« Le pays le plus pauvre du monde », « Parmi les pays les plus corrompus au monde », « Un pays à l’agonie », « L’armée qui tue son peuple ».

Carte, Ph Robert Andriantsoa

Réflexion : Madagascar, le pays le plus pauvre du monde. Qu’est-ce qui nous reste ?

Difficile à supporter, mais c’est l’incroyable vérité, depuis le rapport de la Banque Mondiale (Juin 2013).

Il y a cinq ans à peine, le pays affichait encore un taux de croissance économique de 7%. On s’apprêtait même à accueillir dans la capitale en 2009, la réunion des chefs d’états africains. Et le président Ravalomanana était pressenti comme le futur dirigeant de l’Union Africaine.

Une bonne gestion économique, vécue et ressentie par les Citoyens de l’île, d’ailleurs reconnue par les experts internationaux en la matière, Madagascar  faisait figure de pays « prospère ». Et qui de surcroit appliquait les fameuses règles de bonne gouvernance préconisées par les bailleurs de fonds (FMI, Banque Mondiale).

C’était sans compter sur la force du mal, venue de l’Occident. Les velléités d’hégémonie politique et économique de l’ancienne « mère protectrice » ( Reny malala ) deviennent réalités en mars 2009.  Ensuite, il n’a fallu que quelques mois de pouvoir aux putschistes, et ce fut le début d’un  glissement progressif vers la médiocrité « intellectuelle, morale », le chaos social, les privations en tout genre (droit de s’exprimer, droit de manifester)- et le peuple apeuré et sans voix subissait « la loi du plus fort » dans le silence. Et le drame au bout de ces quelques années : « On regardait derrière nous, personne ! Nous sommes les derniers » disait Mme Lalao Ravalomanana, lors de son premier point de presse à Faravohitra. Terrible réalité, bon dernier sur les 197 pays membres de l’ONU.

Le coup d’état  fut tellement violent, qu’il n’est pas faux de dire que « le peuple était traumatisé, et toujours sous le choc ». Les militaires putschistes ne s’embarrassaient nullement de code moral ni juridique, ils tuaient et brutalisaient sans état d’âme. Des milices armées circulaient pour mater toute résistance. Jamais de mémoire d’homme, nous n’avions vu des actes aussi vils et dégradants entre malagasy disent les Ainés. Aveuglés par l’argent, car ils étaient tous payés royalement, nos militaires ne faisaient qu’exécuter les « sales boulots » des commanditaires. Madagascar est devenu le premier pays au monde, où le nombre de généraux et colonels  se compte par centaines pour un effectif de 18 000 soldats environ. Pour le pays le plus pauvre du monde, dans ce domaine on est quand même classé premier. Indécent paradoxe.

Mrs Sarkozy et Kouchner ne cachaient par leur joie, au lendemain du putsch, et sans aucun discernement, mais peut-être que volontairement, ils voulaient montrer au monde entier  à qui appartient la « terre conquise »?.

Nombre de ministres, parlementaires, conseillers français sont venus sur place pour féliciter et régler les détails « administratifs d’allégeance » , les Guéant, De Raincancourt, Fabius,… et beaucoup d’autres.

Récemment Mr Goldblatt, ambassadeur de France à M/car est allé au ministère de l’élevage, comme un Gouverneur qui supervise le bon  (ou non) travail de Mme Ihanta. Une visite de courtoisie disait-il.

Peut-on imaginer un seul instant l’ambassadeur des E-Unis en France allait s’enquérir auprès d’un ministre français et sur les lieux de son travail de surcroit, des nouvelles et informations sur son son travail  »Est-ce que tout va bien ? ». Impensable.

Il y a une chose qui, depuis la nuit des temps et jusqu’à maintenant, reste vrai. Dans n’importe quelle région et partie du globe, s’agissant d’individu, d’ethnie, de peuple et même de civilisations, l’adage bien connu  est toujours valable  »Malheur aux vaincus ». Car s’installe presque immédiatement à l’issue d’un conflit ou d’une guerre, la logique qui en découle. Le vainqueur s’accapare du pouvoir et devient propriétaire de tout, c’est à dire des terres, de tous les biens de celui qui vient d’être battu.

Et par extension, c’est tout simplement le rapport de force « légal » mais condamnable : le seigneur et l’esclave.

Une règle implacable, barbare car elle avilit toute une communauté, tout un peuple.

Mais les revers de la médaille pour le  vainqueur sont tout aussi terribles, humiliants au bout de quelques temps. Les ressentiments, les rancœurs et la honte transforment les faibles d’hier en futurs rebelles redoutables.

Mais s’ils avaient tout perdu, pourquoi sont-ils devenus forts, conquérants ?

Il y a un trésor immense que n’importe quel vainqueur serait incapable d’arracher à un combattant même brisé: son ESPRIT (ny maha olona). L’esprit d’un guerrier qui sommeille en chacun de nous,  cet esprit de survie car c’est une lutte pour les descendants. C’est tout simplement « l’esprit patriotique » .

Et enfin aux 109 sanctionnés  qui ont « vendu » le pays aux étrangers, aux traitres qui ont « collaboré » , à celles et à ceux qui ont participé,de près ou de loin, à la destruction de notre souveraineté. La seule évocation de leurs noms les condamne à tout jamais. Ce sont des « olon’olom-poana » (des êtres sans esprit, sans âme). Les « 109 maudits » en somme.

Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris.

Paris, le 31 Août 2013.

Madagascar… « parmi les pays les plus corrompus du monde ».

A Madagascar, la corruption gagne du terrain

mediaPalais présidentiel d’Ambohitsorohitra, au centre-ville d’Antananarivo.Bilal Tarabey / RFI

A Madagascar, le rapport 2014 du bureau indépendant anti-corruption est sorti ce lundi. Le constat est alarmant : Madagascar figure toujours parmi les pays les plus corrompus au monde. Et alors que le retour à l’ordre constitutionnel devait être synonyme d’espoir et d’avancée en termes de lutte contre la corruption, la situation de la Grande île s’est dégradée depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau président de la République.

Madagascar ne cesse de dégringoler dans la liste des pays les plus corrompus au monde. En 2012, la Grande île était 118e sur 174, elle se retrouve aujourd’hui 133e.

Le directeur général du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), Jean-Louis Andriamifidy, pointe du doigt un manque de moyens : « On a l’impression que rien ne change depuis que le président a pris ses fonctions, depuis qu’il a fait ce discours de lutter contre la corruption. Notre budget a diminué presque de trois fois par rapport aux années précédentes. On doit essayer de faire en sorte à ce qu’il n’y ait plus cette réduction pour l’année 2016 ».

La société civile constate aussi avec impuissance que la corruption est généralisée. « Ça veut dire que ça atteint tous les niveaux. Et c’est ça le plus grand problème maintenant, c’est que ça atteint le plus haut niveau. Et quand les échelons inférieurs voient que les supérieurs aussi sont impliqués dans ces trafics, la haute corruption, donc ils en font aussi », estime Ndranto Razakamanarina, le président de l’Alliance environnementale Voahary Gasy.

Bois de rose, tortues endémiques, la haute corruption facilite les trafics illicites de ressources naturelles. Mais jusqu’à présent, aucun responsable n’a été condamné par la justice. RFI

La gendarmerie et la justice, « les plus corrompues »

samedi 4 octobre 2014, par Léa Ratsiazo

La gendarmerie et la justice arrivent en tête des institutions les plus corrompues, selon les statistiques du Cajac (centre d’action juridique et d’action citoyenne). Les plaintes déposées au niveau de ce centre pour cause de corruption concernent en premier lieu les gendarmes (21,8%) puis les magistrats (15%), viennent ensuite la Commune, l’éducation nationale et le service foncier.

Comme le système judiciaire apparait le plus corrompu, la majorité des victimes, n’osent pas aller jusqu’au bout des démarches auprès du Cajac, de peur des représailles. Seules 10,25% des victimes qui se présentent osent dénoncer officiellement l’action de ces éléments corrompus. Les hommes sont plus actifs que les femmes pour dénoncer et prendre des conseils même s’ils ne vont pas forcément jusqu’au bout. Ce sont les plus démunis et les personnes ignorantes des procédures administratives et judiciaire qui approchent ce centre juridique sachant que ses conseils et actions sont gratuits.

La méfiance de la population envers les institutions étatiques en général et les institutions judiciaires en particulier est telle que, malgré les appuis et assurances donnés par ce genre d’organe, rares sont les victimes qui osent affronter ceux qui ont le pouvoir et/ou l’argent. La population d’une manière générale est sûre que les éléments de la gendarmerie et les corps de la magistrature vont défendre ses pairs si jamais on dépose une plainte contre l’un d’eux. Si vous n’avez ni le pouvoir ni l’argent, ce n’est même pas la peine de osent déposer plainte d’une manière générale et surtout pas contre un ou des éléments du système judiciaire. Si vous le faites quand même, cela va sûrement se retourner contre vous, il faut s’attendre aux représailles de la part de la personne impliquée ou de ses collègues. Et ce n’est pas seulement le plaignant qui sera visé mais également ses proches. Il arrive même que ce soient les plaignants qui finissent derrière les barreaux car ils n’ont pas assez d’argent ! Pour la majorité, victime ou non, il vaut mieux ne pas avoir affaire avec « ces gens là ».

Tribune M/car.

Madagascar, un pays à l’agonie

 

Madagascar, un pays à l’agonie

Insécurité, pauvreté en croissance exponentielle, délestages, corruption banalisée. Des mots pour désigner l’agonie actuelle de Madagascar.

Madagascar a connu de nombreuses crises par le passé, mais l’année 2015 semble être la fusion de toutes les crises avec une intensité maximale. Et le fait qu’elle passe totalement inaperçue aux yeux du monde est encore plus dramatique.

Un diner aux chandelles

On pourrait créer une liste de plusieurs kilomètres pour expliquer les raisons des délestages à Madagascar. Infrastructure vétuste, manque d’eau dans les barrages, impayés de l’Etat. On dirait que les responsables de la Jirama sont surtout responsables de créer des listes d’explications aussi inutiles que farfelues dès que le délestage frappe les différentes villes du pays. Actuellement, Antananarivo connait sa pire crise de délestages depuis plusieurs années. Au-delà de la fréquence quotidienne, c’est surtout la durée puisqu’elle dépasse 10 heures par jour, soit toute la journée de travail. Tous les quartiers ne sont pas touchés, mais les environs de Tana sont en miettes sur le plan économique. Et aucun des responsables n’a les couilles pour dire vraiment ce qui se passe.

Les impayés de l’Etat doivent jouer un grand rôle puisque les entreprises de carburant sont de moins en moins conciliantes. Et si on ajoute l’état catastrophique de l’équipement, on peut dire que la boucle est bouclée. La privatisation de la Jirama progresse doucement, mais lentement. Les dirigeants peuvent dire ce qu’ils veulent, mais cette privatisation aura bien lieu. Et une privatisation regarde le profit avant toute chose et on risque d’assister à une paupérisation entre ceux qui pourront se payer de l’électricité et de l’eau 24 h/24 et ceux qui devront apprendre à alimenter leurs télés avec une bougie. Mais le plus ahurissant est que ni les responsables de la Jirama ou les dirigeants gouvernementaux ne veulent endosser la responsabilité de ce désastre. Est-ce que cela signifie que ce sont les citoyens qui sont responsables du désastre de la Jirama ?

Joyeux massacres dans le sud

On croyait qu’on avait résolu le problème des Dahalos dans le sud. Mais si, est-ce qu’on ne se souvient pas de l’opération Mihova Foa comme si une grâce pouvait changer des criminels par magie. Cette année, les forces de l’ordre répondent avec toute la force qui est à leur disposition. Les ordres semblent clairs. Il faut mater cette insécurité par tous les moyens et si les taches de sang font la taille d’une ville, alors ainsi soit-il. Les organisations des droits de l’homme rapportent des cas de torture qui sont perpétrés par les forces de l’ordre. Depuis le régime de la transition, le gouvernement central n’a jamais pu combattre l’insécurité dans le sud parce qu’il n’a jamais compris le problème de base.

Ces personnes ne sont pas devenues des Dahalos par plaisir, mais par nécessité. La sécheresse et la pauvreté sont une combinaison dangereuse pour une population qui peut à peine survivre dans de bonnes conditions. Si la survie devient quasi impossible, alors ces personnes succombent au désespoir et on ne peut pas leur en vouloir de déverser leur haine sur ceux qu’ils estiment responsables de leur malheur.

La période de soudure devient une banalité

Et pour ajouter à tous ces problèmes, on a la corruption et la morosité économique. Pendant une semaine, nous avons parcouru la ville de Tana. Les magazines étaient aussi vides que leurs étals. Personne n’achète et ne vend, mais c’est surtout cette rage intérieure qui nous a surpris. On a failli assister à une émeute à la Petite Vitesse pour une simple question de priorité sur la route. Les gens sont sur les nerfs et certains attendent même que ça explose pour évacuer la pression. Le régime en place nous promettait un avenir économique digne d’intérêt, mais les investisseurs étrangers ne veulent pas venir. Et on ne peut pas leur en vouloir. Comment peuvent-ils travailler dans une ville qui n’a pas d’électricité à raison de 10 heures par jour ? Les indicateurs sont au rouge et le régime n’aucune explication à donner.

C’est à se demander si le gouvernement sait vraiment ce qui se passe ou qu’il se contente d’espérer que ça va tenir le coup comme la famille dans la petite maison dans la prairie. Mais ce climat de faiblesse est très propice aux trafics en tout genre. Le trafic de bois de rose bat son plein. Un rapport nous apprend que 100 tonnes d’or ont été produites à Madagascar, mais la majorité est sortie illégalement du pays.

Et le pire est encore à venir

En général, la période de mars à septembre est plutôt calme à Madagascar. Et c’est même une bonne période puisque c’est la saison touristique qui est suivie de l’hiver. La saison touristique a été détruite à cause de l’incompétence caractérisée d’Air Madagascar. Dès que la saison touristique a pris fin, les employés en grève se sont remis au travail par magie. Vous aurez dû dire clairement que c’était une décision politique plutôt que de prendre les voyageurs et des cons pour des touristes patentés. Aux États-Unis et en Europe, les voyageurs, qui ont été lésés par leur compagnie aérienne, peuvent porter plainte pour dommages et intérêts. Mais on ne recommande pas aux voyageurs d’Air Madagascar de porter plainte, car c’est eux qui risquent de se retrouver en prison.

Alors qu’on aurait dû vivre une période tranquille, les délestages, l’insécurité et la pauvreté s?est accumulé pendant ces derniers mois. Et le pire est encore à venir. Car bientôt, on aura la saison des pluies qui va débarquer, ensuite, on aura les cyclones. Et comme le gouvernement n’a rien foutu une fois de plus contre les criquets, alors on va aussi les revoir plus affamés et nombreux que jamais. La peste a déjà fait 2 victimes même si la propagation a pu être endiguée. Mais en général, la peste débarque en janvier et février après l’insalubrité provoquée par la saison des pluies. On a également le choléra qui peut refaire son apparition si les conditions s’y prêtent.

On peut dire que Madagascar est vraiment le paradis des emmerdes perpétuelles.

Houssenia Writing

L’agonie c’est l’extrême souffrance avant la mort, que certains demanderaient même à être euthanasié pour abréger leurs douleurs

L’agonie c’est l’incapacité à agir, l’incapacité à réagir, l’incapacité à se mobiliser, l’incapacité à subvenir à son propre besoin fondamental !

L’agonie c’est comme un requin, bien qu’il soit redoutable, lorsque les braconniers tranchent ses ailerons, ceci ne peut plus rien faire que dériver au fond de l’océan et souffrir de ses membres arrachés, et de la mort lente de la faim !

C’est ce qui arrive à cette population Malagasy, son malheur peut être causé par lui-même en faisant des erreurs ou des mauvaises choix ou des mauvaises fréquentations, mais la plupart du temps elle est causé par des braconniers et des prédateurs étrangers avec l’aide de beaucoup traîtres qui n’hésitent pas à vendre sa patrie, le bien être de son peuple pour un bout de richesse,

D’un coté, Travailler dur mais ne produit rien pour les autres, travailler dur mais pour un salaire de misère pour certains, Travailler dur pour le compte d’autrui, travailler dur mais lesté d’énorme poids (charge fiscale, familiale, immobilière,…)

Ce sont les règles de jeux de l’emploi et de la vie des Malagasy, rare sont ceux qui diront le contraire car ils font peut-être parties des 8% qui ne sont pas atteint de la pauvreté !

D’un autre coté, les sans emplois, les sans domiciles, les sans formations, les sans éducations complètent le tableau, et aucune mesure efficace n’a été pris par tous les dirigeants depuis son soi-disant indépendance, car eux préfèrent écouter et font copain avec ces prédateurs et ces braconniers modernes internationaux, que défendre l’intérêt de son peuple, et son bien-être

L’insécurité que ce soit dans le monde urbain ou dans la brousse n’est plus contenue car sans éducation, sans moral, la population Malagasy produit chaque année plus de malfaiteurs que de gens intègres !

L’insécurité chapeaute cette agonie, ceux qui ont pu vivre normalement et monter un à un l’échelle sociale sont les principaux victimes, et tout leurs biens acquis pendant des décennies partent en fumée ou volée ou détruit, et même la vie de nos proches sont en jeu !

Constatation après le passage du cyclone Chezda, aucune plan d’urbanisme n’a été imposé sur tout le territoire, la gabegie regne sur les constructions illicites et les infrastructures d’évacuations ne sont plus que fictifs, résultats de 50années de corruptions, d’égoïsme et de laisser-aller de la part des fonctionnaires et des politiciens, responsable de ce chaos

Comment peut-on dire et être fière de nos actions surtout nos chers dirigeants qui prévoient des augmentations de la croissance économique comme base de référence dans leurs prévisions alors que les besoins fondamentaux de la population ne sont en aucun cas ses priorités !

Je ne suis pas pessimiste mais sans une nouvelle politique, sans une nouvelle vision, sans un nouveau système de gouvernance ! Cette agonie atteindra 99,9% de la population dans 5ans et seul 0.1% régnera à Madagascar avec ces mafias et forces obscures étrangères !

Haja Rakotoarisoa20 janvier  2015

Alerte Infos

Madagascar ou l’agonie de tout un peuple…

Madaplus.. Jeudi 11 Juillet 2013

 

Madagascar ou l’agonie de tout un peuple...
La Banque mondiale tire la sonnette d’alarme sur l’état de la grande île. (source : afrik.com)

La Banque mondiale tire la sonnette d’alarme sur l’état de la grande île. (source : Dans son nouveau rapport publié la semaine dernière, elle révèle que 92% de la population malgache vit en dessous du seuil de pauvreté. Soit neuf habitants sur 10.

La pauvreté a atteint un niveau insoutenable à Madagascar. 92% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, révèle le nouveau rapport de la Banque mondiale, publié la semaine dernière. Neuf habitants sur dix vit avec moins de 2 dollars par jour, selon le responsable de l’organisation, Haleh Bridi, qui a donné une conférence de presse à Antananarivo, la capitale du pays. « Derrière la crise politique, il y a d’autres crises, surtout économique, à Madagascar », a-t-il déclaré. Pis, « à Madagascar aujourd’hui, il y a quatre fois plus de pauvres qu’en 1960 », l’année où le pays a pris son indépendance, renchérit-il. Toutefois, « cette situation n’est pas irréversible. Il suffit d’une volonté politique et d’une volonté de la population pour renverser la situation », a estimé le responsable, assurant qu’en « période sans crise et sans faire trop d’efforts, Madagascar pourrait atteindre un taux de croissance de 5% ».

La grande île est plongée dans une grave crise depuis le renversement de Marc Ravalomanana en mars 2003 par Andry Rajeolina, l’actuel Président de la transition. La prochaine Présidentielle est prévue le 23 août prochain. Mais là encore, les couacs ont déjà commencé alors que le scrutin n’a même pas encore eu lieu. Les trois principaux candidats : Andry Rajoelina, Lalao Ravalomanana, épouse de Marc Ravalomanana, et l’ex-président Didier Ratsikira, âgé de 73 ans, ont tous trois été désavoués. Un comité d’une vingtaine de candidats ainsi que la Communauté internationale leur a exigé de retirer leur candidature, les jugeant illégitimes. Sans succès. Chacun des challengers campe sur sa position, affirmant de plus belle sa légitimité à se présenter.

« Un génocide silencieux »

Une position que critiquent de nombreux candidats. Parmi, eux, Saraha Georget Rabeharisoa qui, en dehors de l’épouse du Président déchu, est la seule femme à se présenter à la Présidentielle. Dans une interview accordée le 27 juin à Afrik.com, elle a dénoncé le maintien de leur candidature, affirmant qu’ils « ne doivent pas se présenter. Je dénonce cette situation qui n’est pas acceptable. Pour moi, elle est due avant tout à l’égoïsme de ceux qui peuvent empêcher le bon déroulement des élections ».

« Les politiques ont totalement laissé Madagascar à l’abandon », estime Saraha Georget Rabeharisoa, présidente du parti vert malgache, premier parti écologique du pays. Elle va même plus loin, déplorant l’état de l’île qui, dit-elle, est à l’agonie.

« Actuellement, il y a un génocide silencieux du peuple malgache sans que personne ne s’en rende compte. Personne ne semble prendre en compte la gravité de la situation, fustige-t-elle. Tous les jours, par district, 70 enfants âgés de moins cinq ans meurent de maladie ou de malnutrition ! Le tourisme sexuel a aussi explosé ces dernières années. Je suis sûre que d’ici quelques années, on fera partie des pays qui compteront le plus de gens atteints du sida dans le monde ».

Auparavant, « 70% des Malgaches vivaient en dessous du seuil de pauvreté maintenant nous sommes à 92% !, souligne-t-elle. Donc en quelques années, les chiffres ont explosé, la pauvreté n’a cessé de grimper. Madagascar est parmi les 15 pays les plus pauvres au monde. Sachant qu’il n’est pas en état de guerre civile, c’est d’autant plus inacceptable ! »)

Réaction tardive de la FIDH (Féderation Internationale des Droits de l’Homme) : « Les forces armées brutalisent et exécutent sommairement la population civile »

MADAGASCAR – : La FIDH dresse un sévère réquisitoire contre les tueries commises par les forces armées.

Voici la déclaration sans appel de la FIDH qui condamne le régime HVM concernant les graves exactions commises par les forces armées sur la population civile et ce, sur l’ensemble du territoire. Les termes utilisés sont graves : brutalisations, exécutions sommaires, usage disproportionné de la force,…On voit bien que ce régime ne contrôle plus rien en ce qui concerne les affaires du pays et ne peut que gouverner par la force. N’était-ce pas prévisible, non ? Etant donné que ce sont des anciens putschistes.

« D’après nos informations, de plus en plus d’exécutions sommaires de civils seraient perpétrées par les forces armées malgaches dans le cadre de l’opération Fahalemana. Ces allégations sont d’une extrême gravité et devraient pousser les principaux partenaires de Madagascar à tirer la sonnette d’alarme. Si les présumés responsables ne sont pas traduits en justice, une Commission internationale d’enquête devrait également être mise en place pour faire la lumière sur ces actes, et le cas échéant, l’Union africaine, l’Union Européenne, l’Organisation Internationale de la Francophonie, le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale, le Système des Nations Unies et les autres partenaires de Madagascar devront prendre des mesures pour faire respecter les libertés et les droits fondamentaux du peuple malgache. », a déclaré Andrianirainy Rasamoely, coordinateur de la CNPFDH-Madagascar.

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Madagascar : Les forces armées brutalisent et exécutent sommairement la population civile

La FIDH, la Confédération Nationale des Plates-formes des Droits de l’Homme (CNPFDH-Madagascar) et le collectif GTZ (collectif d’associations de la région d’Ihorombe dans le sud de Madagascar), s’inquiètent d’allégations d’exécutions sommaires de civils dans le sud du pays et de la répression violente de manifestations dans la capitale ces dernières semaines et appellent les autorités en place à poursuivre les auteurs de ces crimes et de ces violences.

Le 31 août 2015, des éléments de la gendarmerie malgache ont réprimé dans la violence une manifestation des étudiants de l’université d’Ankatso à Antananarivo, capitale de l’île de Madagascar. Un étudiant, Jean-Pierre Randrianamboarina, a été passé à tabac par une dizaine de gendarmes, traîné jusque dans un pick-up et conduit à la gendarmerie alors qu’il n’était pas armé. Au cours des dernières semaines, des éléments des forces armées de l’opération « Fahalemana 2015 » se seraient livrés à des exactions, y compris des exécutions sommaires de villageois, dans le sud du pays. La FIDH condamne fermement ces graves violations des droits humains, exhorte les autorités malgaches à enquêter, poursuivre et punir les présumés responsables, et à faire respecter strictement le droit international des droits humains et le Code de conduite des forces armées, qui oblige ces dernières à « respecter les obligations, les règles et principes des Droits de l’Homme ».

« Au cours des dernières semaines, des éléments de la gendarmerie ont fait preuve d’un usage disproportionné de la force tandis que l’armée se serait rendue responsable de crimes graves à l’encontre de la population civile. Le tabassage d’un étudiant à Antananarivo et les allégations d’exécutions sommaires au sud du pays, témoignent des graves défaillances dans la gestion et des dérives des forces de sécurité malgaches. Les autorités du pays doivent faire preuve d’une grande fermeté à l’égard des présumés responsables de ces actes et diligenter au plus vite des enquêtes crédibles et transparentes pour que de telles violations des droits humains ne se reproduisent pas et que l’impunité des forces de l’ordre ne se pérennise pas », a déclaré Dismas Kitenge, Vice-président de la FIDH.

A l’occasion d’une manifestation des étudiants de l’université d’Ankatso – dont les professeurs sont en grève depuis plus de deux mois – et qui réclamaient la reprise des cours, un face à face a eu lieu entre les manifestants et les forces de l’ordre, le 31 août 2015. Ces dernières ont cherché à disperser les manifestants en procédant à des tirs de gaz lacrymogène, en utilisant des matraques et des bâtons électriques et en poursuivant les étudiants sur le campus de l’université, en violation de la franchise universitaire qui interdit aux forces de l’ordre de pénétrer dans l’établissement sans l’aval des autorités universitaires. Elles ont fait preuve d’un usage excessif de la force en rouant de coups de pieds et de matraque un des meneurs de la manifestation, Jean-Pierre Randrianamboarina. D’après les informations recueillies, l’étudiant a plusieurs fractures et traumatismes mais ses jours ne sont pas en danger. Il a comparu le 2 septembre dernier devant le Tribunal d’Anosy pour un certain nombre de chefs d’accusation dont l’incitation à des troubles à l’ordre public et au renversement du gouvernement. Il a finalement été condamné à six mois de prison avec sursis.

Il semble que certains manifestants aient effectivement cherché à perturber l’ordre public en tentant de mettre le feu à un taxi phone et en jetant des pierres sur des éléments de la gendarmerie. Néanmoins, rien ne justifie un usage aussi disproportionné de la force, d’autant que l’article 8 de la Constitution malgache de 2010 précise que « nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants » et que Madagascar a ratifié la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines et traitements cruels, inhumains ou dégradants, le Pacte International sur les Droits Civils et Politiques et la Charte africaine des droits de l’homme, qui interdisent ces pratiques.

Les autorités malgaches, en la personne du président, du Ministre d’État et du Secrétaire d’État à la gendarmerie, ont condamné publiquement ces violences. Elles doivent maintenant passer des paroles aux actes et faire respecter la liberté d’expression et de manifestation, faire appliquer les lois nationales, se conformer à leurs obligations internationales et appeler les forces de l’ordre à la plus grande retenue. Elles doivent également condamner les déclarations de certains hauts responsables des autorités malgaches, tels que le président de la Commission Sécurité de l’Assemblée Nationale et du Général en charge de la formation des forces de l’ordre, qui ont respectivement justifié les actes des gendarmes et indiqué que ces pratiques étaient conformes au Manuel de formation des forces de sécurité.

Par ailleurs, la presse nationale et les organisations de la société civile malgache dénoncent depuis la fin du mois d’août et le début du mois de septembre 2015 une escalade de la violence et la multiplication de cas d’exactions et d’exécutions sommaires perpétrées par les forces armées déployés dans le cadre de l’opération « Fahalemana 2015 » au sud de la grande île et par les Détachements Armés de Sécurité (DAS) qui contribuent à l’opération. Cette vaste opération militaire a été lancée à la mi-août 2015 pour enrayer le phénomène de vol de bovidés par les « dahalos » (« voleurs de zébus » en malgache).

Les dahalos mènent des attaques meurtrières, terrorisent la population villageoise et se livrent à un important trafic de bovidés. De nombreux affrontements ont eu lieu entre les dahalos et les forces armées ces dernières semaines. Huit militaires ont trouvé la mort dans ces affrontements le 26 août 2015, dans une embuscade à Ankazoabo-Sud. Depuis, les assassinats de civils semblent se multiplier et les forces armées sont soupçonnées de mener des attaques indiscriminées contre des groupes qu’ils supposent être des dahalos, notamment dans les régions de la Betsiboka, de l’Androy et du Bongolava. De nombreux villageois se seraient réfugiés dans les bois proches de leurs villages.

« D’après nos informations, de plus en plus d’exécutions sommaires de civils seraient perpétrées par les forces armées malgaches dans le cadre de l’opération Fahalemana. Ces allégations sont d’une extrême gravité et devraient pousser les principaux partenaires de Madagascar à tirer la sonnette d’alarme. Si les présumés responsables ne sont pas traduits en justice, une Commission internationale d’enquête devrait également être mise en place pour faire la lumière sur ces actes, et le cas échéant, l’Union africaine, l’Union Européenne, l’Organisation Internationale de la Francophonie, le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale, le Système des Nations Unies et les autres partenaires de Madagascar devront prendre des mesures pour faire respecter les libertés et les droits fondamentaux du peuple malgache. », a déclaré Andrianirainy Rasamoely, coordinateur de la CNPFDH-Madagascar.

L’Union Européenne notamment, principal partenaire de Madagascar, devrait faire pression sur les autorités malgaches – qui sont tenues par l’article 9 de l’accord de Cotonou de respecter les droits de l’homme et l’État de droit sur l’ensemble du territoire – pour qu’elles honorent leurs engagements. En effet, alors que les forces armées sont censées mettre un terme aux exactions des dahalos, il semble que certains de ses éléments se livrent aux mêmes pratiques. D’après des sources locales, 14 individus soupçonnés de fournir des armes à des voleurs de bœufs auraient été sommairement exécutés par des militaires dans la nuit du dimanche 30 au lundi 31 août 2015, dans la commune rurale d’Ankiliabo, au sud-ouest de Madagascar.

Cet incident aurait plongé la zone dans une profonde tension au point que des affrontements auraient éclaté entre des militaires et des gendarmes, lesquels se seraient élevés contre ces exécutions. 15 militaires de l’opération Fahalemana auraient également fusillé de façon extra-judiciaire, le 2 septembre dernier, trois villageois, Razafimahatratra, Ranantsa et Valy, à la suite d’un contrôle de fiches individuelles de bovidés et d’autorisations de port d’arme dans le village de Tsarazaza Maevatanana, dans la commune rurale de Mahatsinjo. Les militaires auraient emporté 70 zébus avant que la compagnie territoriale de la gendarmerie nationale n’intervienne.

Sur la base d’informations récoltées par Mr. Razafindremakam, président de la GTZ, la CNPFDH a récemment déclaré que deux voleurs de bétail ont été arrêtés le 3 septembre 2015 par les forces de l’ordre d’Ihosy, dans le village d’Andiolava sur la route nationale 7. Les forces de l’ordre les auraient emmenés au camp militaire d’Ihosy puis à l’aérodrome d’Ihosy où ils auraient été exécutés par balles puis brûlés à l’aide de pneus enflammés. Cet événement a été relaté par une station de radio locale « Avec » et des habitants de la zone ont assisté à la scène. Les organisations de la société civile disent avoir chercher à interpeller les autorités administratives et judiciaires ainsi que les responsables de la sécurité, restés « étrangement injoignables », selon leurs déclarations. Les autorités militaires ont quant à elles déclaré par la suite que deux civils avaient en effet été tués dans des circonstances troubles. Des émissaires auraient été envoyés sur le terrain pour attester de la véracité de ces faits.

L’opération Fahalemana compte environ un millier d’hommes et constitue la plus vaste opération militaire déployée sur le territoire depuis plus de dix ans. Elle devrait prendre fin en décembre 2015. Les hauts responsables des forces armées et du gouvernement devraient agir au plus vite pour que cette opération ne déstabilise davantage les zones qu’elle est censée sécuriser.

fidh (Organisation des Droits de l’Homme)

Opération « Fahalemana » 2015. L’armée « incontrolée ».

Mpitandro filaminana Antsirabe

Antsirabe, Sept 2014, Ph MCM

Tn 7

Tana, Sept 2014, Ph MCM

 

 flamme_061

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A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

Pour une prise de conscience citoyenne des Malagasy
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4 commentaires pour « Le pays le plus pauvre du monde », « Parmi les pays les plus corrompus au monde », « Un pays à l’agonie », « L’armée qui tue son peuple ».

  1. danny dit :

    Nareo zalahy aza miteniteny foana fa raha mila debat neutre ianareo mahalala tsara ny madaascar dia contacteo za azafady fa za vonona hamaly anareo tsara

  2. Général en retraite Razafindralambo Oliva dit :

    Général (er) Razafindralambo Oliva Zanadambo « le silence des pantoufles est plus dangereux que les bruits des bottes » Einstein. Vous avez raison de dénoncer les exaction des loups.

  3. Andriamihaja dit :

    Aza manao akoholahy maneno lavitra ianareo MCM fa tongava mitety Province fotsiny dia ho hita eo ny marina t@ nitondran’i Ravalomanana. Tatitra namboarina tsy mifanakaiky akory @ zavamisy no lasa tany @ Banque Mondiale

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