La Françafrique, un mécanisme machiavelique. Les accords de Coopération.

La FRANCAFRIQUE.

Expliquée par François-Xavier Verschave (2011).

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Pillage et néocolonialisme, dénoncé par J Chirac (2011).

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Un mécanisme machiavelique

Patrick Benquet déconstruit ici rigoureusement ce réseau occulte qu’est la françafrique, transcendant les partis politique et soumis à aucun contrôle parlementaire. Les témoignages des principaux responsables sont édifiants: le PDG de Elf, Albin Chalandon (généreux mécène des principales campagnes électorales, en France et dans les anciennes colonies), Robert Bourgi (le « fils spirituel » de Jacques Foccart, et le conseiller de l’ombre pour l’Afrique de Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy), Eva Joly (la juge d’instruction qui démonta les mécanismes de la corruption et les financements occultes dans l’affaire Elf) et bien d’autres, reviennent sur cette histoire complexe et tragique.

Dailymotion :

► 59:25
http://www.dailymotion.com/video/xhxtr4_francafrique-1-la-raison-d-etat_news2 avr. 201159 min

-2e partie.  http://www.dailymotion.com/video/xhxts9_francafrique-2-la-raison-d-etat_news

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                    Les accords de Coopération.

                                    Ou les règles entre la France et ses anciennes colonies.

Par Mawuna Koutonin . (Extrait)

« … La France a accepté une « indépendance sur le papier » pour ses colonies, mais a signé en parallèle des accords de coopération », précisant la nature de leurs relations avec la France, en particulier les attaches envers la monnaie (le Franc), le système éducatif français, les ententes militaires et les préférences commerciales.

     

Voici les 11 principales composantes  :

1- La dette coloniale  pour les avantages de la France colonisation
Les pays nouvellement « indépendants » doivent payer pour l’infrastructure construite par la France dans le pays pendant la colonisation…

2- Confiscation automatique des réserves nationales. Les pays africains doivent déposer leurs réserves monétaires nationales en France à la banque centrale… La finalité reste : Les pays africains n’ont pas accès à cet argent… La France leur permet d’accéder à seulement 15 % de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argents détenu au Trésor français… Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France a un droit de veto.

L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. “Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’une grande partie de l’argent dans nos banques viennent précisément de l’exploitation du continent africain”.

3- Droit de priorité sur toute ressource brute ou naturel découvert dans le pays.
La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex- colonies. C’est seulement un refus de celle-ci que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.

4- Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques
Dans l’attribution des marchés publics, les entreprises françaises doivent être considérées en premier lieu, et seulement après les marchés étrangers sont considérés. Le fait que les pays africains pourraient obtenir une meilleure offre financière ailleurs n’est pas pris en compte.

En conséquence, dans la plupart des ex- colonies françaises, toutes les plus grosses compagnies et acteurs économiques sont dans la main des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. Idem dans le commerce, la construction et l’agriculture…

5- Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des pays.
Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les « accords de défense » attachés au pacte colonial, les africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs de formation en France ou dans des infrastructures militaires françaises.
La situation sur le continent est telle que la France a formé et nourri des centaines, voire des milliers de traîtres...

6- Droit pour la France de pré-déployer des troupes et intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts Sous la dénomination « Accords de défense » attachés au pacte colonial. La France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et installations militaires, entièrement gérées par les Français…

7- Obligation de faire du français la langue officielle du pays et de la langue pour l’éducation.Oui, monsieur. Vous Devez parler français, la langue de Molière ! La langue française ! Et une organisation de la diffusion de la culture a été créée. Appelée « Francophonie » elle regroupe avec plusieurs branches et organisations affiliées, toutes contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères…

8- Obligation d’utiliser la l’argent de la France coloniale le FCFA
C’est la véritable vache à lait pour la France, un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année…

9- Obligation d’envoyer le rapport annuel France du solde et de réserve
Sans le rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit le secrétaire des banques centrales des ex- colonies, et le secrétaire de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances des ex- colonies est effectué par la France banque centrale / du Trésor…

10- Renonciation à entrer en alliance militaire avec tout autre pays, sauf autorisation par la France
Les Pays africains en général sont ceux avec le moins d’alliance militaires inter-état. La plupart des pays ne disposent que d’alliances militaires avec leurs ex- colonisateurs ! ( drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux ! ).

11- Obligation de s’allier avec la France en situation de guerre ou de crise mondiale
Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme pendant la seconde guerre mondiale…

Mawuna Koutonin .http://www.madagascar-tribune.com/Le-saviez-vous-14-pays-africains,19894.html

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[DOCUMENTAIRE] JACQUES FOCCART LE PÈRE DE LA FRANÇAFRIQUE


[DOCUMENTAIRE]  JACQUES FOCCART LE PÈRE DE LA FRANÇAFRIQUE

 Avec l’indépendance de l’Algérie en 1962, la France perd l’exploitation du pétrole saharien. Charles de Gaulle, pour qui il n’y a pas de grande puissance sans indépendance énergétique, décide donc de se tourner vers les pays de l’ancien Empire colonial français en Afrique, qui regorgent de richesses minières et pétrolières. L’exploitation de ces ressources, qui s’effectue sur des cycles longs de 5 à 10 ans entre la découverte des gisements et la mise en service de l’exploitation, requiert dans les pays concernés une authentique stabilité politique si bien qu’est décidée une politique de soutien très active aux dirigeants particulièrement francophiles et dociles de ces pays devenus indépendants de la France en 1960.

.FOCCette volonté politique forte est confortée par le souhait des pays de l’OTAN, dans le contexte de la Guerre froide, de barrer la route de l’Afrique au communisme. Ainsi, la France est investie implicitement du rôle de « gendarme de l’Afrique », en échange de quoi son activisme énergétique particulièrement autoritaire est toléré.Les méthodes de Jacques Foccart s’avèrent extrêmement directives et expéditives, visant à rendre les Chefs d’États dépendants de la France pour exercer et se maintenir au pouvoir. À l’instar des mouvements de Résistance dont il fut un acteur majeur, il met en place une structure centralisée et cloisonnée, de façon à en rester l’unique ordonnateur. Cette organisation en réseau est une organisation de terrain, entièrement tournée vers l’efficacité opérationnelle.FOCCCes réseaux sont à la fois des réseaux de renseignement et d’action. Concernant l’information, ils puisent naturellement dans les rangs des services de renseignement, des services secrets et de la diplomatie, mais, aussi, dans ceux des hommes d’affaires et notables œuvrant localement (les « correspondants »). Pour l’action, aux côtés des services secrets sont fréquemment mobilisés des mercenaires.FOCCCCe système d’influence de la France en Afrique, appelé couramment « Françafrique » par ses détracteurs – terme emprunté à Houphouët-Boigny, repris par François-Xavier Verschave dans son ouvrage La Françafrique, le plus long scandale de la République -, qu’il a fondé, puis, profondément installé, est encore en vigueur aujourd’hui, poursuivi sous les présidences successives de Valéry Giscard d’Estaing (qui remplace Foccart, mais garde son adjoint René Journiac, ancien magistrat dans les colonies), François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, chacun confirmant l’existence même de la cellule africaine de l’Élysée, indépendante des autorités du Premier ministre et du ministère des Affaires étrangères et confiant le pilotage de celle-ci à un proche. L’avocat d’affaires franco-libanais, Robert Bourgi, a prétendu succéder à Jacques Foccart mais ne faisait que la transmission de messages entre certains dirigeants africains et français et le portage de valises.

NegroNews

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La députée française Eva Joly

Nous ne résistons pas à l`envie de publier pour nos lecteurs ces extraits du dernier livre de la députée française Eva Joly, détaillant les «crimes» de la France en Afrique en général et au Cameroun en particulier; elle parle notamment du massacre des Bamilékés par son pays.

Je n`avais rien compris à ce que l`écrivain Slimane Zeghidour appelle «le secret de famille de la République».

Lorsque j`ai pris en charge l`instruction de l`affaire Elf, j`avais en face de moi les puissants du pétrole français, je n`aimais pas leur arrogance, la façon qu`ils avaient de se servir dans les caisses, mais lorsqu`ils invoquaient les intérêts supérieurs du pays, j`étais prête à les croire.

Je sortais de plusieurs années en détachement au Ministère des Finances, entourée de hauts fonctionnaires intègres, d’une compétence absolue.

J`avais confiance dans les institutions de mon pays d`adoption. Je n`imaginais pas que la finalité des dirigeants des sociétés nationales du pétrole fut autre chose que le bien commun. Je traquais les dérives et non le système lui-même.

Pourtant au fil de mon enquête, j`ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m`arrêter sur le seuil de certaines portes, qui menaient vers l`étranger.

Je découvrais des chemins qu`il aurait été passionnant de remonter, des connexions qui m`ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes, nous avions sous nos yeux le déchiffrage d`un vaste réseau de corruption institutionnalisé, dont les fils étaient reliés en direct à l`Elysée.

Ce n`était pas mon rôle d`en tirer les conclusions politiques, mais j`en ai gardé l`empreinte. Nous avions dessiné alors un vaste schéma, que j`ai toujours avec moi. Il fait huit mètres une fois déplié.

Il serpente depuis le bureau d`un directeur des hydrocarbures d`Elf, jusqu`à des comptes obscurs alimentés par le Gabon, aux mains d`Omar Bongo: quarante ans de pouvoir et une difficulté récurrente à distinguer sa tirelire et sa famille d`une part, le budget de l`Etat et le Gouvernement d`autre part.

J`emporte souvent ce schéma avec moi, au fil des rendez-vous. Je l`étale sur les tables, un peu comme un capitaine au combat sort ses vieilles cartes.

Les positions ont sans doute varié, les techniques de camouflage se sont sophistiquées, mais le système est là: les tyrans sont des amis que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l`influence par de vastes réseaux de corruption; en échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol. Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni l`économie des pays.

La France aide à appauvrir le Gabon.

Et si je m`arrête un instant au Gabon, qu`est-ce que j`y vois? Un pays riche qui exporte plus de treize milliards de dollars de pétrole brut par an et affiche un PIB par habitant largement au-dessus de la moyenne africaine (6 397 $)? Ou un pays pauvre où l`espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole? Le taux de mortalité infantile est au Gabon particulièrement élevé, le taux de vaccination contre la rougeole est de 40% contre une moyenne de 79% dans les pays en développement.

Voilà où en est le Gabon, chasse gardée de la France, fournisseur des trésors du pétrole et de l`uranium, fief de Total-Elf, la première capitalisation boursière française.

Si les habitants de Libreville n`ont pas bénéficié de la richesse de leur pays, c`est parce que la France s`est accaparée ses ressources minières, avec la complicité d`un Président, enrôlé dès son servicemilitaire par l`armée française et ses services secrets, placé à la tête du pays à 32 ans par Paris, il était alors le plus jeune Chef d`Etat du monde. La France contrôle son armée, ses élections et protège sa fortune.

En retour, Omar Bongo fait table ouverte plusieurs fois par an, Avenue Foch ou l`Hôtel Crillon, où il reçoit les hommes politiques, des publicitaires et les journalistes français qui comptent. Chacun se presse à ces audiences.

Dans les années 1990, un homme politique français de premier plan, alors en fonction, bénéficiait en parallèle d`un contrat de «consultant» signé par Omar Bongo et largement rémunéré. De Roland Dumas, le Président gabonais dit qu`il est un «ami intime». Prévoyant, il apprécie aussi NicolasSarkozy, venu «prendre conseil» en tant que candidat à l`élection présidentielle.

Lorsqu’au cours de l`instruction, nous avons perquisitionné au siège de la FIBA, la banque franco-gabonaise, nous avons consulté le listing des clients qui paraissait tenu à la plume sergent-major. C`était une sorte de Who`s Who de la France en Afrique, qui en disait long sur l`envers de la République et des médias.

La France fait semblant d`aider des pays qui sont riches en matières premières.

A ceux qui croient encore à l`aide désintéressée de la France en Afrique, il suffit de consulter les chiffres du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). La corrélation est régulière entre le montant de l`aide française et la richesse en matières premières.

En clair, celui qui n`a rien dans son sous-sol ne doit pas attendre grand-chose de Paris. Il n`est pas étonnant de retrouver le Gabon comme l`un des premiers bénéficiaires de l`aide publique française au développement. Le résultat est affligeant en termes de système de santé et d`éducation. L`argent s`est perdu en route. Il est justement fait pour cela.

Il ne s`agit pas d`une dérive mais d`une organisation cohérente et raisonnée. Dans chaque audition durant notre instruction, nous entendions parler de pressions physiques, d`espionnage permanent et de barbouzes.

Les perquisitions dans la tour Elf à la Défense livraient une moisson de documents révélant la confusion des genres, nous les transmettions au Parquet de Nanterre, qui se gardait bien d`ouvrir des enquêtes. Car Elf hier, Total aujourd’hui, est un Etat dans l`Etat, conçu par Pierre Guillaumat, un ancien Ministre de la Défense, patron des services secrets et responsable du programme nucléaire français afin de servir les intérêts géopolitiques de Paris.

La Norvège a utilisé son pétrole pour construire et assurer le paiement des retraites futures. La France se sert d`Elf Total pour affirmer sa puissance.

La compagnie intervient dans le Golfe de Guinée, au Nigeria, au Congo-Brazzaville, en Angola… Tous ces pays ont connu la guerre civile et la dictature, derrière laquelle la main française s`est fait sentir. Le chaos, lorsqu`il se produit, ne trouble pas le système. Il n`est qu’à voir l`Angola en guerre pendant des dizaines d`années, mais dont aucune goutte de pétrole, jamais, n`a raté sa destination.

Pendant la guerre, les affaires continuaient…les banques françaises, Bnp-Paribas en tête, ont même profité de l`occasion pour élaborer des montages financiers destinés aux pays en guerre, à des taux affolants, tout en sachant qu`elles ne prenaient pas le moindre risque. L`argent, là aussi, n`a pas été perdu pour tout le monde. C`est un miroir dans lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises.

Depuis que j`ai ouvert le dossier Elf dans mon bureau de la galerie financière, j`ai voyagé physiquement et intellectuellement bien loin de la Seine et de ses quais gris et bleus…j`ai appris en marchant. A l`arrivée, le tableau est effrayant.

L`Afrique a refait de moi une Norvégienne, fière de l`être. Mon pays est riche, mais, il se souvient avoir été pauvre, un peuple d`émigrants regardant vers le nouveau monde américain.

Son esprit de conquête, ses allures vikings sont des traces d`un passé très lointain, vinrent ensuite les tutelles danoise puis suédoise, dont il fallut se libérer, Il envoya vers l`Afrique des missionnaires protestants, personnages austères au visage buriné, taillé par la parole chrétienne et l’œuvre humanitaire, plutôt que des nouveaux colons, comme on les croise encore dans les quartiers d`expatriés blancs.

Pendant que la France fondait Elf, la Norvège mettait en place l`exploitation des ressources de la mer du Nord, accumulant un fonds de réserve, aussitôt placé pour les générations futures et soigneusement contrôlé. Ce petit pays des terres gelées est devenu la première nation donatrice en dollars par habitant.

Bien sûr, les pétroliers norvégiens ne sont pas des enfants de chœur. De récentes enquêtes ont montré que certains d`entre eux ont versé des commissions et que la tentation d`abuser de leur pouvoir est permanente. Mais la Norvège n`a pas à rougir de ce qu`elle a fait de son pétrole. Ce que j`ai vu, les rapports internationaux qui l`attestent, est une œuvre d`espoir.

La République française, à la même époque, a mis en place en Afrique un système loin de ses valeurs et de l`image qu`elle aime renvoyer au monde. Comment des institutions solides et démocratiques, des esprits brillants et éclairés, ont-ils pu tisser des réseaux violant systématiquement la loi, la justice et la démocratie? Pourquoi des journalistes réputés, de tout bord, ont-ils toléré ce qu`ils ont vu? Pourquoi des partis politiques et des ONG, par ailleurs prompts a s`enflammer, n`ont-ils rien voulu voir?

L`Occident a fermé les yeux sur les crimes de la France

Je ne condamne pas. J`ai partagé cet aveuglement. J`étais comme eux, avant de glisser l`œil dans le trou de la serrure et de prendre la mesure de ce secret de famille: la France reste un empire et ne se remet pas de sa puissance perdue. L`indépendance politique a été largement une mascarade en Afrique de l`Ouest.

L`Occident a fermé les yeux, car la France se prévalait d`être le «gendarme» qui défendait la moitié du continent contre le communisme. Les Français ont laissé faire, car astucieusement, De Gaulle et ses successeurs ont présenté leur action comme un rempart contre l`hydre américaine. Elf était l`une des pièces maîtresses de cette partie géopolitique.

Le double jeu a été facilité par la certitude, ancrée dans les mentalités, que «là-bas, c`est différent». Là-bas, c`est normal la corruption, le népotisme, la guerre, la violence. Là-bas, c`est normal la présence de l`armée française, les proconsuls à l`ambassade ou à l`état-major, les camps militaires. Là-bas, c`est normal l`instruction des gardes présidentielles. Là-bas, c`est normal la captation des richesses naturelles.

D`ailleurs, «tout le monde fait pareil». Jeune ou vieux, de gauche ou de droite, nul Français ne songe à s`offusquer de voir nos soldats mener, presque chaque année, une opération militaire en Afrique, au Tchad, en Côte d`Ivoire, au Rwanda, quand tous se gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak, en maquillant d`un fard démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington. Il y a pourtant bien des symétries.

J`ai vu récemment un documentaire sur la guerre du Biafra, quatre ou cinq demi-heures de témoignage brut des principaux acteurs, sans commentaires. Je suis restée sans voix. A ceux qui sont nés après 1970, le Biafra ne dit rien. Dans cette région du Nigeria, riche en pétrole, une ethnie, chrétienne et animiste armée par la France, réclama l`indépendance. S`ensuivit une guerre meurtrière de trois ans, révolte financée depuis l`Elysée via des sociétés suisses.

La télévision française aimait alors montrer les enfants affamés que les militaires français ramenaient par avion pour les soigner, jamais elle ne laissait voir la cargaison de l`aller, remplie d`armes. A l`image maintenant, les anciens collaborateurs de Jacques Foccart, repus dans leurs fauteuils Louis XV, détaillent sans émotion ces montages illégaux. Les officiers, lieutenants d`alors, généraux d`aujourd`hui, racontent ce bon tour le sourire aux lèvres. Fin du documentaire. Pas un mot, pas une ligne dans les livres d`histoire.

La France au cœur de la guerre du Biafra et du massacre des Bamilékés au Cameroun

Des drames comme celui-ci, l`Afrique en contient des dizaines, soigneusement passés sous silence. Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du Général De Gaulle, le génocide des Tutsi commis par un régime soutenu par François Mitterrand, les assassinats d`opposants, les manipulations d`élections.. Le passif de la France sur le continent africain n`a rien à envier à l`impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient.

Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s`est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l`objet d`une proposition de loi, largement soutenue par les députés.

Bien sûr, l`histoire de la France en Afrique ou en Asie du sud-est a compté aussi des aventuriers sincères, exportateurs, instituteurs ou pionniers, qui ont fait corps avec les pays qu`ils ont découverts. A Madagascar, les Vazas, ces pieds noirs malgaches, ne cessent de louer devant moi l`état des routes et des infrastructures françaises au moment de l`indépendance.

Mais les peuples sont comme les familles. On ne peut pas faire le tri de la mémoire. Il est des secrets soigneusement cachés dont l`onde portée va bien au-delà d`une ou de deux générations. Les enfants héritent de tout: du malheur comme du bonheur, de la richesse comme des dettes.

La République française paie aujourd`hui la facture de son passé. Il suffit de dérouler la liste des appellations officielles des Maghrébins nés dans un département français avant 1962 ou sur le sol hexagonal depuis les années 1970. Par la loi, ils furent et sont des Français comme les autres.

Les gouvernements successifs n`ont pourtant cessé d`inventer des périphrases : «indigène musulman», «sujet africain non naturalisé», «JFOM» (Jeune français originaire du Maghreb), «jeune issu de l`immigration», «fils de harkis», «jeune des quartiers», «Arabo-musulman», «Français d`origine arabe», «Français musulman»…

La France vit encore comme si en Afrique, elle était chez elle, et comme si, ses enfants d`ascendance africaine n`étaient pas Français. Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, cet empire qui hante les esprits comme un fantôme. Oui, Total, la première entreprise française, est riche et prospère.

Mais la manière dont la firme s`est bâtie fait partie de l`héritage. Qui osera un jour rendre au Nigeria, au Cameroun, au Gabon, au Congo-Brazzaville ce que la France leur doit? Qui contestera les contrats conclus par Areva pour l`uranium du Niger ou ceux des mines d`or de Sadiola au Mali, deux pays parmi les plus pauvres du globe, qui ne touchent qu`une part dérisoire des richesses prélevées dans leur sol? La République a contracté une dette qu`il lui faudra bien honorer.

Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l`Europe, il pourrait-être versé une rente au lieu d`un avis d`expulsion. Je rêve pour ce pays que j`aime, d`un réveil collectif.

Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique: ce qu`une génération a fait, une autre peut le défaire. C`est possible.

Extrait de :
La force qui nous manque
Eva Joly. Editions des Arènes (Paris) 190 pages.
Les intertitres sont de la rédaction .

Regard sur l’Afrique

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Lire aussi : 29-30 Novembre Sommet de la Francophonie à Dakar. Madagascar candidat pour 2016… La Françafrique est bien vivante. Dossier « Les Origines du Mal ».

13 MAI 1972. Les jeunes lycéens Malgaches et les Accords de Coopération.


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GTT INT Genève.

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La France en Afrique, Mugabe accuse « coups d’état et pillages des ressources naturelles »

 Robert Mugabe: «l’Afrique n’est indépendante qu’à moitié»

10/04/2015

Mugabe

Au terme de sa visite d’Etat de deux jours effectuée en Afrique du Sud, le président du Zimbabwe, s’en est pris aux Occidentaux, et notamment à la France l’accusant d’avoir fait main basse sur l’Afrique.

Robert Mugabe était allé à Pretoria pour négocier une coopération économique entre le Zimbabwe et l’Afrique du Sud. L’économie du Zimbabwe, mal en point, a besoin d’être relancée. Lors de sa visite, le président Robert Mugabe s’en est pris aux Occidentaux, à l’ONU, à la France. Répondant à ceux qui le critiquent pour sa réforme agraire, il a estimé que la lutte d’indépendance a justifié les invasions de fermes détenues par les Occidentaux.

Mugabe n’a pas manqué l’occasion de dénoncer le pillage de ressources naturelles du continent africain par les occidentaux. S’adressant à des chefs d’entreprises jeudi à Pretoria, le président Mugabe a justifié sa politique de nationalisation des entreprises, rappelant que les ressources naturelles de l’Afrique appartiennent à l’Afrique.

Le Président en exercice de l’Union Africaine a appelé les pays francophones à reprendre leur indépendance économique, notamment de la France soulignant que l’indépendance n’a été obtenue qu’à moitié dans la plupart des pays africains.

«Certains ne contrôlent même pas leurs ressources naturelles. Allez au Gabon, toute la richesse du sous-sol est détenue par la France. C’est l’accord qui a été passé, et c’est la même chose dans la plupart des pays francophones. Ils découvrent du pétrole, c’est pour la France. Ils découvrent des diamants, c’est pour la France. Et les mineurs bien entendu français. Et qu’est-ce que vous obtenez en échange ? 12%, peut-être 15% des revenus ? Et c’est pour cela que ces pays sont victimes de tentatives de coup d’Etat l’un après l’autre. Mais malheureusement les Espagnols, les Français, tous sont derrière ces coups d’Etat», a déploré Robert Mugabe au micro de Rfi.

Par ailleurs, le président zimbabwéen a demandé à l’Afrique du Sud de contribuer au développement de la région et exhorte les hommes d’affaires sud-africains à venir investir au Zimbabwe.

«Nous nous sommes battus pour vous, pour que vous ayez la liberté de pouvoir utiliser les ressources naturelles comme actifs dans vos affaires. Je peux vous assurer que le Zimbabwe est ouvert pour les affaires», a-t-il déclaré.

Mugabe n’entend pas abandonner sa politique d’indigénisation, qui prive les entreprises étrangères du contrôle de leurs filiales locales et qui inquiète fortement les investisseurs étrangers.

Le voyage en Afrique du Sud lui a permis d’appeler la diaspora zimbabwéenne à revenir investir au pays.

«La politique de diaspora nationale entend créer des opportunités pour les Zimbabwéens à l’étranger pour qu’ils puissent contribuer via leur investissement, leur expertise, au développement économique du pays», a-t-il annoncé.

En Afrique du Sud, on compte plus d’un million de Zimbabwéens ayant fui la pauvreté et les violences politiques qui ont cours dans leur pays.

Oeil d’Afrique

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Les dictateurs africains, installés par la France.

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40% des dictateurs africains ont été installés par la France tandis que les Etats-Unis sont aux aguets

06/04/2015

La campagne « Tournons la page » entend inciter la société civile, les forces non-partisanes et non-violentes, les citoyens, les artistes, les intellectuels, les responsables religieux, les associations, les syndicats, à faire pression sur les dynasties et les régimes dictatoriaux pour aller vers l’alternance démocratique comme ce fut le cas au Nigeria, au Ghana et en Afrique du Sud.

La campagne « Tournons la page » entend inciter la société civile, les forces non-partisanes et non-violentes, les citoyens, les artistes, les intellectuels, les responsables religieux, les associations, les syndicats, à faire pression sur les dynasties et les régimes dictatoriaux pour aller vers l’alternance démocratique comme ce fut le cas au Nigeria, au Ghana et en Afrique du Sud.

C’est une sage résolution mais encore faudrait-il aussi faire pression sur les gouvernements impérialistes occidentaux qui ont mis en place bon nombre des dictateurs qui sévissent actuellement en Afrique.

Sur les 14 dynasties et régimes totalitaires sévissant en Afrique (recensés par la campagne « Tournons la page »), six ont été installés par l’Etat français soit plus de 40%. Nous nous sommes cantonnés à cette liste bien sûr (voir la carte ci-dessus).

A savoir la dynastie gabonaise des Bongo, la dynastie togolaise des Eyadéma après le meurtre françafricain du président élu démocratiquement Olympio, le dictateur Déby installé au pouvoir par l’armée et les services français au Tchad, le règne de l’ex-dictateur burkinabé Compaoré installé par les services franco-étatsuniens et exfiltré par l’armée française à la demande du « chef de guerre » François Hollande, le règne du dictateur camerounais Biya installé par la France à la suite d’Ahidjo et d’une terrible guerre menée par la France au Cameroun, et le régime du dictateur Sassou Nguesso qui fut installé en 1997 au prix d’une terrible guerre civile par Elf, l’ELysée et l’Etat-major français.

A noter que tous ces dictateurs en place depuis des dizaines d’année sont régulièrement reçus par le « chef de guerre » qui officie à l’Elysée dans le silence complice de l’immense majorité des médias français (libres ou traditionnels) qui les rebaptisent « président » et participent à l’anesthésie de l’opinion publique française.

Il est vrai que face à la force militaire française, face au pouvoir d’aliénation d’une grande partie des médias français, la société civile n’a que peu de marge de manoeuvres, l’exemple de la Côte d’Ivoire et la manière dont la France a installé son pion Ouattara en est un triste paradigme.

Et pour ne pas être accusé de partialité, nous n’oublierons pas le soutien inconditionnel des Etats-Unis et d’Israël au dictateur ougandais Museveni, au dictateur rwandais Kagamé qui devrait à priori quitter le pouvoir en 2017.

Il en va de même pour le chaos généré par les forces atlantistes (USA, Israël, France, Grande-Bretagne) – sur fond de montée économique des BRICS en Afrique – en Libye, en Somalie, au Soudan et ailleurs…contre lesquels la société civile est souvent réduite à ne faire que de la figuration là où les forces militaires occidentales déchaînent la fureur des armes et divisent pour mieux imposer leurs intérêts et leur règne prédateur sans se préoccuper du moins du monde des populations locales. Au nom du lobby militaro-industrio-financier, et… des valeurs de l’Occident ! L’horreur, l’horreur !

Blog Sam La Touche

Cameroonvoice

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Allez au Gabon, toute la richesse appartient à la France

Vidéo

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Comment la France pille ses anciennes colonies en Afrique

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A chaque fois qu’un président français ou ses ministres visitent les anciennes colonies françaises, ils sont généralement accueillis par les protestations de la foule. Chaque protestation est différente, mais le sentiment général est le pillage continu de la France sur ses anciennes colonies.

La faillite monétaire

Avant que la France n’accepte les demandes pour l’indépendance dans les années 1960, elle a bien organisé ses anciennes colonies (qu’on appelle les pays du CFA) dans un système de solidarité obligatoire qui consiste à obliger 14 pays africains à mettre 65 % de leurs réserves de devises étrangères dans le Trésor français et 20 % sur leur viabilité financière.

Nicolas Agbohou, professeur à l'université du Gabon qui nous éclaire sur les mécanismes de la France sur ses anciennes colonies

Cela signifie que ces pays africains ont accès seulement à 15 % de leur argent. Et s’ils ont besoin de plus d’argent, alors ces pays doivent l’emprunter aux français aux taux d’intérêts commerciaux. Et c’est le cas depuis 1960.

Mais il y a pire

La France a le premier droit d’acheter ou de rejeter les ressources naturelles trouvés dans les pays francophones. Donc, même si les pays du CFA bénéficient de meilleurs prix sur le marché, ils ne peuvent pas vendre leurs ressources jusqu’à ce que la France déclare qu’elle n’a pas besoin des ressources.

Dans les contrats gouvernementaux, les compagnies françaises sont prioritaires et ensuite seulement, les pays africains peuvent choisir d’autres entreprises étrangères. Les présidents de la zone CFA qui ont tentés de quitter le système ont subi une pression abominable de la part des présidents français. Dans les cas les plus extrêmes, cela s’est terminé par un Coup d’Etat organisé par la France.

Aucune échappatoire à la zone CFA

La zone CFA

De ce fait, ces Etats africains sont des contribuables français et ils sont imposés à des taux exorbitants. Pourtant, les citoyens de ces pays ne sont pas considérés comme des français et ils n’ont accès à aucun des services qui sont financés par leurs taxes. On demande aux zones CFA de fournir des financements privés aux politiciens français pendant les élections en France.

Le pacte colonial

pillage-zone-cfa_3Le pacte colonial est à l’origine de la monnaie dans les pays francophones qui est le Franc CFA. C’est ce pacte colonial qui exige que les pays africains mettent 65 % de leurs finances dans le Trésor français.

Et les pays africains ne peuvent pas emprunter plus de 20 % du crédit qu’ils avaient demandés l’année précédente. De plus, les accords du CFA sont gérés par le Trésor français qui enquête sur les finances des pays africains au nom de la Bourse de Paris.

Le propriétaire des ressources naturelles

C’est également le pacte colonial qui donne la priorité des ressources à la France. C’est également les entreprises françaises qui ont la priorité dans les accords gouvernementaux. Et ces entreprises françaises ne se privent pas pour exiger des sommes astronomiques. Un audit indépendant sur la construction d’un pont à Abidjan a révélé que l’entreprise française qui avait obtenu le contract avait facturé avec une majoration de 354 % par rapport au prix du marché de cette construction. Et le paiement doit se faire obligatoirement en dollar et en euros.

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Une entreprise chinoise avait proposé un prix bien plus intéressant pour la construction de ce pont et elle acceptait le paiement en cacao dont la Cote d’Ivoire est l’un des producteurs mondiaux. Les Français ont mis le véto sur cet accord en refusant l’accès à l’entreprise chinoise.

Le crime international de la colonisation

Dans n’importe quelle situation, la France serait sur le banc des accusés pour colonialisme et esclavagisme moderne, mais tout le monde semble trouver son bonheur. Les français ont mis des hommes acquis à leurs causes dans les systèmes politiques des pays du CFA et de ce fait, chaque décision gouvernementale suit les directives de la France.

Pendant les 50 dernières années, les pays du CFA ont perdus des milliards de dollars à cause ce pacte colonial. On estime que l’évasion fiscale des entreprises françaises est évalué à 854 milliards de dollars. La population française sait-elle que son train de vie est entièrement financé par les anciennes colonies de la France tandis que la population de ces pays crève de faim. Bien sûr qu’elle le sait, mais elle s’en fout totalement.

Traduction de l’article source

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A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

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