux sans issus, tels que : coup d’état, génocide à la rwandaise, autant que possible, détruisant ainsi davantage leur crédibilité et leur position morale. Le chinois s’imposera alors comme l’alternative du moment, en temps et lieu.

Les chinois ne sont pas dans les rues africaines scandant des slogans maoïstes, ils travaillent avec d’autres objectifs. Profitant de ses succès économiques perceptibles, le régime chinois entend exploiter au maximum cette « manière de voir » son pays dans le monde. Pratiquement, la transition chinoise est réussie. Si on fait exception de la tache  liée au  « massacre de Tiananmen » en 1989, on peut dire que Deng Zao Ping a fait école. Tous les dirigeants d’après s’inspirent des idées de ce dernier. La Chine est en conquête. Les consignes des stratèges chinois sont simples. Sur le terrain, ils n’affrontent pas, ils sont mobiles et extrêmement rapides et tendent à s’unir aux africains comme «  le poisson dans l’eau ». Ils avancent des pions jour et nuit. L’Afrique fait partie de cette stratégie globale de s’imposer comme le nouvel empire mondial.

« La période des chevauchées permanentes » refait surface comme doctrine de domination économique, politique, militaire et culturelle. Les victimes d’hier, sont les victimes d’aujourd’hui. D’où l’importance d’une « démarche mémorielle »  pour contrecarrer la campagne psychologique impériale de reconquête africaine. Certains estiment qu’il est impossible de recoloniser le continent africain et imposer l’esclavage comme idéologie et mode de gouvernement. Ces penseurs oublient que le colonialisme n’a jamais été arrêté à aucun moment de l’histoire. Il a été reproduit en fonction d’un « colonialisme pour notre temps », ce qu’on appelle couramment le néocolonialisme. Au contraire, le colonialisme a dépassé les limites raciales pour devenir une affaire de classe,  se démarquant ainsi de la dimension nationale. Aujourd’hui, il est au service de quelques familles multinationales. D’où la grande complexité à cerner  cette réalité .

Le peuple africain, sorti de la dépendance directe de l’Europe, au cours des années 1960, est victime de ce qu’Antonio Gramsci a qualifié de « fausse conscience ». Le fait que les habitants des pays africains n’ont pas pu arriver à former une « conscience africaine », qui aurait donné lieu à une « pensée africaine », aujourd’hui se manifeste une ambiguïté teintée de confusion par rapport à ce sujet d’importance capitale qu’est la « reconquête africaine ». On a fait ce même constat partout, les peuples se désintéressent   des problèmes majeurs qui menacent l’existence humaine, tel que le réchauffement de la planète. Cette attitude est le résultat de «  l’hégémonie culturelle » impérialiste, c’est-à-dire les media, le système scolaire, la religion, pour ne citer que ceux-là. Au lieu de s’unir pour se défendre contre cette nouvelle reconquête, dirigeants politiques et intellectuels africains se battent entre eux. Premièrement, à l’intérieur d’un même espace géographique ou intra-étatique, sous forme de coup d’état, d’insurrection populaire, lutte armée. Deuxièmement, au niveau interétatique, l’africain s’affronte en se déstabilisant l’un, l’autre. Les deux stratégies sont conceptualisées dans des laboratoires de pensée impérialiste pour asseoir en permanence leur autorité exclusive. Les élites « nationales », foudroyées dans des échanges techniques et culturels avec l’occident, n’arrivent pas à compléter leurs missions historiques de « mémoire » du continent. Finalement, nous avons au pouvoir des présidents comme Laurent Gbagbo qui finance les élections de Jacques Chirac, président français,  à coup de 3 millions de dollars. L’africain défend les intérêts de l’oppresseur.

Si bien que le sénat français, par l’intermédiaire de la commission des affaires étrangères/de la défense et des forces armées,  a publié un rapport de 500 pages dactylographiées sur les relations France/Afrique, dans lequel de nombreuses réflexions et propositions ont été faites à la nation, au pouvoir public. Dans cet important document, qui se présente comme un projet sociétal pour le continent africain à travers une vision de la politique extérieure française, les rédacteurs font montre d’un réalisme temporel frémissant lorsqu’ils invitent à, et je cite : « Se départir des préventions postcoloniales et assumer le fait que l’Afrique n’est pas seulement partie prenante de notre histoire, mais aussi un élément clé de notre avenir ».   Le sénat français a insisté sur le retard accumulé par la politique française. Et met en garde pas seulement contre la Chine, « le démon rouge », mais aussi contre les autres pays émergeants, notamment le Brésil, qui sous la direction de l’ancien président Lula, a fait « une percée louverturienne » en Afrique. Encore une fois, l’avenir c’est l’Afrique.

Cependant, je ne constate pas encore le sursaut africain indispensable pour éviter une autre hécatombe. Il faut réaliser que tous les pays occidentaux, la Chine et les autres pays émergeants présentent une vision globale de l’Afrique. Cette dernière n’est pas prise sous forme morcelante de nationalités. Cela nous mène à la vision globale du « guide libyen » qui rêvait d’un gouvernement unique pour l’Afrique, Mouammar Kadhafi et bien avant lui, Kwameh Nkrumah du Ghana. Cela signifie que la résistance africaine doit être continentale. Aucun pays ne survivra seul l’assaut des rapaces. D’où la nécessité pour les États africains de se mettre ensemble pour présenter  un  front commun à travers une vision historique mémorielle et actuelle. C’est possible, parce que de l’Afrique du sud à la Tunisie, de l’Algérie au Mozambique, les problèmes que confrontent les peuples sont les mêmes. Donc, il est faisable d’imposer cette « pensée africaine » aux rapaces.

Nous sommes à la veille de grandes transformations mondiales. Le système imposé par l’impérialisme n’est plus acceptable. Les fissures sont internes et, il n’y a pas de solution réelle.  Dans sa quête de le rafistoler, l’Afrique doit être immolée pour une seconde fois. Aujourd’hui il y a plus de rapaces, il est impossible de satisfaire tous ces appétits. La confrontation parait inévitable entre les anciens et les nouveaux colons. Seule une société civile robuste en Afrique et ailleurs dans le monde peut contraindre à l’échec ces froids calculs mercantilistes. Encore une fois et comme toujours, les peuples restent les maitres de leurs destins. Ce qui se passera en Afrique va définir la nouvelle civilisation que John Lennon a décrit dans « Imagine ».  

Joël Léon

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-16041.html

 

 

Publicités

A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

Pour une prise de conscience citoyenne des Malagasy
Galerie | Cet article, publié dans Non classé, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Madagascar, Côte d’Ivoire: Qui sont donc ces français qui se disent aux côtés des locaux? La Françafrique.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :