« Votre civilisation », Crazy Horse, grand chef Sioux. Le message prémonitoire… à la planète.

« Nous ne voulons pas de votre civilisation ! Nous voulons vivre comme le faisaient nos pères et leurs pères avant eux ».

 

Crazy Horse, grand chef Sioux du clan Oglalas

 « Le Grand Esprit nous a donné une vaste terre pour y vivre, et des bisons, des daims, des antilopes et autres gibier. Mais vous êtes venus et vous m’avez volé ma terre. Vous tuez mon gibier. Il devient dur alors pour nous de vivre.
Maintenant vous nous dites que pour vivre, il faut travailler. Or le Grand Esprit ne nous a pas fait pour travailler, mais pour vivre de la chasse.

Vous autres, hommes blancs, vous pouvez travailler si vous le voulez. Nous ne vous gênons nullement. Mais à nouveau vous nous dites « pourquoi ne devenez-vous pas civilisés? » Nous ne voulons pas de votre civilisation ! Nous voulons vivre comme le faisaient nos pères et leurs pères avant eux »

 

Crazy Horse – L’histoire d’un grand chef indien

Il semblerait que l’histoire de Crazy Horse commence vers 1840 ou 1841, dans les plaines herbeuses près de la rivière Belle Fourche (petite localité au nord des Black Hills dans le Dakota). Il serait né d’un père Oglalas et d’une mère Minneconju. Crazy Horse avait cependant la peau claire et des cheveux frisés, si bien que certains ont pu croire qu’il était plutôt métis. Son nom d’ enfance fut d’ailleurs Curly Hair ce qui veut dire Cheveux Bouclés. Il semble que le jeune Crazy Horse fut témoin du massacre de Grattan en août 1854 près de Fort Laramie dans le Wyoming. C’est là que le jeune lieutenant John Grattan et ses soldats furent tués par les Lakotas alors qu’ils tentaient d’arrêter un guerrier accusé de voler du bétail.
Crazy Horse - Wikipedia -Public Domain
Il s’agirait de Crazy Horse en 1877
Wikipedia – Public Domain
Peu après ce massacre, le jeune Crazy Horse eut une vision: il y vit un guerrier à cheval émerger d’un lac. Cheval et cavalier flottaient dans les airs. Le visage de l’homme ne portait aucune peinture de guerre, il avait cependant une petite pierre brune attachée derrière une de ses oreilles. Il avait aussi une plume d’aigle piquée dans ses cheveux. L’homme s’adressa à Crazy Horse dans un langage inconnu. Il lui demanda d’enduire son poney de poussière, poussière dont il couvrirait lui-même son corps et ses cheveux avant les combats. Ceci le protégerait des balles et des flèches. Le cavalier fantôme flottait haut dans les airs, hors d’atteinte des flèches et les balles. Lorsque son propre peuple essayait de l’attraper, le cavalier se libérait à chaque fois. Un orage éclata, un éclair frappa la joue de l’homme et son corps fut criblé par la grêle. Quand l’orage s’apaisa, son peuple le rattrapa et l’agrippa. Crazy Horse raconta sa vision à son père qui lui expliqua que le cavalier c’était lui, qu’il deviendrait le chef de son peuple et qu’il ne mourrait pas au champ de bataille. Crazy Horse resta fidèle à cette vision tout au long de sa vie, il s’habillait comme le cavalier allant même jusqu’à attacher la petite pierre brune derrière son oreille et peindre un éclair sur sa joue gauche et des grêlons sur son corps. Il ne portait pas de coiffure de guerre mais une seule plume d’aigle plantée dans ses cheveux, la pointe vers le bas contrairement aux autres guerriers. C’est vers la fin des années 1850 que Curly Hair devint Crazy Horse. D’après son ami He Dog (il-chien), il gagna le droit de porter ce nom (qui fut aussi le nom de son père) dans un engagement contre les indiens Arapahos. Il chargea ses ennemis à travers une grêle de flèches et de balles, exactement comme l’avait fait le cavalier de sa vision. Lors de sa dernière charge, deux guerriers Arapahos vinrent le défier. Crazy Horse tua les deux hommes.
Lorsqu’il mis pieds à terre pour s’emparer des scalps des guerriers, son cheval prit peur et s’enfuit. L’histoire dit qu’il dut rentrer à pied alors que des volées de flèches passait au dessus de sa tête, il avait cependant les scalps à la main. Pour célébrer son courage, le père de Crazy Horse organisa une fête où il lui offrit son propre nom.
En 1865, Crazy Horse fut choisi par les siens pour être un des chefs de la tribu Oglalas. Peu après débuta la guerre menée par le chef Red Cloud (Nuage rouge). Red Cloud voulait stopper la progression des colons blancs qui arrivaient sans cesse plus nombreux sur la fameuse la piste Bozeman. Il y eu de nombreuses escarmouches avec les blancs. L’année suivante, l’ armée américaine construisit 2 forts sur la piste Bozeman; Fort Phil Kearny et Fort C. E. Smith. Ces forts et leurs fameuses « tuniques bleues »devaient offrir protection aux colons. Red Cloud harcelait les blancs qui s’aventuraient hors des forts lors d’ embuscades souvent meurtrières. En décembre de cette même année, des guerriers Minneconjous, Oglala Lakotas, Cheyennes et Arapahos se rassemblèrent sous le commandement de Red Cloud, alors accompagné de Crazy Horse. Dix hommes (certains disent que Crazy Horse en faisait partie) s’embusquèrent près du Fort Phil Kearny, alors qu’un autre groupe de guerriers s’en prit aux colons qui étaient à l’ extérieur du fort. Le capitaine William Fetterman à la tête d’un détachement de 80 soldats fut envoyé pour secourir les colons. C’est ce qu ‘attendaient le petit groupe de guerriers embusqués pour se montrer. Bien évidemment, le capitaine engagea immédiatement la poursuite fatale qui se termina à un endroit nommé Lodge Trail Ridge, à plusieurs km du fort.
Custer, photo de George L. Andrews, US National Archives and Records Administration - Public Domain
Le colonel Custer
US National Archives and Records Administration – Public Domain
Plus de 2,000 guerriers avaient préparé une embuscade et les attendaient là C’est vers 1872 qui Crazy Horse devint le chef de guerre des Oglalas. La date exacte n’est pas connue, mais He Dog raconte que c’était bien avant la fameuse bataille de (voir photos de Little Big Horn). En août 1872, Crazy Horse et Sitting Bull menèrent ensemble une attaque contre un groupe de 44 soldats qui escortaient une équipe de topographes de la Société des chemins de fer de la Northern Pacific. Crazy Horse chargea l’ennemi au mépris des balles qui sifflaient autour de lui, son cheval fut tué et une fois encore il fut à pieds.
En 1875, ils y eu des pourparlers entre les Lakotas et les représentants des Etats-Unis au sujet des Black Hills. L’année précédente, le lieutenant-colonel George Custer découvrit de l’or dans les monts des Black Hills. Paradoxalement, la mission de Custer était d’arrêter et d’ expulser les quelques prospecteurs blancs qui commençaient à arriver dans les Black Hills. A cette époque, les Black Hills appartenaient légalement aux indiens d’après un traité signé précédemment. En échange des Blacks Hills et des territoires du Dakota (Dakota Nord et le Dakota Sud), les indiens devaient simplement laisser passer les colons qui se rendaient dans l’Orégon par la fameuse la piste Bozeman. La découverte de l’or se transforma vite en ruée, les aventuriers affluèrent alors par milliers dans les Black Hills.
Cet or changea vite les bonnes intentions du gouvernement américain. Celui-ci voulait conclure un nouveau traité avec les indiens pour leur soustraire ces fameuses Black Hills.> Les Black Hills étant cependant une terre sacrée pour les indiens, Crazy Horse et ses guerriers était près à se battre pour les défendre. Le Président Ulysses S. Grant, dans un effort pour évincer les indiens des Black Hills ordonna à ceux-ci de se rendre auprès des agences indiennes. Tous ceux qui s’y refusèrent purent être considérés comme hostiles et pouvaient justifier une intervention militaire.
En 1876 à Rosebud Creek dans le Sud du Montana, Crazy Horse mena ses guerriers Lakotas et Cheyennes contre les 1,260 soldats et ennemis Crows et Shoshones alors sous les ordres du Général George Crook. Crazy Horse espérait attaquer le premier, mais ces braves furent découverts par les éclaireurs de Crook. Essayant de tirer avantage de la situation, le capitaine Anson Mills mena une première charge contre les Lakotas.
D’après un témoin, les Lakotas contre-attaquèrent et mirent les soldats en fuite. Dès lors, la bataille fut une suite de charges de part et d’autres. A la tombée de la nuit, les Lakotas et les Cheyennes y mirent fin, Crook ordonna alors la retraite. Les deux camps clamèrent la victoire. La bataille avait coûté la vie à 9 soldats et 20 indiens, elle avait aussi fait 23 blessés. Quelques jours plus tard, le colonel Custer et son 7ème de cavalerie attaquèrent un grand rassemblement indien sur la rivière Little Big Horn dans le Montana. Crazy Horse et Sitting Bull s’y trouvaient avec leurs guerriers Lakotas, Cheyennes et Arapahos. Bien que très inférieur en nombre, Custer ordonna à ses hommes (qui venaient de faire une marche forcée de 70 km) d’ attaquer le campement. Dès le début de l’ attaque, Crazy Horse et ses guerriers se portèrent à la rencontre des soldats. La bataille fut de courte durée. Custer fut abattu, certains soldats se suicidèrent, les guerriers tuèrent les autres. Seul le cheval de Custer survécu à la bataille. Certains se demandent pourquoi les indiens Crows servaient d’ éclaireursà l’ armée américaine pour l’ aider dans sa guerre contre les indiens (et ultime contre eux-même). L’ explication est simple, les Sioux étaient en guerre contre les Crows depuis longtemps. Supérieur en nombre, les Sioux avaient dépossédé les Crows d’une partie de leurs territoires, ces derniers voulaient simplement les récupérer. Pour cela, ils se sont alliés avec les ennemis des Sioux; les tuniques bleues. Par la suite, les Crows gagnèrent leur cause et récupérèrent leurs territoires perdus; Little Big Horn et son champ de bataille est aujourd’hui une réserve Crow. Curley  en 1878, Wikipedia - Public Domain
Curley, l’un des éclaireurs Crow de Custer
Crazy Horse © Assiniboine Tipis
Monument de Crazy Horse, Dakota du Sud
La défaite de Custer fut aussi la dernière victoire des indiens. Crazy Horse tenta de résister, mais l’armée américaine et la famine finirent par obliger Crazy Horse et ses hommes de se rendre. Il mourut en 1877 alors qu’il se rendait au camp des soldats. Il y eu des rumeurs déclenchées par quelques petits chefs indiens qui jalousaient son prestige. Ces rumeurs disaient que Crazy Horse était prêt à repartir en guerre. Crazy Horse dut se rendre au fort pour s’expliquer. Mais son sort était jeté, il y eu une discussion, des malentendus (il semblerait que l’interprète indien de Crazy Horse ne traduisit pas très fidèlement les paroles de celui-ci). Il y eu une bousculade, le meilleur ami de Crazy Horse le ceintura alors qu’un soldat lui plongeait une baïonnette dans le corps. Dans sa vison, son peuple le rattrapa et l’agrippait. Il fut enterré et son corps fut déplacé à plusieurs reprises pour éviter qu’il ne soit découvert. Plus tard, un Lakota du nom de Black Elk (élan Noir) dira que le lieu de la sépulture est sans intérêt. Le lieu de la tombe n’est pas très important, ce n’est que de l’ herbe; mais là où se trouve son esprit, là est le bon endroit. Il y a aujourd’hui un mémorial à l’honneur de Crazy Horse dans les Black Hills.

artisanatindien

 

International : les sioux relèvent la tête

Grâce au Crazy Horse Memorial, la tribu marque son empreinte sur les Black Hills. Et nourrit le projet fou de récupérer cette terre que les Visages Pâles lui ont confisquée en 1890.

Matthieu Pelloli | 07 Août 2013, 15h10 | MAJ : 09 Août 2013

Au cœur des Black Hills, dans le Dakota du Sud (Etats-Unis), la statue du chef sioux Crazy Horse a été commencée 1948. Ce visage de pierre mesure 27 m.
Au cœur des Black Hills, dans le Dakota du Sud (Etats-Unis),
la statue du chef sioux Crazy Horse a été commencée 1948.
Ce visage de pierre mesure 27 m.
Jean-Christian Bourcart

Ce sera, un jour, la plus grande sculpture du monde.

C’est déjà, à une dizaine de kilomètres du mont Rushmore avec ses célèbres visages des présidents américains George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln taillés à même le roc, un puissant totem et un formidable pied-de-nez à l’histoire écrite par les vainqueurs d’une guerre sans merci.

Une bordée de flèches dans le mythe du fermier blanc civilisateur et de la caricature hollywoodienne du peau-rouge.

Au nord des Etats-Unis, au cœur des Black Hills (Dakota du Sud) verdoyantes et boisées, les Sioux ont entrepris de rendre hommage à Crazy Horse, figure héroïque de la résistance indienne, dans le granit noir qui surplombe leurs terres sacrées.

La plus emblématique des tribus nord-américaines, que les migrants pensaient vouée à la disparition à la fin du XIXe siècle, a survécu.

Le projet fou du Crazy Horse Memorial (composé, outre la sculpture monumentale, du musée indien d’Amérique du Nord et d’un centre culturel amérindien) est aujourd’hui le symbole de sa résurrection culturelle et spirituelle.

Même si l’œuvre, commencée en 1948 et réalisée sans subvention du Dakota du Sud ni du gouvernement fédéral (deux chèques de 10 millions de dollars ont même été refusés), est loin d’être terminée.
Seul le visage de Crazy Horse est déjà sculpté. Son cheval, dessiné sur la roche, viendra plus tard. L’œuvre mesurera 195?m de long, pour 172 de haut. – Jean-Christian Bourcart

« L’Homme Rouge a aussi ses héros »

« Nous n’avons fixé aucune date de fin de chantier. La seule chose qui compte, c’est qu’une dizaine d’ouvriers burinent la montagne tous les jours », s’amuse Ruth Ziolkowski, 87 ans, d’une voix étonnamment juvénile.

Veuve du sculpteur Korczak Ziolkowski, déjà l’un des maîtres d’œuvre du mont Rushmore, Ruth s’est investie corps et âme dans la poursuite du travail de son mari.

Korczak avait reçu une lettre du chef sioux Henry Standing Bear pour le presser de mettre son expérience au service de la cause indienne : « Mes camarades chefs et moi-même aimerions que l’Homme Blanc sache que l’Homme Rouge a de grands héros, lui aussi. »

Aujourd’hui, seul le visage de Crazy Horse se dessine, sur 27 mètres (les têtes du mont Rushmore mesurent 18 mètres).

A terme, l’œuvre monumentale (172 mètres de haut, 195 de long) représentera ce guerrier farouche sur un cheval, pointant le doigt vers l’horizon.

Stratège de génie, Crazy Horse écrasa la troupe du lieutenant-colonel Custer, et deux régiments de cavalerie à Little Bighorn, en 1876.

De Wounded Knee à Alcatraz

Charles Abourezk, ex-représentant des nations indiennes à l’ONU, dirige un cabinet d’avocats à Rapid City (Dakota du Sud), spécialisé dans les affaires autochtones.

Ce colosse nous confie une anecdote inédite : « Le célèbre Sitting Bull, medicine man de la tribu, voulait empêcher Custer de nuire dans ce monde, mais aussi dans l’autre. Les Sioux, après l’avoir abattu, lui ont coupé le doigt qui lui servait à appuyer sur la gâchette de son revolver. »

L’armée américaine prendra une sanglante revanche en 1890, à Wounded Knee. Le septième régiment de cavalerie, ancienne unité de Custer, massacre 200 personnes.

Parmi les victimes, des femmes et des enfants. Cela met un terme à la résistance des Sioux, qui cèdent leurs droits sur les Black Hills, berceau de leur histoire.

Les décennies qui suivent figurent parmi les plus sombres de la tribu.

Mais les Sioux survivent à la violation des traités, aux maladies de l’Homme Blanc (variole, tuberculose) et à l’anéantissement des bisons, leur première source de nourriture (50 millions de têtes en 1830, contre un millier en 1889).
Le bison est aujourd’hui une espèce protégée. Au XIXe?siècle, pour affaiblir les Sioux, dont c’était la?principale source de nourriture, les troupeaux avaient été décimés. – Jean-Christian Bourcart

Ils resurgissent des oubliettes de l’histoire au tournant des années 1970, en comptant parmi les éléments les plus investis du Red Power, inspiré du Black Power, mouvement soucieux de sensibiliser l’opinion à la cause indienne.

« En 1969, les activistes du Red Power ont envahi l’île d’Alcatraz, rocher sinistre et sans ressources en face de San Francisco, métaphore saisissante des conditions de vie des réserves, détaille Charles Abourezk.

En 1973, ils ont occupé le village de Wounded Knee, sur la réserve sioux de Pine Ridge.

Devant les médias du monde entier, mobilisés de longues semaines, ils ont rappelé le massacre de 1890, l’une des pages les moins glorieuses de la conquête de l’Ouest. »

Aujourd’hui, les Sioux poursuivent le combat. « Derrière l’étendard du Crazy Horse Memorial, il y a surtout le projet fou de récupérer les Black Hills », chuchote Ehawee, une jolie squaw aux longues nattes brunes, sur le ton du secret.

Une ambition qui va au-delà de la polémique provoquée par la création de la statue à l’effigie de Crazy Horse.

« Par nature, l’idée de sculpter une montagne est contraire la philosophie sioux de ne pas laisser d’empreintes sur terre, précise Charles Abourezk. Cette statue de Crazy Horse ne fait qu’illustrer à quel point les Indiens ont intégré les réflexes impérialistes de leurs oppresseurs… »

Pourtant, le grand chef vouait une haine farouche à la civilisation qu’on voulait lui imposer. Au point de refuser de se faire photographier. Difficile, dans ces conditions, de représenter fidèlement son visage…

Un combat devant les tribunaux

La statue rappellera néanmoins aux millions de touristes qui visitent le mont Rushmore chaque année, que les Black Hills furent la terre des Sioux.

Car ils quittent aujourd’hui les quatre présidents américains sans rien avoir appris des traités passés entre les Indiens et le gouvernement fédéral, en 1851 et 1868, qui garantissaient les droits des Sioux sur les Black Hills ni sur l’acte du Congrès de 1877, confisquant les terres attribuées car de l’or y avait été découvert.

« De façon surprenante, l’acte de propriété du gouvernement américain sur les Black Hills n’est plus aussi solide juridiquement qu’il n’a été, s’enthousiasme Chayton, étudiant en droit pressé de poursuivre devant les tribunaux le combat de ses ancêtres.

En 1980, la Cour Suprême a jugé que l’acquisition des Black Hills violait le cinquième amendement de la Constitution : “Nulle propriété privée ne pourra être réquisitionnée dans l’intérêt public sans une juste indemnité”. »

En réparation du préjudice, la Cour a attribué 17 millions de dollars aux Sioux pour la valeur de leur terre en 1877, ce qui fait, avec les intérêts sur plus d’un siècle, 102 millions de dollars au total.

A la surprise de nombreux Américains, les Indiens ont rejeté l’arrangement. « Les Black Hills ne sont pas à vendre », ont-ils répondu, slogan des affiches qui tapissent les murs de Rapid City.

« Ils veulent nous voir le regard baissé, vendant des breloques à plumes »

Depuis, les intérêts ont grimpé (aujourd’hui, les terres valent 800 millions de dollars). Les Sioux restent pourtant sur leur position, conscients que d’autres victoires judiciaires sont improbables pour l’instant, mais désireux de placer leur combat sur le long terme.

Un combat autant spirituel que culturel.

Kevin Pourier, 54 ans, est un artiste sioux de la tribu Oglala. « J’ai un nom français, s’amuse-t-il. Quand la Louisiane vous appartenait (elle s’étendait autrefois jusqu’à la terre des Sioux, NDLR), beaucoup de squaws ont épousé des trappeurs français, qui étaient paraît-il très beaux ! »

Son nom sioux est Pteoleo Hoksila, « le garçon à l’esprit de bison ». Dans la réserve de Pine Ridge où il vit, l’artiste en travaille la corne, qu’il polie puis incruste de minéraux précieux extraits des Black Hills.

Ses bijoux modernes ne trouvent pas place chez Prairie Edge, le magasin d’artisanat indien du centre-ville.

« Les Américains attendent la caricature du Sioux vaincu du XVIIIe siècle, s’agace-t-il. Ils veulent nous voir le regard baissé, assis en tailleur sur une couverture, vendant des breloques à plumes. »

Starbucks, pick-up et smartphones

Remonté, Kevin Pourier raconte cette anecdote : « Un jour, j’ai allumé un feu avec un briquet. “Qu’est-ce que tu fais !” ont hurlé des touristes.

Je leur ai expliqué que si mes ancêtres en avaient eu un, ils auraient fait la même chose. Aujourd’hui, les Indiens vont au Starbucks, conduisent des pick-up et utilisent des smartphones. »

Au printemps, cet artiste exposera au musée du Quai Branly, à Paris.

L’une de ses œuvres fait écho à la célèbre sculpture de James Earle Fraser, End of the Trail, qui fige dans la pierre un guerrier indien épuisé sur un cheval décharné, symbole d’une civilisation à l’agonie. End of the Trail… l’intitulé de l’œuvre de Kevin Pourier est le même, mais le guerrier est devenu une tunique bleue de la cavalerie américaine.

« Notre conception du monde perçu comme entité vivante et sacrée fut combattue par les armes avant d’être remplacée par une culture obsédée par l’exploitation de la nature et l’accumulation des richesses, souligne l’artiste, dépité. Mais le modèle imposé aux Indiens par la force et dans le sang montre ses limites. Notre culture a de l’avenir. »

« Je danse pour montrer nos souffrances »

Tatanka Opsipsipcha, 50 ans, Sioux de la tribu Hunkpapa

Des Indiens dans la ville : Tatanka et Majestic dansent devant la maison qu’ils louent à Rapid City et qu’ils doivent quitter, faute de pouvoir l’acheter. – Jean-Christian BourcartSur son torse, des marque
s laissées par les offrandes de chair lors de danses rituelles religieuses.
« Ces plaies cicatrisent toujours », élude Tatanka Opsipsipcha, 50 ans, un Sioux de la tribu Hunkpapa. Ses blessures à l’âme, elles, saignent encore.« Nos terres natales nous ont été volées, déplore-t-il. Nous n’abandonnerons jamais nos droits sur les Black Hills. »

Tatanka a été élevé à Fort Yates, dans la réserve de Standing Rock, à 450 km au nord de Rapid City (Dakota du Sud).Il y envoie tous les mois de l’argent pour sa famille. « Notre réserve est pauvre. Mes proches m’ont demandé d’entrer dans la société moderne pour nous faire connaître.Mon peuple me fait confiance pour transmettre notre héritage et faire savoir que nos conditions de vie sont atroces. »Chômage, alcoolisme, violences, suicides… Il égrène les souffrances indiennes comme une litanie.

Tatanka loue une maison dans la banlieue de Rapid City qu’il habite avec sa femme Billiejo, et son fils Majestic, 18 ans. Ils vont devoir partir car elle est en vente et ils ne peuvent pas l’acheter.

Tatanka et Majestic travaillent au Crazy Horse Memorial, où ils pratiquent les danses traditionnelles sioux. « Je danse pour montrer nos souffrances et notre renouveau », précise le père.

Car les coutumes religieuses sioux, longtemps interdites, sont redevenues centrales dans l’affirmation d’une identité collective.

Tatanka en est conscient. « Notre force est dans la vitalité retrouvée de note pratique spirituelle », conclut-il, frappant sa poitrine et ses cicatrices. Le Parisien

Le message prémonitoire des Indiens d’Amérique

LE MESSAGE PREMONITOIRE DES INDIENS D'AMERIQUE... dans REFLEXIONS PERSONNELLES INDIENS

Le destin des Indiens d’Amérique annonçait celui de l’ensemble des habitants de la planète qui assistent impuissants à la destruction de leur environnement, après la confiscation de leur espace et de leurs ressources.

Le message des Indiens est aussi une source de sagesse, fondée sur le respect de la nature et la compréhension de “l’Esprit qui est en toute chose”…

Prenons-en de la graine… loin de chez Monsanto !…

Nous avons toujours eu beaucoup ; nos enfants n’ont jamais pleuré de faim, notre peuple n’a jamais manqué de rien… Les rapides de Rock River nous fournissaient un excellent poisson, et la terre très fertile a toujours porté de bonnes récoltes de maïs, de haricots, ce citrouilles, de courges… Ici était notre village depuis plus de 100 ans pendant lesquels nous avons tenu la vallée sans qu’elle nous fût jamais disputée. Si un prophète était venu à notre village en ce temps-là nous prédire ce qui allait advenir, et ce qui est advenu, personne dans le village ne l’aurait cru.  

Black Hawk, chef indien

Nous aimons la tranquillité ; nous laissons la souris jouer en paix ; quand les bois frémissent sous le vent, nous n’avons pas peur.

Chef indien au gouverneur de Pennsylvanie en 1796

Nous le savons : la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre. Nous le savons : toutes choses sont liées. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. L’homme n’a pas tissé la toile de la vie, il n’est qu’un fil de tissu. Tout ce qu’il fait à la toile, il le fait à lui-même.

INDIENS2 ENVIRONNEMENT

Seattle, chef indien Suquamish

Le Lakota était empli de compassion et d’amour pour la nature, et son attachement grandissait avec l’âge. (…) C’est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester séparés des forces de vie. S’asseoir ou s’allonger ainsi leur permettait de penser plus profondément, de sentir plus vivement. Ils contemplaient alors avec une plus grande clarté les mystères de la vie et se sentaient plus proches de toutes les forces vivantes qui les entouraient.

Le vieux Lakota était un sage. Il savait que le coeur de l’homme éloigné de la nature devient dur. Il savait que l’oubli du respect dû à tout ce qui pousse et à ce qui vit amène également à ne plus respecter l’homme. Aussi maintenait-il les jeunes sous la douce influence de la nature.

Standing Bear, chef Lakota (Sioux)

Nous voyons la main du Grand Esprit dans presque tout : le soleil, la lune, les arbres, le vent et les montagnes ; parfois nous l’approchons par leur intermédiaire. (…) Nous croyons en l’Etre Suprême, d’une foi bien plus forte que celle de bien des Blancs qui nous ont traité de païens… Les Indiens vivant près de la nature et du Maître de la nature ne vivent pas d’ans l’obscurité.

Saviez-vous que les arbres parlent ? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et vous parleront si vous écoutez. L’ennui avec les Blancs, c’est qu’ils n’écoutent pas ! Ils n’ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu’ils n’écouteront pas non plus les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m’ont beaucoup appris : tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit.

INDIENS3 GUERRE

Tatanga Mani (ou Walking Buffalo), indien Stoney (Canada)

Les Blancs se moquent de la terre, du daim ou de l’ours. Lorsque nous, Indiens, cherchons les racines, nous faisons de petits trous. Lorsque nous édifions nos tipis, nous faisons de petits trous. Nous n’utilisons que le bois mort.

L’homme blanc, lui, retourne le sol, abat les arbres, détruit tout. L’arbre dit « Arrête, je suis blessé, ne me fais pas mal ». Mais il l’abat et le débite. L’esprit de la terre le hait. Il arrache les arbres et les ébranle jusqu’à leurs racines. Il scie les arbres. Cela leur fait mal. Les Indiens ne font jamais de mal, alors que l’homme blanc démolit tout. Il fait exploser les rochers et les laisse épars sur le sol. La roche dit « Arrête, tu me fais mal ». Mais l’homme blanc n’y fait pas attention. Quand les Indiens utilisent les pierres, ils les prennent petites et rondes pour y faire leur feu… Comment l’esprit de la terre pourrait-il aimer l’homme blanc ?… Partout où il la touche, il y laisse une plaie.

Vieille sage Wintu (Indiens de Californie)

Je peux me rappeler l’époque où les bisons étaient si nombreux qu’on ne pouvait les compter, mais les Wasichus (hommes blancs) les ont tués tant et tant qu’il ne reste que des carcasses là où ils venaient paître auparavant. Les Wasichus ne les tuaient pas pour manger ; ils les tuaient pour le métal qui les rend fous et ils ne gardaient que la peau pour la vendre. Parfois ils ne les dépeçaient même pas. Ils ne prenaient que les langues et j’ai entendu parler de bateaux-de-feu descendant le Missouri chargés de langues de bison séchées. Parfois ils ne prenaient même pas les langues ; ils les tuaient simplement pour le plaisir de tuer. Ceux qui ont fait cela étaient des fous. Quand nous chassions le bison, nous ne le faisions que selon nos besoins.

INDIENS4 MONDE

Hehaka Sapa, grand chef Sioux

Vous avez remarqué que toute chose faite par un indien est dans un cercle. Nos tipis étaient ronds comme des nids d’oiseaux et toujours disposés en cercle. Il en est ainsi parce que le pouvoir de l’Univers agit selon des cercles et que toute chose tend à être ronde. Dans l’ancien temps, lorsque nous étions un peuple fort et heureux, tout notre pouvoir venait du cercle sacré de la nation, et tant qu’il ne fut pas brisé.

Tout ce que fait le pouvoir de l’Univers se fait dans un cercle. Le ciel est rond et j’ai entendu dire que la terre est ronde comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi. Les oiseaux font leur nid en cercle parce qu’ils ont la même religion que nous. Le soleil s’élève et redescend dans un cercle, la lune fait de même, et tous deux sont rond.

Même les saisons forment un grand cercle dans leur changements et reviennent toujours là où elles étaient. La vie de l’homme est dans un cercle de l’enfance jusqu’à l’enfance, et ainsi en est-il pour chaque chose où l’énergie se meut.

Hehaka Sapa, ou Black Elk, indien Oglala, branche des Dakotas (Sioux)

La vie dans un tipi est bien meilleure. Il est toujours propre, chaud en hiver, frais en été, et facile à déplacer. L’homme blanc construit une grande maison, qui coûte beaucoup d’argent, ressemble à une grande cage, ne laisse pas entrer le soleil, et ne peut être déplacée ; elle est toujours malsaine. Les Indiens et les animaux savent mieux vivre que l’homme blanc. Personne ne peut être en bonne santé sans avoir en permanence de l’air frais, du soleil, de la bonne eau. Si le Grand Esprit avait voulu que les hommes restassent à un endroit, il aurait fait le monde immobile ; mais il a fait qu’il change toujours, afin que les oiseaux et les animaux puissent se déplacer et trouver toujours de l’herbe verte et des baies mures.

L’homme blanc n’obéit pas au Grand Esprit. C’est pourquoi nous ne pouvons être d’accord avec lui.

INDIENS5 PHILOSOPHIE

Flying Hawk, chef Sioux du clan des Oglalas

Les vastes plaines ouvertes, les belles collines et les eaux qui serpentent en méandres compliqués n’étaient pas « sauvages » à nos yeux. Seul l’homme blanc trouvait la nature sauvage, et pour lui seul la terre était « infestée » d’animaux « sauvages » et de peuplades « sauvages ». A nous, la terre paraissait douce, et nous vivions comblés des bienfaits du Grand Mystère. Elle ne nous devint hostile qu’à l’arrivée de l’homme barbu de l’Est qui nous accable d’injustices insensées et brutales.

Standing Bear, chef Lakota (Sioux)

Notre terre vaut mieux que de l’argent. Elle sera toujours là. Elle ne périra pas, même dans les flammes d’un feu. Aussi longtemps que le soleil brillera et que l’eau coulera, cette terre sera ici pour donner vie aux hommes et aux animaux. Nous ne pouvons vendre la vie des hommes et des animaux. C’est pourquoi nous ne pouvons vendre cette terre. Elle fut placée ici par le Grand Esprit et nous ne pouvons la vendre parce qu’elle ne nous appartient pas.

Chef indien Blackfeet (Pieds-Noirs)

Mes jeunes gens ne travailleront jamais.
Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la sagesse nous vient des rêves.

Smohalla, chef indien Sokulls

Le Grand Esprit nous a donné une vaste terre pour y vivre, et des bisons, des daims, des antilopes et autres gibier. Mais vous êtes venus et vous m’avez volé ma terre. Vous tuez mon gibier. Il devient dur alors pour nous de vivre.
Maintenant vous nous dites que pour vivre, il faut travailler. Or le Grand Esprit ne nous a pas fait pour travailler, mais pour vivre de la chasse.

Vous autres, hommes blancs, vous pouvez travailler si vous le voulez. Nous ne vous gênons nullement. Mais à nouveau vous nous dites « pourquoi ne devenez-vous pas civilisés ? » Nous ne voulons pas de votre civilisation ! Nous voulons vivre comme le faisaient nos pères et leurs pères avant eux.

INDIENS6 PLANETE

Crazy Horse, grand chef Sioux du clan Oglalas

Vous êtes déjà si misérables que vous ne pouvez le devenir plus. Quels genre d’homme doivent être les Européens ? Quelle espèce de créature choisissent-ils d’être, forcés de faire le bien et n’ayant pour éviter le mal d’autre inspiration que la peur de la punition ? (…) L’homme n’est pas seulement celui qui marche debout sur ses jambes, qui sait la lecture et l’écriture et montrer mille exemples de son industrie…

En vérité mon cher frère, je te plains du plus profond de mon âme. Suis mon conseil et devient Huron. Je vois clairement la profonde différence entre ma condition et la tienne. Je suis le maître de ma condition. Je suis le maître de mon corps, j’ai l’entière disposition de moi-même, je fais ce qui me plaît, je suis le premier et le dernier de ma nation, je ne crains absolument aucun homme, je dépends seulement du Grand Esprit.

Il n’en est pas de même pour toi. Ton corps aussi bien que ton âme sont condamnés à dépendre de ton grand capitaine, ton vice-roi dispose de toi. Tu n’as pas la liberté de faire ce que tu as dans l’esprit. Tu as peur des voleurs, des assassins, des faux-témoins, etc. Et tu dépends d’une infinité de personne dont la place est située au-dessus de la tienne. N’est-ce pas vrai ?

Kondiarionk, chef Huron, s’adressant au baron de Lahontan, lieutenant français en Terre-Neuve

Les hommes blancs annonçaient bien haut que leurs lois étaient faites pour tout le monde, mais il devint tout de suite clair que, tout en espérant nous les faire adopter, ils ne se gênaient pas pour les briser eux-mêmes.

Leurs sages nous conseillaient d’adopter leur religion mais nous découvrîmes vite qu’il en existant un grand nombre. Nous ne pouvions les comprendre, et deux hommes blancs étaient rarement d’accord sur celle qu’il fallait prendre. Cela nous gêna beaucoup jusqu’au jour où nous comprîmes que l’homme blanc ne prenait pas plus sa religion au sérieux que ses lois. Ils les gardait à portée de la main, comme des instruments, pour les employer à sa guise dans ses rapports avec les étrangers.

Pachgantschilhilas, chef des Delawares

Chaque année notre envahisseur blanc devient plus avide, exigeant, oppressif et autoritaire… La misère et l’oppression, tel est le lot qui nous échoit… Ne sommes-nous pas dépouillés jour après jour du peu de liberté qui nous reste ?

A moins que les tribus ne se liguent unanimement pour modérer les ambitions et l’avidité des Blancs, ils nous auront bientôt tous conquis et désunis, nous serons chassés de notre pays natal et éparpillés comme les feuilles d’automne par le vent.

Tecumseh, chef Shawnee, en 1812

Nous ne voulons pas des chariots de feu qui font du bruit (trains à vapeur) sur les terrains de chasse au bisons. Si les Visages Pâles s’avancent encore sur nos terres, les scalps de vos frères seront dans les wigwams des Cheyennes. J’ai dit !

Roman Nose, chef-guerrier des Cheyennes, s’adressant au général Palmer en 1866 dans le Kansas

Regardez mes frères, le printemps est venu, la terre a reçu les baisers du soleil et nous verrons bientôt les fruits de cet amour. Chaque graine est éveillée, et de même, tout animal est en vie. C’est à ce pouvoir mystérieux que nous devons nous aussi notre existence. C’est pourquoi nous concédons à nos voisins, même nos voisins animaux, autant de droit qu’à nous d’habiter cette terre.

Cependant écoutez-moi mes frères, nous devons maintenant compter avec une autre race, petite et faible quand nos pères l’ont rencontrée pour la première fois, mais aujourd’hui, elle est devenue tyrannique. Fort étrangement, ils ont dans l’esprit la volonté de cultiver le sol, et l’amour de posséder est chez eux une maladie. Ce peuple a fait des lois que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour eux seuls et ils se barricadent contre leurs voisins. Ils défigurent la terre avec leurs constructions et leurs rebuts. Cette nation est comme le torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage.

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Tatanka Yotanka, ou Sitting Bull, grand chef Sioux

Frère, notre territoire était grand et le vôtre était petit. Vous êtes maintenant devenus un grand peuple, et il nous reste à peine l’espace pour étendre nos couvertures. Vous avez notre pays, mais cela ne vous suffit pas. Vous voulez nous forcer à épouser votre religion.

Frère, continue à écouter. Tu te dis envoyé ici pour nous apprendre à rendre le culte au Grand Esprit d’une manière qui lui soit agréable. Et tu prétends que si nous n’adoptons pas la religion que vous les Blancs vous prêchez, nous seront malheureux ici-bas. Tu dis être dans le vrai et que nous sommes perdus. Comment pourrions-nous vérifier la vérité de tes paroles ? (…)

Frère, tu dis qu’il n’y a qu’une seule façon d’adorer et de servir le Grand Esprit. Si il n’y a qu’une religion, pourquoi le peuple blanc est-il si partagé à ce sujet ? Nous savons que votre religion est écrite dans un livre. Pourquoi n’êtes-vous pas tous d’accord, si vous pouvez tous lire le livre ?

Frère, nous ne comprenons pas ces choses. On nous dit que ta religion a été donnée à tes ancêtres, et s’est transmise de père en fils. Nous aussi nous avons une religion que nos ancêtres ont reçue et nous ont transmise, à nous, leurs enfants. Nous rendons le culte de cette manière. Il nous apprend à être reconnaissants pour toutes les faveurs que nous recevons, à nous aimer les uns les autres et à être unis. Nous ne nous querellons jamais à propos de religion parce que c’est un sujet qui concerne chaque homme devant le Grand Esprit.

Sa-go-ye-wat-ha, ou Red Jacket, chef Seneca (Iroquois) et grand orateur des Six Nations

J’assiste avec tristesse au déclin de notre noble race. Nos pères étaient forts et leur pouvoir s’étendait sur tout le continent américain. Mais nous avons été réduits et brisés par la ruse et la rapacité de la race à peau blanche. Nous sommes maintenant obligés de solliciter, comme une aumône, le droit de vivre sur notre propre terre, de cultiver nos propres terres, de boire nos propres sources.

Il y a de nombreux hivers, nos sages ancêtres ont prédit qu’un grand monstre aux yeux blancs viendrait de l’Est, et qu’eu fur et à mesure qu’il avancerait il dévorerait la terre. Ce monstre, c’est la race blanche, et la prédiction est proche de son accomplissement.

O-no’-sa, chef indien

Le changement du costume tribal pour celui de l’homme blanc fut brutal. Les effets sur la santé et le confort des enfants furent considérables. Notre premier grief fut d’avoir les cheveux coupés. Les hommes Lakotas ont toujours porté les cheveux longs. Plusieurs jours après avoir été tondus, nous nous sommes sentis bizarres et mal à l’aise. Si l’argument avancé était vrai, à savoir l’élimination des poux, pourquoi les filles n’avaient-elles pas subi le même traitement que les garçons ?

La vérité, c’est qu’ils voulaient nous transformer. Les cheveux courts étant la marque distinctive de l’homme blanc, on nous l’imposa, alors que lui-même conservait sa propre coutume de se laisser pousser les poils du visage.

Standing Bear, chef indien Lakota

Les Wasichus nous ont mis dans ces boites carrées (maisons), notre pouvoir s’en est allé et nous allons mourir parce que le pouvoir n’est plus en nous.

Nous sommes des prisonniers de guerre tant que nous attendons ici. Mais il y a un autre monde.

Hehaka, ou Black Elk (Wapiti Noir), indien Sioux

Enfant, je savais donner. J’ai perdu cette grâce en devenant civilisé. Je menais une existence naturelle, alors qu’aujourd’hui je vis de l’artificiel. Le moindre joli caillou avait de la valeur à mes yeux. Chaque arbre était un objet de respect. Aujourd’hui, j’admire avec l’homme blanc un paysage peint dont la valeur est exprimée en dollars !

Chiyesa, écrivain indien contemporain

Je suis allé à l’école des hommes blancs. J’y ai appris à lire leurs livres de classe, les journaux et la bible. Mais j’ai découvert à temps que cela n’était pas suffisant. Les peuples civilisés dépendent beaucoup trop de la page imprimée. Je me tournai vers le livre du Grand Esprit qui est l’ensemble de sa création. Vous pouvez lire une grande partie de ce livre en étudiant la nature.

Si vous preniez tous vos livres et les étendez sous le soleil, en laissant pendant quelque temps la pluie, la neige et les insectes accomplir leur oeuvre, il n’en restera plus rien. Mais le Grand Esprit nous a fourni la possibilité, à vous et à moi, d’étudier à l’université de la nature les forêts, les rivières, les montagnes, et les animaux dont nous faisons partie.

Tatanga Mani (ou Walking Buffalo), indien Stoney (Canada)

L’homme blanc, dans son indifférence pour la signification de la nature, a profané la face de notre Mère la Terre. L’avance technologique de l’homme blanc s’est révélée comme une conséquence de son manque d’intérêt pour la voie spirituelle, et pour la signification de tout ce qui vit. L’appétit de l’homme blanc pour la possession matérielle et le pouvoir l’a aveuglé sur le mal qu’il a causé à notre Mère la Terre, dans sa recherche de ce qu’il appelle les ressources naturelles. Et la voie du Grand Esprit est devenue difficile à voir pour presque tous les hommes, et même pour beaucoup d’Indiens qui ont choisi de suivre la voie de l’homme blanc.

Aujourd’hui, les terres sacrées où vivent les Hopis sont profanées par des hommes qui cherchent du charbon et de l’eau dans notre sol, afin de créer plus d’énergie pour les villes de l’homme blanc. On ne doit pas permettre que cela continue. Sans quoi notre Mère la Nature réagirait de telle manière que presque tous les hommes auraient à subir la fin qui a déjà commencé. Le Grand Esprit a dit qu’on ne devait pas laisser cela arriver, même si la prédiction en a été faite à nos ancêtres. Le Grand Esprit a dit de ne pas prendre à la terre, de ne pas détruire les choses vivantes.

Aujourd’hui, presque toutes les prophéties se sont réalisées. Des routes grandes comme des rivières traversent le paysage ; l’homme parle à travers un réseau de téléphone et il voyage dans le ciel avec ses avions. Deux grandes guerres ont été faites par ceux qui arborent le swastika ou le soleil levant.

Le Grand Esprit a dit que si une gourde de cendres était renversée sur la terre, beaucoup d’hommes mourraient, et que la fin de cette manière de vivre était proche. Nous interprétons cela comme les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki. Nous ne voulons pas que cela se reproduise dans aucun autre pays pour aucun autre peuple ; cette énergie devrait servir à des fins pacifiques, non pour la guerre.

Nous, les chefs religieux et porte-parole légitimes du peuple indépendant des Hopis, avons été chargés par le Grand Esprit d’envoyer au président des Etats-Unis et à tous les chefs spirituels une invitation à nous rencontrer pour discuter du salut de l’humanité, afin que la Paix, l’Unité et la Fraternité règnent partout où il y a des hommes.

Lettre des Indiens Hopis au président Nixon en 1970

Ces textes sont extraits du livre de T.C.Mac Luhan, “Pieds nus sur la terre sacrée“, une anthologie de la philosophie, du mode de vie et de la destinée des Indiens d’Amérique du Nord.

 

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Crazy Horse, grand chef Sioux du clan Oglalas; Ph Le souffle c’est ma vie/ Philosophie.

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A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

Pour une prise de conscience citoyenne des Malagasy
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