Bandits armés (dahalos) et Forces de l’ordre, complicité légalisée. Une honte.

Se réconcilier avec les dahalo

mardi 11 novembre 2014, par Valis


La réconciliation et l’apaisement sont des termes en vogue. Tout le monde en parle sans réellement s’y mettre sinon qu’on s’y met mais chacun à sa manière sans véritablement convaincre toutes les parties et entités impliquées dans ce qui devrait être un travail à l’unisson.

Des criminels avérés ont déposé leurs armes et convenu avec les forces de l’ordre et les autorités gouvernementales, de réintégrer la société normalisée. Ils étaient quelque 600 dahalo au début selon les gendarmes qui les ont pourchassés. Puis d’autres étaient venus grossir les rangs pour atteindre les quelque 3000 individus à procéder à la reddition. Un officier de la Gendarmerie qui faisait partie du contingent affecté à l’opération coup d’arrêt, laisse comprendre que la mort de grands chefs dahalo lors des accrochages est à l’origine de cette démobilisation. De plus les débouchés des butins sont de plus en plus aléatoires car les dahalo à col blanc sont limités dans leurs manœuvres. Aussi, l’alternative viable qui se présentait à ces dahalo était le renoncement à cette vie de débauche et de criminels toujours en fuite. La condition de cette reddition massive était de passer l’éponge sur leurs méfaits, autrement dit, que l’Etat ne les poursuive pas pour les actes commis. En fin de semaine dernière, 4000 autres dahalo ont déposé les armes. Au total donc, ils sont près de 7000 individus anciennement criminels à circuler librement dans la société et à reprendre le chemin des champs et des marchés comme n’importe quel paysan du sud.

Pour des députés élus dans cette partie sud de l’île, la réconciliation se concrétise. Et ce avec la bénédiction et l’appui de la communauté internationale laissent-il entendre. Le PNUD et le gouvernement leur sont venus en aide avec des mesures d’accompagnement. Le Premier ministre, très fier de la tournure des événements dans le sud, a offert des terres, des semences, il leur a été promis des zébus, des ovins et caprins et des vivres en attendant la première récolte. Les dahalo « convertis » se sont vus offrir tout ce dont ils ont besoin pour se refaire une autre vie ; le Premier ministre a même appelé à ce que les services gouvernementaux promeuvent auprès de ces populations d’anciens dahalo, la constitution de coopératives de producteurs.

Des députés élus dans la partie sud de l’île se félicitent de l’initiative du chef du gouvernement. Ils estiment que la cohésion sociale dans cette partie sud de l’île ne peut qu’être consolidé par cette « amnistie de fait » que plus d’uns cependant qualifient de comportement qui encourage l’impunité ou qui méconnaît les lois et les dommages causés aux proches des victimes des dahalo. Au fait, ces victimes des actes de grand banditisme ont-ils droit à des compensations même si cela ne leur ramènera pas leurs proches décédés ou leurs biens partis en fumée ?

Qu’en dira-t-on et qu’en sera-t-il si jamais les bandits et criminels qui courent les rues et quartiers de la capitale décident eux aussi publiquement et officiellement de se rendre et de changer de vie ? Qu’en dira la Police ? Qu’en sera-t-il s’ils promettent la sécurité des ménages « karana » et des gros bonnets contre les ravisseurs et aux épiciers des quartiers et des ménages de commerçants de charbon, la garantie de la sécurité des biens et des personnes ? Le gouvernement est-il en mesure d’offrir du travail et des aides à ces éventuels brigands urbains repentis pour qu’ils rentrent dans la société normale ?

La reddition massive des dahalo dans le sud laisse perplexe. On ne peut s’empêcher de penser que ces dahalo étaient des organisations policées et structurées et relevaient d’une seule unité de commandement. En cas de besoin de leurs chefs, peuvent-ils de nouveau reprendre les armes. Des chroniqueurs politiques ne s’empêchent pas, toutes proportions gardées, de faire des rapprochements avec les Tary Tonga Saina (TTS) d’une certaine époque. Madagascar Tribune

 

Réédition du phénomène TTS ?

Les quinquagénaires d’aujourd’hui se souviennent d’eux. Vers la fin des années 1970 et au début des années 1980, de jeunes chômeurs malgaches se joignirent au TanoraTonga Saina (TTS), un groupe criminalisé qui pratique l’extorsion dans divers quartier de la capitale et qui a élu domicile au camp Pochard à Soarano. Organisés par l’État sous le règne de Didier Ratsiraka, en jeunesses révolutionnaires, les TTS mobilisaient la jeunesse en faveur du régime et semaient la terreur dans la capitale, Antananarivo. Avec ces dahalo reconvertis, une frange importante de l’opinion redoute la réédition du phénomène TTS. D’ailleurs, on les appelle actuellement des « Kotro Tonga Saina ».

Ils sont toujours armés et on leur a attribué des uniformes. Et pourtant on avance qu’ils se sont capitulé après des années de brigandage dans les campagnes. Et pas plus tard que le week-end dernier, le gouvernement leur a offert 10 000 bêches et des boutures de manioc. La question que les observateurs ne peuvent s’empêcher de se poser est de savoir, est-ce que les victimes de leurs exactions leur ont déjà excusés ? L’Etat reste bien trop silencieux sur son réelle intention quant à cette démarche de faire abdiquer les dahalo. Cette capitulation ne nécessite-t-elle pas une décision du tribunal bien que l’exécutif soit le « gardien de l’ordre public » avec un pouvoir d’autorité ? Concernant les droits des victimes des dahalo, le pouvoir se mure dans son mutisme. On ne leur a rien fourni, même pas un reconfort officiel alors que les dahalo reconvertis ont bénéficié de la visite du Premier ministre.

Au départ, après les litanies sur les tueries commises dans cette région oubliée d’Androy, la détermination pour trouver une solution pacifique afin de gommer de la vie nationale le phénomène dahalo et ses effets pervers, était louable. Après la dissuasion par les armes, la démarche pacifiste ne pouvait être que la bienvenue, ne serait-ce que pour arriver à ce que l’opinion internationale arrête de rappeler à la nouvelle équipe au pouvoir que « le système incapable d’assurer une stabilité et la sécurité des biens et des personnes envoient les forces de l’ordre massacrer les habitants… ».
Avec cette version à grand spectacle de l’opération coup d’arrêt, sous l’autorité d’un Premier ministre Roger Kolo déterminé à redorer le blason du gouvernement, l’opération de charme était réussie. Qu’on le veuille ou non, le parti HVM est gagnante sur tous les tableaux. Bénéfice programmé et réalisé d’une conquête territoriale de toute une région réservoir de voix pour les prochaines élections sous le couvert d’une sécurisation musclée dans un premier temps et par la manipulation des esprits pour finir. Il faut vraiment être borné et idiot pour contester le succès sur le terrain de cette tactique subtile de l’occupation du terrain dans le plus pur style militaire. Le cerveau de cette invasion rampante s’est d’abord contenté de dresser une partie turbulente et armée de la population contre l’autre paysanne et sans défense. S’en suit alors une période de terreur qui avait mis à genoux toute la population de l’Androy et des alentours, zones très enviées des conquistadors de ce siècle qui n’attendent que les habitants désertent et quittent les lieux pour se lancer dans une ruée vers les richesses minières et pétrolières inestimables du pays de Monja Jaona et de Laha Gaston. Tout le reste n’est que diversion et scénario prétexte comme l’arbre de l’insécurité persistante qui cache la forêt de visées et d’enjeux fabuleux destinés à assurer les performances économiques de la balance commerciale de tous les pays étrangers à l’affût de l’occasion favorable pour s’installer en pays conquis avec l’aval et la bénédiction d’un département des ressources stratégiques incapable sur le plan structurel d’assurer les intérêts supérieurs de Madagascar et prêt à servir ceux des envahisseurs par les astuces d’une politique nationale forgée dans un sens négatif pour ce pays.
Pour certains observateurs, sans contester les acquis positifs de ces séances de repentir massif pour les éleveurs débarrassés apparemment des pires ennemis de l’arrière-pays, la création et la mise en place des ces bras valides récupérés vêtus d’uniformes suscitent la méfiance et l’inquiétude. Là où les gens du pouvoir montre et exhibe par voie de campagne fortement médiatisée une victoire politique de la lutte contre l’insécurité, certaines personnes sans aucune mauvaise foi, craignent une réédition pastorale de l’époque des TTS (des groupes incontrôlables et incontrôlés de la capitale des années 80 pris en main et embrigadés sous l’autorité d’un ministre de la population pour servir les gros bras et les briseurs de grève).
Les soupçons sont axés surtout sur les risques d’une utilisation perverse dans le futur afin d’interdire aux autres formations politiques l’accès d’un périmètre désormais sous le contrôle direct des notables acquis et prêts à servir les dirigeants actuels et l’organisation du parti HVM. Qui osera s’aventurer de Betroka (prochain lieu de rassemblement des repentis) jusque de l’Androy en passant par l’Anosy pour tenter de barrer à l’invasion administrative qui prépare la conquête finale des leviers de commande par un parti arrivé au pouvoir sans avoir ne serait-ce qu’un seul député à l’Assemblée nationale ? Avec en face cette véritable petite armée endoctrinée et motivée (par les dons en espèces et en nature par la puissance publique) qui sera le suicidaire qui sera assez fou pour chercher et aller à pêche aux voix dans les communes sous contrôles des alliés potentiels de Rivo Rakotovao et de Henry Rabary- Njaka and Co ?…Au fait, comment se fait-il que, pendant qu’on focalise les actions du gouvernement sur Amboasary-Sud et alentours, dans le District d’Antanimora-Sud, des dahalo tuent une femme, volent les braves gens ? Serait-ce une stratégie pour inciter indirectement les habitants à se réfugier ailleurs ? Il faut toujours se souvenir que « la nature a horreur du vide… ». Pour le plus grand bonheur des futurs occupants…des investisseurs potentiels coquins et copains des gens d’en-haut. La Nation

 

Insécurité

Les dahalo pires que les djihadistes

jeudi 25 septembre 2014, par Léa Ratsiazo

Le monde entier s’émeut et se révolte contre les atrocités des djihadistes, les membres de l’organisation État islamique qui décapitent en direct les otages occidentaux, qui violent et tuent, qui persécutent les musulmans chiites, les chrétiens et la population civile en général. À chaque otage tué, le Chef d’Etat du ressortissant concerné s’adresse au monde entier pour exprimer sa révolte, sa colère et sa tristesse.

À Madagascar, il ne se passe quasiment pas une semaine, pour ne pas dire un jour, sans qu’on entende les échos des atrocités des dahalo, qu’ils fassent la Une des quotidiens ou non. D’autant que leurs atrocités sont sans limites et sans discrimination : femmes, hommes et enfants quel que soit l’âge et le sexe. Cette semaine à Betafo, une famille est incendiée vivante dans sa maison : deux enfants ont perdu la vie ; la semaine dernière à Vilihazo (Antananarivo Avaradrano) : une mère de famille est découpée au sabre ; le week-end dernier, un père de famille est tué à l’arme blanche devant les siens dans la région d’Ampanihy et ainsi de suite. On ne peut même plus lister tellement c’est long et concerne toute l’île. C’est devenu le quotidien de presque tous les Malgaches, notamment ceux qui vivent dans les zones reculées. On dirait que personne ne s’en émeut, que personne ne s’indigne face à ces monstruosités des dahalo qui terrorisent la population civile. Sans oublier qu’ils sont armés jusqu’aux dents, qui les arme ?

Aucune personnalité ne se lève pour, si ce n’est que pour dénoncer, agir contre ces atrocités qui dépassent l’entendement, comme si c’était normal. Ce sont les présidents des fokontany et les fokonolona qui assistent les victimes. Personne ne demande réellement de comptes à ceux qui sont payés et censés défendre les personnes et les biens. Est-ce que la vie humaine a plus de valeur ailleurs qu’ici ? Madagascar Tribune

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Insécurité dans le Sud : autre son de cloche

« Racket » à Fotadrevo-Ampanihy ?

mercredi 5 novembre 2014, par Léa Ratsiazo


Dans le cadre de l’opération coup d’arrêt visant à endiguer l’insécurité dans le Sud, les forces de l’ordre viennent le 31 octobre dernier de rendre compte auprès du Président de la République du succès de l’opération. Tout le monde n’est pas de cet avis. Soja, un natif de Fotadrevo-Ampanihy qui vient d’enterrer son père assassiné témoigne. Étant présent à Fotadrevo-Ampanihy pendant l’opération coup d’arrêt, il explique que les forces de l’ordre n’auraient jamais mis les pieds dans cette localité. Ou plutôt ils étaient allés voir le maire, comme l’exige la procédure normale et c’est tout. Après le maire a réuni les présidents de fokontany pour leur demander de réunir chacun 200 000 ariary chacun pour payer les forces de l’ordre afin qu’ils « les laissent tranquilles » ! « Nous ne savons pas si l’initiative vient du maire ou des forces de l’ordre mais nous devons tout simplement cotiser pour payer 200 000 ariary par fokontany, il y en a 53, et les donner au maire qui va les verser aux forces de l’ordre. Est-ce que tout est versé aux hommes en treillis ? nous ne le savons pas » selon le jeune homme. D’après lui, la plupart des gens de cette localité ont peur des forces de l’ordre d’une manière générale, ils ont peur qu’ils aillent leur chercher des noises lors des contrôles des bovidés et qu’ils ne s’entendent pas sur la description des zébus. Mais peut-être que dans les autres localités comme Amboasary, ils ont bien travaillé, suppose ce natif de Fotadrevo, « mais chez nous non » !

Aussi, les éléments de forces de l’ordre auraient été payés, les papiers officiels signés et tamponnés pour confirmer qu’ils étaient passés à Fotadrevo-Ampanihy et qu’ils ont fait leur travail alors qu’ils étaient tout simplement passés au bureau de la mairie. Quoi qu’en disent le maire et les habitants, les éléments de forces de l’ordre reçoivent une paie pour faire leur travail mais non pas racketter ces pauvres gens, c’est le cas de le dire dans cette partie de l’île. La population a peur à la fois des dahalos et des éléments de forces de l’ordre.Madagascar Tribune

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Toe-tsaina sy Fomba Malagasy (Facebook).

En voyant ces photos, j’ai d’abord halluciné et puis je me suis dis: « à quoi bon ! Vaut mieux se taire si les vahoaka Malagasy croient à toutes les conneries des ces acteurs politiques et acceptent que ces politiciens les prennent pour des ignorants (pour ne pas dire des cons)
C’est peut-être une façon que ces politiciens ont trouvé pour légalisé leur trafique d’armes………………….
D’où sortent ces armes !!! Que font-ils là !!! C’est ça le plus inquiétant. Est ce qu’ils l’ont fait faire entrer part le port d’Ehoala à Fort-Dauphin ? Pour une mise en scène à Amboasary Sud par la suite !!!
Le ridicule ne tue pas, dommage. Il devrait tuer une fois pour servir d’exemple.

Tsisy dahalo hanolotena na hanatitra basy izany ny any « Amboasary Sud », sy eto Madagasikara manontolo.
Basy no fitaovana fivelomany sy fahazahoam-bola ho azy ireo, tsy hanatitra an’ireo velively ny dahalo satria tsy hanome karama sy sakafo ha azy ireo ny fanjakana.
Niasa tany « Amboasary Sud » mandritra ny telo aho, tsy dahalo ireo nokaramaina nanao cinéma ireo fa mpiasa ao antoerana mamboly sy mpanapaka « sisal » .
Tena hita mihitsy fa tsy mahafantatatra an’izany tena atao hoe « dahalo » any antsimo izany ireo mpanao cinéma ireo.
Ô ry mpanao politika ô, aoka re ny « cinéma » nareo fa tena mampahonena. Tsy vendrana akory sanatria ny vahoaka.

 Mandinika Malagasy (Facebook).

« Andriamanitro ô, mamelà ny helony fa tsy fantany izay ataony ».

Amboasary sud – Quatre milliers de dahalo jettent l’éponge

Le capitaine « Tsy Mitsitsy » et ses hommes ont arraché au forceps la reddition des dahalo.

10.11.2014

Après en avoir eu pour leur grade sur le champ de bataille, ces derniers mois, 4 230 dahalo sévissant dans seize communes d’Amboasary-Sud, se sont rendus avec un millier d’armes, samedi. Tenant à la vie, ils ont brisé la chaîne qui faisait d’eux des dahalo pour échapper à une chasse sans merci aux voleurs de bétail.

« Jetez tous vos  fusils. Si quelqu’un n’est pas d’accord et pense qu’il est assez-fort pour se mesurer à moi, qu’il sorte des rangs. Je l’invite a un combat singulier »,  tonne d’un ton fielleux le capitaine Faneva­rison Onimihary Ralaiavy alias « Tsy mitsitsy » (NDLR: l’impitoyable) en s’adressant aux 4230 dahalo reconvertis ou « Kotro Tonga Saina », qui se sont rendus aux autorités avant-hier matin, au gymnase d’Amboasary-Sud. Ils ont reçu l’ordre de se mettre tout en vert pour la cérémonie.
Fusillée d’un regard dur par ce féroce commandant de la compagnie territoriale de la Gendarmerie de Tolagnaro d’à peine 30 ans, l’armée de caïds, constituée d’irréductibles miliciens recrutés dans seize communes du district d’Amboasary-Sud, plonge soudain dans un silence de soumission. Et puis une voix effarouchée jaillit timidement des rangs: « Une telle personne n’existe pas. »
« Si c’est ainsi, je veux être obéi au doigt et à l’œil. Je ne veux aucune arme blanche sur vous. Jetez vos sabres, sagaies, coutelas, poignards, haches et couteaux devant vous et éloignez-vous de quelques mètres. Retournez-vous et restez ainsi. Et plus vite que ça », hurle-t-il, faute d’avoir trouvé un « gladiateur » digne de sa trompe. « Ne vous hasardez pas à bouger d’un iota, sinon vous allez voir de quel bois je me chauffe. Il faut mon autorisation même pour aller se soulager. Compris! », signifie-t-il.

Les «Kotro Tonga Saina   » se sont rendus samedi avec un millier de fusils

Sans autre arme qu’un simple coupe-coupe qu’il a ramassé dans cet arsenal dont les dahalo reconvertis ont été délestés, le jeune officier, sûr de lui, se faufile dangereusement entre les rangs en brandissant son arme pour défier les plus téméraires. Après avoir constaté que ses anciens ennemis font  profil bas et restent sans voix, il jette, à son tour, son arme, puis leur tourne le dos d’un air arrogant. Direction les tribunes officielles pour une réunion technique avec ses frères d’armes, présidée par deux généraux des forces armées.
À son deuxième poste en tant que commandant de compagnie, le jeune capitaine impose déjà le respect et la discipline à des individus sans foi ni loi, connus pour avoir opprimé la population et qui, de surcroît, y trouvaient un malin plaisir. Il semble incarner le tempérament tout aussi dur que dominateur de son supérieur hiérarchique, le lieutenant-colonel Théodule Ranaivoarison, commandant du groupement de la Gendar­merie  de la  région Anosy, qui avait fait parler de lui et laissé ses empreintes à Miandrivazo, Ampanihy et surtout Ihosy  en 2008, quand il donnait du fil à retordre aux dahalo qui y régnaient en maîtres. Il avait, à cette époque, le même grade et occupait la même fonction que son meilleur élément, l’intrépide « Tsy Mitsitsy ».

Le capitaine « Tsy Mitsitsy » et ses hommes ont arraché au forceps la reddition des dahalo.

Avant d’arracher au forceps cette soumission inconditionnelle des dahalo du district d’Amboasary-Sud, la Gendar­merie nationale a connu des hauts et des bas et a même payé le prix fort. Entre 2012 et 2013, une quinzaine de ses éléments territoriaux étaient tombés sous les balles des bandits en leur livrant bataille dans les dédales des montagnes et les forêts quasi-impénétrables écumées par les hordes les plus dangereuses du Sud, alors qu’ils remontaient la piste de troupeaux volés. Près de cinq cents actes de banditisme avaient été alors perpétrés dans les zones sensibles et plus de 40 000 bœufs dérobés sur l’ensemble du territoire de la région Anosy.
La vague d’insécurité qui s’était abattue sur cette partie de la Grande île, a commencé à s’estomper avec le lancement, au mois de juin, de l’opération « coup d’arrêt », une action gouvernementale initiée et pilotée par le général de division Didier Gérard Paza, secrétaire d’État chargé de la Gendarmerie nationale, dont l’un des éléments déclencheurs fut la guerre civile qui avait provoqué un séisme à Andranondambo, le 8 mai.

Décapités
Pendant cette guérilla sans merci, les armées de dahalo qui faisaient la pluie et le beau temps dans l’Anosy, ont été décapités de leurs principales têtes: le célébrissime Rekamainty, Rebasy (NDLR : le fusil) et Refeno. Pour sa part, blessé par balle en se mesurant aux gendarmes, l’insaisissable Revato qui a, à son tableau de chasse, des gendarmes tués, a renoncé à son fief à Efotaka pour se terrer au fin fond de la brousse  de Betroka. Suivi à la trace jusqu’à son retranchement par le capitaine « Tsy Mitsitsy » et son peloton mobile porté, le fugitif a réussi à se glisser à travers les mailles du filet, laissant  dans sa tanière un fusil d’assaut Mas 36.
Un an plus tôt, le 7 octobre 2013, une fusillade qui avait fait rage pendant dix heures entre les gendarmes et les miliciens du tristement célèbre Remenabila, sur la route des bovidés volés dans les montagnes de l’Andriry, avait eu son épilogue quel­ques mois plus tard. Un grand rassemblement funèbre, une grande première dans le village de ce célébrissime chef dahalo, Beharena, zone limitrophe entre la région Anosy et celle de l’Atsimo-Atsina­nana, s’est tenu. des bœufs avaient été abattus par centaines pour un festin d’obsèques. Les informations glanées par la gendarmerie  révèlent alors, que Remenabila, chef dahalo tant redouté, avait été  mortellement blessé lors de ce violent accrochage. Transporté tant bien que  mal par ses comparses jusqu’à son village, le septuagénaire agonisant avait rendu l’âme.
Au terme de trois phases de l’opération « Coup d’arrêt», appuyées par des gendarmes des Forces d’intervention de Fort-Duchesne (FIGN) envoyés à la rescousse par le gouvernement, le district d’Amboasary-Sud, et même certains  points névralgiques autrefois réputés comme étant des « abattoirs de gendarmes », semblent tomber sous le contrôle de la gendarmerie territoriale depuis deux mois.

Main de fer
D’ailleurs, ces armées de bandits de grand chemin qui appliquaient la loi de la jungle, n’ont sonné leur reddition qu’une fois le renfort apparu.
Revigorés, le lieutenant-colonel Théodule Ranaivo­arison et ses éléments sont passés à la vitesse supérieure en continuant à frapper d’une main de fer. En six mois, le compteur affiche huit armes de guerre récupérées, dont cinq kalachnikovs, un Mas 36, un pistolet automatique et un mosquito.
Dans les rangs des bandits, le bilan sur le champ de bataille fait état d’au moins une quarantaine de morts. Dans la foulée, les forces de gendarmerie se sont emparées de trois cent dix fusils, dont la plupart ont été restitués après présentation de papiers.
Face aux kalachnikovs, couteaux de combat introduits récemment par le capitaine « Tsy Mitsitsy », ainsi que les fameux fusils lance-grenade dont l’explosion d’un seul obus peut raser un rayon de 60 mètres, les dahalo ont fini par jeter l’éponge pour amorcer leur reddition à la mi-septembre. Préférant réintégrer la société plutôt que d’affronter une mort certaine, ils ont envoyé, en guise d’émissaires, leurs parents et des notables pour plaider en leur faveur  auprès des autorités.
Ils ont émergé de l’enfer de la chasse aux dahalo et osé enfin apparaître au grand jour lorsque la communauté s’est montrée clémente à leur égard.
Ayant conclu un pacte avec les leurs, les autorités et les gendarmes, dirigés par « le diable en personne » selon les bruits qui courent, les voilà devenus des « Kalony  », les hommes forts de l’autodéfense villageoise. Néanmoins,  blacklistés par le colonel Théodule Ranaivo­arison et le redoutable capitaine «Tsy Mitsitsy » qui les tiennent à l’œil, ils ont pour mission d’inviter leurs comparses encore retranchés à se rendre, de dénoncer les têtes brûlées et surtout de bien se tenir. Sinon… L’épée de Damoclès est toujours suspendue sur leurs têtes.

Seth Andriamarohasina L’Express de Madagascar.

« Tandroy Tonga Saina? »

Mahalasa saina loatra ny fihetsiky ny mpitondra fanjakana amin’ireto dahalo miisa 4000 voalaza fa nitolo-batana ireto. Efa nambara teto amin’ny gazety ihany moa ny ahiahin’ny mpanara-baovao ndrao dia sanatria famerenana ilay andian-jatovo mpisetrasetra, fitaovana teo am-pelatanan’ny fitondrana revolisionera tetsy amin’ny Pochard izao ataon’ny fitondrana Hery Rajaonarimampianina izao. «Tanora Tonga Saina» no anarana nentin’izy ireo tamin’izany na TTS ary tena nampiteny ny anarany mihitsy teo amin’ny asa fampihorohoroana teto an-drenivohitra sy ny manodidina.

Voalaza fa nitolo-batana ireto dahalo miisa 4000 ireto ary nambara ihany koa fa tsy hanao izany asa ratsy izany intsony. Mahagaga fa mbola milanja famaky sy kibay ary basim-borona izy ireo taorian’ny fizarana ny fanamiana maitso. Tsy maharesy lahatra mihitsy araka izany ny fanambarana sy ny tatitra avy amin’ny fitondram-panjakana. Toa milisy mitam-piadiana indray aza no fahitana azy ireo ary eo indrindra no mampametra-panontaniana.
Ny praiminisitra Kolo Roger moa nidina tany an-toerana niarahaba azy ireo kanefa tsy nahavita namangy na nanome fanampiana ireo olona rava trano, very fananana, namoy fianakaviana. Azo atao tsara ange izany ny mamono olona mandritra izao fitondrana Hery Rajaonarimampianina izao, avy eo mandeha mitolo-batana sy mifona amin’ny mpitandro filaminana dia vita ho azy ny raharaha e! Ka inona no maha samy hafa amin’ny TTS (Tanora Tonga Saina) amin’ity endrika TTS (Tandroy Tonga Saina) vaovao ity e?

12/11/2014.  Roc.

 

Les évenements du Sud, gendarmes-dahalo-populations, par Latimer Rangers. Vidéo (l’invité du Zoma). Dossier.

https://mcmparis.wordpress.com/2014/11/14/les-evenements-du-sud-gendarmes-dahalo-populations-par-latimer-rangers/

A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

Pour une prise de conscience citoyenne des Malagasy
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