Ile de La Réunion. Importation massive de granit malgache (Entreprise Colas). Historique.

La Réunion – Arrivée progressive des roches malgaches

 

roche

05.01.2016

Une nouvelle barge chargée de 9 000 tonnes de galets, en provenance de Toamasina, a encore été débarquée au port de la Pointe des Galets à la Réunion, selon la presse réunionnaise, hier.

45 000 tonnes de galets ont déjà été exporté, depuis le début de l’opération le 19 novembre dernier. Environ 150 000 tonnes de galets sont encore attendues d’ici la fin de la saison cyclonique.

D’après les explications d’un responsable au sein de la société COLAS Madagascar, chargé des opérations, environ une quinzaine de livraisons sont encore à venir.
Pour l’instant, cinq livraisons ont été effectuées.
Les pierres seront destinées à renforcer la digue de protection du chantier de la nouvelle route du littoral de l’île de la Réunion.

Le projet d’exportation de granit en provenance de Madagascar avait fait l’objet de vives polémiques à la Réunion en 2015. Les activistes de la protection de l’environnement avaient craint que les roches malgaches contiennent des espèces dangereuses pour la faune et la flore de la Réunion.

La préfecture réunionnaise avait un moment suspendu les importations. Celles-ci n’ont été autorisées qu’une fois des garanties sur le traitement des roches obtenues. Ainsi, des mesures de protection visant une réduction maximale du risque d’introduction d’espèces exotiques envahissantes, possibles menaces pour la santé humaine, l’agriculture et la biodiversité de La  Réunion ont été prises. Des contrôles et analyses en continu et à chaque opération de débarquement de barges de matériaux permettront également de s’assurer avec rigueur et de préciser l’exacte exécution des précautions sollicitées ainsi que de tracer des actions et vérifications effectuées.
Par ailleurs, la société Colas, qui était chargée de l’exploitation, avait reçu des autorités malgaches toutes les autorisations pour l’exploitation et l’exportation de centaines de milliers de tonnes de granit. Le ministère des Mines avait, à un moment, hésité à autoriser l’exportation de grandes quantités de roches. Finalement, pour « des raisons diplomatiques », selon les propos du ministère lui-même, la transaction a été approuvée. Les autorités malgaches misent également sur les ristournes et les taxes que peut générer le projet.

T.S.LExpresmada

Georges Ranaivomanana· Toutes les pertes et les merdes aux " Gasy ambany ", et tous les bénéfices et autres avantages énormes et gigantesques aux pilleurs occidentaux sans état d'âme et aux " Gasy ambony " !!!!!!! Ainsi va la vie dans la Grande Île !!!!!!!

Georges Ranaivomanana·
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Rappel.

NRL : l’importation de galets de Madagascar en suspens

 Le chantier de la Nouvelle route du Littoral sera-t-il réalisé avec 100 % de pierres issues de La Réunion ? C’est ce qui était prévu dans le projet initial. Mais les responsables du chantier se sont aperçus qu’ils avaient besoin assez rapidement de roches spécifiques. Plus grosses, plus solides, plus difficiles à trouver sur l’île.

« Le mandataire de l’opération digue, nous a fait savoir qu’il prospectait éventuellement, pour faire venir de Madagascar, -mais rien n’est fait, rien n’est signé, rien n’est acté-, d’une quantité infime de matériaux, environ 250 000 tonnes sur 18 millions de tonnes, ce qui représente un peu moins de 2 %. Pour un travail assez spécifique. En aucun cas on ne peut parler de millions de tonnes, comme cela a été dit ici ou là », explique Dominique Fournel, vice-président de la Région et délégué à la Nouvelle route du Littoral.

Ces roches seront implantées sous la partie digue de la route. Certains chefs d’entreprise se sont déjà positionnés pour acheminer ces 250 000 tonnes, au cas où une décision serait prise en ce sens.

« Les galets, il faudra bien les chercher quelque part. Il nous faut des galets de cinq tonnes pour réaliser le socle. À partir de La Réunion, il y a des galets, mais de cinq tonnes, nous n’en n’avons pas beaucoup. Alors il faut bien les trouver, comme à Madagascar, et il faut les amener, sans ça, le chantier va s’arrêter. Si le chantier s’arrête, les transporteurs seront parmi les pénalisés. Aujourd’hui nous avons compris que nous devons aller chercher ces galets. Nous avons déposé un dossier, qui est bouclé à 100 %, et nous attendons le résultat », poursuit le transporteur Joël Mongin.

Selon La Région, l’éventuel import de roches malgaches ne ralentirait pas le chantier. La livraison de la nouvelle route, est toujours prévue mi 2020 au plus tard.

LINFO.re

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NRL : La Région ne veut pas de galets malgaches

Hier après-midi, la Région Réunion organisait un point sur l’avancement de la Nouvelle route du littoral, en présence du vice-président délégué à la Nouvelle Route du Littoral, Dominique Fournel, afin de mettre fin à la polémique récente autour de l’importation de roches de l’étranger, et par conséquent aux retards cumulés sur les chantiers.

Hormis la progression des chantiers, le sujet de la ressource en matériaux, considéré comme l’un des obstacles à l’avancement des travaux, a été abordé.

A ce sujet, alors que Dominique Fournel avait évoqué une possibilité de récupération de 250 000 tonnes de roches auprès de Madagascar, dans l’attente des procédures pour pouvoir en récupérer à La Réunion même. La Région a tenu à préciser cet après-midi que ce ne serait pas le cas. « Pas question de faire venir des roches de Madagascar », a-t-elle précisé cet après-midi, expliquant que La Réunion se contenterait des andains. Des andains dont il était prévu de récupérer 4 à 5 millions de tonnes dans nos champs.

Par ailleurs, le vice-président de Région a engagé la responsabilité du député-maire de Saint-Leu sur ce souci d’approvisionnement. Il estime en effet que si Thierry Robert n’avait pas bloqué le dossier des extractions à la Ravine du Trou à Saint-Leu, le problème n’aurait pas lieu d’être.

Le besoin était en effet estimé à plus de 18 millions de tonnes de roches. Sur ces 18 millions, 12 millions de tonnes de matériaux devaient provenir des 55 ha de la carrière de Bois Blanc à la Ravine du Trou.

En effet, ce dernier a déposé un recours, en cours d’examen, contre le schéma départemental des carrières, en novembre dernier. Si Thierry Robert était débouté, pas de problème considère la Région. En revanche, s’il obtenait gain de cause, voilà qui retarderait le chantier de la NRL, poursuit-elle.

Pas plus tard que lundi, le député-maire de Saint-Leu avait décidé de lancer une enquête publique auprès des Saint-leusiens, afin qu’ils donnent leur avis sur ce projet de carrière à Bois Blanc.

Clicanoo.re

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NRL et importation de roches : et si par ce biais la peste venait à La Réunion ?

Risque sanitaire passé sous silence par les partisans du projet

 20 mai 2015, par  Témoignages.re

Il n’est pas dans nos intentions de jeter l’opprobre sur Madagascar, mais simplement de signaler les risques que nous font prendre les inconséquents qui préparent l’importation de centaines de milliers voir des millions de tonnes de roches de Madagascar. Ce risque a été évoqué dans le séminaire de Saint-Pierre du PCR, il y a quelques semaines. Quelques recherches font apparaître que ces risques sont hélas très réels, n’en déplaise aux apprentis sorciers de tous acabits et aux nouveaux chercheurs de fortune. Le lecteur trouvera ci-dessous des extraits d’une interview du directeur de l’institut Pasteur de Madagascar parue dans l’Express de Madagascar qui signale notamment la résurgence de la peste dans ce pays.

 

Le directeur de l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM) fait le point sur la situation de la peste à Madagascar, et sur les missions de l’IPM dans la promotion de la santé publique à Madagascar. Le professeur Christophe Rogier déclare : ”la surveillance des rats et des puces suspendues depuis 2006″

Madagascar dispose d’un vrai institut pasteur. Celui-ci a été créé en 1898 et est régi par une convention qui lie depuis 1961 l’Institut Pasteur à Paris et le Gouver­nement de Mada­gascar. Cette convention fait de l’IPM un établissement scientifique malgache, sans but lucratif, reconnu d’utilité publique et placé sous le haut patronage du Gouver­nement. Sa direction scientifique et administrative répond aux exigences de l’Institut Pasteur à Paris.

La mission de l’IPM de Madagascar est de mener les travaux les plus profitables à la protection de la santé publique, et au développement économique de Madagascar. À ce titre, il effectue les études et les recherches demandées par le Ministère de la santé (…), et fournit gratuitement les sérums et vaccins nécessaires au traitement de la rage pour toute la population de Madagascar, cela depuis plus de 110 ans sans aucune interruption.

Dans les temps anciens, la fourniture gratuite de vaccins par l’IPM a permis à Madagascar d’être le premier pays au monde à éliminer la variole (…).
Un personnel bien formé. L’IPM est bien un Institut malgache au service de Mada­gascar. L’institut dispose d’un personnel bien formé et particulièrement dévoué : plus de 350 employés malgaches de l’IPM dont une vingtaine de cadres supérieurs, un peu moins de 20 membres du personnel du ministère de la Santé publique, et une douzaine d’expatriés français, belge, italien et britannique.

(…) L’IPM est Centre collaborateur OMS pour la peste, laboratoire national de référence OMS pour la grippe, la poliomyélite et la rougeole, Centre ou laboratoire national de référence pour le ministère de la Santé ou le ministère de l’Elevage pour la rage, les virus transmis par des insectes (arbovirus), pour les bactéries qui provoquent le choléra, la typhoïde ou la dysenterie, pour la tuberculose, pour l’analyse des eaux dans les industries agro-alimentaires et le contrôle des denrées animales, et pour de nombreuses autres maladies touchant le bétail… L’IPM accueille aussi des laboratoires du Ministère de la Santé comme le Laboratoire central de la bilharziose. Dans ces laboratoires très spécialisés, les techniciens et les biologistes effectuent les diagnostics et les recherches qui permettent à Madagascar de lutter au mieux ou de prévenir les maladies provoquées par des microbes souvent dangereux

La surveillance épidémiologique qui repose sur les travaux de laboratoire(…) implique aussi un vaste réseau de sites sentinelles, trente-quatre centres de santé de base, dix-sept hôpitaux et près de quatre-vingts agents de santé communautaire qui, tous les jours ou une fois par semaine, dans l’ensemble du pays, envoient par SMS ou par internet des informations sur la santé des populations, sur les fièvres…

Ce système sentinelle et les examens de laboratoire ainsi que les connexions étroites avec les responsables du ministère de la Santé, au niveau des districts, des régions et au niveau central, permettent de détecter rapidement des épidémies, d’en identifier les causes, et d’orienter les responsables de la lutte vers les méthodes les plus appropriées.

– Qu’est-ce qui est à l’origine de la réémergence à Madagascar de cette maladie qui, à un moment, semble avoir été maîtrisée ?

(…). L’utilisation de traitements antibiotiques et le renforcement des mesures de santé publique ont réduit très fortement la morbidité et la mortalité dues à cette maladie, mais ne peuvent pas permettre de la faire complètement disparaître, car la bactérie de la peste circule chez les rats et des mammifères sauvages qui sont les réservoirs naturels de la peste, et peut persister plusieurs années dans le sol. Comme ces réservoirs et le sol ne peuvent pas être traités, supprimés ou désinfectés, il n’est pas possible d’éradiquer la peste.

La surveillance des vecteurs de la peste a cessé depuis 2006

La stratégie de Madagascar contre la peste est souvent donnée en exemple, mais sa mise en œuvre se heurte à des problèmes d’organisation et de logistique que les crises économiques et sociales que notre pays connait depuis de nombreuses années peuvent aisément expliquer. Ainsi, la surveillance des rats et des puces dans la capitale et dans le pays, qui permettait d’évaluer et de mieux cibler la lutte a été suspendue depuis 2006, faute de moyens. Elle devrait prochainement reprendre grâce à une aide de la Banque Mondiale.

– les principales causes de la réémergence de la peste ?

Le problème récurrent de la gestion des ordures et de l’insalubrité de l’habitat contribue aussi à augmenter le contact entre les rats, leurs puces et les humains… multipliant les occasions de transmission de la peste à l’Homme. Elle se manifeste alors sous sa forme bubonique, avec de la fièvre et des ganglions qui grossissent et sont douloureux. C’est ce qui pourrait expliquer la réémergence de la peste dans des quartiers d’Antananarivo après 7 à 10 ans de silence. L’accès au diagnostic et au traitement est un point critique (…)… Lorsque la peste bubonique n’est pas traitée à temps, elle peut se transformer, en environ une semaine, en peste pulmonaire et être alors transmise directement et beaucoup plus rapidement, d’humain à humain. Dans ce cas, la maladie puis la mort peuvent survenir en deux à trois jours seulement. Les rites funéraires traditionnels qui impliquent un contact avec le corps du défunt sont alors à très haut risque de transmission. C’est pour cette raison que les corps doivent être désinfectés et enterrés à part dans des conditions assurant la sécurité des vivants… mais qui sont parfois mal acceptées par les familles(…).

– la situation de la peste en 2014…

La situation de la peste en 2014 à Madagascar reste sensiblement la même que les années précédentes en termes de nombre de cas et de décès. Les faits marquants ont été la survenue de deux cas dans la capitale, dont un mortel, et une proportion élevée de cas de peste bubonique décédés, le plus souvent à cause d’un recours tardif à des soins appropriés rapidement

– les principales maladies ou pathologies que Madagascar devrait craindre aujourd’hui ?

(…) Il existe une multitude de maladies infectieuses dont beaucoup restent négligées. Je pense en particulier à la bilharziose qui est transmise lorsque l’on entre en contact avec l’eau douce de lacs ou de rivières. Elle provoque des hémorragies dans les selles et les urines et peut finir par tuer. Une campagne de traitement de masse du Ministère de la santé financée par la Banque Mondiale commencera dans les prochaines semaines. L’IPM a contribué à l’analyse de l’étendue du problème. Je pense aussi à la tuberculose qui reste à un niveau très élevé dans notre pays, bien que les infections par le VIH soient trop rares pour en expliquer l’importance : elle est d’abord due à la promiscuité, à l’état nutritionnel et au niveau économique et social d’une grande partie de notre population. Il ne faut pas oublier non plus des maladies non transmissibles comme le diabète et l’hypertension artérielle qui, avec le tabagisme, provoquent des maladies cardiovasculaires comme les AVC (accidents vasculaires cérébraux) ou les infarctus : elles sont la première cause de mortalité à Madagascar, avant les maladies infectieuses… L’IPM a donc commencé des recherches sur ces maladies.

– Obligation de déclarer les cas de peste.

Il existe un petit nombre de maladies dont le potentiel épidémique planétaire oblige les pays à la déclaration. C’est le cas de la peste. L’OMS, cependant, ne rend public que les données que les Ministères de la santé veulent bien déclarer. Il n’y a donc pas d’antagonisme possible entre l’OMS et les autorités sanitaires des pays.

Propos recueillis par Lova Rabary-Rakotondravony

La bactérie de la peste circule chez les rats et des mammifères sauvages qui sont les réservoirs naturels de la peste, et peut persister plusieurs années dans le sol. Comme ces réservoirs et le sol ne peuvent pas être traités, supprimés ou désinfectés, il n’est pas possible d’éradiquer la peste.

Témoignages

Lire. La peste à Madagascar, infos du 5 Janvier 2016

« Nous n’avons jamais oublié que la majorité des Réunionnais sont des descendants de malgaches ». MCM de Paris.

« A court d’enfants », un film sur les Réunionnais de la Creuse sort au cinéma.

  • Par Laura Philippon
  • Publié le 19/05/2015 | 16:30, mis à jour le 20/05/2015 | 19:17

« A court d’enfants » sort en salle, mercredi 20 mai. Cette fiction de 42 minutes raconte l’histoire des Réunionnais de la Creuse. L’objectif de la réalisatrice est d’éveiller les consciences sur une histoire encore peu connue. Une projection et un débat ont eu lieu, lundi, à Paris.

© CAPTURE D’ECRAN « A court d’enfants », un film sur les Réunionnais de la Creuse sort au cinéma ce mercredi 20 mai.

1963. La Réunion. Des marmailles jouent dans les hauts de l’île avec une boîte de conserve en guise de ballon. La première scène du film se déroule près de la case sous tôle d’une famille pauvre, au cœur du cirque de Cilaos. Soudain, les visages amusés de ces enfants aux vêtements défraîchis se figent.

Le bruit sourd du moteur de la fameuse « auto rouge » se rapproche. Deux assistantes sociales entrent dans la case et expliquent à la mère de famille qu’un avenir meilleur attend ses enfants en métropole. « Ils vont étudier, votre fils sera médecin et il rentrera vous voir une fois par an », tente de convaincre l’une d’elles. Assise sur son tabouret, devant des marmites posées sur un feu de bois, la femme appose d’un doigt son empreinte en bas d’une feuille et acte le départ de ses enfants.

Les deux enfants de Cilaos vont être envoyés de force dans la Creuse. © CAPTURE D'ECRAN / BANDE ANNONCE
© CAPTURE D’ECRAN / BANDE ANNONCE Les deux enfants de Cilaos vont être envoyés de force dans la Creuse.

Deux enfants arrachés à leur mère et leur île

Arrachés à leur mère et à leur île, Camélien, 10 ans, et sa sœur Lenaïs, 5 ans, partent pour la métropole afin de repeupler des départements touchés par l’exode rural. Arrivé en plein hiver dans la Creuse, Camélien va servir de main d’œuvre ouvrière dans la ferme isolée d’un couple de paysans. Assujetti aux tâches quotidiennes dans l’humiliation et le déni, le marmaille dort dans la paille avec le bétail. Son seul sourire : un jour de neige où il s’amuse de voir du « coton frais » tomber du ciel.

Ci-dessous la bande annonce du film : 

Une fiction inspirée de faits réels

« A court d’enfants », est une fiction inspirée de faits réels. De 1963 à 1982, près de 1 630 enfants réunionnais ont ainsi été arrachés à leurs racines. « J’ai découvert cette histoire par hasard sur internet. J’ai alors appelé ma famille à La Réunion pour en savoir plus. Comment pouvais-je ignorer ce passé ? », s’interroge encore Marie-Hélène Roux qui a décidé d’y consacrer ce moyen-métrage, « sans prendre parti ».

« Si la plupart des Réunionnais de la Creuse que j’ai contactés ont eu un destin tragique, si beaucoup se sont suicidés, d’autres ont survécu et je voulais les deux côtés », explique la réalisatrice qui estime qu’il faut parler de cette histoire sans la juger « pour libérer la parole ».

La performance des acteurs

A l’écran, le jeune Camélien est interprété en créole par Louzolo Mahonga-Morillon. En dépit des conditions inhumaines dans lesquelles il vit dans la Creuse, le garçon va trouver un maigre réconfort dans la douceur de Denise Roblin, la femme du paysan jouée par Marie Bunel.

Marine Bunel interprète le rôle de Denise Roblin qui accueille le jeune réunionnais dans sa ferme isolée dans la Creuse. © CAPTURE D'ECRAN / BANDE ANNONCE
© CAPTURE D’ECRAN / BANDE ANNONCE Marine Bunel interprète le rôle de Denise Roblin qui accueille le jeune réunionnais dans sa ferme isolée dans la Creuse.

Le rôle du paysan, dur et ignorant, est lui interprété avec talent par Vincent Winterhalter.« Le plus difficile était de donner de l’humanité à ce personnage terrible qui est aussi une victime de cette histoire dont le seul responsable est l’Etat », explique l’acteur qui espère que ce film éveillera les consciences.

Même espoir pour Marie Bunel qui, lors du tournage à La Réunion et en métropole, a tenté de comprendre son personnage de Denise Roblin : « Il fallait travailler sur la simplicité et la méconnaissance de ce couple de paysans de l’époque qui n’avait jamais vu un Noir de leur vie ».

Le rôle du paysan, dur et ignorant, est joué par Vincent Winterhalter. © CAPTURE D'ECRAN / BANDE ANNONCE
© CAPTURE D’ECRAN / BANDE ANNONCE Le rôle du paysan, dur et ignorant, est joué par Vincent Winterhalter.

Une vision nuancée

Ignorance, mensonge, abandon, à l’écran les personnages traversent ces sentiments récurrents dans les histoires des Réunionnais de la Creuse. En 42 minutes et avec un maigre budget, la réalisatrice réussit à donner une vision nuancée de cette sombre histoire des Réunionnais de la Creuse. Si le destin d’un des deux enfants est tragique, l’autre est moins sombre.

« C’est à l’image de ce qu’on a vécu », remarque à l’issue de la projection Marie-Thérèse, Réunionnaise de la Creuse. « Bravo aux acteurs », poursuit-elle émue, « pour l’humanité donnée aux personnages dans toute cette horreur ».

Assis dans leurs fauteuils, plusieurs spectateurs restent abasourdis. Ils viennent de découvrir à l’écran ce pan de l’histoire de France. « Mais vous êtes trop gentils avec les gens qui ont fait ça ! », s’indigne un homme dans la salle.

Une projection suivie d’un débat

Présente au débat qui a suivi la projection du moyen-métrage « A court d’enfants », la députée réunionnaise Ericka Bareigts, à l’origine de la résolution parlementaire reconnaissant officiellement l’affaire des enfants de la Creuse, a salué le travail de la réalisatrice, Marie-Hélène Roux.

« Des Réunionnais de la Creuse ont trouvé ce film très beau », confie la députée qui est revenue en détail sur « cette histoire de La Réunion et de La France ». « J’espère que cette fiction va être largement diffusée pour pousser à réfléchir et aider à la reconstruction de ces générations brisées. »

(De gauche à droite) Les acteurs Marie Bunel et Vincent Winterhalter, la députée Ericka Bareigts et Marie-Thérèse, réunionnaise de la Creuse. © LP
© LP (De gauche à droite) Les acteurs Marie Bunel et Vincent Winterhalter, la députée Ericka Bareigts et Marie-Thérèse, réunionnaise de la Creuse.

Sortie simultanée en métropole et à La Réunion

« A court d’enfants » sort ce mercredi 20 mai au cinéma. Il est programmé dans une dizaine de salles en métropole mais aussi à La Réunion où la sortie a lieu simultanément.

Une projection spéciale suivie d’un débat est aussi organisée, mercredi 20 mai, au cinéma Cambaie à Saint-Paul, avec des invités : Jean-Philippe Jean-Marie (président de l’association Rasin Anler), Délixia Perrine (actrice) et Louzolo Mahonga-Morillon (acteur).

© AFFICHE DU FILM « A court d’enfants » sort au cinéma ce mercredi 20 mai.

Ci-dessous le reportage d’Angélique Le Bouter et Albane Lucien de France Ô : 

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Les îles autour de Madagascar
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A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

Pour une prise de conscience citoyenne des Malagasy
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