Afrika – Gasikara. Richesses et populations (MCM). Les ONG (Mallence. B. W.). J. Chirac. La Françafrique.

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Peuple non instruit et privé de ses richesses naturelles.

Depuis la naissance de l’écriture et la découverte de la numerotation, nous ne cessons d’apprendre et d’innover. Privilèges énormes : l’instruction et l’éducation. Mais la masse, volontairement laissée pour compte, demeure analphabète. Peu regardant et les neuronnes qui tendent à s’appauvrir davantage, le peuple est malléable à souhait.

D’où cette aliénation grandissante vis à vis des classes dites favorisées. Celles-ci sans souci des valeurs humaines les plus simples (le bon sens, la solidarité, la morale), se comportent en  véritables « maîtres ». Nous voilà dans une société qui se laisse guider par l’argent, le but ultime étant le profit à tout prix. Des langues oubliées, des traditions qui se perdent, les religions des ancêtres écartées… Les populations dépouillées de tout, même de leur dignité.

Des armes à profusion pour que l’on s’entretue, de l’argent utilisé à tort pour écraser nos voisins, nos semblables. Les deux grands vecteurs des inégalités et surtout la voie royale vers une dictature (Pouvoir, argent). Mais qui fabriquent et nous vendent ces engins de morts ? Et qui vident le « continent noir » et mon pays de toutes les richesses naturelles ?

QUI ? Les prédateurs pardi ! MCM.

Les 5 plus gros vendeurs d’armes dans le monde

Les 5 plus gros vendeurs d'armes dans le monde

[21/11/2014]

Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie sont les plus gros vendeurs d’armes dans le monde. Qui sont leurs principaux clients ? Et comment vendent-ils leurs armes ?

ÉTATS-UNIS : LE PLUS GROS VENDEUR D’ARMES

Les États-Unis sont, de loin, le plus gros exportateur d’armes au monde. ils sont à l’origine d’environ 30 % des transferts d’armes classiques (en valeur). Leur position sur le TCA est donc déterminante.
Principaux clients :

Les États-Unis fournissent des armes à plus de 170 pays.
Ils ont restreint les transferts d’armes en direction du Myanmar, de la Chine, du Sri Lanka, du Zimbabwe et des pays visés par des embargos sur les armes décrétés par les Nations unies. Ils ont cependant vendu des armes à des pays comme l’Irak, Israël, le Sri Lanka, Bahreïn, l’Égypte et le Yémen, où il existait un risque substantiel qu’elles soient utilisées pour commettre de graves atteintes aux droits humains.

Transferts irresponsables :
Les États-Unis sont le principal fournisseur d’armes de l’Égypte et d’Israël, à qui ils vendent des armes lourdes ainsi que des armes de petit calibre, des munitions et des agents chimiques antiémeutes, malgré la répression violente menée contre les manifestants. Ils ont également fourni des armes de petit calibre, des agents chimiques et des véhicules blindés à Bahreïn. Ils fournissent aussi des armes, une aide militaire et des formations aux forces de sécurité colombiennes, malgré les atteintes répétées aux droits humains qu’elles commettent.

RUSSIE : 10% DES EXPORTATIONS D’ARMES VERS LA SYRIE

La Russie est le deuxième plus gros vendeur d’armes au monde en termes de valeur des exportations. Elle exerce une grande influence sur les négociations autour du TCA.
Principaux clients :

L’Inde, la Syrie, l’Algérie, le Myanmar, le Venezuela, le Soudan et de nombreux autres pays d’Afrique.
En perte de vitesse dans plusieurs domaines technologiques clés, le pays cherche des partenaires de pointe et de nouveaux marchés.

Transferts irresponsables :

Environ 10 % des exportations d’armes russes seraient à destination de la Syrie, faisant de la Russie le principal fournisseur d’armes de ce pays. Ces transferts incluent des missiles antichars et des avions de combat MiG. La Russie vend au Soudan des hélicoptères de combat utilisés pour attaquer des civils au Darfour et au Kordofan du Sud. Elle se positionne aujourd’hui comme un exportateur majeur d’équipements militaires à destination de l’Égypte. Selon certaines informations parues dans la presse, l’Égypte aurait signé un accord pour 2 milliards de dollars de matériel militaire, dont des hélicoptères. Cet accord, qui aurait été finalisé lors de la visite officielle du général al Sisi à Moscou en février, serait financé par les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite.

CHINE : DES VENTES TENUES SECRÈTES

Les données sur le commerce des armes sont tenues secrètes mais ce pays représenterait environ 5 % du commerce mondial des armes classiques.

 

Principaux clients :

Souvent des pays en développement dont le bilan en matière de droits humains n’est pas bon, notamment l’Algérie, l’Angola, le Bangladesh, l’Égypte, la Guinée, l’Indonésie, l’Irak, l’Iran, la Jordanie, le Kenya, la Libye, le Myanmar, le Pakistan, la République démocratique du Congo, le Sri Lanka, le Soudan, le Soudan du Sud et le Zimbabwe.

Transferts irresponsables :
La Chine fournit des munitions et des armes légères au Soudan, où elles sont utilisées par les forces de sécurité et les milices au Darfour, ainsi qu’au Soudan du Sud et à la République démocratique du Congo. Elle a fourni des roquettes et des mines antichars à la Libye sous le régime de Mouammar Kadhafi, ainsi que des munitions, des grenades pour lanceurs, des mortiers et des obus de mortier au Zimbabwe.

FRANCE : DES VENTES DE L’AFRIQUE DU NORD À LA RUSSIE

La France est, avec le Royaume-Uni et l’Allemagne, régulièrement classée troisième, quatrième ou cinquième exportateur mondial d’armes classiques en valeur – derrière les États-Unis et la Russie.

 

Principaux clients :

Singapour, les Émirats arabes unis, la Grèce, d’autres partenaires au sein de l’OTAN et des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, ainsi que d’autres pays francophones. Récemment, la France et la Russie ont inauguré une coopération en matière de défense et d’équipements navals.

Transferts irresponsables :

La France est généralement favorable à des critères stricts pour les transferts d’armes, mais elle a fourni des armes à des pays où de graves violations des droits humains pouvaient être commises, comme la Libye sous le colonel Kadhafi, l’Égypte, Israël et le Tchad, ainsi que la Syrie entre 2005 et 2009.

ROYAUME-UNI : DES PREUVES D’ALIMENTATION DE CONFLIT ARMÉ

Le Royaume-Uni est, avec l’Allemagne et la France, régulièrement classé troisième, quatrième ou cinquième exportateur mondial d’armes classiques.

Principaux clients :

Les États-Unis, l’Inde, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud, d’autres partenaires au sein de l’OTAN et d’autres pays du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne.

Transferts irresponsables :

Le Royaume-Uni est généralement favorable à des critères stricts pour les transferts d’armes, mais il a fourni des armes à des pays où il existe un risque élevé de graves violations des droits humains, comme le Sri Lanka. La législation britannique fait l’objet d’un examen à la lumière d’éléments attestant que les autorités ont fourni des armes de petit calibre, des munitions et des équipements pour véhicules blindés à la Libye lorsque le colonel Kadhafi était au pouvoir, ainsi que des armes de petit calibre à Bahreïn et des équipements destinés au maintien de l’ordre au Yémen.

ET LES ENTREPRISES, QUELLE RESPONSABILITÉ DANS LE COMMERCE DES ARMES ?

Certes, la majeure partie du commerce des armes est le fait d’entités commerciales, de sociétés qui les fabriquent, les achètent et les vendent, de prestataires de services militaires, de courtiers et de négociants ou encore d’intermédiaires qui transportent les armes et les financent. Cependant, la responsabilité principale incombe aux États, qui revendiquent le droit de se défendre et ont le devoir de protéger leur population. Eux seuls peuvent réglementer ce commerce, en accordant ou en refusant des licences, et eux seuls peuvent interdire certaines armes inhumaines et imposer des embargos et des suspensions concernant les armes. Le problème essentiel est que l’élaboration et l’application d’une réglementation relative au commerce des armes ne suivent pas le rythme des marchés mondiaux des armes, et la volonté politique d’y remédier manque cruellement.

À PROPOS DE NOTRE CAMPAGNE

Le 2 avril 2013, après 20 ans de travail de pression et de campagne mené avec détermination par Amnesty International et les ONG partenaires, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté par un vote décisif le projet de Traité sur le commerce des armes (TCA). Aujourd’hui, ce traité est sur le point de devenir un texte de droit international, ce qui pourrait changer la vie de millions de personnes. Il entrera en vigueur dans un mois.

Cet article se base sur l’expertise et l’interview de Brian Wood, spécialiste des questions d’armement à Amnesty International.

Amnesty International.

 

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La dernière en date.

Roches malgaches : le pillage en silence

Posté par le Jeudi 28 Janvier

Ce pourrait être une photo de carte postale. De la verdure à perte de vue digne des plus beaux paysages qu’a l’habitude de nous offrir Madagascar. Pourtant, au beau milieu de cette forêt se trouve  » un trou profond de 45 mètres étendu sur la surface de deux terrains de football « , relate Julien Sartre du Quotidien de La Réunion dans un article paru le ce mercredi 27 janvier 2016. Ce trou, c’est la carrière d’Ambokatra destinée à fournir les roches massives qui alimenteront le chantier de la Nouvelle Route du Littoral (NRL). Un pillage en silence au vue et au su des autorités françaises, dont la Région, et malgaches.

Contrairement à ce qu’avait affirmé Dominique Fournel, vice-président de la Région Réunion en charge de la NRL, 220 000 tonnes de galets malgaches alimenteront le chantier de la nouvelle route du littoral. Déjà plusieurs milliers de tonnes ont été livrées et d’autres cargaisons sont prévues d’arriver dans les prochaines semaines.

Si cette importation pose indubitablement la question de la pertinence des études qui ont été faites avant le lancement du chantier et l’attribution du chantier, ces roches malgaches soulèvent plusieurs autres interrogations :  » Cette goutte d’eau (220 000 tonnes de roches sur les 19 millions de tonnes prévues pour le chantier – NLR) n’est pas sans poser de nombreux problèmes environnementaux, éthiques et aussi politiques « , souligne le Quotidien.

Des problèmes environnementaux à plusieurs titres tout d’abord. Les photos publiées par le Quotidien le montrent, l’ancienne colline d’Ambokatra où jadis trônaient des arbres du voyageur est aujourd’hui défigurée avec  » un trou profond de 45 mètres étendu sur la surface de deux terrains de football « . Les villageois qui vivent non loin de la carrière ont quant à eux  » bien du mal à trouver le sommeil  » rapporte le journal qui décrit le va et vient des camions, la nuit, pour éviter  » de congestionner la circulation dans le centre-ville de Tamatave la journée « .

Plus inquiétant et qui concerne directement La Réunion, l’efficacité du processus de lavage des roches malgaches est mise en doute, et ce, alors que  le Préfet avait conditionné la possibilité de ces importations au le respect des réglementations sanitaires et environnementales en vigueur. Selon le Quotidien, deux bateaux sont missionnées afin d’arroser les chargements de galets, ce qui ne manque pas d’agacer le directeur général de la société du port autonome de Tamatave, Christian Avellin, qui ne cache d’ailleurs pas  » qu’il est plus que réservé sur l’efficacité du processus « .

Le Quotidien se penche aussi sur les autorisations d’extraction de ces roches, rappelant que le collectif pour Madagascar présidé par le docteur Philippe Andriatavy avait saisit le 18 novembre 2015 l’Office nationale de l’environnement malgache afin de demander la  » suspension de l’exploitation de la carrière d’Ambokatra – Toamasina pour usage non conforme au permis délivré  » ainsi qu’une  » étude d’impact environnemental et humain « .  » Cette carrière n’est pas faite pour exporter des roches massives. Elle existe depuis longtemps afin de fournir en graviers et en sable la région de Tamatave. Lorsqu’une multinationale paye seulement 0,5% de taxes alors qu’elle se sert du sol malgache pour construire une route à La Réunion, j’appelle cela du pillage de ressources « , s’emporte le président du Collectif pour Madagascar dans les lignes du Quotidien.

Cette requête est finalement restée  » classée « , selon le Quotidien qui parle de situation désormais  » clarifiée « , grâce notamment au système des  » ristournes « , un moyen légal d’  » acheter  » l’accord des autorités malgaches et de lever certaines barrières qui pourraient constitués des freins à la poursuite des extractions. Le Quotidien fait également référence à des  » ristournes occultes « , moyen bien connu à Madagascar où la corruption fait malheureusement rage.  » Nous avons fourni des tables et des chaises de seconde main au ministères des Mines  » reconnaît d’ailleurs Jean-Baptiste Guénet, le directeur général de Colas Madagascar, société en charge de l’exploitation de la carrière d’Ambokatra pour le compte du chantier de la nouvelle route du littoral.

Cet article pose plusieurs questions de fond. A La Réunion, les boucliers ne cessent de se lever face aux projets de carrière, à Bellevue, aux Lataniers ou encore à la Ravine du Trou. Rien de plus normal compte tenu de l’impact tant environnemental qu’économique et humain que de tels projets peuvent avoir. Pourtant, à Madagascar, la question de l’humain semble avoir été balayée d’un revers de la main, comme si la population malgache n’avait pas son mot à dire quant à ses inquiétudes et à ses interrogations relatives à son bien être. Est-ce parce que Madagascar est un des pays les plus pauvres au monde que la France, par l’intermédiaire de La Réunion, se permet d’ignorer l’intérêt du peuple malgache au profit d’un chantier dont le montage stratégique et financier montre déjà des signes de préoccupations ?

En ce qui concerne l’impact environnemental, ces images peuvent donner un avant goût de ce qui attend les Réunionnais dans les prochains mois. Comme le rappelle Julien Sartre, la carrière d’Ambokatra ne concerne  » que  » 220 000 tonnes de roches malgaches, une  » goutte d’eau  » comparé au 19 millions de tonnes nécessaires sur le chantier réunionnais. D’où la question que l’on pourrait se poser : l’impact environnemental, esthétique, économique et humain des carrières qui pourraient prochainement ouvrir a-t-il été véritablement évalué par les services de la Région et de l’Etat ?

Enfin, d’un point de vue éthique, peut-on se permettre de sacrifier les magnifiques paysages de Madagascar sur l’autel de l’avancement du chantier de la nouvelle route du littoral alors qu’aujourd’hui, et plus que jamais, la Région Réunion se targue d’être le chef de file d’une coopération régionale accrue, notamment dans le domaine touristique avec les Iles Vanilles dont Madagascar fait partie. Comment peut-on, d’un côté, défendre la cause du tourisme régional lorsque, de l’autre côté, on pille le territoire voisin ?

Alors que la convention de Rotterdam réglementant l’importation et l’exportation de produits dangereux a été élaborée pour protéger les pays du Tiers-Monde, le silence de la communauté internationale concernant le pillage de ressources (roche, fer, et autres matériaux précieux) à Madagascar  interpelle et pose la question de la valeur de ce pays et de sa population aux yeux du reste du monde…

www.ipreunion.com

Port de Toamasina. Les Galets pour La Réunion.

Galets Toamasina

Ph. Hanitra Andrian

Lire :

Ile de La Réunion. Importation massive de granit malgache (Entreprise Colas). Historique.

 

 

 

Afrique ce qu’il faut savoir : Pillage des ressources Africaines par l’occident

 

Un extrait de l’excellente présentation TEDX de Mallence Bart Williams, en 2015 à Berlin, à propos du pillage de l’Afrique par les nations dites « développées », et du rôle des ONG dans ce pillage.

Une chose m’épate continuellement : Bien que j’ai étudié l’économie et la finance dans les meilleures universités du monde, la question suivante reste sans réponse :

Pourquoi 5’000 unités de notre monnaie valent 1 unité de la votre alors que nous possédons les réserves effectives d’or ?

Il est assez évident que ce n’est pas l’occident qui aide l’Afrique mais l’Afrique qui aide le monde occidental. L’occident dépend de l’Afrique par tous les aspects possibles étant donné qu’ici, les ressources alternatives sont rares.

Comment l’occident s’assure-t-il que l’aide gratuite se perpétue? En déstabilisant systématiquement les nations les plus riches d’Afrique et leurs systèmes et tout ceci grâce à l’appui d’immenses campagnes de relations publiques laissant croire au monde entier que l’Afrique est pauvre et mourante et qu’elle ne survit que grâce à la charité occidentale.

Bien joué OxFam, l’UNICEF, la Croix-Rouge, Live Aid et toutes les autres organisations, qui dépendent des millions de dollars pour des campagnes de publicité qui ne sont que porno de charité pour que cette image de l’Afrique se perpétue mondialement. Ces campagnes de pub, payées par des gens innocents pensant aider à travers leurs dons.

Tandis qu’une main donne, sous les flashs lumineux des appareils photos, l’autre prend, dans l’ombre.

Nous savons tous que le Dollar ne vaut rien et que l’Euro ne reflète que l’intellect et la technologie Allemande et peut-être, les pates à l’Italienne.

Comment peut-on s’attendre à des dons de la part de nations qui possèdent si peut? C’est si gentil de votre part de nous apporter des crayons de couleurs et de nous prendre notre or et nos diamants. Au lieu de ça, vous feriez mieux de venir les mains vides avec intégrité et honneur.

Je voudrais partager notre richesse avec vous et vous invite à en faire de même.

L’idée c’est qu’une Afrique équilibrée et combative ne disperserait pas ses ressources aussi facilement et allègrement. Logique.

Elle revendrait bien évidemment ses ressources au prix du marché ce qui en retour, déstabiliserait et affaiblirait l’économie occidentale qui sont bâties sur le système post-colonial du pillage à volonté…

En savoir plus sur http://finalscape.com/?p=4634#mQqFbKIVdFtCpEkF.99

Jacques Chirac

… L’ancien président Français Jacques Chirac a récemment déclaré lors d’une interview :

Il faut être honnête et reconnaitre qu’une grande partie de l’argent de nos banques est précisément issu de l’exploitation du continent Africain. En 2008, il a expliqué que sans l’Afrique, la France serait reléguée au rang de puissance du tiers-monde.

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Les causes occultées de la « crise des migrants » : pillage de l’Afrique et guerres néocoloniales

Par Saïd Bouamama

[article écrit en mars dernier sous le titre « Le mur meurtrier de la Méditerranée : L’assassinat institutionnel de masse de l’Union européenne ». Le nombre de migrants morts en mer s’est encore accru par rapport à l’année dernière…]

3419 migrants sont morts en 2014 en tentant de traverser la Méditerranée selon l’agence de Nations-Unies pour les réfugiés(1) . Ce chiffre macabre fait de la Méditerranée la frontière la plus meurtrière, le nombre total de décès pour le monde entier étant de 4272. Sur une durée plus longue ce sont plus de 20 000 migrants qui ont perdu la vie depuis l’an 2000. La tendance est de surcroît à une hausse permanente, l’année 2014 ayant battu tous les records en laissant loin derrière le précédent pic qui était de 1500 décès en 2011. Les discours politiques et médiatiques construisent chaque nouveau drame comme des catastrophes imprévisibles sur lesquelles les gouvernements européens n’auraient aucune prise et aucune responsabilité. Le discours de la catastrophe cache un processus d’assassinat de masse de l’Union Européenne.

Les angles morts sur les causes structurelles

Le premier angle mort des discours politiques et médiatiques est celui des causes économiques poussant des dizaines de milliers d’Africains à risquer leurs vies dans des traversées qu’ils savent meurtrières. Depuis les indépendances politiques de la décennie 60, d’autres mécanismes que l’occupation militaire directe sont venus prendre le relais pour assurer la reproduction du « pacte colonial » c’est-à-dire la construction des économies africaines selon les besoins de l’Europe et non selon les besoins des peuples africains. Sans être exhaustif rappelons quelques-uns de ces mécanismes.

Les accords de coopération économique, financière et monétaire que les différents pays européens imposent aux pays africains impliquent une vente des matières premières à des coûts inférieurs à celui du marché mondial et interdisent la taxation des produits importés d’Europe. Prenons l’exemple du dernier accord signé entre l’Union Européenne et les 15 États de l’Afrique de l’Ouest dit « Accord de partenariat économique » (APE). Cet accord interdit la taxation des 11, 9 milliards d’euros de produits importés par l’Union Européenne en 2013. Il met ainsi l’agriculture vivrière locale en concurrence avec l’agriculture industrielle européenne poussant à la misère des centaines de milliers de paysans. Les conséquences coulent de source :

« Cet Accord renforcera une migration massive de populations privées d’avenir dans leur pays, dans une situation où la population d’Afrique de l’ouest fera plus que doubler d’ici 2050, atteignant 807 millions d’habitants (contre 526 millions pour l’UE à la même date), et dans un contexte de réchauffement climatique particulièrement accentué dans cette région.(2) »

Le caractère exploiteur de ces accords est tel que le professeur Chukwuma Charles Soludo, déclare le 19 mars 2012 que l’APE d’Afrique de l’Ouest constitue un (AO) « second esclavage(3). Mais l’APE n’est que la systématisation à grande échelle de logiques de mises en dépendance antérieures comme « l’aide liée » imposant le recours aux entreprises françaises en échange d’un financement de projets d’aménagement, les Plans d’Ajustement Structurel imposant des réformes libérales en échange d’un crédit ou d’un report de remboursement d’une dette, ou pire encore l’institution du Franc CFA qui permet le contrôle des politiques monétaires de la zone franc. Ces causes directes de la paupérisation africaine et de la pression migratoire sont tues par le discours politique et médiatique dominant. Elles démentent l’idée d’une catastrophe imprévisible sur laquelle l’homme n’aurait aucune prise.

Le discours médiatique de la catastrophe n’est qu’un processus de masquage des causes économiques structurelles.

Bien sûr de tels mécanismes ne sont possibles que par le recours direct ou indirect à la force allant de l’assassinat des opposants à ces politiques en passant par les coups d’Etats ou les guerres ouvertes. C’est la raison de la fréquence des interventions militaires européennes directes ou indirectes en Afrique. Si la France est la plus présente dans ces aventures guerrières en Afrique c’est sur la base d’une délégation européenne. Face à la montée des puissances émergentes, face à la concurrence économique états-unienne et chinoise, l’Europe mandate ainsi la France pour la défense des intérêts de l’ « Eurafrique » c’est-à-dire pour la consolidation d’un néocolonialisme socialisé à l’échelle de l’Union Européenne. Cette « Eurafrique » économique et militaire est un vieux projet de certaines fractions du capital financier européen. Elle a été freinée par les concurrences entre les différents pays européens qui tendent à être mises au second plan du fait de l’exacerbation de la concurrence liée à la mondialisation capitaliste. Voici comment Aimé Césaire alertait déjà en janvier 1954 sur l’Eurafrique en se trompant uniquement sur la nationalité du soldat :

« Je le répète : le colonialisme n’est point mort. Il excelle, pour se survivre, à renouveler ses formes ; après les temps brutaux de la politique de domination, on a vu les temps plus hypocrites, mais non moins néfastes, de la politique dite d’Association ou d’Union. Maintenant, nous assistons à la politique dite d’intégration, celle qui se donne pour but la constitution de l’Eurafrique. Mais de quelque masque que s’affuble le colonialisme, il reste nocif. Pour ne parler que de sa dernière trouvaille, l’Eurafrique, il est clair que ce serait la substitution au vieux colonialisme national d’un nouveau colonialisme plus virulent encore, un colonialisme international, dont le soldat allemand serait le gendarme vigilant(4). »

Ces guerres directes ou indirectes(5) sont la seconde cause de la pression migratoire. Ce n’est pas seulement pour survivre économiquement que des milliers d’africains risquent leurs vies en méditerranée mais pour fuir les guerres européennes et leurs conséquences en termes d’installation de régimes dictatoriaux ou pire encore le chaos comme en Lybie ou au Congo avec l’installation de « seigneurs de guerres » avec lesquels le commerce peut continuer. Le discours médiatique de la catastrophe masque également la responsabilité européenne vis-à-vis de cette cause des migrations contemporaines.

Frontex ou la création des conditions d’un assassinat de masse

Si les causes évoquées ci-dessus suffisent pour comprendre la hausse de la pression migratoire, elles ne suffisent pas à expliquer l’augmentation du nombre de décès au cours de la migration. Pour cela il faut orienter le regard vers les réponses de l’Union Européenne à cette pression migratoire. Ces réponses se concrétisent depuis 2005 par l’action de l’agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne (FRONTEX). Le statut d’agence offre une autonomie importante qui a été encore renforcée le 10 octobre 2011 en l’autorisant à posséder désormais son propre matériel militaire. Les moyens financiers mis à disposition de FRONTEX sont en augmentation constante : 19 millions d’euros en 2006 et 88 millions d’euros en 2011(6).

Concrètement l’agence organise des patrouilles militaires afin de refouler les migrants vers des pays voisins d’une part et signe des accords avec des États tiers pour qu’ils fassent barrage en amont sur les candidats à la migration d’autre part. Pour mener à bien sa première mission, l’agence dispose de moyens militaires en constante augmentation mis à disposition par les États membres ou en possession propre : plus d’une quarantaine d’hélicoptères et d’avions, d’une centaine de bateaux et environ 400 unités d’équipement tels que des radars, des sondes, des caméras, etc(7). Nous sommes bien en présence d’une logique de guerre contre les migrants. De tels moyens militaires permettent à l’agence d’assurer en particulier des patrouilles fréquentes dans les eaux territoriales des États membres mais également dans les eaux internationales. La Ligue belge des droits de l’homme décrit à juste titre l’agence comme une « véritable armée au service de la politique migratoire d’une Europe forteresse, menant à armes inégales une guerre aux migrants qui n’ont rien de soldats(8) ». Cette logique de guerre conduit les candidats à la migration à des prises de risques de plus en plus importantes pour échapper à la surveillance des patrouilles de FRONTEX. La hausse du nombre de décès n’est pas le fait d’une catastrophe imprévisible mais le résultat de décisions prises en toute conscience des conséquences meurtrières.

La seconde mission de FRONTEX consistant en la signature d’accords avec les pays africains riverains de la méditerranée n’est rien d’autre qu’une externalisation du « sale boulot » pour reprendre une expression de la juriste Claire Rodier(9). Les conséquences de cette externalisation sont logiques :

« Cette externalisation qui consiste, pour les Etats européens, à sous-traiter la gestion de l’immigration irrégulière aux pays limitrophes (Maghreb, Europe de l’Est) a plusieurs avantages : d’une part, elle opère un transfert du « sale boulot » (déportations de masse, détentions arbitraires, tortures) dans des pays dont les standards sont moins élevés qu’en Europe, en permettant de s’affranchir des obligations que les lois européennes imposent en matière de respect des droits de l’homme ; d’autre part, elle participe du rapport de dépendance que l’UE entretient avec son voisinage proche. Car, aux pays concernés, on promet, en échange de leur collaboration, le financement d’actions de coopération ou des contreparties de nature politique ou diplomatique(10). »

Aux morts de ma méditerranée, il convient donc d’ajouter les sévices, les brutalités et les morts de la sous-traitance. Ce rôle d’installation des conditions de l’assassinat institutionnel de masse est, bien entendu, absent des reportages que nos médias diffusent à chaque naufrage meurtrier.

Le discours médiatiques sur les passeurs

Ayant occulté les causes structurelles de la hausse de la pression migratoire et les causes de sa traduction en décès dans la méditerranée, il ne reste au discours médiatiques qu’à ne se centrer que sur les passeurs. Ceux-ci seraient les seuls responsables de la situation et la lutte contre les réseaux de passeurs est présentée comme la solution. Le centrage des discours politiques et médiatiques sur les seuls passeurs contribue une nouvelle fois à occulter les véritables raisons des drames réguliers de la méditerranée.

Nous n’avons, bien entendu, aucune sympathie pour ces passeurs. Nous devons néanmoins rappeler que tant qu’il y a une demande de migrants, il y aura une offre de passages clandestins. C’est le propre des politiques qui ne veulent pas s’attaquer aux causes d’un problème social que de n’aborder que l’offre et d’occulter la demande. S’attaquer aux seuls dealers sans s‘interroger sur la demande de « paradis artificiels » d’un nombre grandissant de citoyens, adopter une politique prohibitionniste en matière d’alcool sans s’attaquer aux causes de l’alcoolisation, etc. Les exemples sont nombreux de ces politiques hypocrites prétendant agir sur les conséquences alors que les causes restent occultées.

Confrontés à une hausse des risques de contrôle, les passeurs sont incités à se débarrasser de leurs cargaisons encombrantes le plus tôt possible et par n’importe quel moyen. « De nouveaux éléments recueillis, mardi 16 septembre, par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) sont venus confirmer la thèse selon laquelle ce sont bien les passeurs qui ont volontairement embouti le bateau de centaines de migrants avant que celui-ci ne coule » souligne Elise Vincent dans l’édition du Monde du 16 septembre 2014. Si ces criminels doivent être poursuivis et jugés, il n’en demeure pas moins que de telles pratiques ne sont possibles que parce que la politique européenne en crée les conditions.

Ces mêmes orientations politiques créent une occasion de profit en or pour la mafia par l’exploitation de ceux qui ont pu échapper à la mort. Le journaliste de l’agence Reuter décrit comme suit cette nouvelle « poule aux œufs d’or » de la mafia à Lampedusa :

« Ici, à huit heures de bateau de la Sicile, la mafia fait déjà ses affaires en accueillant des migrants dans des centres exploités par des sociétés privées sur délégation de l’Etat. C’est toujours les mêmes qui gagnent les appels d’offre depuis des années. Un migrant rapporte en subvention une trentaine d’euros par jour. Avec ces dizaines de milliers de migrants, c’est un business en or, plus rentable même que le trafic de drogue, de l’aveu d’un gangster, piégé par des écoutes téléphoniques lors d’une enquête sur la corruption à Rome. Ce qui est vrai dans la capitale sera vrai partout en Italie. Une illustration de cette organisation, c’est le scenario, toujours le même, qui précède les secours. A bord des rafiots pourris partis de Libye, il n’y a rien à manger ou à boire, pas d’essence, mais un téléphone satellitaire pour appeler au secours. Un équipement bien trop coûteux pour les passeurs. A terre, les migrants fournissent une main d’œuvre à bon marché. Dans l’agriculture pour les hommes, dans la prostitution pour les femmes. Un véritable trafic d’esclaves, et les esclavagistes sont Africains et Italiens(11). »

Les travaux de recherche sur les discriminations considèrent qu’une des formes de celles-ci est la discrimination systémique c’est-à-dire étant la conséquence d’un système et non d’une décision volontaire de discriminer. Nous pouvons emprunter le même concept en ce qui concerne les morts de la méditerranée. Certes l’assassinat de ces migrants n’est pas direct. Il est en revanche le résultat inéluctable des politiques de l’Union Européenne tant dans sa politique africaine que dans sa politique migratoire, tant dans la hausse de la pression migratoire que dans sa traduction en décès à grande échelle.

Source : http://www.michelcollon.info/Le-mur-meurtrier-de-la.html

Notes

(1)http://www.unhcr.fr/54871a45c.html,
(2)Communiqué de presse, Non à la signature de l’Accord de Partenariat Économique UE-Afrique de l’Ouest par le Conseil de l’Union européenne !, 11 décembre 2014, http://www.solidarite.asso.fr/IMG/p…,
(3)Jacques Berthelot, Il est urgent d’arrêter d’imposer les APE, 16 janvier 2013,http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/po…,
(4)Aimé Césaire, Le colonialisme n’est pas mort, La nouvelle critique, n° 51, janvier 1954, p. 28.
(5)Conférer pour aller plus loin, Raphaël Granvaud, Que fait l’armée française en Afrique, Agone, Marseille, 2009.
(6)Frontex, le bras armé de l’Europe Forteresse, demain le Monde, n° 18, mars-avril 2013.
(7)Ibid.
(8) Frontex : guerre aux migrants » – le document audio, http://www.liguedh.be/les-fichiers-…,
(9)Claire Rodier, Xénophobie Business, à quoi servent les contrôles migratoires, La Découvertes, Paris, 2012.
(10)Interview de Claire Rodier dans Libération du premier octobre 2012.
(11)Antonio Parrinello, Reuters du 17 janvier 2015.

***

pompe afrique

 

L’histoire sidérante et tragique de la Françafrique

« En 1960, les quatorze colonies françaises d’Afrique noire deviennent indépendantes. Le général de Gaulle confie à Jacques Foccart la mise en place d’un système qu’on appellera la Françafrique et qui vise à garder, par tous les moyens légaux et illégaux, le contrôle de nos anciennes colonies.

50 ans plus tard, ce système perdure. Pour la première fois, des hommes en charge des plus hautes responsabilités officielles ou officieuses durant ces cinquante dernières années, révèlent l’histoire tumultueuse d’un monde secret où, en dehors de tout contrôle parlementaire ou gouvernemental, tous les coups sont permis. »

Videos : L’Histoire de la Françafrique. 

 

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