Gendarmerie Malagasy. Crimes, corruption et incompétence.

 

 Gendarmerie nationale: Tradition de brutalités

La Une
Après le décès particulièrement suspect de Mamisoa Andriantsalama, vendredi dernier à Toamasina, les gendarmes tentent de se disculper de diverses manières. Mais les témoignages sont concordants : la victime a été rouée de coups par les gendarmes jusqu’à ce que mort s’ensuive. Les journalistes de Toamasina notamment sont formels sur ce point pour une raison simple : Mamisoa Andriantsalama a été pendant un certain temps un journaliste de la station locale de RTA, et l’arrestation de cet ami et connaissance a été suivie de près par les gens de presse du Grand Port.Voici d’ailleurs la narration de notre correspondant de Toamasina que nous avons reproduite dans notre édition du lundi 5 janvier en page 12. La relation démarre au moment où Mamisoa Andriantsalama a été arrêté par les éléments de l’Emmo-Reg (membres de l’Armée, de la Gendarmerie et de la Police), lors de la « manif » nocturne contre les délestages : « Le véhicule de l’Emmo-Reg ne s’est pas encore ébranlé quand survinrent des éléments du GSIS (ndlr : Groupe de Sécurité et d’Intervention et d’Intervention Spéciale de la Gendarmerie).Ces derniers donnèrent aussitôt l’ordre suivant : remettez-nous celui-là car il est le meneur de ceux qui incendient et qui pillent ici!». Mis entre les mains du GSIS, l’intéressé a subi sur place les premiers coups violents avant d’être convoyé vers la caserne de la Gendarmerie. Environ une heure plus tard, les gendarmes emmenèrent à l’hôpital un corps presque sans vie…En tout cas, notre Gendarmerie nationale a une réputation et surtout une tradition de brutalité. Au début des années 80, nous nous souvenons d’une personne conduite en état d’ébriété dans les locaux de la gendarmerie de Toamasina (!). L’homme ayant gueulé et tempêté, il fut frappé violemment à plusieurs reprises et en est décédé.Ordre fut alors donné à la famille de placer le corps dans une bière de fer blanc, de le transférer de nuit vers Fandriana, en évitant les escales, et de l’inhumer dans la discrétion… En tout cas, les enquêtes (ou même les séjours) dans une brigade de gendarmerie sont souvent assorties du fameux « encaissement », coups et brutalités destinés à provoquer des aveux. Dans notre longue pratique du journalisme, nous avons eu affaire à des familles dont les plaintes se rapportaient à un parent dans le Sud, adossé à un arbre par des gendarmes et fusillé sans autre forme de procès. Lors de la récente opération « Coup d’arrêt » engagée dans le Sud, le légendaire reporter Latimer Rangers a rapporté plusieurs cas de brutalité perpétré par des gendarmes « imbus de leurs personnes et sûrs de toute impunité ».Récemment à Morondava puis à Toamasina, les gendarmes ont tiré, tué et blessé sans que les plus hautes autorités s’en émeuvent. Il est vrai que le chef de l’Etat, lâché progressivement par la population, compte surtout sur les forces de l’ordre pour le maintenir à son poste. Il ne faut donc pas attendre de lui une initiative qui pourrait contrarier les hommes en uniforme.Mais il est temps de mettre un terme à l’impunité dont jouissent les gendarmes qui commettent des « bavures ». Les pratiques qui sont de mise dans les authentiques démocraties doivent aussi être appliquées chez nous.Le cas de Mamisoa Andriantsalama par exemple doit être remis à la justice, à charge pour les magistrats d’établir les responsabilités dans le décès. La Gendarmerie nationale de son côté doit mener une enquête administrative pour savoir si l’usage de la force était approprié dans ce cas fatal, avec d’éventuelles sanctions pour ceux qui ont commis des fautes professionnelles. Le rapport d’enquête administrative de la Gendarmerie doit être remis à la justice pour étoffer le dossier judiciaire. Bref, ceux qui tuent ou blessent, y compris les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions, doivent en rendre compte devant la justice. Une certaine culture qui combat l’impunité doit être implantée chez nous, et elle doit concerner en premier lieu les forces de l’ordre.

A.R

La Gazette de la Grande Ile

 

Manifestations contre les délestages

Polémique autour des circonstances de la mort d’une personne à Toamasina

mardi 6 janvier 2015, par Léa Ratsiazo

Le délestage n’arrête décidemment pas de faire des victimes. La deuxième émeute à Toamasina à la fin de l’année suite aux délestages a causé de nombreux blessés et un mort. Un mort de trop dont les circonstances provoquent des polémiques entre la famille du défunt et les forces de l’ordre.

L’épouse du feu Mamisoa témoigne que son mari a été battu à mort par les gendarmes, elle affirme avoir vu de ses propres yeux les forces de l’ordre du GSIS et de l’Emmoreg qui, selon elle, ont fait descendre son mari du véhicule et l’ont roué de coups de pieds au milieu de la route, et l’ont emmené avec eux après. « Les forces de l’ordre nous ont forcés à quitter les lieux mais nous avons pu épier ce qu’ils faisaient » affirme la jeune veuve. La famille du défunt réclame justice face aux bavures trop fréquentes des forces de l’ordre.

De leur côté, les forces de l’ordre rejettent l’accusation de la famille du feu Mamisoa. Le colonel Justin Manantsoa explique que Mamisoa a trouvé la mort en sautant de la voiture en marche. Selon cet officier, « il a sauté de la voiture en marche et s’est cassé le cou ainsi. Les forces de l’ordre l’ont emmené à l’hôpital pour recevoir les premiers soins et ont même laissé un élément pour la garde de nuit. C’est ce dernier qui nous a prévenu de son décès tôt le matin ».

Feu Mamisoa était leader et membre de plusieurs associations sportives et sociales dans la ville de Toamasina et non moins ancien journaliste ; sa disparition et surtout la circonstance de son décès émeuvent la population de la capitale de Betsimisaraka. Comment va réagir la population dans les prochains jours ? Va-t-elle se révolter contre ce qui est ressenti comme une injustice de trop ou aura-t-elle peur des répressions des forces de l’ordre ? Notons qu’avec ce décès, cette ville enregistre déjà son deuxième mort pour cause d’émeute anti-délestage, sans omettre les nombreux blessés.

La Jirama, dont les coupures d’électricité sont à l’origine de tous ces dégâts et de ces morts, se défile en expliquant que la foudre est tombée sur ses infrastructures d’où la coupure de l’électricité de la nuit du réveillon. Rappelons que la Jirama de Toamasina vient d’être dotée de 6 groupes électrogènes de la part d’Ambatovy et de Madauto et a promis la fin de délestage grâce à ses machines. Promesse non tenue une fois de plus. À sa place, pour l’heure, il y eu mort et blessés.

Madagascar Tribune.

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Toamasina

Désordre dans les rangs des forces de l’ordre

mercredi 7 janvier 2015, par Léa Ratsiazo

Gendarmerie et police sont en guerre ouverte à Toamasina par médias interposés. Comme si la bavure des forces de l’ordre dans leur ensemble ces derniers temps, n’avait pas été suffisante, voila que les gendarmes et les policiers sont entrés en guerre ouverte à Toamasina. Et ni les uns ni les autres ne se privent de convoquer les médias pour se lancer des accusations mutuelles. Cela fait un peu désordre.

Un policier du port de Toamasina, Bemananjara Paul Georges, se plaint d’avoir été tabassé par un gendarme car il a refusé de déplacer sa moto. La gendarmerie, par le biais du colonel Manantsoa Lala Angelo, réfute cette accusation et affirme que ses éléments ont tout simplement déplacé les bancs de ce policier, en même temps propriétaire d’un bar, car ils occupaient la voie publique. Notons que c’est le même officier de la gendarmerie qui a contesté l’accusation de la famille du feu Mamisoa, la victime de l’émeute anti-délestage. La famille du défunt accuse les gendarmes d’avoir battu à mort ce manifestant.

En tout cas, la notion de discipline est perdue de vue des forces de l’ordre. Leurs éléments ne savent se tenir, ni envers la population, qui paye leurs salaire en passant, ni entre eux.

Madagascar Tribune.

Qu’ils démissionnent. « Les malgaches s’entretuent », Episcopat Catholique. Les victimes de l’Emmoreg à M/dava

Etat d’esprit de la population : La fureur est partout

 Excédés, ne pouvant plus contenir davantage leur colère, les gens comme le constate et le déplore à juste titre le communiqué de l’Episcopat Catholique, « aveuglés par l’argent, les gens s’entretuent et s’exterminent. C’est la dignité de la vie qui est bafouée. L’homme serait-il donc devenu une bête ? Si l’on en est arrivé à ce stade c’est sans doute parce que beaucoup rejettent Dieu». Mais cette haine est surtout dirigée contre les tenants du pouvoir actuels. La population a plus qu’assez d’attendre des promesses qui ne sont pas tenues.

La critique fait place à la haine. Les gens s’emportent très facilement. Ils sont passés de la simple observation à l’hostilité. Et lorsqu’on écoute les personnes communiquant par téléphone durant les émissions de « phoning » de certaines stations privées, on se rend compte combien les gens sont à bout et exacerbés. Ils ne cessent de manifester leur haine viscérale à l’endroit des responsables incapables qui n’ont pas pu réaliser leurs engagements.

C’est surtout les inconvénients dus au délestage qui indignent le plus, outre l’insécurité et le chômage. En outre, un peu partout, d’un bout à l’autre de l’île, la vindicte populaire prend la place de la juridiction des tribunaux en qui, presque plus personne n’accorde qu’une confiance de principe. A cause de ces grandes fortunes qui crie sur les toits et ne cachent pas que tant que les billets de banques ont une valeur, les riches n’iront jamais en prison et on n’envoie là-bas que les pauvres types.

Ici, c’est un voleur de produits agricoles sur pieds qu’on tue froidement à coups manches de bêches, là-bas c’est un duo de bandits des grands chemins qu’on brûle hors du village, aux portes de la capitale un voleur de bœufs décapité et sa tête empalée à une sagaie sera promené dans toute la ville… Des scènes d’horreur d’une cruauté aussi insupportable se passent jour après jour au grand jour dans les agglomérations périphériques aussi bien qu’en province. Il arrive aussi parfois qu’une foule en colère se lance à l’assaut des endroits qui représentent pour eux l’image du mal que subissent les habitants. Cibles de choix des émeutes les bureaux de Jirama, des quelques gendarmes et policiers qui aux yeux de la population servent plutôt les malfaiteurs et les protecteurs de ces derniers.

Une fois déjà, des manifestants avaient déposé devant la porte du parquet d’un Tribunal le cadavre d’un parent assassiné par le Procureur avait relâché le tueur pour des raisons connues de lui seul. Le corps n’a été enterré que lorsque le magistrat impliqué a fait ses valises et quitté les lieux en catimini… Les villes de ce pays fourmillent d’exemples de ce genre. C’est comme si désormais, la loi du Talion est de règle. La dernière histoire en date est celle de ce juge de la Cour d’Appel à la retraite qui a failli être brûlé vif pendant son sommeil. La police ouvre une enquête pour savoir la cause exacte de l’incendie et le mobile probable de l’acte s’il s’agit d’une intention criminelle…

Nous reproduisons ici, une conclusion d’IFRI, un organisme de référence, pour que tout le monde médite. « Bien plus que les médias papiers, les radios constituent le vecteur principal de mobilisation dans un contexte pré-crise, (…) les délestages électriques dans la capitale, s’ils venaient à durer plusieurs mois, pourraient être de nature à embraser la situation. Sachant que la fourniture d’énergie à la compagnie nationale d’électricité Jirama dépend d’opérateurs économiques (à commencer par Abdoul Rassoul, patron de l’entreprise Edelec) qui ont par le passé été proches du régime de transition, une instrumentalisation politique des délestages destinée à fragiliser le régime en place n’est pas à écarter. Cela ne doit toutefois pas occulter une donnée beaucoup plus structurelle, tenant au fait que l’État doit 120 milliards d’Ar à l’entreprise Galana, raison pour laquelle cet opérateur pétrolier a cessé ses approvisionnements. Un autre événement mobilisateur pourrait être lié aux Iles Éparses, bien que, nous le verrons, ce sujet peine à mobiliser l’opinion publique. Enfin, la hausse généralisée des prix frappe très directement le pouvoir d’achat des populations dans tous les secteurs vitaux et/ou dépendants des importations (transports publics, riz, médicaments, huiles alimentaires, etc.), en premier lieu les populations les plus vulnérables dans les bas quartiers de la capitale. Le contexte est donc propice à la récupération politique… ».

Sans vouloir jouer les prophètes de mauvaise augures, sauf erreur de notre part, le Président Hery Rajaonarimampianina ferait mieux d’ouvrir grand les yeux parce tous les voyant sont au rouge.

Les observateurs ne se trompent guère quand ils affirment dans leurs colonnes. « Le FFKM qui a pris une initiative importante pour tourner la page de cette crise et cette situation dramatique, ce moment est l’accomplissement d’une mission: le Réveil des consciences endormies, il faut impérativement définir un nouveau cap positif qui doit susciter l’adhésion de tous et être porteur d’une nouvelle espérance. Il faut poser les bonnes questions: que voulez-vous? Qui êtes-vous? Où vous voulez aller? Pour relever le défi du troisième millénaire, chaque Malgache, doit renouveler ses pensées, ôter la haine et la violence et rendre prioritaire l’amour, la solidarité, la paix, la justice et l’unité nationale. Voilà les clés qui ouvriront le chemin du Changement et l’accès au progrès et au développement … ».

(Lanation.mg)

 

 

Les étrangers pourront-ils sauver le président ?

« … La majorité écrasante des Malgaches sont désormais persuadés que le régime HVM est incapable de développer le pays. Car, depuis onze mois, on ne constate pas de résultat convaincant qui puisse conduire le pays dans ce sens. Les Malgaches savent que ce régime corrompu et impopulaire ne peut pas améliorer leurs conditions de vie à bref délai. Ils savent déjà que ce qui prime pour les dirigeants, c’est de trouver les moyens d’améliorer leurs conditions de vie. La population ne peut rien espérer, avec cette équipe au pouvoir.

A travers la coopération avec les partenaires étrangers, le plus important pour les dirigeants actuels, c’est d’asseoir leurs autorités, de faire comprendre que ce sont eux qui dirigent le pays. La population peut attendre pour espérer de meilleures situations. Mais le régime HVM doit comprendre qu’aucun dirigeant de ce pays n’a été sauvé par la coopération étrangère quand la roue tournait. Il est temps de voir la réalité en face ».

Les étrangers pourront-ils sauver le président ?

J.Nantenaina. (Lanation.mg). 09/12/2014.

 

Des faits montrent l’insécurité où on voit l’Exécutif défait

Gendarmes tués, casernes attaquées, civils mutilés… Arrêtons-là l’énumération macabre. Chaque jour qui passe nous livre son lot d’atrocités. L’insécurité n’a plus de frontières : villes ou campagnes, à domicile ou en plein air, tous égaux devant cette calamité. Foroches à Antananarivo. Ce 18 août, un gendarme livre aux journalistes cette information. On a toujours entendu dire que les foroches sévissent à Antsiranana. Aussi, cette déclaration venant des responsables des forces de l’ordre ne peut que nous interpeller. Les foroches ? Ce sont ces jeunes ados de 12 à 15 ans qui agissent dans la ville d’Antsiranana. Ils conjuguent au présent viol et vol. Ils agressent passants et résidents. Jeunes sans foi ni loi. Pourquoi cette migration ? On ignore les raisons de cette présence. On s’étonne.

Les gendarmes nous ont aussi informés, au début du mois d’août, de l’existence d’une bande de 600 individus qui s’apprêtent à semer le chaos à Antananarivo. L’information en elle-même fait froid au dos. Les gendarmes indiquent que ces mercenaires arrivent par vague de dix individus. Venant des régions. “Ils sont équipés d’armes blanches, à savoir des machettes et des couteaux. Des chauffeurs de taxi-brousse ont affirmé que certains de ces hommes armés sont déjà sur place” précise le colonel Florens Rakotomahanina, commandant de la Circonscription de la gendarmerie d’Antananarivo en même temps leader de l’Emmo-far. L’information est-elle véridique ? Comment peut-on douter de l’information venant des agents des forces de l’ordre ? L’existence de ce doute montre combien la confiance aux forces de l’ordre n’est plus totale. Normale si cette confiance n’est plus là depuis l’affirmation que Remenabila sera pris d’ici peu. Déclaration faite en 2011. Des années après, on ignore si Remenabila est toujours en vie ou non. Les forces de l’ordre ont failli à leur promesse (lors de l’opération Tandroka). Promesse tenue du temps de la Transition dira-ton. Promesse quand même. De même, pour cette histoire toute récente d’opération “coup d’arrêt”. Les forces de l’ordre annoncent qu’ils vont agir. Les “dahalo” ne sont pas fous ou sourds. Après l’annonce effectuée par les responsables des forces de l’ordre, ils ont laissé le champ libre à ces envoyés spéciaux de l’Etat. Une fois l’opération “coup d’arrêt” stoppée (retrait des forces de l’ordre), les “dahalo” ont repris la maîtrise du terrain. Tout récemment, ils ont tué un chef de la brigade de gendarmerie et son adjoint. Le bilan macabre fait état de 13 dahalos tués au cours d’un autre affrontement entre bandits et gendarmes soutenus par les villageois. Le premier affrontement qui a vu les deux gendarmes abattus s’est déroulé à Tranomaro (près d’Amboasary-sud). Lors de cet affrontement les dahalos étaient au nombre de 80 à peu près. Le second affrontement s’est passé à Mahaly. Cette fois-ci, les dahalos se comptaient par centaine. Les gendarmes n’étaient que six. Depuis le début de l’année deux “camps” de gendarmerie ont été attaqués par une foule en colère, l’un à Sambava dans la région Sava et l’autre dans la région Vakinankaratra. Aucun lien entre ces deux attaques. On pet rendre honneur aux gendarmes d’avoir défendus les personnes qi étaient sous leur protection au détriment de leurs familles. Toutefois, on voit dans ces exemples la défaillance de l’autorité de l’Etat représenté par les gendarmes.

Mara Niarisy, au nom des députés élus dans le sud ont dénoncé la façon d’agir des forces de l’ordre. “On n’annonce pas aux bandits qu’on va surveiller tel endroit à telle heure” s’insurge-t-il. Par ailleurs, il a rappelé que l’envoi des forces de l’ordre ne suffisait pas. Il fallait associer à cet envoi des décisions annexes, comme l’interdiction de convoyer des zébus par camion durant le temps des opérations.

En ville comme en campagne

Cela se passe à des centaines de kilomètre du centre de prise de décision. On peut comprendre le retard des réactions de l’Exécutif. Mais quand en pleine ville, de jour comme de nuit, les bandits peuvent agir à leur guise on ne peut que conclure que l’Exécutif est défait. Aucune explication ne peut satisfaire cette défaillance des forces de l’ordre en ville. La victoire contre l’insécurité passe forcément par l’adhésion populaire. La légitimité reçue après les élections ne s’est pas transformée en autorité morale et garantir cette adhésion populaire. Les nombreuses absences du chef de l’Etat, l’absence de personnalité des premiers responsables des forces de l’ordre (intérieur, sécurité publique, gendarmerie, forces armées…) donnent de l’audace aux bandits. Ils s’enhardissent face à l’incapacité des responsables à traduire en justice les gros bonnets (trafics de bois de rose….) et arrêter les kidnappeurs (un autre aspect de l’insécurité actuelle).Y a pas à dire ces faits récents comme passé lointain nous montrent que montrent que l’insécurité s’incruste en ville comme en campagne et où on voit l’Exécutif défait et défaillant ne protégeant pas les biens et les personnes.

Tout récemment, on a vu un billeteur de la Commune urbaine de Toamasina qui a été attaqué et tué sur le perron du Palais de la ville. En pleine ville et en plein jour. Il avait en sa possession plus de 55 millions d’ariary représentant la paie des employés de la commune. Les bandits savaient à la minute près son programme. Ils l’ont attendu. L’employé s’est débattu. Les bandits lui ont tiré deux balles à la tête. On a vu un peu plus haut les mésaventures des représentants de l’Etat central. Ici on l’exemple des employés d’une collectivité décentralisée. Point de protection rapprochée. Bis repetita : “ l’Exécutif défait et défaillant ne protégeant pas les biens et les personnes tout comme les responsables des collectivités décentralisées”. Pour le cas particulier de l’employé de la commune urbaine de Toamasina, on ne peut que s’étonner du fait de déposer de l’argent liquide dans les locaux de la municipalité la veille d’un long week-end. L’attaque contre le billeteur s’était déroulée le 14 août vers midi. Des défaillances manifestes…

Milliardaire et simples gens au même plan

On constate que les malfaiteurs ne font plus la différence entre milliardaires et pauvres gens. Les riches comme les pauvres sont victimes des pickpockets dans les marchés. De même, le kidnapping n’est plus réservé aux gens riches. Des familles démunies récemment ont été victimes d’un kidnapping qui s’est mal fini. On voit sur les panneaux publicitaires géants, actuellement à Antananarivo comme à Toamasina, des affiches offrant une récompense de 40 000 000 ariary à toute personne permettant de retrouver un karana qui a été kidnappé depuis 5 semaines. Et l’Ambassade de l’inde s’y met. Elle demande, diplomatiquement, aux responsables malagasy d’assurer la protection des karanas. Une séance de travail s’est effectuée entre l’ambassade et les forces de l’ordre en vue de renforcer la protection des ressortissants karana.

Notre société devient violente. On remarque des violences physiques à longueur de journée. Il suffit de lire les pages d’accueil des quotidiens, voire leur Une, pour s’en convaincre : viol, vol, attaque à main armée, attaque par bande, dahalo… Il y a aussi les violences verbales exprimées per nos politiciens : des menaces directes ou voilées, convocation aux forces de l’ordre, plaintes… tant d’exemples qui ne plaident pas en la faveur du Fampihavanana qu’on claironne. Une notion galvaudée. A méditer.

(En dernière minute avant l’insertion de cet article, on sait que le gouvernement a été convoqué par les députés sur cette question d’insécurité. Une demande d’explication… A sui

Lakroan’i Madagasikara.

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Nos Gendarmes, des bonnets d’âne sur leurs têtes.

La gendarmerie en tête, selon CAJAC. Le Centre d’Assistance Juridique et d’Action Citoyenne (CAJAC) de Transparency International a présenté son rapport d’activités, hier au Café de la Gare. Ce centre offre plus d’opportunités aux citoyens à dénoncer les cas d’abus ou de corruption dont ils étaient victimes. Selon un des responsables du CAJAC, Rakotondrasoa Landy, lors d’une enquête que ce centre a menée sur la corruption, la gendarmerie nationale vient en tête, suivie par le tribunal, l’éducation publique, la police nationale et le service foncier.

Représailles. Toujours d’après ce responsable, les gens hésitent à porter plainte, du fait qu’ils ont peur des représailles. En un mot, ils n’ont pas confiance à l’administration. Toujours est-il que la plupart des gens qui consultent le CAJAC sont des paysans et des gens qui excellent dans les petits métiers. Dans tous les cas, ce centre entend mener une campagne de sensibilisation pour les inciter à dénoncer toute forme de corruption. Notons que les conseils et l’assistance juridique du CAJAC sont gratuits.

Par Dominique R. http://www.midi-madagasikara.mg/politique/2014/10/04/corruption-gendarmerie-en-tete-selon-cajac/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=corruption-gendarmerie-en-tete-selon-cajac

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ETAT DE DROIT ? NON. UN PAYS DIRIGE PAR DES MAFFIEUX.
LES GENDARMES POINTES DU DOIGT (pourtant protecteurs de nos biens et des populations). CE N’EST PAS UNE BLAGUE ET LES CITOYENS NE SONT PAS DUPES, NI AVEUGLES. MAIS TOUS LES MINISTERES SONT TOUCHES, DONT LA JUSTICE, L’EDUCATION NATIONALE, LE DOMAINE FONCIER… TOUS POURRIS EN SOMME.
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AU CHOIX : RIRE OU PLEURER

Une opération de gendarmerie de grande ampleur est en cours depuis hier dans le Nord-Est de Madagascar. De nombreux militaires sont déployés sur le terrain pour arrêter en flagrance l’exportation illicite de plusieurs tonnes de bois précieux vers un bateau suspect stationné au large des côtes, dans la région de Sava. Des pirogues et autres embarcations se relaient depuis la terre ferme pour approvisionner le navire en mer.Le bois de rose, espèce protégée et menacée d’extinction, est au cœur d’un trafic prohibé à destination de l’Asie, malgré l’interdiction d’abattage et d’exportation par décret, promulgué en 2010.Les trafiquants exploitent un juteux marché parallèle où le kilo de bois précieux se négocie à 500 dollars (377 euros).

 Jeudi 27 Décembre 2012 – 09:33

Général Paza Didier Gérard : « Pas de place pour les brebis galeuses dans la Gendarmerie »

Le Secrétaire d’Etat à la Gendarmerie, le général Paza Didier Gérard fait partie des membres du gouvernement qui ont honoré hier l’invitation de l’Ambassadeur de Chine à Madagascar.

Présent à la célébration hier du 65e anniversaire de la République Populaire de Chine à Nanisana, le Secrétaire d’Etat à la Gendarmerie nous a accordé une petite interview, entre un verre de jus et un morceau de « koba » façon chinois.

Exécution sommaire dans le District de Beloha Androy (Androy) ; braquage d’un hôtel à Brickaville ; kidnapping sur fond(s) de corruption à Ankazomiriotra ; tabassage à mort d’un « quartier mobile » à Port-Bergé… Les exactions perpétrées par des éléments de la Gendarmerie se sont multipliées ces derniers temps. Selon la formule consacrée, les enquêtes sont en cours.

14 000 gendarmes. « Tolérance zéro pour tout dérapage et autres bavures commis par des gendarmes, quel que soit leur grade », déclare le Secrétaire d’Etat à la Gendarmerie. Avant de réaffirmer sa détermination de redorer le blason des bérets noirs. « Pas de place pour les brebis galeuses dans la Gendarmerie », tonne le général de Division Paza Didier Gérard. A son avis, quelques brebis galeuses ne doivent pas gâter tout le troupeau. « Ny fandoto iray tandroka tsy tokony aleo ny fandio iray barika », estime-t-il. Une manière de dire que ce ne sont pas quelque ripoux qui vont salir l’uniforme des 14.000 gendarmes.

Radiation. « Les sanctions peuvent aller jusqu’à la radiation de la Gendarmerie, sans exclure les poursuites pénales qui sont susceptibles de déboucher sur des emprisonnements  », fait savoir le SEG. Réitérant ainsi sa volonté d’assainir les rangs. C’est pour cela qu’il est d’ailleurs pour « le système de la méritocratie » dans le recrutement des gendarmes. « Les reçus sont ceux qui ont obtenu les meilleures notes », soutient-il. En rappelant au passage que la Fonction Publique et le Bianco apportent leur collaboration pour l’organisation des concours. En tout cas, le général Paza Didier Gérard a tenu à dire qu’il est contre le système du contingentement. Un message clair lancé à l’endroit de ceux qui pensent avoir droit à des quotas pour le recrutement dans les rangs de la Gendarmerie.

Vaky fasana. Il a également tenu à expliquer qu’ il n’y a point de bombardements aériens dans l’opération coup d’arrêt dans le Sud. « Ce sont les « kizo », c’est-à-dire les repaires des « dahalo » qu’on fait sauter avant de larguer les éléments héliportés », rapporte-t-il. Avant d’ajouter que face à la recrudescence du phénomène, la Gendarmerie prépare aussi une opération contre les « vaky fasana ». C’est dire que les voleurs et profanateurs risquent de tomber sur un …os.

Propos recueillis par R.O

http://www.midi-madagasikara.mg/a-la-une/2014/09/27/general-paza-didier-gerard-pas-place-les-brebis-galeuses-gendarmerie/

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Des centaines de morts dans l’ombre

On n’a jamais assez parlé de ces centaines de personnes tuées au moment de l’opération coup d’arrêt l’an passé. La gendarmerie a parlé de 573 morts durant l’opération, dont plus de 400 dahalo, une centaine de civils et une dizaine de membres des forces de sécurité. Mais, au final, ce sont tous des citoyens tués dans un contexte d’insécurité grandissante. Si la situation sécuritaire du pays s’est améliorée au cours des dernières années, on n’en serait pas venu à un nombre aussi impressionnant de morts.

Mais ces opérations se sont déroulées loin de la capitale. Très peu d’image attestant la violence des affrontements a été parvenue aux citoyens. Les médias avaient rarement l’occasion de diffuser des informations précises sur ces scandales. Mais la gendarmerie a tout de même préféré jouer la transparence en annonçant ces plusieurs centaines de morts durant l’opération.

A vrai dire, c’est un scandale. Mais tout cela relève des conséquences des années de crise que le pays devait traverser. L’insécurité et la crise politique sont inséparables. Tout ce que les forces de l’ordre pouvaient faire consistait sans doute à limiter les dégâts. Dans les centres urbains, et plus particulièrement dans la capitale, on ne se souciait guère du nombre des victimes de l’opération coup d’arrêt. Mais, actuellement, tout le monde doit réfléchir sur la situation dans laquelle le pays se trouve, notamment en raison de l’insécurité provoquée par la crise politique.

Si tout le monde veut sortir le pays du gouffre, il va falloir trouver les meilleurs moyens de le sortir de la crise politique. Dans le cas contraire, tous les efforts seront vains. Plus de 500 personnes qui ont versé leur sang en raison de l’insécurité, c’est énorme. Si le pays n’était pas en crise, on ne serait sans doute pas arrivé à ce genre de scandale. Car c’est rare que des centaines de citoyens soient tués de la sorte en un laps de temps assez court.

La crise politique est la principale raison de cette tuerie. Certes, les autres pays d’Afrique connaissent des situations encore plus douloureuses et des situations d’insécurité souvent catastrophiques. Mais un pays paisible comme la Grande Ile ne peut pas admettre des centaines de morts en si peu de temps. La majorité écrasante des citoyens sont ainsi persuadés qu’il est grand temps de mettre un terme à la crise politique. Il est grand temps de trouver des solutions durables aux problèmes du pays. Dans le cas contraire, l’insécurité continuera de s’aggraver, quoi qu’on fasse. Des citoyens tomberont encore sous les balles. Et cette situation d’insécurité permanente continuera d’entraver le développement socioéconomique du pays. Ce sont, par la suite, les victimes du système qui alimentent le phénomène d’insécurité, en devenant des dahalo. C’est le cercle vicieux qu’il va falloir briser.

J. Nantenaina
Lanation.mg

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Les arrestations d’éléments de l’élite de la gendarmerie GSIS continuent

mercredi 11 février 2015, par Léa Ratsiazo
Madagascar Tribune.

La deuxième vague d’arrestation de membres du GSIS (Groupe de Sécurité et d’Interventions Spéciales) par des éléments de la Brigade criminelle de la police nationale a eu lieu le 10 février vers la fin de la matinée dans la zone Analamahitsy-Ambatobe au nord de la capitale. Des coups de feu ont été entendus dans ces quartiers et les élèves du lycée français d’Ambatobe ont été confinés dans l’enceinte de l’établissement toute la matinée. Les responsables de la Brigade criminelle ont indiqué qu’ils avaient déjà prévenu le commissariat d’Analamahitsy sur la tenue de cette opération. Selon les dires des populations riveraines, le domicile d’un ancien conseiller auprès de la Primature a été l’objet de perquisitions dans la même journée.

Cette intervention fait suite à l’arrestation par les policiers de 3 gendarmes du GSIS sur la route nationale reliant Toamasina-Antananarivo la semaine dernière. Tous les gendarmes arrêtés sont fortement soupçonnés d’avoir participé au braquage et au rapt d’un grand opérateur économique de girofle à Toamasina. D’ailleurs, d’après la Police nationale, des cartons contenant des liasses de billets de près de 170 millions d’ariary ont été découverts dans la voiture des premiers gendarmes arrêtés.

Le secrétaire d’État à la gendarmerie (SEG), le général Paza, confirme que son département a été informé de ces opérations comme la loi l’exige mais qu’il n’est pas au courant du fonds de l’affaire. Néanmoins, il note que s’il est prouvé que ces éléments du GSIS ont agi dans l’illégalité, ils doivent en subir les conséquences mais « nous gardons toujours notre confiance au GSIS, le pays a encore besoin de ce groupe » selon le SEG. Le Premier ministre, le général Jean Ravelonarivo, quant à lui note que l’enquête est en cours et ne veut pas trop se prononcer sur cette affaire.

Il est à préciser que le GSIS est composé d’une centaine d’éléments considérés comme les élites de la Gendarmerie. Ils sont surtout affectés pour la protection des hautes personnalités mais également pour des missions jugées délicates

 

24 HEURES D’ACCROCHAGE – Trois gendarmes abattus, deux portés disparus

13.02.2015

Le commandement supérieur de la gendarmerie reconnaît que les vols de zébus reprennent de plus belle dans la région de Betroka.La lutte continue.

Retour à la case départ

Une poursuite de vol de bœuf a viré aux massacres! Un lieutenant de la gendarmerie nationale, issu de la 34e promotion de l’Académie Mili­taire et deux gendarmes de la compagnie de Betroka sont tués par des dahalo à Lagnana, commune rurale de Tsaraitso, district de Betroka, hier. Après 24 heures d’accrochage, les forces de l’ordre n’auraient pas pu résister aux attaques de centaine de dahalo, qui les ont piégés dans cette localité. Deux autres éléments ont également disparu, et aucune information n’est encore reçue sur leur sort.
Selon, une information émanant du commandement supérieur de la gendarmerie, les vols deviennent de plus en plus courants, ces derniers temps, dans la partie sud du pays, notamment dans le district de Betroka. Le dernier cas remonte, avant-hier à l’aube dans une localité dénommée Soakijaha, au nord d’Irotsaky près d’Akilo­vaho sur la route nationale n°13, reliant Ihosy et Betroka. Alertés par la victime, quinze éléments mixtes, composés de onze gendarmes et quatre policiers se sont dépêchés sur place.

Problème socio-culturel

Après constat sur le lieu du crime, ils ont engagé une poursuite. « Vers 15 heures de l’après midi, les forces de l’ordre sont tombées dans un guet-apens à Lagnana, qui se situe entre Ambondro et Bekinagna, dans la commune de Tsaraitso. Le bilan est lourd avec trois gendarmes tués, et deux autres ont disparu. Il y a eu également de nombreux blessés. Par contre nous n’avons pas encore de statistiques du côté des dahalo », rapporte un officier de la gendarmerie locale. « Pour le moment (ndrl : hier à 18 h) la situation n’est pas contrôlée. Les accrochages se poursuivent », rapporte Solo­navalona Paolo Emilio Raholi­narivo , Ex-chef de District de Betroka.
« Les dahalo s’en prennent aux forces de l’ordre. Et la population locale revit les cauchemars de 2012, à l’époque de Remenabila, durant laquelle vingt trois militaires auraient été tués », témoigne, Alida Soa, une employée d’une organisation humanitaire, opérant à Betroka.
La reconversion de quatre mille dahalo, au mois d’octobre dernier, n’a pas résolu le problème d’insécurité dans le sud. La situation dégénère davantage, ces derniers temps. « La famine ne fait que l’aggraver. C’est un problème socio-économique et culturel », explique Jean Razafimanjato, un doctorant en sociologie à l’Université d’Antananarivo.

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