Vengeance, chasse à l’homme, dérapage ethnique. Gv/nt et Chinois « pointés du doigt ». Le RFI sur place. Situation explosive à Morondava. Les Chinois réclament 80 millions de $.

L’usine de sucre de Morondava dans l’ouest de Madagascar, théâtre d’une émeute contre ses gérants chinois, mettra jusqu’à trois ans avant de retrouver une production normale, a indiqué, lundi 15 décembre 2014, la direction qui va réclamer une indemnisation du gouvernement. Durée: 00:25

Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=YTdTGlanKv4

Grève à Morondava, le gouvernement est responsable

Ajoutée le 14 déc. 2014

Pour aider les employés du SUCOMA, le gouvernement a offert un bœuf et octroyé leur salaire de deux mois. Pour le Général Ramakavelo, le gouvernement est très faible. En effet, sa responsabilité est de protéger les étrangers, toutefois, s’ils font des actes illégaux, il est de son devoir de contrôler la situation. Il faut préciser que ce geste venant du gouvernement attise la colère des citoyens. TV. Viva M/kara

 

Morondava : Risques de dérapage… ethnique

Un semblant de calme depuis hier à Morondava, même si la situation n’est pas encore revenue à la normale. En effet, les établissements scolaires et les bureaux sont toujours fermés. D’importants renforts militaires venus de la capitale sont aperçus en ville. Les camions militaires stationnent surtout dans les environs d’Analaiva, siège de l’usine de sucre Sucoma, située à environ 20 kilomètres de Morondava.

En tout cas, la ville est le champ de toutes les rumeurs et pour cette raison, le feu qui couve sous la cendre pourrait reprendre. Des bruits font état de chasse à l’homme, notamment sur les gendarmes et militaires, après les tirs à balles réelles de mercredi et jeudi qui ont fait deux ou trois morts et plusieurs blessés. Un militaire de la Région militaire n°5 (RM5) a été retrouvé mort à la lisière d’une forêt hier, avec des traces de coups de couteau ou de coupe-coupe sur le corps.

Selon les rumeurs, l’homme a été pourchassé et achevé à l’arme blanche. En tout cas, le corps a été veillé hier au siège de la RM5, et la délégation gouvernementale conduite par le Premier ministre, Kolo Roger, y est venue présenter les condoléances du gouvernement.

Par ailleurs, deux gendarmes ont trouvé la mort jeudi à Analaiva, près du siège de la Sucoma. En fait, apprend-on, le lynchage n’était pour rien dans ces décès. Il s’agit de deux gendarmes de la brigade de Mahabo convoqués de toute urgence à Morondava en raison des événements. Circulant sur une moto, ils ont été percutés par un camion non loin de l’usine Sucoma où le chaos régnait encore. La délégation gouvernementale s’est également inclinée hier devant les dépouilles.

Les risques de dérapage pèsent aussi sur les Merina de Morondava dont certains ont déjà par précaution quitté la ville depuis jeudi. Le fait est probablement en rapport au président Hery Rajaonarimampianina, chef de l’Etat, mais surtout chef suprême des forces armées situé tout en haut de la chaîne de commandement lors des tirs meurtriers de mercredi. On ne sait si l’ordre venait de lui, en tout cas, c’est la psychose chez les Merina qui ne savent de quoi demain sera fait. Contrairement aux marchands et hôteliers, les fonctionnaires ne peuvent abandonner leurs postes et attendent avec inquiétude la suite des événements.

Sentant certainement cette frayeur, la délégation gouvernementale en a dit un mot devant les foules de Morondava. Ainsi, Maharante Jean de Dieu, ministre de la Fonction publique et président des natifs de la province de Toliara s’est exprimé ainsi au micro: « J’appelle les enfants de la province de Toliara à poursuivre les bonnes relations avec les Malgaches de toutes les origines. Nous accueillons avec hospitalité même les étrangers. Alors pourquoi n’en ferions-nous pas autant avec nos compatriotes ?».

Objets de la vindicte populaire, les Chinois, notamment les cadres de l’usine d’Analaiva, ont quitté précipitamment la ville mercredi soir. Leurs résidences ont été saccagées et incendiées par les manifestants en colère. Ayant rallié Ankilizato par la route, ces Chinois y ont été transbordés dans des hélicoptères affrétés, dit-on, par l’ambassade de Chine Populaire et se trouvent actuellement dans la capitale.

Si Morondava n’a jamais été le théâtre de débordements à caractère ethnique, par contre le chef-lieu de la province, Toliara, a déjà connu des scènes tribales contre les « mpihavy » (émigrés malgaches ). Au début des années 90, chauffées à blanc par les fédéralistes, des bandes de Tuléariens se sont attaquées aux Merina et aux Betsileo, saccageant et incendiant leurs commerces et leurs maisons. Habitant Toliara à l’époque, le célèbre avocat Willy Razafinjatovo dit Olala, peut en témoigner. Il a failli perdre la vie dans l’épisode, mais n’a finalement perdu que son cabinet d’avocat et sa résidence qui sont partis en fumée…

La Gazette de la Grande Ile

A. R.

 

Morondava – Pillage et incendie criminel contre la Sucoma

Des pilleurs et des badauds sont venus nombreux s’attrouper autour de l’usine Sucoma, mercredi soir

12.12.2014 | 8:30

Les opérateurs chinois qui exploitent la Sucoma ont quitté Morondava après les émeutes meurtrières de mercredi soir. Dès qu’ils sont partis, des pilleurs et des vandales ont assailli leur site pour y dérober 200 tonnes de sucre et incendier  le centre de maintenance.

L’atmosphère  est encore délétère à Morondava après que l’arrestation de six employés Sucoma a viré en émeutes meurtrières, mercredi soir. Hier, l’entrepôt de cette société sucrière à Betsipotika,  situé à une trentaine de kilomètres de ville, a été assailli par une horde de pilleurs et de vandales. Le centre de maintenance de l’usine  a été au passage incendié.
«  Les Chinois de la Sucoma ont quitté Morondava dans la nuit de mercredi à jeudi, aux alentours de minuit  », indique Aurélien Raheriniaina, délégué du ministère de la Communication dans la région Menabe.
«Après leur départ, le site de la Sucoma à Betsipotika a été pris d’assaut. Dès  la matinée, des sacs de sucre dérobés dans l’entrepôt ont été transportés à dos d’homme. Vers midi, les assaillants ont décuplé. Ils ont  utilisé des calèches, des brouettes et des charrettes. Dans l’après-midi, des  véhicules transportant des cargaisons de sucre ont fait des allées et venues entre l’usine et Morondava  », ajoute-t-il sur cette même lancée.
Ces actes se sont commis sous les yeux et à la barbe des forces de l’ordre.

Aucune arrestation
Les flammes ont commencé à s’emparer du centre de maintenance de la Sucoma en  fin de matinée aux alentours de 11 heures.  Dépêchés sur place, les éléments des forces de l’ordre ont sécurisé le site sans pourtant parvenir à arrêter les pillages. Alertés, les sapeurs-pompiers sont venus  à la rescousse aux alentours de 14 heures.

Sur la route menant à Morondava, la gendarmerie a intercepté des véhicules pleins de sacs de sucre à craquer.
«  Des pick-up des forces de l’ordre, chargés de sucre dissimulé sous des bâches ont été aperçus dans   la ville a tel point qu’on se demande où toutes ces marchandises sont emmenées. Au marché noir, le sac  se négocie à partir  de 10 000 ariary. Même des élus et des éléments des forces de l’ordre en tenue  civile s’adonnent à ce  business », se désole Mintina Joseph, habitant de Morondava.
Aux dernières nouvelles, personne n’a encore été arrêtée pour ces pillages.  Au contraire, six employés de la Sucoma dont l’arrestation a provoqué les  échauffourées mercredi soir, dont le dernier bilan fait état de deux morts et de seize blessés,  ont été relâchés. Ces meneurs de grève présumés  sont dans le collimateur des forces de l’ordre après qu’une manifestation des employés de la Sucoma a viré en vandalisme et agression à Analaiva le 26 novembre.
Le premier ministre Roger Kolo a présenté ses condoléances  à la famille  des victimes et a appelé à l’apaisement au palais d’Iavoloha hier.
« Une amélioration des conditions salariales et un alignement du statut des employés est à la base du problème. Un terrain d’entente a déjà été trouvé mais voilà que l’affaire connaît une autre tournure. Des individus ayant à gagner des ces troubles tirent les ficelles. « Je prévois de m’y rendre pour voir de près la situation  « , déclare le chef de Gouver­nement.
Selon les explications du délégué de la Communication, les employés de la Sucoma attendent des actions concrètes de la part du Gouvernement pour que l’affaire n’empire pas davantage.
Seth Andriamarohasina

L’Express de M/car.

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Emeute à Morondava : Un haut responsable de la Transition dans le coup

Outre le non respect des dispositions du cahier des charges par les dirigeants de la Sucoma, une récupération politique était à l’origine des dégâts matériels et humains à Morondava.

Vy tsy mikitrana irery. Cet adage malgache peut décrire ce qui s’est passé à Marondava avec l’histoire d’émeute qui a conduit à la perte de la société Sucoma et à la mort de cinq personnes dont deux gendarmes, un militaire et trois civils dont un employé de la sucrerie. Une source digne de foi a permis de savoir que les employés de la Sucoma n’ont pas participé à l’émeute meurtrière. « Les émeutiers ne sont pas des employés de la société qui font leur revendication. Ce sont des gens de l’extérieur de la Sucoma, qui ont utilisé des « pilotra » pour provoquer les gendarmes. », témoigne notre source. Par contre, poursuit cette dernière, les employés étaient à l’origine de la première grève qui a également abouti à des dégâts matériels. « Ils ont mené une grève pour revendiquer leurs droits, mais ils n’ont pas pu la maîtriser. La grève a fait des dégâts. La situation était revenue à la normale après la descente sur place du ministre de l’Industrie. Une convention a été signée. Mais, les employés ont décidé de reprendre leur grève lorsque le Premier ministre qui a débarqué à Morondava avec le PDG de la Sucoma a donné l’ordre aux autorités compétentes de procéder à l’arrestation des meneurs de la grève pour être traduits devant la justice. », raconte toujours notre source.

Cahier des charges. Notre source indique par ailleurs que si la tension a atteint un niveau inimaginable à Morondava, c’est parce que des politiciens agissent derrière les émeutiers. Deux députés en exercice élus dans l’ex-province de Toliara et un ancien haut dirigeant de la Transition d’Andry Rajoelina sont pointés du doigt dans les coulisses.

Il faut également signaler que les chinois ne sont pas innocents dans cette affaire. Les employés de la Sucoma les accusent de ne pas respecter les clauses du cahier des charges. « Dans le cahier des charges, il est indiqué que si la production sucrière de la société atteint 17 000 tonnes dans une saison, les employés auront droit à un treizième mois. Cette année, cette production a atteint 16 700 tonnes alors que les employés ont encore eu un mois pour travailler dans la saison. Pour ne pas permettre aux employés de bénéficier du treizième mois, les chinois ont brûlé les cannes à sucre. », dénonce un employé de la Sucoma qui déplore la mauvaise foi des dirigeants de la société.

Par ailleurs, poursuit notre interlocuteur, les chinois n’ont pas respecté leurs engagements dans le cahier des charges en ignorant l’alignement des grilles indiciaires des employés et la titularisation de certains saisonniers alors qu’ils vont bientôt partir en retraite. « Nous sommes prêts à quitter la Sucoma si on nous règle tous nos droits. Nous ne voulons plus travailler avec ces chinois. », souligne un employé de la sucrerie de Morondava.

Midi-madagasikara.mg

 

Destination à haut risque

L’équipe actuellement à la direction des affaires étatiques, pour prouver qu’ils ne sont pas du tout des courtisans, amateurs, arrivistes et « en grande partie des incapables » qui desservent l’image du Président de la 4ème République « au point que son autorité vacille », s’évertue à faire avaliser à l’Assemblée Nationale, « le défi relevé par le pouvoir actuel de renforcer l’Etat de droit ».

Le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation s’obstine à convaincre les députés pour sauver la face à un Exécutif, rattrapé par ses prétentions vantardes « dans son engagement de promouvoir la bonne gouvernance, rend nécessaire la mise en place de la Haute Cour de Justice, dans le délai imparti par la Constitution en son article 167. Cette étape accomplie contribuera considérablement à la mise en confiance des citoyens et des investisseurs dans leurs projets socio-économiques, et le Pays, dans sa quête du développement durable, ne pourra qu’en bénéficier ».

A l’heure qu’il est pourtant, les émeutes, les vandalismes, le drame de la sucrerie de Morondava et le calvaire d’autres grands investisseurs qui font l’objet de continuelles tracasseries administratives et de harcèlements fiscaux parce qu’ils ne veulent pas se plier à des extorsions de fonds à payables au noir et au profit de la rapacité cupide de quelques responsables cupidité, à propos justement d’étape, celle que vivent en temps réel ces groupes financiers n’ont rien d’encourageant.

Comment les candidats à des projets d’investissements d’envergure internationale pourront-ils se fier à un régime qui fait preuve d’une incompétence manifeste en matière d’exercice des pouvoirs étatiques ? Ils ne peuvent pas se permettre d’apporter des milliards de dollars, d’euros et d’yuans dans tel ou tel secteur prometteur de notre économie alors qu’ils ne disposent même pas d’un minimum de filet de sécurité pour faire face à des manifestations d’une foule en colère comme ce qui avait justement eu lieu à Morondava.

A plusieurs reprises, des employés en furie à cause d’un malentendu persistant sur des justes revendications salariales ont réagi avec violence, à tous les coups, les autorités civiles et militaires incapables d’anticiper les attitudes belliqueuses avaient fait preuve d’une incapacité totale à éviter le pire. Résultat, une destruction presque totale de l’outil de production de la Sucoma, sans compter les autres préjudices qui restent encore à évaluer… Ce n’est pas la première fois que des entreprises déjà installées subissent des pertes énormes pourtant évitables.

Prenons le cas de ces établissements bancaires et financiers que les casseurs attaquent et pillent comme au temps de l’épopée du Far-West. Les bandits agissent et se comportent comme dans un pays sans lois. On ne peut pas prétendre que la sécurité règne dans la capitale comme en province quand des individus peuvent se promènent dans des véhicules avec des armes de guerre alors qu’ils ne sont ni militaires ni policiers.

Le contrôle des étrangers, des visas de séjour laissent à désirer, si bien que des malfaiteurs en cavale et activement recherchés ailleurs élisent domicile parmi nous. Il a fallu que les banquiers interpellent énergiquement les responsables du gouvernement pour des mesures énergiques soient prises afin d’instaurer un semblant d’accalmie pour rassurer la profession. Au niveau des tribunaux, le déficit de confiance et de crédibilité restent et demeurent d’actualité. Les dossiers en contentieux se règlent souvent dans la déception la plus totale des sociétés plaignantes qui se voient déboutées à la grande satisfaction des truands, des arnaqueurs et de partenaires locaux ayant des relations au sein de la magistrature ou dans les couloirs des palais d’Etat et des ministères.

L’opinion a même été souvent très scandalisée parce que quelques juges payés aux prix forts avaient sciemment jeté en prison pendant des mois des parties lésées de les libérer…De telles compromissions deviennent possibles lorsqu’en haut lieu, dans l’entourage même du Chef de l’Etat, des décideurs se mêlent des décisions judiciaires en faisant pressions sur les magistrats. L’ensemble de toutes ces dérives ne peut que mettre mal à l’aise, les partenaires économiques qui trouvent pourtant que Madagascar est un pays avec des potentiels fabuleux que des pays comme la Suisse tissent des accords de partenariat avec notre île.

Des analystes sérieux et des observateurs de référence ne cachent plus leurs préoccupations quant à l’existence d’une tension latente dans les milieux des affaires menacés par un environnement judiciaire défavorable et au sein d’une population soumise à un climat politique délétère pourri par une mauvaise gouvernance que tous croyait révolu, mais qui en réalité s’intensifie jour après jour. Le syndicalisme et la société civile dénoncent sans hésiter l’incapacité de l’Administration centrale et territoriale à jouer pleinement leurs rôles et réclament plus de fermeté dans le respect des droits fondamentaux et l’application des mesures de correction pour que s’installe en permanence l’ordre public et la justice sociale « fondements d’une paix durable ». La Nation

 

Volet économique.

Les pays africains les plus « risqués » pour les entreprises en 2015

jeudi 11 décembre 2014 18:49 Par Joël Té Léssia (Jeune Afrique) :

« … celle des zones à « risques politiques élevés » – de territoires aussi divers que la Côte d’Ivoire et la Libye, le Cameroun et le Somaliland (État non reconnu, situé dans le partie Nord de la Somalie), Madagascar et l’Érythrée, l’Algérie et la Gambie, le Burundi et le Zimbabwe, ou encore la RD Congo et l’Égypte… ».

Seuls six pays africains, le Maroc, le Cap-Vert, les Seychelles, la Namibie, Maurice et le Botswana se trouvent rangés dans la catégorie des pays à « risques politiques bas ».

 (Jeune Afrique)

La Chine se plaint du régime Rajaonarimampianina

L’ambassade de Chine à Antananarivo n’a pas trouvé d’autre expression plus diplomatique pour condamner les évènements de Morondava qui ont affecté des intérêts chinois. Rapportant un communiqué lu par un porte-parole, une dépêche de l’Agence France Presse engage même la responsabilité du gouvernement malgache.

Source

Madagascar: la Chine «choquée», après l’attaque d’une usine de sucre

media Malgré une mobilisation importante d ela police malgache, les violences n’ont puêtre évitées. AFP PHOTO/GREGOIRE POURTIER

La Chine a réagi, après l’attaque de l’usine de sucre chinoise Sucoma, à Morondava, dans l’ouest du pays. Un conflit social a dégénéré, l’usine a été pillée, et six personnes sont mortes ces mercredi 10 et jeudi 11 décembre, selon un dernier bilan.

Les témoins parlent d’un véritable carnage. La situation s’est calmée en ville, mais l’ambassade de Chine s’est dite « très choquée », dans un communiqué publié ce week-end, et met en garde les autorités malgaches contre la « mauvaise image du pays pour la coopération et l’investissement. »

Mais si le conflit social a dégénéré, les négociations salariales entre les employés malgaches et les gérants chinois de l’usine de sucre Sucoma semblaient pourtant bien se dérouler depuis le mois d’avril. « Le processus a bien marché, explique le chef de la région de Morondava, Gilbert Romain. Mais finalement, lorsque nous sommes arrivés à un dernier compromis au mois de novembre, il y a eu de nouvelles revendications qui étaient très violentes. Surtout, les grévistes voulaient le départ des Chinois et la revendication des salaires à 320 000 ariarys minimum par personne. » Soit l’équivalent de 107 euros par mois, et de 2 fois et demi le salaire minimum à Madagascar.

Un militaire mobilisé par habitant chinois

Dans son communiqué, l’ambassade de Chine accuse des personnes mal intentionnées d’avoir incité les grévistes à la violence. Pour Gilbert Romain il s’agirait de politiciens de l’opposition. « Les grévistes sont allés à Tananarive et ont rencontré pas mal de politiciens, explique-t-il, et c’est au retour qu’ils ont cassé et détruit les dizaines de véhicules dans l’usine et même le bâtiment. »

Et même si pour chaque Chinois habitant à Morondava, un militaire a été mobilisé depuis le mois d’avril, les forces de l’ordre n’ont pas pu empêcher les violences.

Source RFI

 

 

Articles :

Qu’ils démissionnent. « Les malgaches s’entretuent », Episcopat Catholique. Les victimes de l’Emmoreg à M/dava

Evénements de Morondava. Vidéo 2013, passage de Lalao Ravalomanana, à ses côtés Mme Naika et J.M. Koumba.

Ry zareo Sinoa eto Madagasikara. Video.

 

Défendre une zone rouge: Morondava relance le débat
En deux journées chaotiques et fumeuses, Morondava a vécu un remake des événements tananariviens du 7 février 2009 et du 26 mars 2009. Mercredi, en effet, comme le 7 février, des forces de l’ordre assiégées dans leur camp par des manifestants ont tiré à balles réelles pour se dégager. Bilan : deux morts et neuf blessés graves chez les assaillants. Le lendemain, jeudi, comme le 26 mars dit « lundi noir », une foule furieuse a saccagé, pillé ou incendié sous l’œil complice des militaires. La grande question est de savoir comment seront traités par la Justice malgache les événements de Morondava, notamment la tuerie devant la caserne de la gendarmerie à Andabatoara (les pillages du 26 mars n’ont pas été portés devant les tribunaux).Le cas du 7 février va-t-il faire jurisprudence et déférer à la Justice les auteurs des coups de feu de Morondava et toute la chaîne de commandement ? Rappelons effectivement que l’épisode du 7 février a fait l’objet d’un procès qui s’est ouvert le 28 août 2010 à la Cour Criminelle Ordinaire d’Antananarivo.Des préposés à la garde du palais d’Ambohitsorohitra, censés avoir tiré, ont comparu à la barre des accusés. Idem pour leurs supérieurs, même ceux qui n’étaient pas présents dans le palais le jour du drame, dont le commandant de la garde présidentielle et le chef du service de la sécurité du palais. Notons que le chef de l’Etat, en exil en Afrique du Sud, mais considéré comme le sommet de la chaîne de commandement fut également jugé lors du procès. Au terme des audiences, les responsables les plus importants furent condamnés aux travaux forcés à perpétuité, et les autres à des peines de prison échelonnées selon les degrés de culpabilité. Au total, 17 accusés firent l’objet de condamnation et un seul fut relaxé au bénéfice du doute.En tout cas, le procès fit couler beaucoup d’encre et fut même contesté par des juristes chevronnés. Selon ces derniers, tout le périmètre du palais d’Ambohitsorohitra est classé « zone rouge » (en termes de droit, « zone de défense hautement sensible »). Car en plus du palais présidentiel qui était déjà en lui-même un point hautement sensible, il y avait sur le site un camp militaire, celui du régiment de la garde présidentielle. Pour ces raisons, les militaires qui en assuraient la garde pouvaient utiliser tous les moyens pour empêcher toute intrusion. Et ceux qui déploient la force militaire pour protéger le site ne sont pas pénalement responsables de leurs actes. Ainsi dégagés de toute responsabilité pénale, les militaires de la garde ne devraient pas répondre de leurs actes devant la justice.Si le procès du 7 février fait jurisprudence et devient donc une source de droit, les tirs meurtriers de mercredi devant le camp d’Andabatoara devraient aussi faire l’objet d’investigations. La procédure devant être couronnée par un procès où comparaîtront les éléments de la chaîne de commandement à tous les niveaux. Si l’épisode de mercredi dernier ne provoque aucune enquête et n’aboutit pas à un procès, c’est d’abord donc que notre justice est manipulable, incohérente et même extravagante. C’est ensuite que notre justice est un instrument de vengeance politique et de règlement de comptes judiciaire, dirigé en 2010 contre les précédents tenants du pouvoir.On suivra avec intérêt les suites de la fusillade de mercredi, car elles permettront de juger de l’indépendance de nos magistrats, et de mettre une étiquette précise sur notre justice.A. R.  La Gazette de LGI.

 

Crise à Morondava : Le 1er RFI en renfort

 15/12/2014.

Le contrôle de la situation à Morondava a échappé le gouvernement. Elle a fait autant de dégâts humains que matériels avant que l’équipe de Roger Kolo pointe sur place pour trouver une solution. Le gouvernement, dépassé par l’évènement, dépêche un renfort militaire issu du 1er RFI.

Le gouvernement a renforcé la sécurisation du site de la Sucoma à Morondava. D’après une source au courant du dossier, des éléments de l’Etat-major mixte opérationnel National (Emmo) ainsi que des commandos du 1er Régiment de Forces d’Intervention ont été dépêchés sur place pour renforcer la sécurité de l’usine de Sucoma. L’usine a été pillée et vandalisée, puis incendiée, la semaine dernière après une émeute qui s’est déclenchée suite à l’arrestation jugée « arbitraire » par leurs collègues, de deux employés meneurs de grève. Une fois de plus, le gouvernement a échoué à sa mission de protection des biens et des personnes. La sécurisation des investissements dans cette localité a échappé aux forces de sécurité pour que le pays perde beaucoup de point dans la notification des études internationales relatives à l’évaluation des risques-pays en matière d’investissement. Cette fois-ci, le gouvernement, afin de sauver la face, affiche une tolérance zéro aux manifestants tentés encore de faire intrusion à l’usine. En dépêchant des éléments du 1er Régiment des Forces d’Intervention (RFI) Ivato en renfort, le régime signale qu’il serait intolérable contre toutes manifestations. Ces militaires sont formés pour tirer dans les situations extrêmes. Et ils n’interviennent parfois que lorsque la situation commence à se compliquer. C’est peut-être le cas à Morondava.

La gendarmerie locale n’a plus les moyens de maîtriser la crise à Morondava. Elle est décrédibilisée. Tout comme son ministre responsable. Certains de leurs éléments se font humilier par les manifestants. Faire ainsi appel au 1er RFI annonce que la tension persiste à Morondava. L’explosion a encore une plus forte chance d’avoir lieu si les engagements pris par chaque partie prenante de la crise ne sont pas respectés. Même si le gouvernement, à travers le ministère de l’Industrie, du développement du Secteur privé, des PME-PMI, tente de trouver une entente entre les dirigeants de l’industrie Sucoma et les employés en grève. L’intégration des civils dans le processus de sécurisation du site a été parmi les options choisies par le gouvernement. Les quartiers mobiles locaux sont ainsi mobilisés pour veiller à la sécurisation de l’extérieur du site, indique une source au courant du dossier. Ils viennent à la rescousse pour prêter main forte à la carence du gouvernement afin d’apporter la sérénité à Morondava.

 

Les Chinois réclament un dédommagement de 80 millions US$

Après l’émeute, l’incendie, les morts et blessés, c’est l’heure de dresser le bilan et de déterminer les responsabilités des uns et des autres dans l’affaire Sucoma de Morondava. Les Chinois et les Malgaches se rejettent évidemment la responsabilité. Les dirigeants de la société Sucoma et l’ambassade de Chine à Madagascar n’y vont pas par quatre chemins pour accuser la non-prise de responsabilité des dirigeants malgaches dans cette affaire.

Selon l’Ambassade de Chine, les Chinois avaient demandé maintes fois au gouvernement malgache d’assurer la sécurité des dirigeants chinois de la Sucoma mais sans résultats. Avec une menace à peine voilée, le porte-parole de l’Ambassade de Chine déclare que la relation entre l’Empire du Milieu et Madagascar pourrait se ressentir de cette affaire Sucoma et que les investisseurs étrangers en général et chinois en particulier ne se sentent pas du tout en sécurité avec l’attitude des dirigeants malgaches. L’Ambassade de Chine se déclare choquée par la violence dont étaient victimes ses ressortissants.

En tout cas, les investisseurs chinois réclament un dédommagement de l’ordre de 80 millions US$ à l’État malgache pour les pertes subies pendant les dernières émeutes de Morondava.

Zhou Jianping, directeur général de la Sucoma, demande à l’État de prendre ses responsabilités et exige entre autres des sanctions sévères à l’encontre des meneurs de grève, à l’origine selon lui de toutes ces violences.

Sur le plan technique et financier, le directeur général chinois affirme qu’il faut au moins 3 ans pour remettre en route l’usine sucrière de Morondava. Près de 85% des matériels sont détruits selon lui ; et il va réfléchir avant d’envisager de re-investir ou non dans le redressement. Autrement dit, on n’est même pas sûr de la reprise de l’activité de l’usine dans 3 ans. Notons que Sucoma fait travailler 700 employés permanents et 2000 saisonniers. Ce qui veut dire que la ville de Morondava compte aujourd’hui 2700 chômeurs de plus.

La partie malgache est dans le dilemme, entre l’enclume et le marteau. D’un côté, il faut satisfaire les investisseurs chinois qui lui reprochent sa non prise de responsabilité et menacent de salir autant de possible la réputation déjà peu reluisante de Madagascar. De l’autre côté, l’opinion nationale n’est pas favorable aux Chinois d’une manière générale.

À tort ou à raison, ces dernières années, des ressortissants chinois sont considérés comme étant derrière de nombreuses affaires mafieuses comme les trafics du bois de rose, de l’or ou de pierres précieuses, sans oublier la « traite » de femmes malgaches en Chine.

D’autant que certains Chinois sont réputés pour ne pas faire grand cas des Droits de l’Homme. Le ministre de l’industrie Jules Etienne qui était présent lors des premières négociations de la convention tripartite au mois d’avril et au début de mois de décembre estime qu’il y a une part de responsabilité des employeurs dans cette affaire.

Une enquête est ouverte selon le ministre pour déterminer les responsabilités des uns et des autres. L’État a promis aux Chinois qu’il va sévir.

Quant au dédommagement, le ministre promet qu’il va bien étudier le contrat de location-gérance et assurer ensuite la compensation. On se demande comment l’État pourrait payer une telle compensation. Dans cette affaire, tout le monde est perdant, les employés, les investisseurs chinois, la ville de Morondava et l’État. Et tout cela à cause d’une défaillance dans la prise de décision. Mais curieusement, aucune démission, aucun limogeage des premiers responsables n’est envisagé.

Madagascar-tribune.com

 

Affaire Sucoma: Chinois et Etat, tous responsables

Mercredi, 17 Décembre 2014 07:00
Les Chinois pointent du doigt l’Etat malagasy dans l’affaire Sucoma qui s’est soldée par la destruction de matériels de l’usine sucrière d’Analaiva à Morondava estimés à 80 millions US$. Mais les responsabilités sont partagées si l’on se réfère au mémorandum du syndicat Fisema.

Ce dernier évoque comme principale origine du débordement et du déchaînement à la Sucoma « la défaillance et le manque de bonne foi de l’employeur et du comité de suivi dans la réalisation de ce qui a été convenu entre les employés et la Sucoma en mai 2014 ». Le syndicat rappelle que l’explosion de la situation au niveau de cette société découle purement et simplement du non-respect et de la non application délibérés de la convention signée entre les représentants des travailleurs, des employeurs et du gouvernement signée en mai. Comme quoi, les Chinois locataires-gérants de la Sucoma ne peuvent pas tout mettre sur le dos de l’Etat malagasy.

Leur mauvaise foi concernant la convention citée ci-dessus devrait entrer en ligne de compte s’ils entendent réclamer d’éventuelles indemnisations. Il en est de même de l’incompétence de l’Etat à gérer cette affaire

En fait, les responsabilités sont partagées entre les deux parties. Le syndicat désigne, en effet, d’autres responsables qui n’ont pas pleinement joué leur rôle dans le règlement de cette affaire. Il cite l’administration territoriale et centrale incapable de jouer leur rôle d’animateur, de catalyseur, d’applicateur des lois et règlements dans le domaine social et professionnel. La convention évoquée plus haut est pourtant censée répondre aux revendications des employés et améliorer les relations sociales et professionnelles déjà délétères au niveau de la société.

Mais à la fin de la campagne cannière 2014, rien n’a changé, alors que le comité de suivi tripartite (employés, employeurs et Etat) n’a fait aucun effort pour concrétiser les tenants de la convention. Les représentants des travailleurs ont donc lancé un rappel. Fin novembre, le ministre de l’Industrie, du Développement du secteur privé et des PME était sur place pour calmer les esprits et inciter les employés à reprendre le travail. Mais entretemps, les Chinois ont décidé de licencier les représentants des travailleurs.

C’était la colère chez les employés qui, après avoir déposé un avis de grève, ont cessé de travailler à partir du 10 décembre. Averties de cette grève, les Chinois ont mis la pression en faisant arrêter 2 délégués du personnel élus selon les dispositions en vigueur. Ils ont été arrêtés sans mandat ni motif d’arrestation. Les employés n’étaient donc plus en colère mais déchaînés. Le Fisema estime qu’il appartient aux différents responsables cités plus haut de veiller à rétablir la justice sociale et l’ordre public, de protéger les vies humaines et les matériels de production. Outre les pertes de la société chinoise, l’Etat malagasy qui loue la Sucoma y perd aussi. Il est censé recevoir régulièrement de cette société un loyer, soit 6% du chiffre d’affaires pour 2014, contre 5% en 2013 et 4% en 2012 (1ère année du contrat de location-gérance étendue sur 10 ans).

La Sucoma parle d’un loyer annuel de 1,5 milliard Ar. Pour 2014 où la production devrait atteindre 17 000 t, elle devrait faire un chiffre d’affaires de 25 milliards Ar. Ce chiffre d’affaires est basé au prix du kilo du sucre, soit un peu plus de 1 470 Ar. Un niveau nettement inférieur au prix du marché !

LGDI

 

Maharante Jean de Dieu: « Les Chinois doivent changer »
Maharante Jean de Dieu, ministre de la Fonction publique, du Travail et des Lois sociales, commentant à Morondava les événements qui se sont déroulés à la Sucoma : « Il est plutôt difficile de travailler avec les Chinois. Ils devraient revenir à la Sucoma, mais dans ce cas, ils devraient changer de comportement…». Un avis qui fait autorité à plus d’un titre. D’abord, car c’est celui du ministre du Travail et des Lois sociales qui a sous sa tutelle l’Inspection du Travail, et qui connaît donc la position des Chinois vis-à-vis de notre Code du Travail. C’est aussi celui du président de l’Association des Natifs de la Province de Toliara, et qui sait donc pourquoi les employés de la Sucoma ont réagi de la sorte la semaine dernière. Dans son intervention, hélas, Maharante Jean de Dieu n’a pas détaillé son opinion sur les Chinois…

En fait, le drame des entrepreneurs chinois dans l’île, c’est notamment, car ils sont âpres au gain, durs en affaires et soucieux surtout de profit, de rentabilité et de productivité. Pour cette raison, ils ne se préoccupent guère des droits du personnel : le salaire minimum (Smic) n’est souvent pas respecté, les employés ne sont souvent pas déclarés à la protection sociale (Cnaps, Ostie, etc.), l’égalité des salaires entre hommes et femmes n’est pas observée, les conditions de travail laissent à désirer, les règles d’hygiène et de sécurité sont violées, l’adhésion à un syndicat est refusée… Beaucoup de sociétés dirigées par des Chinois sont d’ailleurs des entreprises « fantômes », c’est-à-dire des entreprises qui n’ont pas d’existence légale. Ce qui ouvre la porte à tous les abus… L’un des points qui ont poussé les employés de Sucoma à la révolte est la non observation de la hausse de salaire de 10% décrétée par l’Etat malgache.

Par ailleurs, les dirigeants et cadres chinois sont souvent hautains et imbus de leur personne. On ne sait s’il s’agit là d’un trait caractéristique des Chinois en général, mais le fait est qu’à l’endroit de leurs employés malgaches, ils se montrent autoritaires, cassants, voire méprisants. Rappelons que les employés de la Sucoma ont, il y a quatre mois, réclamé le départ de deux cadres, le directeur général adjoint et le chef du service du personnel. Si ces deux Chinois ont effectivement été rapatriés, par contre la revendication de la mise à l’écart « de tous les Chinois », formulée la semaine dernière, n’a pas été satisfaite. Ce qui a contribué à l’aggravation de la situation…

En dernier lieu, ce qui rend les Chinois antipathiques à leurs employés, c’est qu’ils ne font pas l’effort de s’intégrer dans la société malgache, d’apprendre la langue ainsi que les coutumes. Le plus souvent, ils restent entre eux, vivent comme chez eux, regardent les chaînes chinoises comme CCTV… Cette communauté, qui vit en vase clos, laisse un fossé se creuser entre elle et les « autochtones ». La moindre friction provoque donc une étincelle, laquelle peut conduire à une flambée. Rappelons qu’il y a trois ans dans le quartier commercial de Behoririka, un patron chinois qui a frappé son employé malgache a failli mettre le feu aux poudres…

Pour éviter la répétition des événements de Morondava, le mieux est d’organiser à l’intention des employeurs et cadres chinois des cours de « savoir-vivre à Madagascar », afin qu’ils ne commettent pas des impairs lourds de conséquences. Ces séances devraient d’ailleurs être ouvertes à tous les Chinois d’implantation récente, afin de faciliter leur insertion dans notre société. Signalons que les Chinois de la première génération ne firent l’objet d’aucun rejet, car ils ont appris le malgache, se sont mariés à des filles du pays et se sont intégrés à la société malgache. Il est vrai que ceux-là sont venus chez nous sans esprit de retour…

A. R.

LGDI

Morondava (Madagascar)

« Tout sauf les Chinois! »: à Madagascar, questions sur une émeute

Par AFP, publié le 16/12/2014 à 18:24, mis à jour à 22:58

Morondava (Madagascar) – Ressentiment anti-chinois, conflit salarial qui a mal tourné ou complot politique’ La tension reste palpable près des ruines de la sucrerie de Morondava, à Madagascar, après des pillages, des heurts avec la gendarmerie et des règlements de comptes qui ont fait six morts

Des policiers malgaches dans le centre-ville d’Antananarivo le 18 octobre 2014

afp.com/Rijasolo

« On ne veut pas des Chinois, on ne veut pas travailler avec les Chinois« , lance Léon Clément, un délégué du personnel. « Devant le ministre ils promettent de nous donner plus de droits, mais ils ne l’ont jamais fait! »

Las de gagner une trentaine d’euros par mois, des employés de l’usine Sucoma ont évoqué privilèges, passe-droits, vexations et pressions exercées sur les petits ouvriers pour expliquer leur flambée de colère.

Dans cette entreprise publique confiée à des Chinois pour échapper à la faillite en 1997, le personnel de la sucrerie réclamait depuis des mois des augmentations de salaire et des contrats en bonne et due forme pour les saisonniers.

« On ne veut plus travailler avec les Chinois« , renchérit Bernard Jérôme, un employé de la Sucoma. « On demande à l’Etat de trouver d autres partenaires. Si les gérants changent, on est prêt à reprendre le travail immédiatement. Tout sauf les Chinois! »

La vingtaine de cadres chinois ont été évacués à Antananarivo. Sur place, leurs logements ont été saccagés et pillés, le mobilier a disparu, les portes ont été démontées.

Les affrontements entre gendarmes et membres du personnel ont fait deux morts et neuf blessés le mercredi 10 décembre. Les employés protestaient contre l’arrestation de deux de leurs leaders, après des heurts qui avaient déjà fait en novembre deux blessés parmi les Chinois, ainsi que des dégâts matériels.

Dans les jours qui ont suivi les violences de mercredi, un gardien et un militaire ont été tués à l’arme blanche dans la sucrerie, et deux gendarmes à moto renversés par un camion pendant une intervention, portant le bilan à six morts selon les autorités régionales.

Les forces de l’ordre montent désormais la garde devant les hangars de la sucrerie dévastée.

– ‘On se tue entre Malgaches’ –

La Sucoma employait 2.000 personnes – 700 en basse saison – qui étaient en conflit depuis plusieurs mois avec la direction chinoise. Jusqu’à ce que la situation tourne à l’émeute.

L’ambassade de Chine à Antananarivo s’en est émue, estimant que les revendications des employés ont subitement pris un tour « irrationnel« . Mais le porte-parole de la direction, Zhou Jianping, préfère tempérer le caractère anti-chinois de l’émeute.

« On n’a pas une idée claire, mais on sait très bien qu’il y a des forces qui poussent ces malfaiteurs« , dit-il.

Le journal Midi Madagascar affirme qu’un haut responsable proche de l’ancien homme fort du pays Andry Rajoelina aurait incité aux troubles.

« Oui, il y a des leaders politiques qui ont encouragé ça« , soupire Bernard Jérôme, qui dit avoir trop peur pour avancer des noms.

« On se tue entre Malgaches, il y a des gens qui paient des Malgaches pour tuer d’autres Malgaches« , ajoute un de ses ex-collègues, évoquant un complot politique destiné à affaiblir le pouvoir du président Hery Rajaonarimampianina.

Des officiels ont affirmé à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, que le Premier ministre Roger Kolo, originaire de Morondava, est directement visé. Victime de la jalousie de rivaux qui se verraient bien occuper son poste.

Si des questions demeurent, l’usine offre à présent un spectacle de désolation.

Le sucre a disparu, et les dégâts sont impressionnants: 4×4 entièrement désossés, débris de verre et documents partout par terre.

Dans l’un des hangars, les machines sont sens dessus dessous, les vitres brisées, et dans un bureau, des papiers ont été réduits en cendres.

Les camions qui transportent d’ordinaire les employés sont immobilisés devant la gendarmerie, les pneus crevés.

Par

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Sacrilège chez les malgaches :  

Fôpla @ lafiny rehetra ny Sinoa sy Karàna fa dia mahagaga : lafo atramin'ny taolany ny gasy . Looza !

Les Chinois et le bois de rose

Demander donc aussi des comptes (enquêtes, et dédommagement…) sur les affaires du bois de rose, les femmes esclaves envoyées en Chine, le commerce et pillage de nos pierres précieuses, l’accaprement des terres et vols de domaine, etc…

https://mcmparis.wordpress.com/bois-de-rose-les-noms-des-millionaires/

Ry zareo Sinoa eto Madagasikara. Video.

 

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A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

Pour une prise de conscience citoyenne des Malagasy
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