Sénégal. Les insultes de Wade envers Macky Sall. Wade et Rajoelina. L’affaire Karim Wade

Sénégal: Abdoulaye Wade, traite «Macky Sall et sa famille d’esclaves et d’anthropophages»

Jusqu’où ira la guerre que se livre l’ancien président, Abdoulaye Wade et son successeur, Macky Sall ? C’est la question que tout le Sénégal se pose actuellement. Car, la colère de Wade contre Sall ne cesse de s’accroître. Et le verdict du procès de Karim Wade, attendu pour le 23 mars 2015 ne va surement pas arranger la situation politique à Dakar

25/02/2015

La conférence de presse organisée le 24 février 2015 a eu l’effet d’une bombe, bien préparé par Abdoulaye Wade, qui refuse de voir Macky Sall « se mettre au dessus des gens.«

Dans la vidéo qui a été publié sur internet, on entend d’abord l’ex-président parler des origine et de la famille de Macky Sall, l’actuel président du Sénégal.

« C’est un descendant d’esclaves. On l’a sorti de son village … Il ne faut pas chercher… ces parents étaient anthropophages. » dit le professeur Wade.

Il regrette le comportement de Macky Sall, qui le conduit à dire tout cela car selon lui, « on aurait pu vivre sans que j’ai besoin de dire tout ça. » Puis d’ajouter qu’il attend que son successeur le poursuive au tribunal.

« On ne peut pas cacher les vérités »

« Ceux qui sont propriétaire de la famille de Macky Sall sont là! Ils sont vivant! » affirme monsieur Wade.

L’ancien président continue dans son étonnement et regret en ce qui concerne Macky Sall.

« Cette insolence de Macky Sall est incompréhensible. Il faut l’arrêter. On dit que c’est la force qui arrête la force. On ne peut pas le laisser comme ça… essayer de se mettre au dessus des gens. Moi je ne l’accepte pas. Maintenant, si vous, peuple sénégalais vous l’acceptez, vous pouvez. Mais moi je ne l’accepte pas. Jamais, j’accepterai qu’il se mette au dessus de moi. Jamais ! De même que jamais mon fils n’acceptera qu’il se mette au dessus de lui.«

« Plus il avancera, j’avancerai. »

On doit dire la vérité martèle l’ancien Abdoulaye Wade. Il regrette l’intransigeance de Macky sall. Et promet un combat de tout les jours.   » On espère ne pouvoir ne pas en venir là. Mais plus il va avance, plus j’avancerai. Je ne le laisserai jamais! Jamais! Jamais… »

Wade fait le bonheur de la presse locale.

Cette sortie a fait les choux gras des quotidiens sénégalais parvenus ce mercredi. Ils mettent en exergue la sortie d’hier de l’ex-chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, traitant «Macky Sall et sa famille d’esclaves et d’anthropophages».

«Sortie au vitriol du pape du Sopi contre Macky Sall : Me Wade perd la boule et descend dans les caniveaux», titre Le Populaire, soulignant qu’il taxe Macky de «descendant d’esclaves et d’anthropophages». Dans Le Pop, Me Wade poursuit : «Ni Karim ni moi n’accepterons pas que Macky soit au-dessus de nous. Macky sa place est à Fann, il n’a personne dans l’armée. On n’a pas besoin de la grâce de Macky pour Karim».

«Il s’attaque à Macky Sall et à ses parents : Quand Wade pète les plombs», dit Le Témoin.

Pour La Tribune, «Wade dérape et insulte Macky». «Diabolique ! », s’exclame EnQuête à sa Une qui parle d’ «attaques violentes contre Macky Sall et sa famille».

De son côté, Le Quotidien écrit que «Wade perd la tête». Dans ce journal, Wade soutient : «Macky est un esclave».

Walfadjri consacre sa Une à «l’opposition qui dévoile son plan de guerre» articulé entre opérations villes mortes et grèves générales.

Cameroon voice.

https://www.youtube.com/watch?v=8DRJLlbuVtw

—-

Sénégal : Macky Sall, Karim Wade et Idrissa Seck… récit d’une guerre fratricide

Follow us: @jeune_afrique on Twitter

03/03/2015.

De g. à dr.: Karim Wade, Macky Sall et Idrissa Seck. En arrière plan : Abdoulaye Wade. © AFP ; IP3 Press ; Montage JA

Bien sûr, Macky Sall, Karim Wade et Idrissa Seck n’ont pas une goutte de sang en commun. Mais tous ont grandi dans l’ombre du « Vieux », rêvant de lui succéder. Abdoulaye Wade les a façonnés, soutenus, puis, au moins pour deux d’entre eux, lâchés. Depuis, c’est la guerre.

« Le destin d’un dauphin, c’est de s’échouer sur le rivage. » Au moment où Abdoulaye Wade énonçait cet adage devant l’un de ses conseillers, début 2007, Idrissa Seck, qui passait pour son probable successeur, venait d’en faire l’amère expérience. Gloire montante de la scène politique sénégalaise, directeur de cabinet puis Premier ministre de « Maître Wade » après son élection en 2000, « Idy » ne s’attendait pas à être évincé quatre ans plus tard. Encore moins à se retrouver, dans la foulée, derrière les barreaux.

« Abdoulaye Wade est semblable au dieu Cronos, qui engloutissait sa progéniture », ajoute la même source. La légende prétend en effet que le roi des Titans avait été averti par une prophétie qu’un jour l’un de ses enfants le détrônerait. « Je n’ai pas de dauphin et je prie pour ne jamais en avoir », avait poursuivi le patriarche face à son confident.

Le 8 août, un congrès du Parti démocratique sénégalais (PDS, opposition) doit désigner celui qui portera la candidature du parti libéral lors de la présidentielle de 2017. Quant au remplacement d’Abdoulaye Wade à la tête de cette formation, dont il est le leader incontesté depuis sa création, en 1974, il faudra encore attendre. Car ledit congrès ne portera pas sur le renouvellement des instances du parti, mais uniquement sur l’investiture présidentielle. Autrement dit, le quasi-nonagénaire pourrait bien demeurer le numéro un du PDS même s’il n’est pas son futur candidat. Le doyen de la scène politique sénégalaise se résoudra-t-il un jour à passer la main ?

Karim Wade, le fils adoré

En politique, Abdoulaye Wade a eu successivement trois héritiers putatifs : Idrissa Seck, « le fils pressé » ; Macky Sall, « le fils discret » ; et Karim Wade, « le fils adoré ». Au moment de son accession au pouvoir, Idrissa Seck occupe tout l’espace. « Il a rejoint Abdoulaye Wade dès l’âge de 17 ans, rappelle l’un de ses lieutenants, Thierno Bocoum. Il a été son directeur de campagne en 1988, à seulement 29 ans. » Douze ans plus tard, il est l’initiateur de la « marche bleue » du PDS qui conduira Wade jusqu’au palais présidentiel. Entre Ngorsi (« le Gosse », en wolof) et Gorgui (« le Vieux »), la complicité semble indissoluble. « Il comprend ma pensée au quart de tour », confie un jour Abdoulaye Wade à propos de son fidèle second.

« À l’époque, le successeur de Wade ne pouvait qu’être Idrissa Seck », ajoute Thierno Bocoum. Nommé Premier ministre en novembre 2002, Idy se sent pousser des ailes. Mais très vite, il se retrouve dans la ligne de mire de tous ceux qui prennent ombrage de son influence : les cadres libéraux qui se verraient bien, eux aussi, en héritiers du chef vieillissant, mais également, selon divers observateurs, les héritiers biologiques du chef de l’État. Car, à la même époque, Karim et Sindiély, ses deux enfants, intègrent l’organigramme de la présidence.

« Plusieurs années après, Idrissa Seck s’interrogeait toujours sur les véritables motifs de sa disgrâce », témoigne un patron de presse qui a recueilli ses états d’âme. Une chose semble acquise : la stature gagnée par son Premier ministre a fini par faire de l’ombre au président. Dans les médias, on parle de « dualité à la tête de l’État ». « Le jour où je lui ai dit que je pensais à lui pour me succéder, j’ai constaté sa métamorphose », confiera un jour Abdoulaye Wade en privé. En avril 2004, Idy est limogé. Son remplaçant est loin d’avoir son pedigree.

Ingénieur géologue devenu directeur général de la société pétrolière nationale avant d’enchaîner deux portefeuilles ministériels, Macky Sall est encore un cadre du PDS de moyenne envergure. Poussé sur le devant de la scène par Abdoulaye Wade avec, assure-­t-on, la bénédiction de son fils Karim, il se chargera de planter le dernier clou dans le cercueil de son prédécesseur.

Macky Sall signe son arrêt de mort

En juillet 2005, soupçonné d’être impliqué dans une affaire de détournement, Seck est placé en détention. Il n’oubliera jamais que c’est Macky Sall qui a personnellement présenté au corps diplomatique le rapport de l’Inspection générale d’État à l’origine de l’affaire. Sept mois de prison plus tard, l’ancien dauphin, blanchi, retrouve la liberté avant de créer son propre parti – Rewmi.

Dans le même temps, le « fils discret », celui qui sait dissimuler ses ambitions, a pris du galon. Aussi humble que loyal envers celui qui lui a donné sa chance, Macky Sall battra le record de longévité des Premiers ministres de Wade. Quatre mois après avoir dirigé la campagne du président sortant, réélu en février 2007, il doit à son tour céder son fauteuil de Premier ministre. Comme lot de consolation, il atterrit à la présidence de l’Assemblée nationale.

Mais en 2008, tout bascule. Alors que la polémique enfle à propos d’éventuels détournements liés à l’organisation, à Dakar, du sommet de l’Organisation de la conférence islamique, un groupe de députés de la commission des finances envisage d’auditionner Karim Wade – chargé du dossier – pour lui permettre de s’en expliquer. Selon les principaux protagonistes de l’affaire, la démarche n’avait rien d’hostile. Mais en endossant la lettre de convocation, Macky Sall signe son arrêt de mort. La missive passe pour une initiative personnelle visant à mettre en difficulté le « fils adoré ».

La riposte est immédiate. Une loi réduit le mandat du président de l’Assemblée de cinq ans à un an renouvelable. Comprenant que le glas a sonné, Macky Sall rend tous ses mandats électifs et crée son propre parti : l’Alliance pour la République (APR). Comme Idy, il se retrouve rapidement mis en cause dans le cadre d’une cabale judiciaire, pour blanchiment. Si l’affaire, dans son cas, ne dépasse pas le stade de la garde à vue, il en conservera une vive méfiance à l’égard de son mentor. Selon l’un de ses proches, il s’abstiendra pendant plusieurs années de laisser son bagage en soute lorsqu’il revient à Dakar en avion.


Manifestation hostile à la réforme constitutionnelle voulue par le président Wade à Dakar, en juin 2011.
© Rebecca Blackwell/AP/Sipa

Karim Wade, Ministre du Ciel et de la Terre

Pour nombre d’observateurs, ces deux sacrifices découleraient d’une même motivation : permettre à Karim Wade de prendre place sur la rampe de lancement censée le propulser vers l’Olympe. En 2009, son père lui confie pas moins de quatre portefeuilles ministériels d’importance. Il s’y fait un surnom : Ministre du Ciel et de la Terre. Dès lors, la rumeur – jamais confirmée explicitement par les intéressés – parcourt le pays : le seul successeur qu’Abdoulaye Wade ait jamais envisagé, c’est son propre fils. Une hypothèse néanmoins fragilisée par les divers handicaps de l’impétrant.

Ancien banquier d’affaires, Karim Wade n’a fait campagne qu’une fois – à Dakar, en 2009, et s’y est cassé les dents – et n’a ni la légitimité militante d’un Idrissa Seck ni l’enracinement d’un Macky Sall, capable de s’adresser au Sénégal profond en wolof, en sérère ou en pular. Sans compter qu’il cristallise sur sa personne la défiance d’un nombre croissant de Sénégalais envers le système Wade et que sa double nationalité l’empêche de se présenter. « Abdoulaye Wade n’a jamais songé à son fils biologique pour lui succéder, considère l’ancien conseiller. Il l’envisageait éventuellement en ministre des Finances, mais il jugeait que son assise politique était insuffisante. »

Reste qu’en juin 2011 un projet de réforme constitutionnelle semble confirmer les soupçons : en catimini, Abdoulaye Wade tente de faire adopter une réforme constitutionnelle prévoyant qu’un tandem président/vice-président pourrait être élu au premier tour de la présidentielle avec seulement 25 % des suffrages exprimés. Pour l’opinion, la réforme est taillée sur mesure pour les Wade père et fils. On connaît la suite. Face à la fronde des Sénégalais, Wade retire son projet in extremis. Il maintient en revanche sa troisième candidature présidentielle consécutive. En mars 2012, tel Zeus, le fils du dieu Cronos qui avait été dissimulé à son père pour lui éviter un sort tragique, Macky Sall, le « fils discret », terrasse dans les urnes son géniteur en politique.

Idrissa Seck, cinquième au premier tour de la présidentielle

Devenu opposant à Macky Sall après un compagnonnage relatif de dix-huit mois, Idrissa Seck – qui avait dû se rallier au futur président au nom du « tout sauf Wade » – a vu la roue tourner. Arrivé cinquième au premier tour de la présidentielle, il n’est plus que l’ombre du fringant dauphin qu’il avait été dix ans plus tôt. Quant à Karim Wade, alors qu’il se préparait à une reconversion en tant que consultant international de luxe, il a été rattrapé par la « traque aux biens mal acquis », dont Macky Sall a fait son cheval de bataille.

Tandis que certains y voient un juste retour de bâton, d’autres soupçonnent un règlement de comptes par procuration. À travers son fils, c’est Abdoulaye Wade – intouchable – qui serait visé. Incarcéré depuis avril 2013, Karim Wade, qui a gagné en popularité à la faveur d’une procédure pour enrichissement illicite entachée de multiples dysfonctionnements, annonce depuis la prison de Rebeuss son intention de défier en 2017 celui qui, après avoir été adoubé par le clan familial, a laissé la justice sénégalaise le jeter aux lions. Même si, en privé, plusieurs cadres du PDS font savoir qu’ils n’ont pas l’intention d’entériner une succession dynastique à la tête du parti.

La Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) pourrait bien leur faciliter la tâche. Passible d’une peine de dix ans d’emprisonnement assortie d’une éventuelle inéligibilité, Karim Wade rejoindra-t-il Idrissa Seck sur la plage où s’échouent les dauphins ? Abdoulaye Wade, quant à lui, a puisé dans les démêlés judiciaires de son fils une seconde jeunesse. Aujourd’hui comme hier, il est le principal opposant de la scène politique sénégalaise.

« Qu’ils rendent l’argent ! »

« Je peux témoigner qu’aux premières heures de la traque aux biens mal acquis, Macky Sall voulait éviter que les personnes visées n’aillent en prison », affirme un habitué de la présidence. Le successeur d’Abdoulaye Wade espère alors que les principales personnalités soupçonnées de détournement de fonds publics seront prêtes à transiger discrètement.

Une approche pas forcément partagée par Aminata Touré, son énergique garde des Sceaux, qui estime que la justice doit passer, au risque de donner aux procédures judiciaires un aspect revanchard. Aujourd’hui, selon la même source, le chef de l’État n’a plus d’états d’âme : « Ces gens ont trop joué avec les Sénégalais, qu’ils rendent des comptes et remboursent l’argent ! » Pour Macky Sall, affecté par les violentes attaques d’Abdoulaye Wade à son endroit, qu’il estime uniquement motivées par sa volonté de faire libérer son fils, il n’y a rien à négocier avant le terme du procès de Karim Wade. « Mais je ne serais pas étonné qu’il le gracie par la suite », envisage la même source.

Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Sénégal | Sénégal : Macky Sall, Karim Wade et Idrissa Seck… récit d’une guerre fratricide | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique
Follow us: @jeune_afrique on Twitter | jeuneafrique1 on Facebook

———-

TGV et Wade.

Deux « has been »

Le président de la Haute Autorité de transition malgache, Andry Rajoelina (g), lors de sa rencontre avec le président sénégalais, Abdoulaye Wade (d), à Dakar, le 28 mai 2009.(Photo : AFP)

 Andry Rajoelina déroute un avion pour aller plus vite à Dakar

par  RFI

Article publié le 30/05/2009 .Andry Rajoelina, le président de la Haute Autorité de transition malgache, est toujours à la recherche de la reconnaissance internationale. Ce jeudi 28 Mai, il était à Dakarr, où il a rencontré le président sénégalais Abdulaye Wade. Mais ce qui fait surtout parler, c’est la façon dont le jeune chef d’Etat a rejoint le Sénégal : il a dérouté un avion d’Air Madagascar qui reliait en vol régulier Antananarivo à ParisRFI.

———

Dakar : Wade reconnaît Rajoelina

Rédigé le Vendredi 29 Mai 2009 

Le président sénégalais Abdoulaye Wade reconnaît l’effectivité du pouvoir transitoire dirigé par Andry Rajoelina. C’est ce qui ressort de l’entretien entre les deux hommes, hier, à Dakar selon un communiqué de la HAT.

Dakar : Wade reconnaît Rajoelina

Dakar – Sept ans après le premier épisode qui avait tourné en faveur de Marc Ravalomanana, tombeur de Didier Ratsiraka, la suite de l’histoire semble tourner le dos au président démissionnaire.

C’est avec un grand triomphe que le président de la Haute autorité de la Transition, Andry Rajoelina était ressorti du Palais d’Etat de Dakar hier. «La situation a été éclaircie» selon les propos de Rajoelina rapportés par un communiqué de la HAT. Du coup le président sénégalais reconnaît l’effectivité du pouvoir transitoire, toujours selon ce communiqué.
Il va sans dire que le cas de l’ancien président Marc Ravalomanana a été évoqué pendant l’entretien entre les deux hommes. Et c’est devant la presse sénégalaise qu’Andry Rajoelina a réitéré l’impossibilité de son retour au pouvoir. Un avis partagé par Abdoulaye Wade selon le communiqué de la HAT. «Il est hors de question que l’ancien Président rentre au pays, principalement pour des raisons de sécurité et aussi parce que la population malgache s’est levée contre son pouvoir dictatorial et il ne faut pas non plus oublier le cas de la tuerie du 7 février devant le palais d’Ambohitsorohitra», a insisté le président de la HAT.

Promesse
Des arguments qui semblent avoir convaincu le président sénégalais rassuré par la garantie donnée par Rajoelina sur l’organisation d’élections libres, transparentes et démocratiques dès que possible. Abdoulaye Wade a d’ailleurs promis de convaincre les autres membres de la communauté internationale.
Tout s’enchaîne ainsi depuis l’organisation à l’Ambassade du Sénégal à Ambohibao des prémices des négociations internationales au mois d’avril. Un choix loin d’être fortuit comme le confirme Andry Rajoelina. «Le Sénégal a toujours été un pays ami et frère de Madagascar. Il a toujours répondu présent quand Madagascar avait des problèmes à l’instar de ce qui s’état passé en 2002».
Wade a ainsi choisi son camp dans ce bras de fer. La présence de tous les membres de son gouvernement à l’issue de l’entretien est un signe de plus de son soutien à Rajoelina. L’accueil réservé à Rajoelina à l’aéroport Léopold Sedar Senghor, digne d’un chef d’État avec déploiement de tapis rouge, escorte et cortèges officiels, voiture avec porte-drapeau laissait présager de l’issue favorable de la visite du président de la HAT à Dakar. Et quand on sait que la délégation malgache a été logée à la Résidence Pasteur, site privilégié des hôtes de Wade qu’il n’a jamais accordé à Ravalomanana, on comprend mieux les choses.
Andry Rajoelina continue ainsi de gagner du terrain sur le continent. Après Kadhafi, il vient de mettre dans son escarcelle le géant sénégalais. Et on le réclame déjà à Bamako (Mali) et à Ouagadougou (Burkina Faso). On l’aura deviné, ce n’est pas pour animer un concert de Salif Keita ni pour le Fespaco.

Encadré – Un vol détourné
Austérité oblige. Andry Rajoelina a emprunté un vol régulier de la compagnie Air Madagascar pour rallier la capitale sénégalaise au lieu d’affrêter un vol spécial. Il a ainsi pris le vol à destination de Marseille et de Paris mais avec un crochet par Dakar. Un plan de vol prévu depuis trois jours mais que les passagers ignoraient vraisemblablement. La surprise a causé des désagréments chez certains passagers qui ne sont arrivés à Paris qu’hier vers 19h15.

L’Express de Madagascar

———-

Karim Wade, l’ombre du père.

media

Le fils de l’ancien président a toujours éprouvé de la fascination pour son père, rêvant de lui ressembler et de lui succéder à la tête de l’Etat. Karim Wade a été inculpé mercredi 17 avril d’enrichissement illicite, et placé sous mandat de dépôt. Il est désormais derrière les barreaux de la prison de Rebeuss, à Dakar. Le fils pourra-t-il succéder à son père comme il l’ambitionne ? Portrait croisé.

Qu’on ne s’y trompe pas ! Karim Meïssa Wade écoute rarement de la musique. Les écouteurs éternellement vissés à ses oreilles lui servent juste de kit mains libres. Point de recueil de poèmes dans sa bibliothèque. On n’y trouve donc pas de trace de Senghor ni de Césaire. Pas de romans non plus, mais des ouvrages, en anglais et en français, d’économie, de finance internationale ou consacrés aux success-stories des dragons d’Asie.

Retiré depuis près d’un an avec son épouse, Viviane, dans un pavillon de la ville de Versailles, en région parisienne, son père, Abdoulaye Wade, un intellectuel curieux de tout, est un féru de droit, d’économie, d’histoire, de philosophie, de littérature. Et, bien entendu, de politique, un domaine dans lequel il entre jeune, comme d’autres entrent en religion, au point de lui consacrer l’essentiel de sa vie. Au détriment, comme il le reconnaît lui-même, de ses deux enfants, Karim Meïssa, 45 ans le 1er septembre prochain, et Aïda Syndiély, 41 ans le 22 décembre. « Mon seul regret, c’est de ne pas avoir pris suffisamment le temps de m’occuper de mes enfants », confia-t-il un jour, avec un accent de sincérité et de désolation, à l’auteur de ces lignes. Et on veut bien le croire.

Ce qui fait vibrer Karim Wade, ce sont les montages financiers

Karim Wade, est devenu ministre d’État, de la Coopération et des Transports en mai 2009 WILS YANICK MANIENGUI / AFP

Wade père était habité par la politique et les grandes idées. Ce n’est pas la philosophie qui fait vibrer Karim, mais les montages financiers, le cours de l’euro ou du yen, les valeurs marchandes. Normal, après tout, pour un expert financier formé à la Sorbonne et qui exerça, plusieurs années durant comme directeur associé à l’UBS Warburg, à Londres !

Question de génération et de tempérament, sans doute, il rêve de « concret », comme la « Génération du concret », le mouvement qu’il lance avec quelques camarades vers la fin des années 2000 avec le dessein secret de s’en servir pour ouvrir la voie qui conduit au sommet de l’Etat.

Wade père veut forcer la porte du destin, hisser son pays au niveau des grands de ce monde, entre le G20 et le Conseil de sécurité des Nations unies. Il embrasse les grandes causes. Panafricaniste avéré, il rêve d’une Afrique qui irait d’Alger au Cap, de Praia à Djibouti. Il se propose souvent comme médiateur dans les grandes crises, aussi bien dans le conflit du Proche-Orient qu’au… Cachemire indien. Son fils est tout aussi pressé. De faire émerger des tours, des échangeurs, des ponts, des hôtels de luxe et des monuments dans Dakar, histoire de faire oublier son manque de charisme naturel. Et de marquer sa différence, avant d’entamer son ascension.

Papa est un touche-à-tout, un orfèvre du verbe, un fort en thème intarissable devenu un hyper-président ayant un avis sur tout : de la santé à l’informatique, de la musique au sport, en passant par la géographie, la pêche, l’architecture, sans oublier les garderies d’enfants qu’il baptisa, inspiré, « la case des tout-petits ». Avare en mots sans être pour autant hautain, son fils est un grand timide, sans doute écrasé par un père thaumaturge.

Pour électriser les foules, Abdoulaye Wade, en redoutable tribun, a pour lui sa faconde, son audace et un penchant pour le populisme. Son fils lève rarement les yeux du pupitre lorsqu’il lit son discours, dissimule bien souvent le regard derrière des verres de soleil. Le premier sait faire passer l’émotion, le second donne le sentiment d’être constamment sur la réserve, soucieux à la fois de ressembler et de se distinguer de ce père qu’il a peu vu jeune, mais omniprésent par sa stature, son charisme, sa verve, sa réactivité, son stakhanovisme.

Tiraillé entre l’ambition de sa mère et les réticences de son père

Faire de la politique requiert parfois du courage physique. A la différence d’un père, abonné aux geôles de son pays dans les années 1980 et 1990, la seule idée de dormir en prison a toujours insupporté Karim. Être bien né est sans doute un ascenseur social, mais aussi un frein. Depuis l’enfance, l’héritier des Wade porte sa croix et vit une crise existentielle : s’identifier à son père ou rompre les amarres et tracer son propre chemin ? Ce dilemme l’a toujours travaillé, comme en atteste aujourd’hui l’un de ses intimes.

Lorsqu’il décide finalement de se lancer en politique, le père est, contrairement à ce qui a été dit et écrit, plutôt réticent. Sans doute pour préserver son rejeton d’un milieu dont il connaît mieux que d’autres les avanies et les vilenies. Les mauvaises langues répètent à l’envi que la mère, Viviane Vert-Wade, lui aurait seriné : « Mon fils, tu finiras un jour en haut du podium ! » Le père finira par céder, la mort dans l’âme. Une belle histoire, à mi-chemin entre le psychodrame familial et la politique.

Né à Paris une année épique et révolutionnaire (1968), Karim connaît une enfance « normale ». Il débarque avec papa et maman à Dakar à l’âge de deux ans. Le couple Wade s’installe à Pikine, aujourd’hui banlieue surpeuplée, avant de déménager au quartier résidentiel du Point E d’où il n’a plus bougé. Le gamin passe néanmoins l’essentiel de son temps libre avec son grand-père, Momar Tolla Wade, qu’il accompagne certains jours à la mosquée de Niary Tally, un quartier populaire de la capitale. Il fréquente l’École franco-sénégalaise, puis le Cours Sainte-Marie de Hann, établissement catholique de Dakar fondé en 1948-1949 par l’archevêque traditionnaliste français Mgr Lefebvre.

Un père président

AFP Photo/Georges GOBET

Karim retourne en France après son brevet, en 1984, intègre l’internat de l’École Saint-Martin-de-France, située dans un parc de 32 hectares à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Paris. Il y décroche son bac, avant de rejoindre la Sorbonne. Il en sort muni d’une maîtrise en gestion et un Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en ingénierie financière, après un mémoire sur les « Utilités et perspective de développement du Corporate governance en France ». La suite de son cursus est du domaine public. USB Warburg, à la City de Londres, une banque pour laquelle il négocie des contrats miniers et pétroliers en Angola, au Congo-Brazzaville et en Afrique du Sud.

Après la victoire de son père au second tour de l’élection présidentielle, le 19 mars 2000, il fait des allers et retours entre Londres et Dakar avant de se fixer définitivement au Sénégal, en 2002, pour épauler un président arrivé au pouvoir à un âge où il n’est pas illégitime de faire valoir ses droits à la retraite. Par la volonté du père, il devient conseiller personnel du chef de l’Etat, une fonction directement rattachée au Secrétariat général de la présidence de la République. Puis, le 7 juin 2004, il est nommé par décret (matricule 2004-679) président de l’Agence nationale de l’organisation de la Conférence islamique(Anoci), chargée de préparer et de mettre en ordre le XIe sommet de l’OCI qui s’est tenu, après plusieurs reports, en mars 2008 à Dakar.

Un grand timide propulsé sur le devant de la scène

Pour la première fois de sa vie, ce grand timide est sous les feux de la rampe. Il fréquente les têtes couronnées du Moyen-Orient et du Golfe, étoffe son carnet d’adresses. Il se pose en responsable, à la tête d’une équipe de collaborateurs recrutés essentiellement dans la diaspora sénégalaise établie en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Son entourage est soumis à un rythme de travail spartiate, obligé de pointer à l’arrivée et au départ. Les intéressés sont invités, pour gagner du temps, à prier de préférence les vendredis, dans la petite mosquée que leur patron a fait construire au neuvième étage de l’immeuble abritant les bureaux de l’Anoci. Karim Wade utilise l’argent des pays arabes qui entretiennent des relations très étroites avec le Sénégal pour initier des grands travaux et changer la configuration et le visage de Dakar.

Chez l’aîné des Wade, la vie privée et l’amour ont leur place, mais en compartiments séparés. A la Sorbonne, il rencontre, en 1991, Karine Marteau, qui finira par devenir dix ans plus tard son épouse. Trois fillettes, aujourd’hui âgées de 10, 7 et 5 ans, naîtront de cette union. Peu de Sénégalais connaissaient le visage de cette épouse extrêmement accueillante, mais discrète, décédée d’une grave maladie en avril 2009 à Paris et inhumée, conformément à sa volonté, dans un cimetière musulman de Dakar. De même, seule une poignée d’amis connaissent sa nouvelle compagne, une ravissante Espagnole.

Un père très proche de ses enfants

Côté famille, le jeune veuf est tatillon. Pas question de faire subir à ses filles ce dont lui-même a beaucoup pâti. Même en assumant sa charge ministérielle, il s’arrange pour être à leurs côtés et les emmener, pendant les vacances scolaires, au ski ou au soleil, bien souvent au Maroc. Les trois héritières habitent avec leur nourrice sénégalaise dans un appartement mis à leur disposition par un ami de la famille. Elles devaient déménager à la rentrée 2012, pour rejoindre l’appartement paternel, rue de la Faisanderie, dans le très chic XVIe arrondissement parisien. Mais le départ a été différé, l’aînée des filles était, semble-t-il, très attachée à un endroit où leur maman a passé l’essentiel de ses derniers moments…

Empêché de sortir du Sénégal depuis novembre 2012, la vie de Karim Wade sans ses filles va devenir un calvaire. S’il ne peut aller les voir, il évite de les faire venir à Dakar, persuadé que ses contempteurs tiendraient-là une occasion supplémentaire de l’humilier. Dans leur quête effrénée de la fortune supposée du père, les enquêteurs de la brigade de gendarmerie de Colobane, à Dakar, ont, il est vrai, pisté, jusque-là en vain, d’éventuels comptes bancaires ouverts au nom des enfants. Les discussions familiales se passent, les soirs, par vidéoconférence sur Skype, un logiciel de communication par internet.

Le père doit recourir à mille subterfuges et à des petits mensonges pour éviter de répondre à certaines questions délicates. Son inculpation et, surtout récemment, sa mise sous mandat de dépôt à la prison de Rebeuss sous le chef d’inculpation « d’enrichissement illicite », ont refermé cette fenêtre le reliant aux enfants.

Karim Wade suit les traces de son père, à la prison de Rebeuss

Etrange destin ! Karim Wade est aujourd’hui incarcéré dans la maison d’arrêt où son père a séjourné plusieurs fois. Il y est entouré de certains de ses proches : Ibrahim Aboukhalil se faisant appeler « Bibo Bourgi », du nom de famille de sa mère, et dont le père est avocat à Beyrouth, au Liban, et qui fut naguère proche des deux fils de l’ancien président Abdou Diouf (1981-2000) ; Cheikh Diallo, patron du quotidien Le Pays et du site http://www.lesenegalais.net ; Pape Mamadou Pouye, responsable de société, et de quelques autres.

Est-il en prison pour longtemps ? En politique, il ne faut jurer de rien. Après plusieurs séjours en prison, bien souvent pour troubles à l’ordre public au lendemain de scrutins présidentiels controversés, en 1988 et en 1993, Wade père est reparti à la conquête du pouvoir. Avec le résultat que l’on connaît en mars 2000.

RFI

—-

Verdict procès Karim Wade ? : Babacar M’baye N’garaf aussi convoqué au commissariat central. 16 Mars 2015.

Verdict procès Karim Wade ? : Babacar M'baye N'garaf aussi convoqué au commissariat central

Au rythme où vont les choses, il ne restera plus de sympathisants du fils de Me Abdoulaye Wade libre dans la rue dans les prochains jours. En effet, après Me El hadj Amadou Sall convoqué par les gendarmes  tout à l’heure, Babacar M’baye N’garaf, coordinateur de «l’Alliance Sauvons le Sénégal » un mouvement de soutien au PDS et à Karim Wade, a été aussi à son tour convoqué à la Police centrale. L’intéressé que nous avons joint a confirmé l’information, tout en indiquant qu’il ignorait pour le moment l’objet de cette convocation. Dakaractu.

Dakaractu« J’étais au Tribunal de Dakar avec d’autres membres du PDS pour soutenir nos amis Bathie Seras et Amina Nguirane, quand j’ai reçu un appel du commissaire me signifiant ma convocation dont j’ignore pour le moment, les raisons. Je suis donc dans l’enceinte du commissariat attendant d’être édifié!»

—-

URGENT 23 Mars 2015.

Sénégal: Karim Wade condamné à six ans de prison ferme pour «enrichissement illicite»

La justice sénégalaise a condamné Karim Wade, fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, à une peine de six ans d’emprisonnement et à une amende de 138 milliards de francs CFA (209 millions d’euros), anéantissant ses espoirs d’être candidat à la présidentielle de 2017. Ancien ministre et conseiller de son père, il était jugé depuis l’été dernier pour «enrichissement illicite et corruption». Le parquet avait requis contre lui sept ans de prison. Karim Wade, qui est en détention depuis avril 2013, avait été désigné samedi dernier par le principal parti de l’opposition, le Parti démocratique sénégalais (PDS), comme candidat à la prochaine élection présidentielle. Le président Macky Sall, qui a succédé à Abdoulaye Wade en 2012, a averti la semaine dernière que son gouvernement ne tolérerait aucune tentative de déstabilisation du pays lorsque l’annonce de la sentence interviendrait.

RFI

Sénégal : Karim Wade condamné à six ans de prison ferme

Karim Wade en 2008. © Vincent Fournier/J.A.

Karim Wade a été condamné, lundi, à six ans de prison ferme et 138 milliards de francs CFA d’amende pour enrichissement illicite.

Mis à jour le 23 mars 2015 à 14h20.

Le rideau vient de tomber sur le feuilleton judiciaire qui a tenu le Sénégal en haleine pendant près de deux ans et demi. Après un mois de délibéré, le président de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), Henri Grégoire Diop, a dévoilé ce lundi 23 mars le jugement rendu contre Karim Wade, 46 ans, et ses neuf co-prévenus – dont quatre se trouvent hors du Sénégal. Le fils de l’ancien président écope d’une peine de six ans de prison ferme, et d’une amende de 138 milliards de francs CFA. Sur les 117 milliards de Francs CFA de patrimoine, 69,119 milliards ont été retenus comme illicites. Les charges portant sur le compte à Singapour (47 milliards de francs CFA) ont été abandonnées

Ibrahim Aboukhalil (alias Bibo Bourgi), considéré comme le principal « homme de paille » de l’ancien ministre du Ciel et de la Terre, est quant à lui condamné à cinq ans de prison ferme, 138,239 milliard d’amende.

Quant à ses complices, leurs peines s’échelonnent de cinq à dix années de prison, assorties d’amendes, mais sans peine de privation des droits civiques. Mamadou Pouye et Alioune Samba Diassé écopent chacun de cinq ans de prison ferme et de 69,119 milliards de francs CFA d’amende. Pierre Goudjo de  Agboba et Mbaye Ndiaye sont quant à eux relaxés.

Les absents, Karim Aboukhalil, Vieux Aidara, Evelyne Riout Delattre et Mballo Thiam (tous hors du Sénégal), ils tombent tous sous le coup d’un mandat d’arrêt international et écopent de la peine maximale, dix ans de prison ferme.

Retour sur une procédure aussi médiatique que controversée.

Pourquoi Karim Wade s’est-il retrouvé au cœur de la traque aux biens mal acquis ?

« Karim a cristallisé l’arrogance, les prévarications et l’absolutisme des dernières anneées du règne d’Abdoulaye Wade », témoigne un patron de presse. Un constat largement partagé au Sénégal. En déployant le tapis rouge à son fils, passé en sept ans du statut de conseiller à la présidence à celui de super-ministre doté de quatre portefeuilles d’importance, Abdoulaye Wade en a fait une cible toute désignée à l’heure de la reddition des comptes. Dès le mois d’avril 2012, son nom figurait en bonne place dans une liste de 21 personnalités du régime Wade soupçonnées par la justice d’avoir commis des « malversations ».

Pourquoi la procédure devant la CREI a-t-elle fait l’objet de tant de critiques ?

La loi sur l’enrichissement illicite, adoptée en 1981, au début du premier mandat d’Abdou Diouf, prévoit la création d’une juridiction spéciale chargée de réprimer ce délit. Celle-ci n’avait plus siégé depuis 1983. Mais lorsque le président Macky Sall a décidé de la réhabiliter, en 2012, son gouvernement s’est abstenu de procéder à des aménagements susceptibles de la mettre en conformité avec l’évolution du droit positif.

Premier reproche : en exigeant qu’un agent de l’État ou titulaire d’un mandat électif soupçonné d’enrichissement illicite prouve, dans le délai d’un mois, l’origine licite de son patrimoine, la loi institutionnalise le renversement de la charge de la preuve – qui, en matière pénale, incombe normalement à l’accusation. Par ailleurs, en affirmant que le délit est constitué au moment de la mise en demeure par le procureur spécial, la loi sur la CREI aboutit à contourner le privilège de juridiction accordé aux anciens ministres, théoriquement passibles de la Haute-Cour de Justice pour des délits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Mais la critique la plus ferme portée contre la CREI est qu’elle ne prévoit pas de double degré de juridiction. Ses jugements ne sont pas susceptibles d’appel.

Quel est le montant du patrimoine de Karim Wade, selon la CREI ?

L’évaluation de ce patrimoine par la justice sénégalaise n’a cessé de fluctuer. Au moment de l’inculpation de Karim Wade, en avril 2013, il était estimé à 694 milliards de FCFA (1,05 milliard d’euros). Six mois plus tard, après la découverte de trente comptes bancaires à Monaco – dont un seul lui appartient formellement -, la somme s’est étoffée de 151 millions d’euros supplémentaires, soit un total de 1,2 milliard d’euros. Mais au moment de son renvoi en jugement, une nouvelle évaluation de la Commission d’instruction ne faisait plus état que de 178 millions d’euros.

Karim Wade est-il réellement le détenteur de ce patrimoine ?

C’est la principale controverse de la procédure. Au lieu de se concentrer sur le patrimoine appartenant objectivement au fils de l’ancien président (biens immobiliers, comptes bancaires, produits financiers et véhicules à son nom), la CREI a privilégié un scénario hasardeux selon lequel  96 % du patrimoine litigieux serait détenu, pour le compte de Karim Wade, par des prête-noms – en particulier l’homme d’affaires d’origine libanaise Bibo Bourgi. Une théorie contestée par les intéressés depuis le premier jour et qui n’est soutenue que par des bribes de témoignages prêtant un rôle suspect à Karim Wade dans la constitution de certaines sociétés. Or aucune transaction financière n’a pu être identifiée, sur une période de 12 ans, entre Karim Wade et ses présumés complices. Quant au compte qui serait détenu par l’intéressé à Singapour (pour un montant représentant 40 % des 178 millions d’euros), aucun document ne vient en accréditer l’existence. Les attendus du jugement rendu ce 23 mars devraient préciser quelle fraction de ce patrimoine virtuel a été retenu par la CREI comme appartenant réellement à Karim Wade.

Pourquoi les avocats de la défense ont-ils boycotté la fin du procès ?

Les avocats de Karim Wade et de ses complices présumés ont considéré que le déroulement des audiences ne leur permettait pas d’exercer convenablement leur rôle et que les droits de la défense étaient bafoués. Ils visaient en particulier le président de la CREI, Henri Grégoire Diop, qui trahissait, selon eux, un parti-pris favorable à l’accusation. L’expulsion manu militari d’un avocat de Karim Wade, en février 2015, les a conduits à boycotter collectivement les dernières semaines d’audiences.

Follow us: @jeune_afrique on Twitter

 ——-

Sénégal : Karim Wade, retour sur l’itinéraire d’un enfant gâté

Manifestation en faveur des Wade père et fils, à Dakar, le 23 avril 2013, une semaine après l’inc © Joe Penney/Reuters

Condamné à cinq ans de prison ferme le 23 mars pour enrichissement illicite, l’ancien « prince héritier » savait qu’il risquait gros. Ce qui ne l’a pas empêché pas de clamer, depuis sa cellule, qu’il entend bien défier Macky Sall à la prochaine élection présidentielle.

Article publié dans Jeune Afrique n°2827, mis à jour le 23 mars 2015 à 16h23.

C’est l’histoire d’un prince impatient, jeune banquier d’affaires à la City devenu, en l’espace de quinze ans, le prisonnier le plus célèbre du Sénégal. C’est aussi la chronique d’une chute prévisible, semblable à celle d’Icare s’approchant trop près du soleil. Le 23 mars, Karim Meïssa Wade, 46 ans, a été fixé sur son sort. La Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) l’a condamné à six ans de prison ferme et 138 milliards de francs CFA d’amende(plus de 200 millions d’euros). Jusque dans son entourage, les oracles les plus optimistes anticipaient une peine minimale de cinq ans de prison. Et pourtant, seulement trois ans plus tôt, avant la défaite électorale d’Abdoulaye Wade (le 25 mars 2012), le fils de l’ex-président était encore l’un des hommes les plus influents – mais aussi les plus honnis – du pays.

Il faut dire que son ascension, aussi super­sonique qu’ostentatoire, avait de quoi alimenter rancoeurs et soupçons. En mars 2000, lorsque son père est élu président, Karim Wade n’a que 31 ans. Au Sénégal, qu’il a quitté à l’adolescence pour achever sa scolarité en région parisienne, il est un parfait inconnu. Titulaire d’un DESS en ingénierie financière obtenu à la Sorbonne, il a intégré le monde de la finance et atterri à Londres, où il officie pour la banque UBS Warburg. Le pays où il a grandi n’est alors pour lui qu’une destination de vacances où il retrouve ses amis d’enfance et s’adonne à sa passion pour les sports nautiques.

Au lendemain de l’alternance, la fréquence de ses allers-retours entre Londres et Dakar commence à s’intensifier. « À l’époque, il était plutôt effacé, comme intimidé par les arcanes du pouvoir », se souvient un compagnon de route. Lorsque Abdoulaye Wade appelle les Sénégalais de la diaspora à venir participer au sopi (« changement », en wolof), certains, parmi la garde rapprochée du président, plaident en faveur du retour de Karim. « Vous ne pouvez pas laisser votre fils hors du Sénégal », suggère Moustapha Niasse, alors Premier ministre. En 2002, Karim Wade finit par poser ses valises à Dakar.

Karim Wade devient le chien de garde de son père

Nommé conseiller spécial, il prend rapidement son envol. Selon les propres mots d’Abdoulaye Wade, il devient son « ­watchdog » (« chien de garde »). « Lorsqu’un projet ne lui semblait pas solide, il sortait les crocs », confirme un ancien collaborateur. Le jeune homme, qui supervise en coulisses plusieurs grands projets, gagne en assurance. Les uns le sollicitent pour intercéder auprès de son père. D’autres se prévalent de leur amitié plus ou moins avérée avec l’influent conseiller pour faire avancer leurs affaires. Mais très vite, les premières casseroles commencent à tintinnabuler dans son sillage. Dès 2004, l’hebdomadaire français Le Nouvel Économiste est condamné pour diffamation pour lui avoir prêté une participation occulte dans l’actionnariat d’un centre d’appels, qualifiant au passage le Sénégal de pays « gangrené par le clientélisme, le népotisme et la corruption ».

La même année, Karim gravit un nouvel échelon : il est nommé président du conseil de surveillance de l’Agence nationale de l’Organisation de la conférence islamique (Anoci), dont le onzième sommet doit se tenir à Dakar en 2008. « Abdoulaye Wade considérait que dans les monarchies du Golfe on n’a que faire des organigrammes à la française et que les liens du sang l’emportent sur toute autre considération », assure un familier de l’ancien président. Devenu « prince héritier » du Sénégal, Karim s’en va donc solliciter les pétrodollars qui contribueront au financement des infrastructures requises par le sommet. Les portes des palais royaux du Golfe s’ouvrent devant ce ministre officieux des Affaires étrangères, qui devient un habitué des voyages en jet privé et se constitue un carnet d’adresses en or… noir.

Celui qui se revendique en privé comme un « doer » (un « homme d’action ») cultive le projet de transformer Dakar en un « Dubaï sénégalais ». De nouveaux hôtels poussent sur la corniche ouest, qui est agrandie et réaménagée. De la route de l’aéroport à la voie de dégagement nord (la VDN, qui traverse la capitale), Dakar devient un chantier à ciel ouvert. Des dizaines de milliards de F CFA affluent… et les soupçons de détournements et de rétrocommissions prospèrent au même rythme que les grands travaux. Grisé par sa nouvelle vie, le jeune banquier introverti s’est métamorphosé lui aussi. Pour beaucoup de Sénégalais, son influence rime désormais avec arrogance.

Tout, chez Karim Wade, heurte les Sénégalais

Aux élections locales de mars 2009, Karim Wade figure en bonne place sur la liste emmenée par le maire sortant de Dakar, Pape Diop. Si le Parti démocratique sénégalais (PDS) perdra la capitale, Karim, lui, rebondira aussitôt. En mai, son président de père lui confie quatre portefeuilles de premier plan : la Coopération internationale, les Transports aériens, les Infrastructures et l’Aménagement du territoire (qu’il troquera en 2010 contre l’Énergie). « Il avait toute l’administration à sa botte, relève un bon connaisseur du marigot politique sénégalais. À côté de lui, le Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye semblait faire de la figuration. »

Deux ans plus tard, la roue tourne lorsque Abdoulaye Wade tente – en vain – de faire adopter un projet de réforme constitutionnelle qui semble taillé sur mesure pour permettre au futur vice-président – Karim Wade ? – de succéder au chef de l’État sans avoir à se confronter aux suffrages. « Karim a cristallisé l’arrogance, les prévarications et l’absolutisme des dernières années du règne d’Abdoulaye Wade, résume un patron de presse qui ne l’a pas ménagé à l’époque. En 2012, il a fait office d’épouvantail. » Ni le père ni le fils ne semblent pourtant prêter attention aux signaux d’alerte.

Karim apprécie la compagnie des journalistes et des directeurs de médias, mais il a pour habitude de ne s’exprimer qu’en off, laissant se propager, sans garde-fou, accusations et rumeurs. Si cet homme de dossiers, qui délaisse le terrain, gagne chaque jour un peu plus l’estime de son père (« Je dirai à ta maman que tu as bien travaillé », le complimentera-t-il un jour publiquement), tout, chez lui, heurte les Sénégalais. Impatient, exigeant, il communique par e-mails et SMS dans un pays où la palabre et les salutations interminables sont le fondement de la socialisation. Ses déplacements en jet privé et les rumeurs sur ses villégiatures à Saint-Tropez (France) heurtent des citadins habitués aux trajets en « cars rapides ». La rue comme les campagnes perçoivent ce métis qui peine à s’exprimer en wolof comme un toubab qui ne saurait devenir le premier des Sénégalais.


Visite d’une mine de phosphates à Mboro, en 2008. Un an plus tard, il sera nommé ministre de la coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l’Améganement du territoire.

© Georges Gobet/AFP

L’étau se resserre

Le 25 mars 2012, pour mieux chasser Karim, les électeurs congédient Gorgui (« le vieux »). Et un mois jour pour jour après l’élection de Macky Sall, un courrier confidentiel adressé par le procureur général de la République de Dakar sonne le début de la traque. Le haut magistrat ordonne une enquête préliminaire sur le patrimoine de 21 personnalités proches d’Abdoulaye Wade. Les noms de Karim et de sa soeur, Sindiély, y figurent en bonne place.

« Les Wade n’ont pas pris le temps de connaître Macky Sall, ils ont sous-estimé sa pugnacité », analyse un proche de la famille. « Macky n’osera pas me jeter en prison », se rassurait ainsi Karim au sortir de ses premières auditions devant la section de recherche de la gendarmerie. Ce n’est qu’en décembre 2012, en voyant l’étau se resserrer, qu’il s’entourera d’un pool d’avocats qui ne le quittera plus d’une semelle. « Ce sont des trotskistes ! » peste-t-il un soir de mars 2013. Une allusion transparente au passé gauchiste de la garde des Sceaux, Mimi Touré, qu’il soupçonne d’être à la manoeuvre.

En avril 2013, inculpé d’enrichissement illicite, Karim Wade quitte la maison familiale du quartier du Point E entre deux gendarmes en civil pour la cellule VIP de la prison de Rebeuss. « L’épouvantail est devenu un trophée de guerre », commente notre patron de presse. Sous la menace des procédures judiciaires qui pourraient contraindre ses principaux ténors à le rejoindre derrière les barreaux, le PDS, laminé dans les urnes et promis à une guerre de succession post-Wade, fait bloc face à l’adversité.

Au sein du parti libéral, les annonces de manifestations – le plus souvent interdites – alternent avec les déclarations incendiaires contre Macky Sall, l’ancien « frère » de parti devenu l’incarnation d’une « dictature rampante » où les principaux opposants sont interdits de sortie du territoire, quand ils ne sont pas incarcérés. Mettant à profit les critiques qui s’abattent sur la Crei et la lassitude d’une fraction croissante de la population face à un feuilleton judiciaire qui fait chaque jour la une des journaux – alors que les Sénégalais attendent des réponses aux urgences du sous-développement -, le principal parti d’opposition fait de l’affaire Karim son principal cheval de bataille – et du mal-aimé son nouveau héros.

L’intéressé donne le change. Après avoir admis tardivement que son train de vie d’enfant gâté et ses manières occidentales lui avaient attiré l’inimitié de ses concitoyens, Karim, depuis sa prison, entame une nouvelle mue. Contraint à une vie austère, il se plonge dans les écrits de Serigne Touba, le fondateur du mouridisme, et cultive des liens étroits avec les grandes familles confrériques, dont les émissaires lui adressent offrandes et visites régulières.

Il s’habille en tenue traditionnelle, fait du sport et cultive son wolof – un visiteur récent prétend qu’il le maîtrise désormais très convenablement. Surtout, il assume pour la première fois une ambition présidentielle jamais revendiquée ouvertement, clamant son intention de défier Macky dans les urnes en 2017, malgré sa double nationalité (sénégalaise et française) qui le rend inéligible.

Conduite hasardeuse d’un procès marathon

Coup de bluff ? Lorsqu’on leur rappelle qu’après la défaite de 2012 Karim s’apprêtait à reprendre une carrière dans la finance et le conseil pour le compte de grands fonds de pension ou aux côtés de chefs d’État rencontrés du temps de sa splendeur, ses fidèles persistent. « Macky le voyait comme un concurrent car il avait la capacité de réorganiser sa famille politique », analyse l’un d’eux. « L’entourage présidentiel imaginait que le PDS était riche à milliards. Pour détruire le parti, il fallait mettre hors d’état de nuire ses présumés bailleurs de fonds », croit savoir un autre. Des insinuations balayées par un proche de Macky Sall, qui, à l’en croire, entendait simplement « inciter les responsables concernés à restituer à l’État l’argent frauduleusement puisé dans ses caisses ».

Karim Wade n’a plus revu sa soeur ni ses trois filles depuis novembre 2012. Âgées de 10, 11 et 13 ans, orphelines de leur mère depuis 2009, ces dernières ont pu discuter avec leur père par Skype jusqu’à son incarcération en avril 2013. Soucieux de les préserver, Karim n’a pas souhaité les faire revenir au Sénégal. À Paris, deux nounous se relaient pour veiller sur elles, aidées par leurs grands-parents et par leur tante Sindiély. Viviane, l’épouse d’Abdoulaye Wade, se charge de faire le lien, à l’occasion de ses nombreuses visites au parloir de Rebeuss, entre les filles et leur père.

Au dehors, si la sympathie qu’il inspire demeure relative, Karim Wade a tout de même gagné en popularité (lire encadré p. 23). Une foule de sympathisants connus ou anonymes faisait la queue pour lui rendre visite à Rebeuss durant les premiers mois de sa détention, avant que les autorités ne restreignent son droit de visite. La durée de son incarcération, la fragilité des accusations de la Crei – une immense partie du patrimoine qui lui est imputé ne lui appartient pas officiellement – et la conduite hasardeuse de son procès marathon, émaillé d’incidents, ont fini par laisser craindre un certain acharnement.

Abdoulaye wade multiplie depuis plusieurs mois les provocations

Les présidents Denis Sassou Nguesso, Ali Bongo Ondimba et surtout Alassane Ouattara (soutenu par Abdoulaye Wade lorsqu’il était opposant puis pendant la crise postélectorale ivoirienne) ont tenté d’intercéder auprès de Macky Sall à plusieurs reprises. « Mais il ne fait que promettre, des promesses qu’il ne tient jamais », selon Gorgui. « De plus en plus de Sénégalais partagent notre combat car ils comprennent qu’il ne s’agit pas de reddition des comptes mais d’un règlement de comptes, assure un membre du PDS engagé dans une association de soutien. On sacrifie Karim pour atteindre son père. »

Demeuré silencieux pendant ses deux années d’exil, Abdoulaye Wade – qui a rendu visite à son fils pour la première fois mi-février – a renoué avec le combat politique. Intouchable en raison de son âge (il aura 89 ans en mai) et de son statut d’ancien président, il multiplie depuis plusieurs mois les provocations à l’égard de son successeur, tout en menaçant de faire descendre les Sénégalais dans la rue si son fils, qu’il qualifie de « prisonnier politique », devait prolonger son séjour à Rebeuss.

Sa dernière trouvaille : en tant que secrétaire général national du PDS, il a fait adopter un calendrier accéléré pour désigner, trois jours avant le jugement de son fils, le candidat officiel du parti à la prochaine présidentielle – dont chacun devine qu’il pourrait bien se prénommer Karim. Une stratégie apparemment destinée à embarrasser Macky Sall, mais qui pourrait se retourner contre Wade en privant à la fois son héritier de liberté… et le PDS d’un héritier.

>> Retrouver tous les articles sur le procès de Karim Wade

Les groupies du captif

Le 31 juillet 2014, alors que s’ouvrait le procès de Karim Wade pour enrichissement illicite, ses partisans avaient discrètement investi la moindre travée de la salle d’audience. À la seconde où leur héros est apparu dans le box, ils ont entonné bruyamment : « Karim président ! », « Karim prisonnier politique ! »… Car s’il ne dénombre plus ses détracteurs, Karim Wade peut compter sur un fan-club aux ramifications multiples.

Dans cette constellation de mouvements informels, les femmes ne sont pas en reste : Marie Aw, membre du comité directeur du Parti démocratique sénégalais (PDS), est en première ligne avec Taxawu Karim (« Soutenez Karim ») ; Hélène Della Chaupin, représentante en France de l’Alliance des forces de progrès (AFP, membre de la coalition présidentielle) et soeur d’un ministre de Macky Sall, Souleymane Jules Diop, oeuvre quant à elle au sein d’Ass-KaW (Action de solidarité et de soutien à Karim Wade) ; tandis que Claire Cissé est la coordinatrice du Club Malik (Macky libère Karim). Citons encore le MLK (Mouvement libérez Karim), Karim Président, Dem ba diekh ak Karim (« Lutter avec Karim jusqu’à la mort ») ou encore Karay Karim (promu par un marabout mouride).

Follow us: @jeune_afrique on Twitter | jeuneafrique1 on Facebook

A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

Pour une prise de conscience citoyenne des Malagasy
Galerie | Cet article, publié dans Non classé, est tagué , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s