Rajaonarimampianina, le déshonneur des malgaches !

 Tim log

 04 janvier 2016 

Rajaonarimampianina, le déshonneur des malgaches !

Le mois de janvier est celui des vœux, des souhaits et des promesses pour les politiques. Et comme s’il voulait se débarrasser au plus vite de l’année 2015, Rajaonarimampianina a fait le sien le 30 décembre, lors d’un discours passé inaperçu, devenu inaudible, tant sa parole est complètement démonétisée.

 

Le temps où certains pouvaient tomber dans la naïveté de croire qu’après les élections, la crise ne serait plus qu’un mauvais souvenir, est bien lointain. On se rappelle encore de la débauche d’énergie que la communauté internationale  s’est employée pour assener aux malgaches, qu’elles allaient se dérouler dans la transparence et l’heureux élu serait celui du peuple. Deux ans se sont écoulés depuis ces scrutins et Madagascar a encore la gueule de bois.

 

L’alibi juridique qu’est le fameux retour à l’ordre constitutionnel, n’a pas réussi à faire accepter le candidat imposé. Les fraudes électorales à grande échelle sont encore dans les mémoires et l’empressement des pays faisant partis de la médiation à reconnaitre leur nouvel élu, ont renforcé l’idée dans l’opinion qu’on vient de leur jouer une mascarade de démocratie.

 

La mécanique « internationale » est bien rôdée. L’élu désigné n’avait plus qu’à surfer sur ce matelas de soutien. Les marques d’attention sont exprimées d’une manière ostentatoire jusqu’à lui octroyer l’organisation du prochain sommet de la francophonie. Une cynique offrande qui virera certainement en cadeau empoisonné. Et si certains pouvaient penser que la venue de dizaine de chefs d’état ferait oublier la pauvreté, c’est raté. Des voix de plus en plus fortes se font entendre sur l’outrage que ressentirait un pays dont plus de 92% de sa population vivant sous le seuil de pauvreté, verra comme une humiliation de plus. Un affront que tout un pays ressentira pour constater le fossé dans lequel ils sont cantonnés et celui qui les sépare de leurs dirigeants, batifolant dans la luxure, l’orgie et la démesure.

 

Rien ne réussira à détourner le regard  sur l’état de ce pays au bord de la rupture. La fin de la « transition » n’a pas réussi à faire oublier ses pratiques. Pire, Rajaonarimampianina n’est plus qu’un vulgaire chef de meute utilisant le pouvoir comme d’un simple moyen d’accaparement de richesses.

Devenue anecdotique, l’histoire de cette valise baladeuse de 3 millions d’euros, traversant les frontières, glace le dos sur l’ampleur de la saignée, en comptabilisant une quinzaine d’escapades présidentielles en terre étrangère.

Et cela risque de continuer. La loi des finances votée sans amendement il y a à peine un mois, alloue à la présidence un budget de 28 821 770 € pour 2016 (+ de 100% d’augmentation par rapport à 2015).

 

Et le pire est à venir. Les résultats de la dernière mascarade électorale qu’ont été les sénatoriales vont les conforter à se targuer d’avoir l’assentiment populaire pour diriger le pays. La coquetterie de se vanter d’avoir les leviers du pouvoir sans  avoir la capacité de l’utiliser à bon escient pour honorer ses promesses est un motif de rupture du contrat moral envers un peuple qui aligne humiliations et vexations.

 

Madagascar est actuellement un pays qui part à la dérive et dont le destin a échappé, depuis le début, à celui qui se trouve à la barre. En étant lui-même l’otage de ses propres parrains, il est devenu un président congénitalement infirme. L’immixtion de son entourage familial et privé dans la sphère publique a fini de lui enlever le restant d’autorité qu’il devait avoir sur le gouvernement.

 

A l’aube de sa deuxième année de mandat, il est déjà sur le point de se chercher un 3ème premier ministre. Un record ! Et il n’y coupera pas pour empêcher le couvercle de sauter : la grève des douaniers refusant la sous-traitance d’une partie de leur responsabilité est une bombe à retardement. Le marteau ou l’enclume finira par frapper. L’ancien ministre des finances qu’il a été durant la transition connait si bien les us et coutumes de la maison qu’il doit envisager de trouver un ancien de la maison pour succéder à Ravelonarivo et exfiltrer les récalcitrants du côté de Mahazoarivo…

 

L’imminence du sommet de la francophonie rajoute à la pression qu’il doit sentir depuis la fin de la Cop21 où il a eu l’occasion d’appréhender l’immensité du défi, à la mesure de ses moyens, qu’il doit relever. Depuis quand un gouvernement doit-il céder la place à des sociétés privées (Total Madagascar, Star, Sicam, BFV-SG, BOA Madagascar et Orange Madagascar) dans la définition, le financement et la conduite des travaux d’infrastructure prévus recevoir un sommet accueillant des chefs d’état et qui sont déjà revus à la baisse ?

On est bien curieux d’apprendre l’avis de l’Oif devant l’incapacité de l’état malgache à assumer ses responsabilités…

 

Le pouvoir semble être dans une fuite en avant et ses membres ne peuvent pas ignorer qu’ils ont perdu le contrôle sur les évènements. Economie, sécurité, santé, éducation, environnement et d’autres secteurs encore, ont échappé à leur action. En concentrant leur énergie dans une guérilla contre le président Ravalomanana et s’en servir comme d’une diversion, illustre l’incapacité de ce gouvernement à remplir ses engagements. Dans le même temps, ce pouvoir a aussi choisi son camp, en empêchant par tous les moyens des entreprises appartenant à des malgaches, de travailler librement.

 

Le désenchantement est général, la population est dans une sourde exaspération. Rajaonarimampianina incarne ce pouvoir qui est de fait dans la démission, assurant à minima ses prérogatives et n’expédiant même pas les affaires courantes, avec une administration démotivée, consciente de la défiance à son encontre.

Le président de la république est aujourd’hui le maillon faible de cette pyramide d’incompétence et dont les fondements sont en train de se fissurer irrémédiablement. Il a déjà perdu la bataille de l’opinion et même s’il garde encore une option sur celle de la politique, on doute qu’il ose appuyer sur le bouton « dissolution ».

 

La tentation de l’inaction lui est naturelle, la non-décision un mode de pensée. Incapable de tenir la moindre de ses promesses, à deux ans de mandat, son nom finit par évoquer constamment l’échec. Faillite, délestage, trafic illicite, kidnapping, des mots qui rappellent les ténèbres, le signe du déshonneur des malgaches !

 

TIM

Clef

Jean-Luce Randriamihoatra

Photo de Georges Ranaivomanana.

Georges Ranaivomanana

La face visible de la pauvreté à Madagascar est exprimée dans la photo ci-jointe. La face cachée est encore 10 fois plus grave.

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A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

Pour une prise de conscience citoyenne des Malagasy
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