Les évenements du Sud, gendarmes-dahalo-populations, par Latimer Rangers. Vidéo (l’invité du Zoma). Dossier.

Panoramique et gros-plan sur l’operation coup d’arret Un grand Reportage de Latimer Rangers

Dahalo 14 Novembre 2014. Le Premier ministre Kolo Roger a regagné récemment à Amboasary-Sud afin d’assister à la cérémonie de ce que l’on a qualifié de « reddition des dahalo contre nourriture ! ». De nombreux observateurs avisés ne croient pas à cette farce qui relève plutôt de la mise en scène, sinon de la bouffonnerie. Certes, tout le monde est plus ou moins d’accord pour admettre que la persistance de l’insécurité dans le Sud, est une épine dans le pied du gouvernement, qu’il convient d’arracher au plus vite, autant que faire se peut. Car il y va de son aura et de sa crédibilité vis-à-vis des bailleurs de fonds qui ne sont pas légion à se bousculer au portillon.

Les finances de l’Etat étant à sec, tous les ingrédients ont été mis en branle, explorés les voies et moyens pour éteindre ce récurrent et lointain incendie. Les séminaires, les colloques, et les ateliers n’ont pas été d’un quelconque secours pour éteindre le brasier. Bien avant son accession à la primature, j’ai eu d’excellentes relations de franche camaraderie avec M. Kolo Roger et avec son grand-frère Kolo Roland, le sénateur. Et c’est justement à sa demande à titre officieux, et aussi pour mon propre compte, que les mois d’août, septembre et toute la première quinzaine d’octobre 2014, que je me trouvais dans le Sud, pour enquêter sur le déroulement de l’Opération « coup d’arrêt ». Il m’a gratifié de 380 litres de gas-oil pour lui apporter des informations de première main. Sa sollicitation n’a rien de quoi surprendre, et ce n’est certes pas qu’il ne fait pas confiance en ses éminents conseillers, en ses experts-spécialistes chevronnés en matière de défense et de renseignement, loin s’en faut, mais plutôt simplement parce que le morondavien de Namahora pense que, étant natif du coin, je pourrai apporter un éclairage tout à fait autre par rapport à ceux qu’on lui a ressassés à satiété. Toute proportion gardée, à vue d’œil, et ceci n’engage que mon humble personne, – je trouve que M. Kolo Roger est un Premier ministre « très entouré », croulant sous le poids d’un collège de conseillers pléthoriques.  A quoi faudrait-il imputer cette fringale d’être ainsi entouré ? Peut-être pour informer le PM du sens des réalités immédiates du pays, dont il semble a priori n’apercevoir que la surface, sans en pénétrer plus avant les causes et les origines lointaines, pour avoir été absent il y a plus de 30 ans. Mais qu’à cela ne tienne, M. Kolo Roger, en multipliant tournées et randonnées, a prouvé que celles-ci n’ont en quoi que ce soit sa détermination, surtout face au contexte ambiant et à la fronde des parlementaires de l’opposition qui ne lui accordent aucun répit. Certes il nous donne l’impression d’être infatigable, mais on ne peut l’être que jusqu’à certain âge où l’on peut encore lire la presse imprimée et écouter l’audio. A ce stade, le morondavien Kolo Roger se trouve à mon sens dans la position du coureur de fond, terriblement seul, avec à ses trousses une meute qui s’est jurée d’avoir sa peau. Mais assez parlé ! C’est donc à bord de notre camionnette 4×4 Toyota 9355-TAG que je me suis rendu dans les communes rurales d’Ampamata, Andalantanosy, Jafaro, Antanimora-Sud et Ambovombe-Androy, pour vous livrer le reportage que voici :

DES VILLAGES, DES SENTIERS ET DES COLLINES A L’HEURE DU COUCHANT LE REGNE DE L’IMPUNITE Nous nous trouvons à Antanimora-Sud, chef-lieu d’arrondissement administratif et commune rurale, distante de 62 km à l’Ouest d’Ambovombe, district et chef-lieu de région. Cela fait 950 km, 3 jours et 2 nuits de parcours en autocar d’Antananarivo, par la RN-13. Ce pays des « renevavey » qui a vu mourir ses héros de la résistance à l’occupation coloniale française Tsikanda, fusiller Gike et enterrer Dada Monja, n’entend plus le « loahanay vy ‘-zo manda ‘-zao ! » (nous enfoncerons ce fort à coups de lances !). Même pas à l’occasion de la circoncision cyclique (tous les 7 ans comme aux temps de l’antiquité juive). Droit devant, la montagne Andrambinta dresse toute sa masse au-dessus du désert, promenant en long traveling échevelé ses pierres levées et étageant ses tombes hiératiques. C’est ici que cela se passe, ou du moins c’est à partir de cette localité que le grand tambour des « hazolava » bat à tout rompre, tous les jours et toutes les nuits. Bourgade délabrée, parcourue en tous sens par des cochons et des chiens errants, la ville, étale ostensiblement ses rues défoncées, saignées de ravines et de trous béants, sert de réceptacle et des cris de détresse des réfugiés ayant abandonné leurs maisons brûlées, leurs villages incendiés, leurs champs dévastés. Le père Marouto, de nationalité italienne est tout le temps sur le pied de guerre. La mission catholique qui possède, en plus d’un CEG et d’un lycée, un collège d’enseignement primaire tenu par les sœurs, et dont les salles de classe sont transformées la nuit tombée en dortoirs, c’est là que sont accueillis les réfugiés, hommes, vieillards, femmes et enfants, tandis que les moutons, les chèvres, et les bœufs, eux, sont parqués dans la grande cour de récréation, d’où ils ne sortiront qu’au lever du jour. Dans un pays où plus de 85% de la population sont non seulement des ruraux mais surtout des analphabètes, – et si ce n’est souvent pas le cas, – atteints d’illettrisme, – les gendarmes et les fonctionnaires sont rois, ce qui les expose à accepter n’importe quoi pour éviter d’être arrêtés sans motif, ou encore d’être gardés à vue indéfiniment, enfin pour tout résumer, de ne pas être victimes du non-droit. Car ici, plus que partout ailleurs, du fokontany au maire, du maire au délégué administratif, de la secrétaire de celui-ci aux gendarmes et aux policiers, de ces derniers à la direction de l’administration territoriale, de la sous-préfecture à la chefferie de région, du commandant de brigade à celui du groupement de gendarmerie, de là au procureur, de ce dernier au juge d’instruction, de celui-là au président du tribunal, et tout à l’autre bout de la chaîne, le directeur de l’administration pénitentiaire (pour les repas et les visites des détenus à la maison d’arrêt), toute une corporation de fonctionnaires véreux se donne la main, se ligue, en un combat sans merci, pour dépecer le malheureux paysan-cultivateur-éleveur, celui-là même qui « à travers la pluie noire des champs » dirait Paul Fort, trime et crève pour nourrir par son labeur les adeptes de la civilisation de l’écrit. La carte d’identité nationale n’est délivrée que moyennant 5 000 ariary ; on imagine aisément ce que pourraient coûter les papiers de vaccination, d’attestation d’origine, des passeports de bovidés dont les imprimés sont commandés, achetés à l’Imprimerie Nationale à Antananarivo par le chef de région, qui en donne au chef de district, qui en offre aux délégués administratifs des communes rurales. Et les policiers et les gendarmes qui font le P.B au bord des routes ne peuvent que constater que tous les papiers sont en règle lorsque passent les camions et les convois de troupeaux de bovidés montant sur Antananarivo. Ainsi le vol commence dès le bureau sous le sceau de la légalité. Trafic ou commerce juteux et florissant si l’on en juge par la quotidienne noria des camions et la cadence des troupeaux convoyés. Les commanditaires continuent toujours de jouir d’une confortable et opaque impunité. Car avoir du pouvoir, c’est quoi exactement ? Ne serait-il pas la capacité d’obtenir qu’une décision soit prise ou empêchée ? En tout cas, pour l’heure rien n’indique qu’une solution pérenne ait été trouvée, exceptée peut-être la grande farce de la reddition de dahalo clamée à l’envi sur tous les modes et sur tous les tons. Personne n’y croit, sauf bien sûr les gendarmes qui, aiguillonnés par l’obligation de résultat, organisent toute la mise en scène d’un spectacle pour maquiller leur déconfiture, pour justifier les bavures d’une répression qui continue de creuser un fossé profond de haine entre le pouvoir et son peuple, toute haine ravalée fait sien l’adage arabe qui dit : « embrasse la main que tu ne peux pas couper ! ». Lanza del vasto dans son ouvrage « Les Fléaux » (Tome 2) – l’a énoncé d’une manière éloquente : « il n’y a rien de tel que le Droit, car les lois sont les clefs et les leviers du pouvoir et de la Richesse. Celui qui sait les manier est au-dessus du blâme. Il tient le couteau par le manche. Et qui a condamné Jésus et l’a d’ailleurs mis entre deux larrons, sinon les gens de bien, les magistrats, les juges, les prêtres, le gouverneur, le roi, les soldats, et les autres serviteurs de la loi ? ». Et s’étant rendu compte que les institutions de l’Etat qui sont sensées les protéger ainsi que leurs biens, ne sont là que pour les dépouiller, les Antandroy ont décidé de voler pour de bon, en sachant que ceux qui s’y adonnent sont toujours relâchés immédiatement. « Et lorsque l’espace d’une seule nuit, on m’a dépossédé de mes 135 têtes de bétail s’entend, nous réplique Manambala d’Ampamata, 48 ans, père de 13 enfants, 3 épouses, avec quoi, pensez-vous que je pourrai les nourrir et les élever ! Non, je n’accepte pas à ce qu’on me prêche la morale ! ». Il s’arrête de parler et me montre du doigt, un gendarme circulant à moto et ajoute : « Tenez celui-là par exemple, il s’appelle N… il est toujours là, nullement inquiété outre mesure, alors qu’il se trouve à l’origine de la mort d’un chevrier d’Antsakoamaro-Kamisy, un certain Monja Mandilisoa, qu’il a attaché derrière sa moto et l’a traîné ainsi pendant des kilomètres. Le jeune homme trépassa la nuit même de son internement dans une maison à Jafaro. L’affaire du policier sud-africain qui a traîné avec sa voiture le ressortissant mozambicain fait des émules ici chez nous. C’était en 2013. Le mort, dans l’attente du verdict du tribunal d’Ambovombe, n’a pas encore été enseveli. Comme cela n’a pas l’air de plaire aux gendarmes d’Antanimora-Sud, ils somment la famille de la victime pour l’enterrer. « Qui viendra donc au secours des pauvres et des faibles. Personne, plus personne depuis le décès de Dada-Monja, et les forces de l’ordre rééditent ici la sanglante répression de 1971, conduite par le Colonel Ratsimandrava ».  Le déficit de confiance de la population envers la justice explique les débordements et les morts par immolation par le feu tant à Ambovombe en 2011 qu’à Antanimora en 2011. Et le président de fokontany d’Erada – Tsimagnato a bien raison en affirmant : « Les gendarmes nous reprochent souvent de ne pas leur livrer les dahalo. C’est vite dit ! Pour que ces dahalo se retournent contre nous quelques jours après leur déferrement. » Car tout se joue à ce stade précis du processus. Car les gendarmes tiennent le raisonnement suivant : puisque de toute manière, ils seront relâchés aussitôt après leur déferrement, pourquoi nous gêner, en nous servant nous-mêmes dès l’amont de la procédure. La brigade de gendarmerie d’Antanimora- Sud ne dispose que de 12 soldats armés de Kalachnikov ; faute de moyen de locomotion, elle n’est jamais en opération, refuse de poursuivre les dahalo à condition que les victimes fournissent eux-mêmes le véhicule, le carburant et le viatique. Ce qui équivaut à l’abandon total de la poursuite. Elle s’est donc effacée pour laisser place aux contingents de l’Opération coup d’arrêt, pour la plupart des jeunes de 25 à 35 ans, sans connaissance du pays et du terrain, puisés au pied levé un peu partout à Tsiombe, Beloha, Amboasary, Ambovombe, Bekily, sous la houlette d’un commandant de groupement qualifié par la population de brute sanguinaire, et qui aux dires de hauts fonctionnaires de Tsiombe, Beloha, du député d’Ambovombe, du maire d’Andalantanosy, foulerait aux pieds les principes élémentaires du respect des droits humains et de la présomption d’innocence. La consigne donnée repose sur le postulat que tout porteur d’amulette au cou, aux bras ou aux poignets est un dahalo, que tout possesseur de charme en corne de bœuf, en fiole, en tabatière, doit être assimilé comme tel, quand bien même l’individu incriminé ne fait que remplir ses fonctions de « mpisoro » (sacrificateur) de « hazomanga », ou de devin-guérisseur (ombiasa), home-médecine dit-on pour les Amérindiens. Mieux encore si le quidam aurait été surpris en transes de « tromba » et de « doany ». En somme une vision négative de la culture de l’autre. Comme si un curé pourrait exercer son sacerdoce sans bible, sans chapelet, sans encensoir, sans croix latine et j’en passe.

« Je ne crois pas à la farce de la reddition contre nourriture »  Cette délirante dérive a valu à Itratsoa (26 ans), et à sa femme Ivoloazee (22 ans), Imbehosoa (24 ans), Magnambintsoa (23 ans), Mamisoa (48 ans), et à Longomana Benjamin, des coups de crosse de Kalachnikov, dans les côtes, le fémur, les tibias. J’ai été témoin d’une scène similaire lors d’une cérémonie de havoria au lieu dit Marosoritsy, du ressort de la commune rurale de Jafaro. J’ai surpris le lieutenant J…, un betsileo de moins de 30 ans, imbu de sa personne, et sûr de toute impunité, certain d’opérer chez les bêtes et non des hommes. Je l’ai surpris assenant des coups de pieds et des coups de crosse de fusil à un homme d’une quarantaine d’années qu’il accusait d’avoir pris la fuite pendant qu’il défouraillait à balles réelles comme un forcené sans distinction aucune sur la foule paniquée et en débandade des « mpamonjy havoria ». Apprenant par l’un de ses camarades que j’ai pu au téléobjectif le prendre en photo ainsi que ses camarades, il m’a vainement supplié à genoux de lui remettre la pellicule. Devant mon refus obstiné, il m’a prié, pour justifier son acte, de photographier ses prétendues pièces à conviction, qu’il a prises, des mains du doany Itratsoa d’Andragnanivo (Betaranta) dont : un petit pistolet en bois, des amulettes, et des charmes, contenus dans de cornes de bovidés, des fioles, à ce lot, M. J… a voulu ajouter une lance taillée dans du fer rond de 6, mais je n’avais plus de pellicule argentique ; il a fait des pieds et des mains pour récupérer la pellicule jusqu’à solliciter la médiation des notabilités du lieu. Et lorsqu’il a appris que trois petits-fils du grand-frère de Latimer Rangers se trouvaient dans les locaux de la gendarmerie d’Antanimora-Sud en instance de déferrement au parquet du tribunal de première instance d’Ambovombe, il s’en était lui-même chargé, avait sollicité le concours de la télévision locale pour en diffuser la photo. Un de ses collègues, estimant que la coupe n’était pas assez pleine, a cru bon de gifler encore les malheureux avant leur embarquement pour Ambovombe, après avoir été internés pendant près de trois semaines (alors que le délai de garde à vue, est de 18 heures) dans le cagibi-cellule de la brigade d’Antanimora-Sud. Pourquoi un si long temps ? Les enquêteurs auraient-ils reçu du procureur une ordonnance ? Rien du tout, répond celui-ci, lequel, à l’analyse, ne paraissait pas être en très bons termes avec le président du tribunal qu’il accuse de tout laisser courir. Le but du déferrement différé n’a rien d’autre secret que de permettre aux familles des détenus de pouvoir vendre des bovidés aux marchés hebdomadaires des jeudi et samedi, ce qui sous-entend que pas mal d’affaires ne parviennent jamais au parquet. Ici, le pauvre, l’analphabète sont aux yeux des gendarmes, sans droit. Et c’est ce que je me suis évertué à expliquer au lieutenant J…, premier adjoint de l’opération coup d’arrêt, lorsque j’ai été témoin de la torture infligée à deux jeunes hommes, sommés de coucher sur le dos. Les bras en croix, à même le sol, et à qui on a enjoint de regarder le soleil dans les yeux, dans cette position, sous une chaleur de plomb, pendant une durée illimitée. Je suis horrifié en entendant les explications éculées que l’on me servait d’une manière désinvolte, comme si le spectacle qui s’offrait à mes yeux, relèvement du domaine de la banalité, ça ne répond qu’ils (les deux jeunes hommes) auraient refusé d’être fouillés, – ou encore, – parce qu’ils n’avaient que leur carte d’identité nationale et que leur carnet de passeport ne portait pas la mention visée par leur président de fokontany, qu’ils devaient se rendre aujourd’hui au marché, an-tsena. Les deux jeunes hommes habitent un fokontany distant de 2 kms du chef-lieu de la commune rurale d’Antanimora-Sud pendant que ces incidents se déroulent au dehors, le brigadier de permanence m’introduisit chez le lieutenant que je trouvai attablé devant un alignement de bouteilles de castel, aux côtés de ses collègues vezo, betsileo, antandroy. Je leur fis part de mon indignation pour la torture infligée aux deux jeunes gens du dehors. Le lieutenant J… prend la parole pour se justifier : « la vérification d’identité est le seul moyen à notre possession pour connaître si un tel est ou non malaso ! » Ce à quoi je réplique : « en recourant à la torture de personnes innocentes, qu’en attendez-vous ? Car j’ai la conviction que vous n’oserez y recourir s’il s’agissait de citoyens de Mahasoabe, ou d’Imerintsiatosika : Ici vous vous le permettez parce que toutes les personnes que vous avez arrêtées, pour la plupart ne savent ni lire ni écrire ». Je sortis, pour ne plus entendre le reste de leur argumentation. C’était comme si ces gendarmes n’étaient pas des enfants de ce pays. Sans vouloir paraphraser G.Bernanos, je dirai avec lui : « Telle est peut-être l’explication surnaturelle de l’extraordinaire résignation des multitudes. Et s’il arrivait par impossible, qu’une dictature impitoyable, servie par une armée de fonctionnaires, d’experts, de statisticiens, s’appuyant eux-mêmes sur des millions de mouchards et de gendarmes, réussissait à tenir en respect, sur tous les points du monde à la fois, les intelligences carnassières, les bêtes féroces et rusées, faites pour le gain, la race d’hommes qui vit de l’homme, car sa perpétuelle convoitise de l’argent n’est sans doute que la forme hypocrite, de l’inavouable faim qui la dévore, le dégoût viendrait vite de l’aurea mediocritas ainsi érigée en règle universelle, et l’on verrait refleurir partout les pauvretés volontaires. Aucune société n’aura raison du pauvre. Les uns vivent de la sottise d’autrui, de sa vanité, de ses vices. Le pauvre, lui, vit de la charité ! Quel mot sublime !… Georges Bernanos, – Journal d’un curé de campagne, 313 pages, Blon, 1936, 1974 Après tout, ce pays n’en est pas à une farce près : n’a-t-on pas fait endosser la mort du Colonel Richard Ratsimandrava, aux malheureux soldats du GMP Laza Petit Jean, Mara Seta et Zimbo, alors qu’il a été d’une balle de revolver dans son bureau à Anosy-Ampefiloha par un Général quelques heures auparavant, selon Mme Françoise Raison-Jourde, Professeur à l’université de Paris-7, dans son ouvrage intitulé « Pouvoir et Bible à Madagascar ». Information qui n’a été jusqu’à présent démentie par aucun de nos dirigeants anciens ou actuels. « Il n’y a rien de plus dangereux que l’ignorance agissante, disait Gœthe, et rien n’est aussi dangereux que la certitude d’avoir raison », ajoutait F.Jacob. A l’atelier destiné à trouver les voies et moyens pour mettre un terme à l’insécurité récurrente dans le Sud, j’espérai voir le Premier ministre Kolo Roger donner la parole enfin aux pauvres, aux victimes, à ceux qui souffrent de sévices, de brimades, de tortures. Les fonctionnaires, conseillers, militaires, gendarmes, policiers, se sont arrangés de telle sorte pour leur en barrer la route. Parce que je ne crois pas à la farce de la reddition contre nourriture. A mon sens, elle relève de toute une mise en scène, et de la bouffonnerie, toute une manœuvre cousue de fil blanc et qui ne trompe que ceux qui ne cherchent pas, comprendre. Il faudrait peut être y croire. Tant qu’on n’ose pas s’attaquer aux racines du mal, le problème demeure en l’état, car il n’en saurait pas être autrement, et il ne saurait y avoir de vérités moyennes. Car s’il devait y avoir justice, la justice entre les mains des puissants n’est qu’un instrument de gouvernement comme les autres. Pourquoi l’appelle-t-on justice ? Disons plutôt l’injustice, mais calculée, efficace, basée entièrement sur l’expérience effroyable de la résistance du faible, de sa capacité de souffrance, d’humiliation et de malheur. L’injustice maintenue à l’exact degré de tension qu’il faut pour que tournent les rouages de l’immense machine à fabriquer les riches, sans que la chaudière éclate. Toujours Bernanos. Le temps étant l’ennemi de ce qui doit être, espérons que les faits me démentiront. Latimer Rangers Midi Madagascar.

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KTS KOTRO TONGA SAINA. DAHALO NIOVA FO TANY ATSIMO

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INVITE DU ZOMA DU 14 NOVEMBRE 2014   :Latimer Rangers

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Opérations « paramilitaires » dans le Sud (2013-2014) : Tandroka et Coup d’arrêt I et II. Des villages brûlés, populations déplacées… Plus de 1000 victimes civiles.

Les gendarmes

Bandits armés (dahalos) et Forces de l’ordre, complicité légalisée. Une honte.

Se réconcilier avec les dahalo

mardi 11 novembre 2014, par Valis
La réconciliation et l’apaisement sont des termes en vogue. Tout le monde en parle sans réellement s’y mettre sinon qu’on s’y met mais chacun à sa manière sans véritablement convaincre toutes les parties et entités impliquées dans ce qui devrait être un travail à l’unisson.

Des criminels avérés ont déposé leurs armes et convenu avec les forces de l’ordre et les autorités gouvernementales, de réintégrer la société normalisée. Ils étaient quelque 600 dahalo au début selon les gendarmes qui les ont pourchassés. Puis d’autres étaient venus grossir les rangs pour atteindre les quelque 3000 individus à procéder à la reddition. Un officier de la Gendarmerie qui faisait partie du contingent affecté à l’opération coup d’arrêt, laisse comprendre que la mort de grands chefs dahalo lors des accrochages est à l’origine de cette démobilisation. De plus les débouchés des butins sont de plus en plus aléatoires car les dahalo à col blanc sont limités dans leurs manœuvres. Aussi, l’alternative viable qui se présentait à ces dahalo était le renoncement à cette vie de débauche et de criminels toujours en fuite. La condition de cette reddition massive était de passer l’éponge sur leurs méfaits, autrement dit, que l’Etat ne les poursuive pas pour les actes commis. En fin de semaine dernière, 4000 autres dahalo ont déposé les armes. Au total donc, ils sont près de 7000 individus anciennement criminels à circuler librement dans la société et à reprendre le chemin des champs et des marchés comme n’importe quel paysan du sud. Pour des députés élus dans cette partie sud de l’île, la réconciliation se concrétise. Et ce avec la bénédiction et l’appui de la communauté internationale laissent-il entendre. Le PNUD et le gouvernement leur sont venus en aide avec des mesures d’accompagnement. Le Premier ministre, très fier de la tournure des événements dans le sud, a offert des terres, des semences, il leur a été promis des zébus, des ovins et caprins et des vivres en attendant la première récolte. Les dahalo « convertis » se sont vus offrir tout ce dont ils ont besoin pour se refaire une autre vie ; le Premier ministre a même appelé à ce que les services gouvernementaux promeuvent auprès de ces populations d’anciens dahalo, la constitution de coopératives de producteurs. Des députés élus dans la partie sud de l’île se félicitent de l’initiative du chef du gouvernement. Ils estiment que la cohésion sociale dans cette partie sud de l’île ne peut qu’être consolidé par cette « amnistie de fait » que plus d’uns cependant qualifient de comportement qui encourage l’impunité ou qui méconnaît les lois et les dommages causés aux proches des victimes des dahalo. Au fait, ces victimes des actes de grand banditisme ont-ils droit à des compensations même si cela ne leur ramènera pas leurs proches décédés ou leurs biens partis en fumée ? Qu’en dira-t-on et qu’en sera-t-il si jamais les bandits et criminels qui courent les rues et quartiers de la capitale décident eux aussi publiquement et officiellement de se rendre et de changer de vie ? Qu’en dira la Police ? Qu’en sera-t-il s’ils promettent la sécurité des ménages « karana » et des gros bonnets contre les ravisseurs et aux épiciers des quartiers et des ménages de commerçants de charbon, la garantie de la sécurité des biens et des personnes ? Le gouvernement est-il en mesure d’offrir du travail et des aides à ces éventuels brigands urbains repentis pour qu’ils rentrent dans la société normale ? La reddition massive des dahalo dans le sud laisse perplexe. On ne peut s’empêcher de penser que ces dahalo étaient des organisations policées et structurées et relevaient d’une seule unité de commandement. En cas de besoin de leurs chefs, peuvent-ils de nouveau reprendre les armes. Des chroniqueurs politiques ne s’empêchent pas, toutes proportions gardées, de faire des rapprochements avec les Tary Tonga Saina (TTS) d’une certaine époque. Madagascar Tribune

Réédition du phénomène TTS ?

Les quinquagénaires d’aujourd’hui se souviennent d’eux. Vers la fin des années 1970 et au début des années 1980, de jeunes chômeurs malgaches se joignirent au TanoraTonga Saina (TTS), un groupe criminalisé qui pratique l’extorsion dans divers quartier de la capitale et qui a élu domicile au camp Pochard à Soarano. Organisés par l’État sous le règne de Didier Ratsiraka, en jeunesses révolutionnaires, les TTS mobilisaient la jeunesse en faveur du régime et semaient la terreur dans la capitale, Antananarivo. Avec ces dahalo reconvertis, une frange importante de l’opinion redoute la réédition du phénomène TTS. D’ailleurs, on les appelle actuellement des « Kotro Tonga Saina ». Ils sont toujours armés et on leur a attribué des uniformes. Et pourtant on avance qu’ils se sont capitulé après des années de brigandage dans les campagnes. Et pas plus tard que le week-end dernier, le gouvernement leur a offert 10 000 bêches et des boutures de manioc. La question que les observateurs ne peuvent s’empêcher de se poser est de savoir, est-ce que les victimes de leurs exactions leur ont déjà excusés ? L’Etat reste bien trop silencieux sur son réelle intention quant à cette démarche de faire abdiquer les dahalo. Cette capitulation ne nécessite-t-elle pas une décision du tribunal bien que l’exécutif soit le « gardien de l’ordre public » avec un pouvoir d’autorité ? Concernant les droits des victimes des dahalo, le pouvoir se mure dans son mutisme. On ne leur a rien fourni, même pas un reconfort officiel alors que les dahalo reconvertis ont bénéficié de la visite du Premier ministre. Au départ, après les litanies sur les tueries commises dans cette région oubliée d’Androy, la détermination pour trouver une solution pacifique afin de gommer de la vie nationale le phénomène dahalo et ses effets pervers, était louable. Après la dissuasion par les armes, la démarche pacifiste ne pouvait être que la bienvenue, ne serait-ce que pour arriver à ce que l’opinion internationale arrête de rappeler à la nouvelle équipe au pouvoir que « le système incapable d’assurer une stabilité et la sécurité des biens et des personnes envoient les forces de l’ordre massacrer les habitants… ». Avec cette version à grand spectacle de l’opération coup d’arrêt, sous l’autorité d’un Premier ministre Roger Kolo déterminé à redorer le blason du gouvernement, l’opération de charme était réussie. Qu’on le veuille ou non, le parti HVM est gagnante sur tous les tableaux. Bénéfice programmé et réalisé d’une conquête territoriale de toute une région réservoir de voix pour les prochaines élections sous le couvert d’une sécurisation musclée dans un premier temps et par la manipulation des esprits pour finir. Il faut vraiment être borné et idiot pour contester le succès sur le terrain de cette tactique subtile de l’occupation du terrain dans le plus pur style militaire. Le cerveau de cette invasion rampante s’est d’abord contenté de dresser une partie turbulente et armée de la population contre l’autre paysanne et sans défense. S’en suit alors une période de terreur qui avait mis à genoux toute la population de l’Androy et des alentours, zones très enviées des conquistadors de ce siècle qui n’attendent que les habitants désertent et quittent les lieux pour se lancer dans une ruée vers les richesses minières et pétrolières inestimables du pays de Monja Jaona et de Laha Gaston. Tout le reste n’est que diversion et scénario prétexte comme l’arbre de l’insécurité persistante qui cache la forêt de visées et d’enjeux fabuleux destinés à assurer les performances économiques de la balance commerciale de tous les pays étrangers à l’affût de l’occasion favorable pour s’installer en pays conquis avec l’aval et la bénédiction d’un département des ressources stratégiques incapable sur le plan structurel d’assurer les intérêts supérieurs de Madagascar et prêt à servir ceux des envahisseurs par les astuces d’une politique nationale forgée dans un sens négatif pour ce pays. Pour certains observateurs, sans contester les acquis positifs de ces séances de repentir massif pour les éleveurs débarrassés apparemment des pires ennemis de l’arrière-pays, la création et la mise en place des ces bras valides récupérés vêtus d’uniformes suscitent la méfiance et l’inquiétude. Là où les gens du pouvoir montre et exhibe par voie de campagne fortement médiatisée une victoire politique de la lutte contre l’insécurité, certaines personnes sans aucune mauvaise foi, craignent une réédition pastorale de l’époque des TTS (des groupes incontrôlables et incontrôlés de la capitale des années 80 pris en main et embrigadés sous l’autorité d’un ministre de la population pour servir les gros bras et les briseurs de grève). Les soupçons sont axés surtout sur les risques d’une utilisation perverse dans le futur afin d’interdire aux autres formations politiques l’accès d’un périmètre désormais sous le contrôle direct des notables acquis et prêts à servir les dirigeants actuels et l’organisation du parti HVM. Qui osera s’aventurer de Betroka (prochain lieu de rassemblement des repentis) jusque de l’Androy en passant par l’Anosy pour tenter de barrer à l’invasion administrative qui prépare la conquête finale des leviers de commande par un parti arrivé au pouvoir sans avoir ne serait-ce qu’un seul député à l’Assemblée nationale ? Avec en face cette véritable petite armée endoctrinée et motivée (par les dons en espèces et en nature par la puissance publique) qui sera le suicidaire qui sera assez fou pour chercher et aller à pêche aux voix dans les communes sous contrôles des alliés potentiels de Rivo Rakotovao et de Henry Rabary- Njaka and Co ?…Au fait, comment se fait-il que, pendant qu’on focalise les actions du gouvernement sur Amboasary-Sud et alentours, dans le District d’Antanimora-Sud, des dahalo tuent une femme, volent les braves gens ? Serait-ce une stratégie pour inciter indirectement les habitants à se réfugier ailleurs ? Il faut toujours se souvenir que « la nature a horreur du vide… ». Pour le plus grand bonheur des futurs occupants…des investisseurs potentiels coquins et copains des gens d’en-haut. La Nation 1004369789.png

Insécurité

Les dahalo pires que les djihadistes

jeudi 25 septembre 2014, par Léa Ratsiazo

Le monde entier s’émeut et se révolte contre les atrocités des djihadistes, les membres de l’organisation État islamique qui décapitent en direct les otages occidentaux, qui violent et tuent, qui persécutent les musulmans chiites, les chrétiens et la population civile en général. À chaque otage tué, le Chef d’Etat du ressortissant concerné s’adresse au monde entier pour exprimer sa révolte, sa colère et sa tristesse.

À Madagascar, il ne se passe quasiment pas une semaine, pour ne pas dire un jour, sans qu’on entende les échos des atrocités des dahalo, qu’ils fassent la Une des quotidiens ou non. D’autant que leurs atrocités sont sans limites et sans discrimination : femmes, hommes et enfants quel que soit l’âge et le sexe. Cette semaine à Betafo, une famille est incendiée vivante dans sa maison : deux enfants ont perdu la vie ; la semaine dernière à Vilihazo (Antananarivo Avaradrano) : une mère de famille est découpée au sabre ; le week-end dernier, un père de famille est tué à l’arme blanche devant les siens dans la région d’Ampanihy et ainsi de suite. On ne peut même plus lister tellement c’est long et concerne toute l’île. C’est devenu le quotidien de presque tous les Malgaches, notamment ceux qui vivent dans les zones reculées. On dirait que personne ne s’en émeut, que personne ne s’indigne face à ces monstruosités des dahalo qui terrorisent la population civile. Sans oublier qu’ils sont armés jusqu’aux dents, qui les arme ? Aucune personnalité ne se lève pour, si ce n’est que pour dénoncer, agir contre ces atrocités qui dépassent l’entendement, comme si c’était normal. Ce sont les présidents des fokontany et les fokonolona qui assistent les victimes. Personne ne demande réellement de comptes à ceux qui sont payés et censés défendre les personnes et les biens. Est-ce que la vie humaine a plus de valeur ailleurs qu’ici ? Madagascar Tribune

Insécurité dans le Sud : autre son de cloche

« Racket » à Fotadrevo-Ampanihy ?

mercredi 5 novembre 2014, par Léa Ratsiazo
Dans le cadre de l’opération coup d’arrêt visant à endiguer l’insécurité dans le Sud, les forces de l’ordre viennent le 31 octobre dernier de rendre compte auprès du Président de la République du succès de l’opération. Tout le monde n’est pas de cet avis. Soja, un natif de Fotadrevo-Ampanihy qui vient d’enterrer son père assassiné témoigne. Étant présent à Fotadrevo-Ampanihy pendant l’opération coup d’arrêt, il explique que les forces de l’ordre n’auraient jamais mis les pieds dans cette localité. Ou plutôt ils étaient allés voir le maire, comme l’exige la procédure normale et c’est tout. Après le maire a réuni les présidents de fokontany pour leur demander de réunir chacun 200 000 ariary chacun pour payer les forces de l’ordre afin qu’ils « les laissent tranquilles » ! « Nous ne savons pas si l’initiative vient du maire ou des forces de l’ordre mais nous devons tout simplement cotiser pour payer 200 000 ariary par fokontany, il y en a 53, et les donner au maire qui va les verser aux forces de l’ordre. Est-ce que tout est versé aux hommes en treillis ? nous ne le savons pas » selon le jeune homme. D’après lui, la plupart des gens de cette localité ont peur des forces de l’ordre d’une manière générale, ils ont peur qu’ils aillent leur chercher des noises lors des contrôles des bovidés et qu’ils ne s’entendent pas sur la description des zébus. Mais peut-être que dans les autres localités comme Amboasary, ils ont bien travaillé, suppose ce natif de Fotadrevo, « mais chez nous non » !

Aussi, les éléments de forces de l’ordre auraient été payés, les papiers officiels signés et tamponnés pour confirmer qu’ils étaient passés à Fotadrevo-Ampanihy et qu’ils ont fait leur travail alors qu’ils étaient tout simplement passés au bureau de la mairie. Quoi qu’en disent le maire et les habitants, les éléments de forces de l’ordre reçoivent une paie pour faire leur travail mais non pas racketter ces pauvres gens, c’est le cas de le dire dans cette partie de l’île. La population a peur à la fois des dahalos et des éléments de forces de l’ordre.Madagascar Tribune

Toe-tsaina sy Fomba Malagasy (Facebook).

En voyant ces photos, j’ai d’abord halluciné et puis je me suis dis: « à quoi bon ! Vaut mieux se taire si les vahoaka Malagasy croient à toutes les conneries des ces acteurs politiques et acceptent que ces politiciens les prennent pour des ignorants (pour ne pas dire des cons) C’est peut-être une façon que ces politiciens ont trouvé pour légalisé leur trafique d’armes…………………. D’où sortent ces armes !!! Que font-ils là !!! C’est ça le plus inquiétant. Est ce qu’ils l’ont fait faire entrer part le port d’Ehoala à Fort-Dauphin ? Pour une mise en scène à Amboasary Sud par la suite !!! Le ridicule ne tue pas, dommage. Il devrait tuer une fois pour servir d’exemple. Tsisy dahalo hanolotena na hanatitra basy izany ny any « Amboasary Sud », sy eto Madagasikara manontolo. Basy no fitaovana fivelomany sy fahazahoam-bola ho azy ireo, tsy hanatitra an’ireo velively ny dahalo satria tsy hanome karama sy sakafo ha azy ireo ny fanjakana. Niasa tany « Amboasary Sud » mandritra ny telo aho, tsy dahalo ireo nokaramaina nanao cinéma ireo fa mpiasa ao antoerana mamboly sy mpanapaka « sisal » . Tena hita mihitsy fa tsy mahafantatatra an’izany tena atao hoe « dahalo » any antsimo izany ireo mpanao cinéma ireo. Ô ry mpanao politika ô, aoka re ny « cinéma » nareo fa tena mampahonena. Tsy vendrana akory sanatria ny vahoaka.

Amboasary sud – Quatre milliers de dahalo jettent l’éponge

Le capitaine « Tsy Mitsitsy » et ses hommes ont arraché au forceps la reddition des dahalo.

10.11.2014

Après en avoir eu pour leur grade sur le champ de bataille, ces derniers mois, 4 230 dahalo sévissant dans seize communes d’Amboasary-Sud, se sont rendus avec un millier d’armes, samedi. Tenant à la vie, ils ont brisé la chaîne qui faisait d’eux des dahalo pour échapper à une chasse sans merci aux voleurs de bétail.

« Jetez tous vos  fusils. Si quelqu’un n’est pas d’accord et pense qu’il est assez-fort pour se mesurer à moi, qu’il sorte des rangs. Je l’invite a un combat singulier »,  tonne d’un ton fielleux le capitaine Faneva­rison Onimihary Ralaiavy alias « Tsy mitsitsy » (NDLR: l’impitoyable) en s’adressant aux 4230 dahalo reconvertis ou « Kotro Tonga Saina », qui se sont rendus aux autorités avant-hier matin, au gymnase d’Amboasary-Sud. Ils ont reçu l’ordre de se mettre tout en vert pour la cérémonie. Fusillée d’un regard dur par ce féroce commandant de la compagnie territoriale de la Gendarmerie de Tolagnaro d’à peine 30 ans, l’armée de caïds, constituée d’irréductibles miliciens recrutés dans seize communes du district d’Amboasary-Sud, plonge soudain dans un silence de soumission. Et puis une voix effarouchée jaillit timidement des rangs: « Une telle personne n’existe pas. » « Si c’est ainsi, je veux être obéi au doigt et à l’œil. Je ne veux aucune arme blanche sur vous. Jetez vos sabres, sagaies, coutelas, poignards, haches et couteaux devant vous et éloignez-vous de quelques mètres. Retournez-vous et restez ainsi. Et plus vite que ça », hurle-t-il, faute d’avoir trouvé un « gladiateur » digne de sa trompe. « Ne vous hasardez pas à bouger d’un iota, sinon vous allez voir de quel bois je me chauffe. Il faut mon autorisation même pour aller se soulager. Compris! », signifie-t-il. Les «Kotro Tonga Saina   » se sont rendus samedi avec un millier de fusils Sans autre arme qu’un simple coupe-coupe qu’il a ramassé dans cet arsenal dont les dahalo reconvertis ont été délestés, le jeune officier, sûr de lui, se faufile dangereusement entre les rangs en brandissant son arme pour défier les plus téméraires. Après avoir constaté que ses anciens ennemis font  profil bas et restent sans voix, il jette, à son tour, son arme, puis leur tourne le dos d’un air arrogant. Direction les tribunes officielles pour une réunion technique avec ses frères d’armes, présidée par deux généraux des forces armées. À son deuxième poste en tant que commandant de compagnie, le jeune capitaine impose déjà le respect et la discipline à des individus sans foi ni loi, connus pour avoir opprimé la population et qui, de surcroît, y trouvaient un malin plaisir. Il semble incarner le tempérament tout aussi dur que dominateur de son supérieur hiérarchique, le lieutenant-colonel Théodule Ranaivoarison, commandant du groupement de la Gendar­merie  de la  région Anosy, qui avait fait parler de lui et laissé ses empreintes à Miandrivazo, Ampanihy et surtout Ihosy  en 2008, quand il donnait du fil à retordre aux dahalo qui y régnaient en maîtres. Il avait, à cette époque, le même grade et occupait la même fonction que son meilleur élément, l’intrépide « Tsy Mitsitsy ». Le capitaine « Tsy Mitsitsy » et ses hommes ont arraché au forceps la reddition des dahalo. Avant d’arracher au forceps cette soumission inconditionnelle des dahalo du district d’Amboasary-Sud, la Gendar­merie nationale a connu des hauts et des bas et a même payé le prix fort. Entre 2012 et 2013, une quinzaine de ses éléments territoriaux étaient tombés sous les balles des bandits en leur livrant bataille dans les dédales des montagnes et les forêts quasi-impénétrables écumées par les hordes les plus dangereuses du Sud, alors qu’ils remontaient la piste de troupeaux volés. Près de cinq cents actes de banditisme avaient été alors perpétrés dans les zones sensibles et plus de 40 000 bœufs dérobés sur l’ensemble du territoire de la région Anosy. La vague d’insécurité qui s’était abattue sur cette partie de la Grande île, a commencé à s’estomper avec le lancement, au mois de juin, de l’opération « coup d’arrêt », une action gouvernementale initiée et pilotée par le général de division Didier Gérard Paza, secrétaire d’État chargé de la Gendarmerie nationale, dont l’un des éléments déclencheurs fut la guerre civile qui avait provoqué un séisme à Andranondambo, le 8 mai.
Décapités Pendant cette guérilla sans merci, les armées de dahalo qui faisaient la pluie et le beau temps dans l’Anosy, ont été décapités de leurs principales têtes: le célébrissime Rekamainty, Rebasy (NDLR : le fusil) et Refeno. Pour sa part, blessé par balle en se mesurant aux gendarmes, l’insaisissable Revato qui a, à son tableau de chasse, des gendarmes tués, a renoncé à son fief à Efotaka pour se terrer au fin fond de la brousse  de Betroka. Suivi à la trace jusqu’à son retranchement par le capitaine « Tsy Mitsitsy » et son peloton mobile porté, le fugitif a réussi à se glisser à travers les mailles du filet, laissant  dans sa tanière un fusil d’assaut Mas 36. Un an plus tôt, le 7 octobre 2013, une fusillade qui avait fait rage pendant dix heures entre les gendarmes et les miliciens du tristement célèbre Remenabila, sur la route des bovidés volés dans les montagnes de l’Andriry, avait eu son épilogue quel­ques mois plus tard. Un grand rassemblement funèbre, une grande première dans le village de ce célébrissime chef dahalo, Beharena, zone limitrophe entre la région Anosy et celle de l’Atsimo-Atsina­nana, s’est tenu. des bœufs avaient été abattus par centaines pour un festin d’obsèques. Les informations glanées par la gendarmerie  révèlent alors, que Remenabila, chef dahalo tant redouté, avait été  mortellement blessé lors de ce violent accrochage. Transporté tant bien que  mal par ses comparses jusqu’à son village, le septuagénaire agonisant avait rendu l’âme. Au terme de trois phases de l’opération « Coup d’arrêt», appuyées par des gendarmes des Forces d’intervention de Fort-Duchesne (FIGN) envoyés à la rescousse par le gouvernement, le district d’Amboasary-Sud, et même certains  points névralgiques autrefois réputés comme étant des « abattoirs de gendarmes », semblent tomber sous le contrôle de la gendarmerie territoriale depuis deux mois.
Main de fer D’ailleurs, ces armées de bandits de grand chemin qui appliquaient la loi de la jungle, n’ont sonné leur reddition qu’une fois le renfort apparu. Revigorés, le lieutenant-colonel Théodule Ranaivo­arison et ses éléments sont passés à la vitesse supérieure en continuant à frapper d’une main de fer. En six mois, le compteur affiche huit armes de guerre récupérées, dont cinq kalachnikovs, un Mas 36, un pistolet automatique et un mosquito. Dans les rangs des bandits, le bilan sur le champ de bataille fait état d’au moins une quarantaine de morts. Dans la foulée, les forces de gendarmerie se sont emparées de trois cent dix fusils, dont la plupart ont été restitués après présentation de papiers. Face aux kalachnikovs, couteaux de combat introduits récemment par le capitaine « Tsy Mitsitsy », ainsi que les fameux fusils lance-grenade dont l’explosion d’un seul obus peut raser un rayon de 60 mètres, les dahalo ont fini par jeter l’éponge pour amorcer leur reddition à la mi-septembre. Préférant réintégrer la société plutôt que d’affronter une mort certaine, ils ont envoyé, en guise d’émissaires, leurs parents et des notables pour plaider en leur faveur  auprès des autorités. Ils ont émergé de l’enfer de la chasse aux dahalo et osé enfin apparaître au grand jour lorsque la communauté s’est montrée clémente à leur égard. Ayant conclu un pacte avec les leurs, les autorités et les gendarmes, dirigés par « le diable en personne » selon les bruits qui courent, les voilà devenus des « Kalony  », les hommes forts de l’autodéfense villageoise. Néanmoins,  blacklistés par le colonel Théodule Ranaivo­arison et le redoutable capitaine «Tsy Mitsitsy » qui les tiennent à l’œil, ils ont pour mission d’inviter leurs comparses encore retranchés à se rendre, de dénoncer les têtes brûlées et surtout de bien se tenir. Sinon… L’épée de Damoclès est toujours suspendue sur leurs têtes. Seth Andriamarohasina L’Express de Madagascar.

« Tandroy Tonga Saina? »

Mahalasa saina loatra ny fihetsiky ny mpitondra fanjakana amin’ireto dahalo miisa 4000 voalaza fa nitolo-batana ireto. Efa nambara teto amin’ny gazety ihany moa ny ahiahin’ny mpanara-baovao ndrao dia sanatria famerenana ilay andian-jatovo mpisetrasetra, fitaovana teo am-pelatanan’ny fitondrana revolisionera tetsy amin’ny Pochard izao ataon’ny fitondrana Hery Rajaonarimampianina izao. «Tanora Tonga Saina» no anarana nentin’izy ireo tamin’izany na TTS ary tena nampiteny ny anarany mihitsy teo amin’ny asa fampihorohoroana teto an-drenivohitra sy ny manodidina.

Voalaza fa nitolo-batana ireto dahalo miisa 4000 ireto ary nambara ihany koa fa tsy hanao izany asa ratsy izany intsony. Mahagaga fa mbola milanja famaky sy kibay ary basim-borona izy ireo taorian’ny fizarana ny fanamiana maitso. Tsy maharesy lahatra mihitsy araka izany ny fanambarana sy ny tatitra avy amin’ny fitondram-panjakana. Toa milisy mitam-piadiana indray aza no fahitana azy ireo ary eo indrindra no mampametra-panontaniana.
Ny praiminisitra Kolo Roger moa nidina tany an-toerana niarahaba azy ireo kanefa tsy nahavita namangy na nanome fanampiana ireo olona rava trano, very fananana, namoy fianakaviana. Azo atao tsara ange izany ny mamono olona mandritra izao fitondrana Hery Rajaonarimampianina izao, avy eo mandeha mitolo-batana sy mifona amin’ny mpitandro filaminana dia vita ho azy ny raharaha e! Ka inona no maha samy hafa amin’ny TTS (Tanora Tonga Saina) amin’ity endrika TTS (Tandroy Tonga Saina) vaovao ity e? 12/11/2014.  Roc.

Polémiques autour des « dahalo miova fo »

lundi 17 novembre 2014, par Léa Ratsiazo

Les polémiques autour des « dahalo miova fo » ne sont pas prêtes de tomber. Il s’agit d’une initiative du gouvernement d’accorder une amnistie totale aux dahalos repentis, ou censés l’être, dont le nombre ne cesse d’augmenter. Le dernier épisode en date concerne 4000 dahalos à Amboasary et quelques 2000 autres qui sont sur le point de « hiova fo » à Sakaraha au cours des semaines à venir.

Cette initiative a provoqué toute sorte de réaction au sein de l’opinion, elle est même devenue le centre de conversation majeure ces derniers jours. L’ironie, la raillerie, la colère se mêlent au scepticisme autour de ce sujet, et rarement l’approbation. Le Premier ministre Kolo Roger qui est venu en personne à la rencontre des 4000 dahalos est présenté par les dessins de certains réseaux sociaux comme un gourou de secte qui a réussi l’exploit de convertir les dahalos. Les réactions étaient tellement virulentes que les différentes autorités ont été obligées de revenir expliquer les tenants et aboutissants de cette initiative. Le Premier ministre, le secrétaire d’État à la gendarmerie, les responsables de la communication de la gendarmerie, les députés élus du Sud sont revenus à la charge pour essayer de convaincre l’opinion des bienfaits de cette décision.

Face aux critiques acerbes comme quoi, le Premier ministre Kolo Roger est venu féliciter les dahalos, ce dernier se défend et explique que ces dahalos sont des révoltés, oubliés par la société. « Vous vivez heureux dans l’opulence et vous avez oublié cette frange de la population qui s’est révoltée » tels sont textuellement les propos du Premier ministre à propos de ces dahalos. Le secrétaire d’État à la gendarmerie, le Général Paza a voulu corriger le terme « dahalo miova fo » en « dahalo qui se sont rendus », pour répondre aux critiques comme quoi, « comment ils peuvent vérifier que les dahalos ont vraiment changé ? » ; selon ce général, on n’a pas le choix, « soit ils sont abattus soit on accepte leurs repentances ». Mara Niarisy, député d’Ankazoabo pour sa part assure qu’il ne s’agit pas de « cinéma » comme on l’entend souvent mais de la réalité, que les dahalos ont en marre de s’enfuir et d’être au ban de la société. Le colonel Anthony Rakotoarison, responsable de la défense au sein de la gendarmerie, affirme que cette initiative a eu tellement de succès que d’autres dahalos vont suivre les pas des premiers et qu’ils vont même être des collaborateurs des forces de l’ordre pour traquer les autres dahalos qui ne sont pas rendus.

Les explications et contre explications sont aussi farfelues les unes que les autres au point qu’on ne sait plus quoi penser. En premier lieu, le terme « cinéma » est venu tout de suite à l’esprit dès le début compte tenu de nombreux détails dont en premier lieu les « uniformes » des dahalos. La grande majorité portent tous une sorte d’uniforme bleu ou vert avec un petit chapeau de même couleur, « des tabliers d’écoliers » ironisent certains. Quasiment tous portent des fusils de chasse qu’ils ont déposés avec enthousiasme au pied des autorités. Et l’ambiance générale est tellement surréaliste que le terme « mis en scène » arrive tout de suite à la tête.

Sur le fond, tous ceux qui craignent l’attaque des dahalos et bandits de tout acabit, jour et nuit, c’est dire quasiment toute la population, ont du mal à admettre que les dahalos bénéficient non seulement de l’impunité totale mais en plus sont récompensés car ils ont reçus des « aides » du gouvernement. On a l’impression que les autorités n’ont aucune considération pour les victimes civiles, qui ont perdu leurs biens et souvent mêmes leurs proches dans les attaques de ces dahalos. Ces derniers qui n’ont pitié pour personne, qui brûlent des villages entiers, qui tuent et qui violent reçoivent après des aides comme s’ils sont récompensés par les crimes qu’ils ont perpétré. Pour le moindre kilo de manioc volé, les autres sont mis en prison et pourquoi pas eux ? Cette impression d’injustice officielle révolte l’opinion qui considère cette initiative comme une fausse bonne idée. Surtout que les autorités ne cessent de clamer à tout va que Madagascar est un État de droit.

Léa Ratsiazo. M/car Tribune

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Reddition massive : Le grand bluff

L’exploit des forces de l’ordre dans l’Androy se limite visiblement à la réussite des actions destinées à convaincre l’opinion et la population locale que dans un premier temps il suffisait de mater durement des présumés malfaiteurs pour amener les autres à déposer les armes. Mesure d’une efficacité plus que douteuse si l’on se base sur les impacts ponctuels depuis qu’elle s’applique sur une partie seulement de quelques districts. A Beloha, Andalatanosy et à Antanimora-Sud et même à Ambovombe (où une femme a fait l’objet d’une cruelle agression) les attaques se suivent et font toujours mal aux simples gens sans défenses.

 Lorsqu’on tient compte des échos et des nouvelles faisant état de ce qui se passe encore au temps présent dans les villes et villages enclavés de l’Androy et des alentours, on est bien obligé d’émettre de sérieux doutes sur les résultats médiatisés à outrance sur la reddition des dahalo. Pas plus tard que la semaine dernière, sur l’itinéraire entre Antanimora-Sud et Andalatanosy, en plein jour, deux agents du Groupe SALFA (une organisation sanitaire luthérienne) ont été victimes de bandits de grand chemin. Voyageant à moto, les deux hommes furent interceptés au lieu dit Kibory Tirinone. L’un d’eux fut frappé deux fois à la tête avec un coutelas avant de se défendre et riposter en blessant son agresseur.

Au cours d’un corps à corps acharné avec la détermination de celui qui veut sauver sa vie, l’infirmier réussit à blesser son assaillant qui prend la fuite avec ses compagnons en voyant apparaître et arriver l’autre motard. Grièvement blessé à la tête, le bonhomme est encore sous soins médicaux à l’heure actuelle. Avisés à temps, les gendarmes se mettent à la poursuite des bandits dont certains ont été identifiés par les deux motards. Recherché à son domicile, le dahalo blessé serait toujours en cavale. Au cours de cette fin de semaine également, des individus ont tenté de s’en prendre aux habitants du fokotany d’Anjatelo qui travaillaient la terre sur un périmètre que voulait accaparer un riche notable avec l’appui du Maire (PDS) d’Ambovombe.

 Une fois de plus, on voit transparaître derrière des attaques perpétrées par des bandits, des ambitions foncières effrénées. Repoussés par les villageois, les tristes visiteurs ont été dénoncés par des voisins et seraient recherchés. Toujours est-il que les révélations très critiques faites par Latimer Rangers lors de l’émission Invité du Zoma de TV Plus retiennent encore l’attention du public. Elles dévoilent sans complaisance les failles d’une mise en scène à grand spectacle qualifié de « bouffonnerie ». Comment ne pas se scandaliser lorsque l’Etat dilapide d’importantes sommes pour financer une opération médiatique avec des résultats peu crédibles ? Surtout quand celle-ci est tout juste nécessaire pour faire bonne impression aux yeux d’un Premier ministre sincèrement désireux de mettre fin au mal politique causé par le «Dossier Insécurité» qui est une véritable épine au pied du gouvernement.

Lien. Lalao Ravalomanana. 18/11/2014.

Le sud de Madagascar. Le village d’Andranondambo réduit en cendres… Une vidéo de 10mn et des photos.

Des images terribles, depuis quelques heures sur les Réseaux Internet, Facebook en particuler. Il s’agit d’une vidéo (en date du 11  Mai 2014) et des photos du village d’Andranondambo et de ce qui en reste, réduit en cendres et les corps des victimes laissés à l’abandon. Et je conseille vivement aux âmes sensibles de ne pas regarder.

Des noms (les commanditaires) commencent  également à circuler.« Qu’est-ce qu’on attend pour les arrêter ? QU’ILS mettent le feu partout dans nos villages, tuent les habitants ou parquent les malgaches dans des réserves ou carrément les « jettent » à la mer ??? Que l’on arrête rapidement ces criminels sinon nous allons au devant d’un embrasement généralisé de conflits ethniques PROVOQUES ».

Nous savons ce qu’ils cherchent et de quoi ils sont capables. La Nation »…les enjeux réels de cette forme de terrorisme restent et demeurent les gisements encore vierge de minerais de grande valeur comme l’uranium, les terres rares, l’or, le jaspe et même le diamant. Ces opérations de nettoyage par le vide dans l’arrière-pays se dissimulent derrière des vols systématiques de zébus toujours accompagnés d’actes barbares comme les viols et les assassinats.

Les cerveaux des véritables actions de déstabilisation du pays ne visent qu’une chose en priorité : la main mise foncière sur les endroits qu’ils veulent piller dans des conditions scandaleuses à partir de la corruption des autorités locales comme Fiandraza, l’ex-sénateur Mara David, quelques juges, gendarmes et policiers qui ne résistent pas à la tentation des fortes sommes offertes. Des personnalités de très haut niveau de la capitale assurent aussi une protection discrète mais très efficace de toute cette racaille nuisible … la suite

« Deux fokontany du district d’Amboasary Atsimo: près de 1000 réfugiés »

(Madagascar Tribune 15/05/14)

C’est la guerre entre les habitants des villages fokontany d’Andranondambo et d’Ambatotsivala dans la commune rurale de Maromby, à près de 90 km au nord du chef lieu de district d’Amboasary Atsimo, depuis ce mercredi 7 mai 2014.

Selon des reportages de la presse, des dahalo ont attaqué le village d’Andranondambo et volé des têtes de zébus. La poursuite a été engagée par des hommes valides d’Andranondambo qui ont réussi à avoir le dessus sur les voleurs et à reprendre le troupeau de zébus ; mais le lendemain, les dahalo sont revenus pour se venger contre celui qui a conduit la poursuite de la veille et qui a ainsi trouvé la mort. Aussitôt la famille du défunt d’Andranondambo est partie pour se faire justice.

Quatre membres des familles des assaillants sont tombés sous les balles des proches de la première victime du village d’Andranondambo. Les représailles ne se sont pas fait attendre car dans l’après-midi de ce jeudi 8 mai 2014, des individus du fokontany d’Ambatotsivala ont attaqué à nouveau le fokontany d’Andranondambo, tiré sur la population et mis le feu aux maisons d’habitation, provoquant alors la fuite des habitants.

Plus de 22 morts

Le Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC) qui a pris les choses en main, fait état ce mardi 13 mai de 22 morts à la suite de ce conflit entre les habitants des deux fokontany, dont 10 chez celui d’Andranondambo et 12 du fokontany d’Ambahitsivala.

On compte 2294 sans-abris en provenance d’Andranondambo et qui cherchent refuge ailleurs chez des parents et connaissances dans d’autres villages, à Tranomaro et à Ampilira ; 714 autres rescapés du fokontany d’Andranondambo ont rejoint le chef lieu de district à Amboasary. Le BNGRC s’est mobilisé et a pris en charge tous ces sans abris. 125 maisons ont été incendiées à Andranondambo et 275 autres ont été détruites.

Le BNGRC a affecté pour les premières actions d’urgence, la somme de 1 440 000 ariary au district d’Amboasary Atsimo et 16 sacs de riz en plus de six tentes pour héberger les réfugiés. Cent (100) éléments du FIGN de la Gendarmerie nationale sont arrivés dans le district en renfort des forces de l’ordre pour rétablir la sécurité et un autre contingent de cent éléments attendent les décisions pour appuyer le rétablissement de l’ordre et le maintien de la paix entre les deux villages.

Le député Angèle Solange qui a été sur le terrain, confirme au reporter de la radio Antsiva ce mercredi 14 mai 2014, le désarroi de cette population sans abris et sans ressources qui se réfugie comme elle peut auprès des amis et connaissances, sachant que la majorité sont des exploitants miniers sans attache locale ni parent dans les environs. Le député élu à Amboasary Atsimo, Angèle Solange, note qu’il y eut la veille, cinq (5) autres civils habitants d’Andranondambo tués par les dahalo. Elle recense près de 1000 réfugiés à Amboasary Atsimo tout en confirmant l’effectif donné par la BNGRC dans les autres localités. Elle confirme aussi les aides en provenance de diverses entités : 10 sacs de riz de sa part, 100 sacs de riz de la part de la Région et 150 000 ariary ; le WWF a offert un sac de légumineuses. Elle attire l’attention des autorités sur les malades dont certains ont été dirigés vers l’hôpital d’Ambovombe.

Entre mines et zébu

Selon les reportages de la presse, il y aurait quelque 4000 têtes de zébus volées sinon plus que douteuses à Ambatotsivala. Les commentaires font allusion à un conflit entre deux intérêts et desseins divergents : d’une part ceux d’Andranondambo qui tirent leurs ressources de l’exploitation du sous-sol (pierres précieuses tel le saphir et le mica) et qui pour une partie, font du zébu leur banque en quelque sorte, et d’autre part, ceux des habitants d’Ambatotsivala qui lorgnent sur ces richesses du sous-sol et souhaitent expulser ces migrants qui, apparemment, s’enrichissent sur les terrains de parcours de leur cheptel.

Le député d’Amboasary Atsimo suggère que les autorités minières facilitent et simplifient aux habitants d’Ambatotsivala les formalités d’accès à l’exploitation minière car ce serait une des solutions à ce conflit ou à cette mésentente entre populations de fokontany mitoyens. Cela constituera également une opportunité aux jeunes de la région d’abandonner les activités de grand banditisme des dahalo. Elle lance un appel au ministère de la Population devant cette population démunie et réduite à l’errance. De même elle s’adresse aux autorités militaires pour l’envoi d’hélicoptères dans la poursuite des dahalo et le repérage des troupeaux de zébus volés. Bill.

– Village d’Andranondambo et les sourires des habitants :

http://frediani-bijoux.blogspot.fr/2013/11/madagascar-les-saphirs-dandranondambo.html?m=1A

– Photos. L’horreur, âmes sensibles s’abstenir :

https://www.facebook.com/mahery.manandafy/photos

-Vidéo, en date du 11 Mai, soit 3 jours après l’attaque.

Hisaorana Andriamatoa Mahery Manandafy izay namoaka ny sary sy ny horonan-tsary.

RAPPEL.  Village de FENOEVO, le 31 AOUT 2012, début des conflits ethniques, milices, malaso, dahalo… La Nation : « …les enjeux réels de cette forme de terrorisme restent et demeurent les gisements encore vierge de minerais de grande valeur comme l’uranium, les terres rares, l’or, le jaspe et même le diamant. Ces opérations de nettoyage par le vide dans l’arrière-pays se dissimulent derrière des vols systématiques de zébus toujours accompagnés d’actes barbares comme les viols et les assassinats ».

Vidéo de 15 mn. Fenoevo.  AMES SENSIBLES S’ABSTENIR.

Enquête auprès des villageois et des autorités, sur les 86 décés du côté des dahalo ou malaso (voleurs de zébus) contre une (1) seule victime ches les villageois. Comment expliquer le grand nombre de victimes ?  Volonté divine, comme réponse !!!

Questions :  Qui sont les commanditaires ? Qui étaient chargés de liquider ces jeunes gens (26 ans de moyenne d’âge) ? A qui profitent ces crimes ?

Notre réponse : Milice payée pour tuer. Motif : Accaparement des terres.

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MCM de Paris.

A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

Pour une prise de conscience citoyenne des Malagasy
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