Avoahay ny dadanay ary mody eny Faravohitra. CCI-Ivato.

 

AVOAHAY NY DADANAY

 

 

Qui s’est réconcilié avec qui ?

Cette première rencontre menée par le FFKM laisse la plupart des malgaches dans un sentiment d’insatisfaction car elle s’est déroulée dans une opacité suscitant plus de questions et de doutes qu’elle n’apporte l’apaisement.

Sa tenue à huis-clos n’incite pas à la confiance et la rédaction d’un « communiqué commun » ne suffira pas à éteindre la frustration de ceux qui attendaient la transparence. Sa forme est inappropriée à sa dénomination qui se voulait nationale, car elle a été verouillée et les malgaches ne se sentent pas du tout impliqués par cette démarche fermée.

 Sur le fond, elle a plus déçu qu’elle incite à l’espoir et sauf l’annonce de libération des prisonniers politiques ( donc il y en a alors), cette rencontre ressemblait à une cour où devait se présenter le président Ravalomanana pour qu’il ré-entende les sentences de ceux qui l’ont déjà condamné et officialiser la non culpabilité de ces derniers.

Alors si c’est cela la réconciliation, on aura appris que cela ressemblait à une séance de condamnation définitive de celui qui a été victime de coup d’état et que ses auteurs devenait de gentils patriotes méritant l’absolution de leurs crimes devant la nation.

Non, qu’il nous soit permis de douter que ce processus aboutisse vers un véritable apaisement car il n’est que le prolongement de la volonté de neutralisation et d’élimination politique du président Ravalomanana.

Nous ignorons à l’heure actuelle, le sentiment du président Ravalomanana quant au sort qu’on lui réserve à la lecture de communiqué, car s’il a accepté d’adhérer à ce processus qui met son avenir entre les mains de Rajaonarimampianina, la majorité des malgaches n’inspire que très peu de confiance à celui qui a été imposé de l’extérieur.

Ce processus devrait changer également de dénomination car c’est une escroquerie intellectuelle de lui attribuer un caractère national alors même qu’il se déroule dans un total secret.

De même, le manque de transparence sur l’endroit où peut se trouver ce jour le président Ravalomanana, même si c’est pour raison de sécurité, est de nature à ne pas rassurer les malgaches et à détourner davantage les citoyens de la chose publique alors qu’il s’agit de ce qui les concerne en tout premier lieu.

Le déroulement de ce qui devait être la réconciliation est un fait de plus dans la confirmation que ce pouvoir est bien la continuation de la transition car leurs objectifs sont identiques.

La transparence et la vérité sont au moins les 2 conditions devant assurer l’adhésion des malgaches et leur appropriation de la démarche. Aucune de ces conditions n’ayant prévalu dans la conduite de cette première réunion, rien ne peut changer l’idée largement partagée par l’opinion : les individus qui dirigent ne sont pas à la hauteur de leur fonction.

Il est légitime de se demander aujourd’hui qui s’est réconcilié avec qui à l’issue de ce premier sommet.

Ce qui est appelé improprement « réconciliation nationale » ne doit pas devenir le cache-misère de la faillite de rajaonarimampianina et consorts dans la conduite des affaires. cela ne doit pas faire oublier ni détourner le regard du quotidien et sur ce point il existe au moins un consensus et une réconciliation nationale, le pays est aujourd’hui en ruines, le malgache de + en + pauvre.

La seule note positive est la reconnaissance que des prisonniers politiques existent bien à Madagascar, contrairement aux multiples déclarations de Rajaonarimampianina, et qu’ils recouvriraient leur liberté avant la fin de l’année. Le conditionnel est ici tout de même de rigueur.

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Sommet des 5 : Deuxième round le 13 janvier, Ravalo reconduit à Diégo

Aux yeux des observateurs, ce processus de réconciliation nationale est voué à l’échec vu les positions inconciliables des participants.

Aucune décision « concrète » concernant la réconciliation nationale n’a été prise à l’issue du Sommet des cinq qui s’est déroulé hier à l’Hôtel 5 étoiles d’Ivato. Apparemment, les 9 heures de conclave n’étaient pas suffisantes pour rapprocher les positions « inconciliables » des quatre anciens présidents, à savoir Zafy Albert, Didier Ratsiraka, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina et du président de la République actuel, Hery Rajaonarimampianina.

Une rencontre qui, en quelque sorte, a pris la forme d’un conclave dans la mesure où mis à part les principaux concernés, aucune autre personnalité n’a été autorisée à s’approcher de l’entrée de l’Hôtel 5 étoiles. Pour ne citer que les proches collaborateurs de l’ancien président de la Transition, entre autres, Christine Razanamahasoa, Pierre Houlder et Irma Naharimamy qui ont en quelque sorte été « renvoyés ». Pour leur part, Tojo Ravalomanana, ainsi que quelques proches collaborateurs de « Deba » et de « Zafy » ont dû attendre sur le parking du Centre de Conférence International d’Ivato jusqu’à la fin de la rencontre. Même topo pour les membres de la presse locale et internationale venus nombreux sur le lieu pour couvrir l’évènement.

Alouette II. Parmi les participants, l’ancien président de la Transition Andry Rajoelina a été le premier à se présenter sur le lieu. « Deba » a ensuite débarqué à bord d’une voiture Mercedes. Pour sa part, l’actuel locataire d’Iavoloha, Hery Rajaonarimampianina, fortement escorté, est arrivé sur le lieu quelques minutes avant le locataire de la Villa La Franchise, Zafy Albert, qui a été déposé par une 4×4 « Santa Fe » de fabrication chinoise offerte par l’Etat. Pour ce qui est de l’ancien exilé d’Afrique du Sud, Marc Ravalomanana, il a été déposé par un hélicoptère Alouette II de l’Armée Malagasy quelques minutes seulement avant le début du Sommet à 10 heures. D’après les explications du Chef d’Etat Major Général de l’Armée Malagasy (CEMGAM), le Général de Division, Rasolofonirina Béni Xavier, le Jet privé qui l’a transporté depuis Diégo a décollé à 7h30 du matin. Ravalo a donc fait le trajet Aéroport d’Ivato vers le CCI Ivato par hélicoptère. Une mesure prise certainement pour garantir la sécurité de l’ex-président.

Grand pardon. Quoiqu’il en soit, bon nombre d’observateurs considèrent la tenue de ce Sommet des 5 comme une victoire de Didier Ratsiraka. Et ce, dans la mesure où depuis son retour d’exil en novembre 2011, « Radidy » a toujours réclamé cette rencontre. « A cette occasion, je présenterai aux Malgaches une solution efficace à la crise », a-t-il martelé. Pourtant, selon une source digne de foi, le président fondateur de l’Arema n’a avancé hier aucune solution pour débloquer la situation.

Cependant, il aurait été l’unique ancien président ayant donné son aval pour la libération immédiate de Marc Ravalomanana. Ce dernier l’a pourtant évincé du pouvoir en 2002. Est-ce un geste pour le grand pardon et une réconciliation sincère ou bien une position politique bien calculée pour arriver à une fin quelconque. En effet, l’on a pu constater durant le point de presse donné par les 4 Chefs d’Eglise, membres du Conseil des Eglises Chrétiennes de Madagascar (FFKM), que les années qui se sont succédé n’étaient pas suffisantes aux cinq Chefs d’Etats pour pardonner les erreurs commises par leurs adversaires politiques.

C’est le cas notamment d’Andry Rajoelina qui, selon notre source, aurait refusé catégoriquement de cautionner la libération de Ravalo. « Quid de la demande d’indemnisation déposée par les victimes de la tuerie du 7 février », se demande-t-il. En effet, le président de la Transition estime que la réconciliation nationale ne devrait pas être axée sur le sort de Ravalo. Il préfère plutôt renvoyer la balle dans le camp du président Hery Rajaonarimampianina. « Son assignation à résidence fixe a été décidée par un décret pris en Conseil des ministres, il incombe donc au régime actuel de prendre la décision », estimerait-il. Pour sa part, le Professeur Zafy Albert aurait refusé de se prononcer sur la question.

Echec. En tout cas, même si aux yeux des observateurs, ce processus de réconciliation nationale est voué à l’échec vu les positions inconciliables et le manque de sincérité de la part des participants, la rencontre d’hier a permis de réaliser un petit pas vers l’avant. Au cours de ce point de presse, le président en exercice du FFKM, Mgr Ranarivelo Samoela Jaona, a annoncé que le président Hery Rajaonarimampianina s’est engagé à libérer les détenus politiques et de réfléchir sur le cas Ravalomanana avant la fin d’année. Toutefois, dans ce communiqué, il a été précisé que ce processus ne mettrait pas fin aux poursuites judiciaires en cours contre l’ex-président.

En quelque sorte, « Dada » constitue le grand perdant de ce Sommet. Et ce, dans la mesure où il a été reconduit par un Jet privé dans son lieu d’assignation à résidence fixe à l’Amirauté de Diégo tout de suite après la rencontre. Il l’a d’ailleurs confirmé aux membres de la presse avant de quitter la salle.

Reste à savoir cependant si Ravalo obtiendra une autorisation de sortie spéciale pour passer la fête de la nativité aux côtés de ses proches, ou bien il devrait attendre le 13 janvier, date prévue pour le deuxième round de ce conclave pour pouvoir quitter l’Amirauté. Bon nombre d’observateurs se demandent pourquoi attendre ce long intervalle de temps alors que la population s’enfonce de plus en plus dans une situation de pauvreté alarmante ?

Midi M/car.

 

Conseil des ministres : Le sort de Ravalo et des détenus politiques fixé ce jour

 

Marc Ravalomanana est attendu ce jour à Faravohitra.

L’Exécutif n’a qu’aujourd’hui pour décider du sort de Marc Ravalomanana et des détenus politiques pour que ces derniers puissent passer avec leur famille les festivités de fin d’année conformément à la résolution prise lors du Sommet à cinq du 19 décembre.

Le Conseil des ministres d’aujourd’hui est à marquer dans l’histoire politique de Madagascar. Sauf revirement, l’Exécutif serait amené à abroger le décret n°2014-1619 du 13 octobre 2014 portant assignation à résidence fixe de l’ancien président Marc Ravalomanana sous peine d’être accusé de faire une entorse à la résolution prise par le président Hery Rajaonarimampianina et les quatre anciens présidents devant le quatre dirigeants du FFKM. Pour que le parallélisme de forme soit respecté, ce décret pris en Conseil des ministres ne peut être abrogé qu’en Conseil des ministres. Et ce, malgré le fait que seulement cinq membres du gouvernement auraient participé à la prise de ce décret qui a permis de détenir l’ancien exilé d’Afrique du Sud à l’Amirauté d’Antsiranana. Par ailleurs, la résolution du CCI Ivato recommande la libération des détenus politiques avant la fin de l’année. Le Conseil des ministres d’aujourd’hui serait également obligé de s’y prononcer. La ministre de la Justice, Noëline Ramanantenasoa, a d’ailleurs renvoyé la balle dans le camp du gouvernement réuni avec le chef de l’Etat.

Sous conditions. Contrairement au cas des détenus politiques dont la majorité est composée des officiers supérieurs et généraux impliqués dans les mutineries commises pendant la Transition et la tuerie du 7 février 2009, celui de Marc Ravalomanana est en cours d’être réglé depuis hier. Un accord aurait été trouvé. Des sources proches de sa mouvance ont permis de savoir que l’ancien président est attendu ce jour à Faravohitra. Le régime aurait soumis à des conditions ce retour qui permettra à Marc Ravalomanana de passer ensemble avec sa famille les festivités de fin d’année.

Parmi ces conditions figure le fait que Marc Ravalomanana ne serait pas autorisé à recevoir des visites des personnes autres que celles de sa famille. Le retour à son domicile de l’ancien président se fera dans la discrétion totale. En tout cas, Marc Ravalomanana serait la première personne qui bénéficie du résultat du Sommet à cinq qui s’est tenu au CCI Ivato le 19 décembre dernier. Reste à savoir si l’ancien président acceptera de se soumettre à ces engagements pendant son séjour à Faravohitra.

Midi M/car

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A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

Pour une prise de conscience citoyenne des Malagasy
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