Corruption et blanchiment, bois de rose. Une Justice pourrie (LGDGI).

dollards

Corruption et blanchiment: Une lutte vaine avec une justice pourrie !

Publié le samedi 22 août 2015 06:00

Le conseil des ministres du Groupe anti-blanchiment d’argent de l’Afrique orientale et australe (ESAAMLG) se tiendra le 28 août prochain.

Le ministère des Finances eu du Budget a fait une communication verbale sur cette rencontre lors du conseil de gouvernement de mardi dernier. Mais que le pays adhère ou travaille avec telle ou telle organisation régionale et internationale sur la lutte anti-blanchiment, cela ne servira pas à grand-chose. En effet, le blanchiment est très connecté avec la corruption et si celle-ci ne fait pas l’objet d’une lutte musclée, le système anti-blanchiment ne sera pas efficace. Or, la récente remise en liberté provisoire d’un supposé cerveau des trafics de bois de rose par la chaîne pénale anti-corruption a fait couler beaucoup d’encre. Des organisations de la société civile ont travaillé sur ce dossier depuis environ 2 ans : elles ont recueilli des preuves analysées et traitées par des juristes avant d’être transférées au Bianco. Mais le verdict de la chaîne pénale était on ne peut plus étonnant. Même le directeur général du Bianco a fait part de son amertume.

Pareil pour les 49 comptes bancaires bloqués entre 2009 et 2010 par le Service des renseignements financiers (Samifin) mais qui ont obtenu de la justice une mainlevée. Il s’agissait pourtant de comptes liés aux trafics de bois de rose et ils ont totalisé dans les 350 milliards Ar. La plupart des étrangers détenteurs de ces comptes ont déjà quitté le pays. En réalité, le système judiciaire semble être gangrené par la corruption généralisée qui affecte jusqu’aux hautes instances de l’Etat, Madagascar étant un pays fragile. Et la corruption est l’un des fléaux qui caractérisent cette fragilité. Pourtant, elle est partout et surtout dans les trafics illicites de grande envergure dont les trafics de ressources naturelles (bois précieux, animaux sauvages, or et pierres précieuses…). Sans des complices payés au prix fort au niveau local et central, les trafiquants ne peuvent pas se bouger. Et une fois les opérations illégales réalisées, le recyclage de l’argent qui en est issu se fait à travers des opérations immobilières, des importations sauvages de PPN, des activités sociales !

Ces trois secteurs sont du moins les plus visibles. Mais il faut souligner que les importations sauvages frappent de plein fouet l’industrie locale déjà laminée par de nombreux problèmes. Citons le système fiscal peu incitatif, la fourniture énergétique de mauvaise qualité mais très onéreuse, un système financier et bancaire peut incitatif pour la modernisation des matériels industriels… La concurrence déloyale des importations sauvages s’y ajoute et fragilise encore plus une industrie qui a du mal à se remettre sur la voie de la relance. La nouvelle politique industrielle devrait atténuer ces problèmes. Elle sera mise en œuvre via le Code de l’industrie en cours d’élaboration. Il faut rappeler que l’élaboration de cette politique est l’initiative du Syndicat des industries de Madagascar (SIM). En fait, la corruption et le blanchiment d’argent sale qui font partie intégrante d’une économie souterraine mais très florissante, nuisent à l’économie réelle. Mais le régime actuel ne fait preuve d’aucune volonté pour lutter contre ces deux fléaux.

Fanjanarivo LGDGI

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Lutte contre les trafics de bois de rose: Les hautes instances, absentes à une rencontre-clé !

 vendredi 21 août 2015 06:52

Par contre, les trafiquants sont connus de tout le monde et se baladent sans crainte dans les zones où les trafics font toujours rage.

Pire, ils n’hésitent pas à menacer de représailles ceux qui essaient de leur barrer le chemin. Les sites d’embarquement des bois de rose sont également connus. La coalition identifie particulièrement Ampamolahana. Le positionnement géographique de cette localité à cheval entre Maroantsetra et Antalaha facilite les embarquements. Car si les autorités de ces deux villes s’interrogent sur les instances devant intervenir, les trafiquants embarquent rapidement leurs cargaisons avec à chaque fois une dizaine de petites embarcations pour charger un gros bateau au large. Le travail est vite fait alors que les autorités ne peuvent être sur place que quelques jours après. Pour corser le problème, la douane de Maroantsetra mise en place en 1936, est fermée depuis 2010, soit du temps où l’actuel président de la république était ministre des Finances. De quoi faciliter encore plus les trafics illicites en tous genres.

La présidence de la république, la primature et le ministère en charge des Forêts et de l’Environnement ont brillé par leur absence à la conférence-débat organisée hier à Nanisana dans la capitale par la coalition Lampogno de Maroantsetra. Pourtant, cette rencontre a été cruciale dans la mesure où elle a permis de faire connaissance des réalités sur terrain, d’identifier des solutions et de permettre aux parties prenantes de s’engager dans la lutte contre les trafics de bois de rose. Ainsi, l’absence de ces institutions laisse perplexe et conforte l’impression des communautés riveraines des aires protégées concernées (Masoala, Makira et la baie d’Antongil ou Mamabaie). En effet, elles remarquent que l’Etat semble protéger les trafiquants et s’attaquer aux militants écologistes. Il n’y a qu’à prendre l’exemple d’Armand Marozafy, membre actif de la coalition Lampogno. Il est accusé de diffamation à la suite d’informations classées confidentielles mais diffusées sur les réseaux sociaux. Emprisonné depuis, ce militant est interdit de visite comme s’il est un grand criminel.

Bref, les opérations de lutte contre les trafics de bois de rose semblent être du tape-à-l’œil. Et pour cause ! La coalition Lampogno dénombre, rien que dans 5 communes du district de Maroantsetra, non moins de 600 rondins stockés. Il faut y ajouter les rondins enterrés et les rondins stockés dans l’enceinte de Madagascar national park (MNP). Les saisies effectuées à Maroantsetra sont moindres par rapport à ce chiffre, soit 10 rondins en 2013, contre 28 en 2012 et puis 14 en 2011. Et en 2010, on a dénombré 87 rondins saisis et 24 en 2009.

Des militaires sont dépêchés sur place depuis le 13 juin dernier. Ils sont censés ramasser les rondins mais au niveau local, les autorités ne connaissent rien de la mobilisation de ces forces de l’ordre ! Au niveau central, les informations divergent : certaines autorités avancent qu’il s’agit d’une opération top secret, alors que d’autres parlent d’une cellule formellement créée pour assainir la situation. La coalition propose de déplacer à Maroantsetra  les stocks concernés par la mobilisation militaire, au lieu de les laisser à Masoala. Il faut aussi préciser que ces militaires ont laissé sur place des factures impayées !

Fanjanarivo LGDGI

Et pendant ce temps :

Trafic d’or et blanchiment d’argent

« Madagascar est un vaste mouroir » (Mg Planet, Midi M/car…).

Dessin LGDGI

Bois de rose 2

Magistrats corrompus

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