La famille du Gl Andriamahazo et les propos de Latimer Rangers.

 

Que l’auteur de l’ouvrage cité par Monsieur Latimer Rangers apporte des preuves tangibles (factuelles), avant d’écrire des « récits » romanesques. Car la méfiance, jusqu’au discrédit à l’endroit des « historiens » … « malgachisants », restent vrais.

MCM de Paris.

 

 « …Après tout, ce pays n’en est pas à une farce près : n’a-t-on pas fait endosser la mort du Colonel Richard Ratsimandrava, aux malheureux soldats du GMP Laza Petit Jean, Mara Seta et Zimbo, alors qu’il a été (tué) d’une balle de revolver dans son bureau à Anosy-Ampefiloha par un Général quelques heures auparavant, selon Mme Françoise Raison-Jourde, Professeur à l’université de Paris-7, dans son ouvrage intitulé « Pouvoir et Bible à Madagascar ». Information qui n’a été jusqu’à présent démentie par aucun de nos dirigeants anciens ou actuels… ». Latimer Rangers

Iza no namono an-dRatsimandrava? Mamaly ny Jeneraly Ramakavelo Philippe

Les évenements du Sud, gendarmes-dahalo-populations, par Latimer Rangers. Vidéo (l’invité du Zoma). Dossier.

 

Général Gilles ANDRIAMAHAZO

 

Andriamahazo

Né en mai 1919 à Fort-Dauphin mais d’origine merina, Gilles Andriamahazo s’enrôle à la fin de ses études secondaires dans l’armée française. Il participe à la Seconde Guerre mondiale comme sous-officier puis se trouve affecté en Allemagne lors de la libération. Promu sous-lieutenant en 1949, il combat en Algérie puis entre à l’école de guerre en 1956.Avec l’indépendance, en 1960, il regagne Madagascar avec le grade de commandant. Après avoir été commandant d’armes de Tuléar, il entre à l’Etat-Major où il connaît une promotion rapide qui le portera au grade de général de brigade en 1970. Il devient alors inspecteur général des forces armées et du service civique.Lors des événements de 1972, le Président Tsiranana l’appelle comme gouverneur militaire de la capitale. Il entreprend, dès lors, un dialogue avec les étudiants permettant un retour au calme.Sous le « régime militaire », il est nommé ministre de l’Aménagement du territoire et chargé des négociations lors des émeutes de Tamatave, de Diégo-Suarez et de Majunga en décembre 1972 et janvier 1973.A la suite de l’assassinat du colonel Ratsimandrava en février 1975, il prend la tête du directoire militaire et assume les fonctions de chef de l’Etat jusqu’au 15 juin 1975, date à laquelle le capitaine de frégate Didier Ratsiraka devient président du conseil suprême de la révolution.

Sous la Seconde République, Gilles Andriamahazo, promu général de division, préside le comité militaire pour le développement jusqu’à ce qu’il fasse valoir ses droits à la retraite en 1976.

Globalement, durant chaque période de crise politique, le général Andriamahazo a pu apparaître comme un garant du retour au calme et à une légalité cautionnée par les forces armées. En ce sens, malgré son âge, il se présente aujourd’hui en « réserve de la République ».

Assassinat du Chef de gouvernement

Difficile de garder tête froide devant pareil évènement : assassinat d’un chef de gouvernement. Le pays avait basculé dans un autre monde ! La nuit était noire. Le colonel Roland Rabetafika, directeur général du gouvernement du général Ramanantsoa était là. L’heure n’étai pas à la parlote. Le colonel Rabetafika soupira : «Dia lasa lesy ialahy Richard ! » (et voilà que tu nous quitte Richard). Un moment de silence et il reprit : «

Peu de monde sur la place devant le commissariat de police.

Un cordon de gendarme. La 404 noire du colonel était devant le commissariat, accostée au trottoir. Plus personne dans la voiture. Dans une rue latérale qui montait à droite juste après le coin, le cadavre de Zimbo derrière son FM (l’arme du crime apparemment). A quelques mètres, toujours sur la chaussée, à droite, un trou d’environ un mètre carré de côté (travaux de canalisation de la JIRAMA, Société des Eaux et Electricité), signalé par une ampoule allumée placée au bout d‘une tige de fer.

Le général Andriamahazo, ministre de l’équipement dan le gouvernement Ramanantsoa, arriva en premier. Vinrent ensuite les Chefs de Corps de l’Armée en poste à Tananarive, sauf ceux de la gendarmerie qui était sur le terrain. Pour une meilleure représentation d‘autres officiers de gendarmerie furent convoquées. Toutes les mesures nécessaires furent prises consécutivement à cette situation d’exception y compris la fermeture de l’aéroport internationale d’Ivato, au départ de Tananarive.

Les téléphones ne cessaient de sonner. Très tard dans la nuit, une communication téléphonique de Paris.

–       Il parait que Ratsimandrava a été l’objet d’un attentat…Est-il mort ?

Le Chef d’Etat Major :

–         Oui

–         C’est affreux !

–         Comment l’avez-vous appris ?

–         Ca vient d’être annoncé à Radio France Internationale.

Un correspondant de l’agence Reuter qui habitait à quelque deux cents mètres du lieu de l’attentat, ayant entendu des rafales d’armes automatiques était allé voir sur place, pour revenir promptement envoyer le scoop de sa vie.

Un communiqué officiel concernant la diffusion de l’assassinat à la radio et à la télévision fut rédigé. Le président du Directoire militaire fut chargé de le lire.

Les membres du Directoire miliaire furent désignés le 12 février à eux heures du matin. Les noms furent proposés par les chefs d’état-major ou les chefs de Corps et soumis à l’accord des officiers présents.

Le général Ramanantsoa rejoignit la Catalane, dans le courant de a nuit, escorté par une Jeep de l’armée. Il fit décidé de décréter la loi martiale.

Un décret signé du général Andriamahazo, président du Directoire militaire, placera le général Ramanantsoa en position de retraité d’office.

Premier Diretoire militaire à Madagscar

La nuit même, de l’ horrible assassinat du colonel Richard RATSIMANDRAVA, le 12 février 1975, a été créé un comité national de direction militaire (Directoire) de dix-huit officiers émanant de toutes les armes des six provinces du pays. Celui-ci instaure la loi martiale, qui interdit toute activité politique et qui suspend les partis politiques afin de résoudre la crise politique. Officier le plus gradé du directoire, Andriamahazo prend sa tête et assume les fonctions de chef de l’État jusqu’au 15 juin 1975,

Création du directoire Militaire : Ordonnance n°75-001/O/DM du 11 février 75.

Selon les termes de l’Ordonnance, le Directoire militaire est « dirigé par le plus ancien dans le grade le plus élevé, toutes armes confondues… Le Directoire militaire exerce cumulativement les fonctions du président de la République et celles du Premier Ministre qui leur sont dévolues par la Constitution ».

Membre de la directoire militaire :

Président de la directoire militaire :

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Le général de Brigade Andriamahazo Jules

Second du Président du directoire dans la coordination des activités de l’inspection, générale de l’Etat  et de la direction du Plan :

Jaotombo

Capitaine Jaotombo Ferdinand

Second du Président du Directoire en matière de défense Nationale :

Pattureau

Commandant Patureau Fernand

Secrétaire Générale du Directoire Militaire :

Capitaine Ralala Pierre

–         mais se saborda en juin.

Membres :

Province de Tananarive :

–         Lieutenant Colonel Rakotonirina Raymond

–         Commandant Rakotoarijaona Désiré

–         Commandant Andriamaholison Richard

Province de Majunga :

–         Capitaine Randrianasoavina

–         Capitaine Randriantanany Jean de Dieu

Province de Fianarantsoa :

–         Lieutenant Colonel Rakotomalala Joël

–         Lieutenant colonel Rakotondretsitoro

–         Capitaine Ramakavelo Désiré

–         Capitaine Marson Max

Province de Tuléar :

–         Lieutenant colonel Silasy Elie

–         Lieutenant Colonel Manjary Lucien

–         Commandant Soja

–         Commandant Raveloson Mahasampo

Province de Tamatave :

–         Capitaine de Frégate Ratsiraka Didier

–         Commandant Patureau Fernand

Province de Diégo-Suarez :

–         Capitaine Jaotombo Ferdinand

–         Lieutenant Vonimbola Samuël

La phase du directoire militaire ne durera que quatre mois (de février à juin 1975), mais elle est décisive à plus d’un titre. D’abord, avec la suspension de la partie politique, le 13 février, les forces armées focalisent désormais les luttes de pouvoir et de « leadership ». La composition du directoire militaire répond à un double souci d’équilibre. D’une part, elle essaie de respecter une équilibre entre les différentes armes (armée de terre, aviation, marine et gendarmerie). D’autre part, elle reflète une volonté d’équilibre régional entre les six provinces.

C’est ainsi que le Général Gilles Andriamahazo se trouve dans le quota de Tananarive, le commandant de gendarmerie Soja, dans celui de Tuléar, le capitaine de frégate Didier Ratsiraka dans celui de Tamatave. Très vite, trois tendances vont se dessiner dans le directoire militaire, polarisées par ces trois officiers. A quelques nuances près, elles recoupent celles qui ont conduit à l’implosion du cabinet Ramanantsoa. Andriamahazo incarne l’intérêt de la bourgeoisie merina, Soja se présente comme l’héritier de la ligne définie par Ratsimandrava, et Ratsiraka apparaît comme le chantre d’un nationaliste « gauchisant » tout en essayant de séduire la bourgeoisie des provinces.

Il est erroné de penser que Ratsiraka s’est facilement imposé au sein du directoire militaire, d’autant plus que certains officiers ne lui ont jamais caché leur méfiance, sinon leur hostilité ; c’est le cas notamment des « ratsimandravistes » convaincus de la première heure tels que les commandants Soja, et Andriamaholison et le capitaine Ramakavelo. Bien que bénéficiant d’une certaine aura depuis son passage au ministère des Affaires Etrangères où il symbolisa la souveraineté nationale retrouvée, Didier Ratsiraka est d’abord en position minoritaire dans le directoire militaire. Puis, grâce à une redoutable habileté de manœuvre, il réussit progressivement à y orienter les décisions, jouant tantôt sur la fibre « côtière » des membres, tantôt sur les courants centrifuges qui y coexistent, pour finalement y faire adopter son programme « socialiste » avant de se faire élire, au vote secret, chef de l’Etat et du gouvernement et président du Conseil suprême de la révolution le 15 juin 1975. (Jaona Rabenirainy).

 

 

Conduit par le général Andriamahazo, le Directoire militaire prenait part, avec le Général Ramanantsoa, dans l’après-midi du vendredi 14 février 1975, à la cérémonie de mise en bière de la dépouille morelle de Richard Rimandrava sur laquelle avait été déposé le grand cordon de l’ordre national, la plus haute distinction honorifique conférée au chef de ‘Etat malgache.

PROCES :

21 Mars 1975: Ouverture du procès de l’assassinat de Ratsimandrava au Palais de Justice d’Anosy: 296 personnes ont été inculpées, parmi lesquelles l’ancien Président Philibert TSIRANANA, l’ancien Ministre de l’Intérieur, RESAMPA, Secrétaire Général du P.S.M (Parti Socialiste Malgache qu’il créa après sa déportation à Sainte Marie), le Colonel Roland RABETAFIKA (premier Officier arrivé sur les lieux du crime: il était Directeur Général du Gouvernement de Ramanantsoa et habitait le quartier où l’attentat avait eu lieu), et le chef des mutins le Colonel Bréchard RAJAONARISON.

Juin 1975: Le verdict rendu condamnait 3 comparses à 5 ans de travaux forcés et acquittait tous les autres inculpés. Toute la lumière ne fut pas faite sur cette affaire.

Malgré le long procès qui se déroula sous le directoire militaire de transition dirigé par le général Gilles Andriamahazo, aucune lumière ne fut faite sur l’assassinat de cet homme que trop de groupes de pression, notamment financiers, pouvaient souhaiter voir disparaître, craignant de voir leurs intérêts fortement remis en question à cause de la politique du « fokonolona » prônée par Ratsimandrava, laquelle visait à nationaliser l’économie et la production malgache.

In fine, le procès de l’affaire Ratsimandrava s’arrêta pour sauvegarder l’unité nationale du pays, déjà assez fragilisée à cette période.

Celui-ci instaure la loi martiale, interdit toute activité politique et suspend les partis politiques. Officier le plus gradé du directoire, Andriamahazo prend sa tête et assume les fonctions de chef de l’État jusqu’au 15 juin 1975, date à laquelle le capitaine de frégate Didier Ratsiraka devient président du conseil suprême de la Révolution.

Sous la IIe République, Gilles Andriamahazo est promu général de division (1975) et préside le comité militaire pour le développement, avant de prendre sa retraite en 1976. Il meurt d’une attaque cardiaque en 1989, à l’âge de 70 ans.

Transition militaire et idéologies révolutionnaires

La phase du directoire militaire ne durera que quatre mois (de février à juin 1975), mais elle est décisive à plus d’un titre. D’abord, avec la suspension de la partie politique, le 13 février, les forces armées focalisent désormais les luttes de pouvoir et de « leadership ». La composition du directoire militaire répond à un double souci d’équilibre. D’une part, elle essaie de respecter une équilibre entre les différentes armes (armée de terre, aviation, marine et gendarmerie). D’autre part, elle reflète une volonté d’équilibre régional entre les six provinces.

Le directoire militaire, temporairement présidé par le Gal Gilles Andriamahazo, se transforme plus tard en un Conseil suprême de la Révolution, sous l’impulsion des idées nationalistes, sociales et anti-coloniales qui dominent l’opinion publique malgache des années 1970.

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Robert ANDRIANTSOA (malagasy58@gmail.com & tany_masina@yahoo.fr)

La Grande Terre Madagascar – Rétro et Mémoire.

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A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

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Un commentaire pour La famille du Gl Andriamahazo et les propos de Latimer Rangers.

  1. ranaivoarivelo pascal dit :

    J’ai le livre de Françoise Raison Jourde « Paysans, intellectuels et populisme à Madagascar ». Donc il est distribué à Madagascar. Je l’ai lu. Certes il y a des erreurs mais le contenu est fascinant surtout sur le cas de Ratsimandrava. Il démontre d’un manière rationnelle la réalité de la société malgache, une société hiérarchisée, basée sur l’inégalité, une société très divisée en ethnie avec ses us et coutumes: Merina-Côtiers, Andriana-Mainty et maintenant Catholiques – Protestants.
    Je suis de l’avis de Latimer: que celui qui sait quelque chose, qu’il le dise. On ne veut pas calomnier mais on veut savoir la vérité. Que les chercheurs malgaches ou l’Etat infirment ou confirment les propos de Françoise Raison Jourde. Je cite Ramakavelo, Ratsiraka, Bora Christian, Rakotoarijaona Désiré, Andriamaholison Richard, Zafy Albert qui était à Antanimora (camp GMP) la nuit du 11 février 1975 et autres qui, de près ou de loin, étaient liés à cette affaire les anciens FRS encore en vie (Marinjaha… ).
    Que la vérité ne soit pas emportée dans le tombeau comme le cas de Rabetafika, le chauffeur Rakotoarijaona du colonel…

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