Moyen Orient, vers une guerre totale…

Ankara et Riyad envisagent de mener une opération terrestre contre l’EI en Syrie.

© Fayez Nureldine, AFP |

 

Texte par FRANCE 24 

Dernière modification : 13/02/2016

En marge du sommet sur la sécurité de Munich, le ministre turc des Affaires étrangères a indiqué samedi que son pays et l’Arabie saoudite pourraient mener une opération terrestre contre le groupe État islamique en Syrie.

Le scénario d’une intervention militaire turque et saoudienne au sol en Syrie semble de plus en plus probable. Ankara et Riyad ont reconnu samedi qu’ils pourraient mener une opération terrestre contre le groupe État islamique (EI). « S’il y a une stratégie, alors la Turquie et l’Arabie saoudite pourraient participer à une opération terrestre », a affirmé samedi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu.

« Certains disent que la Turquie est réticente à prendre part à la lutte contre Daech [autre appellation arabe de l’EI, NDLR]. Mais c’est la Turquie qui fait les propositions les plus concrètes », a ajouté le chef de la diplomatie turque. Ses propos ont été cités par les quotidiens Yeni Safak et Haberturk, alors que le chef turc de la diplomatie participait à la conférence sur la sécurité de Munich, en Allemagne, à laquelle se trouve également Manuel Valls.

Des avions saudiens Allemagne,

Devenue au cours des derniers mois l’un des plus proches alliés de la Turquie, l’Arabie saoudite va également déployer des avions de chasse sur la grande base militaire d’Incirlik, dans le sud de la Turquie, où se trouvent déjà des avions de la coalition conduite par les Américains.

Des responsables saoudiens « sont venus et ont effectué une reconnaissance de la base. Pour le moment, il n’est pas encore clair combien d’avions » seront déployés, a précisé Mevlut Cavusoglu. Selon lui, l’Arabie saoudite a également indiqué être prête à « envoyer des troupes quand le temps viendra pour une opération terrestre ».

Depuis 2014, l’Arabie saoudite fait partie de la coalition internationale dirigée par Washington contre le groupe jihadiste État islamique (EI), qui a pris le contrôle de vastes territoires en Syrie et en Irak. Le royaume avait récemment évoqué l’idée de dépêcher des troupes au sol en Syrie, une option que Washington envisage d’un bon œil.

Avec AFP

Syrie, la trêve toujours aussi incertaine

© Joseph Eid, AFP | Dans une interview exclusive accordée à l’AFP le 11 février, Bachar al-Assad s’est dit déterminé à reconquérir toute la Syrie.

Texte par FRANCE 24 

Dernière modification : 13/02/2016

Bachar al-Assad vise toujours la reconquête de la totalité de la Syrie, et se dit prêt pour cela à de « longs » combats. Des propos qui risquent de fragiliser la mise en œuvre du cessez-le-feu négocié à Munich par Moscou et Washington.

Bachar al-Assad vise toujours la reconquête totale de la Syrie. C’est ce qu’a affirmé le président syrien dans un entretien accordé à l’AFP le 11 février, quelques heures avant l’annonce de l’accord en vue d’une cessation des hostilités négocié à Munich par les États-Unis, la Russie et leurs alliés.

Dans son interview, l’homme fort de Damas a souligné sa détermination. « Depuis le début de la crise, nous croyons totalement aux négociations et à l’action politique. Cependant, négocier ne signifie pas qu’on arrête de combattre le terrorisme », a-t-il déclaré, ajoutant que le combat contre les rebelles pouvait être « long ».

Le pouvoir de Damas qualifie de « terroristes » tous ses opposants armés, qu’ils appartiennent à une tendance modérée ou à la mouvance jihadiste.

Il s’agit de la première interview de M. Assad à un média depuis l’échec le mois dernier des pourparlers de Genève et le lancement par son armée au début du mois d’une vaste offensive dans la région d’Alep (nord) appuyée par les bombardements de l’aviation russe.

Difficultés pour mettre en oeuvre la trêve

La position de Damas pourrait toutefois fragiliser la mise en œuvre la cessation des hostilités censée entrer en vigueur d’ici une semaine. Si elle se confirmait sur le terrain, cette trêve constituerait un premier pas concret pour faire taire les armes dans cette guerre qui a fait 260 000 morts depuis 2011 et poussé des millions de personnes à l’exil.

Réagissant aux propos tenus par le président Assad dans l’interview, le département d’État américain a répété que pour Washington, aucune solution militaire n’était possible. Bachar al-Assad « se fait des illusions s’il pense qu’il y a une solution militaire au conflit en Syrie », a déclaré le porte-parole adjoint du département d’État, Mark Toner. « Tout ce à quoi nous pouvons nous attendre si le régime syrien continue à combattre, c’est plus d’effusion de sang, plus de souffrances, et un durcissement supplémentaire des positions des deux côtés », a estimé M. Toner.

De leurs côté les rebelles ne semble pas non plus prêts à déposer les armes. Fatma Kizilboga et Sophie Nivelle-Cardinale, envoyées spéciales de France 24 en Turquie en ont rencontrés certains qui retournaient en Syrie pour se battre, juste après l’annonce de l’accord. « Ils nous demandent d’arrêter de nous battre d’ici une semaine, et pendant ce temps, combien d’enfants, combien d’innocents vont-ils continuer à tuer ? Nous nous battons avec des fusils et régime utilise des tanks et des frappes aériennes contre nous. Je suis sûr qu’il y a quelque chose contre les Syriens derrière cette trêve », s’indigne un rebelle.

Le secrétaire d’État américain John Kerry a déclaré qu’il ne se faisait pas d' »illusions » et réalisait la difficulté de faire mettre en œuvre cette trêve par les rebelles et par les forces gouvernementales syriennes.

REPORTAGE : FACE À L’OFFENSIVE QUI SE POURSUIT DANS LE NORD, LES REBELLES REFUSENT DE CESSER LE COMBAT

La coalition et la Russie vont continuer leurs frappes

La trêve négociée à Munich concerne toutes les parties au conflit sauf l’EI et le Front Al-Nosra (branche locale d’Al-Qaïda), contre lesquels pourront donc se poursuivre les bombardements occidentaux et russes.

Un porte-parole du Pentagone a confirmé vendredi que les opérations de la coalition anti-EI dirigée par les États-Unis « vont continuer » inchangées.

L’urgence d’un accord de cessez-le-feu a notamment été accélérée par la violente offensive du régime et dela Russie dans la province d’Alep. Cette opération, qui vise selon le régime à « couper la route » d’approvisionnement des rebelles depuis la Turquie, a poussé des dizaines de milliers de Syriens à fuir les combats, suscitant l’inquiétude internationale face à un nouveau drame humanitaire.

Les Occidentaux reprochent depuis des mois à la Russie, principal soutien de Bachar al-Assad avec l’Iran, de frapper sans discrimination aussi bien les groupes extrémistes que les rebelles modérés susceptibles d’être des partenaires de négociations. Ils craignent que cela ne continue malgré l’accord de Munich.

« Nous continuerons, de même que la coalition conduite par les États-Unis, à combattre » les groupes « terroristes », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

AFP. 13/02/2016.

La France somme la Turquie d’arrêter de bombarder les zones Kurdes en Syrie

Publication: 14/02/2016 17h20 
FRANCE TURQUIE KURDES

INTERNATIONAL – Le ton monte entre Paris et Ankara. La France a en effet appelé ce dimanche 14 février à la « cessation immédiate des bombardements »de la Turquie dans les zones kurdes de Syrie, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Exprimant « sa préoccupation à l’égard de la dégradation continue de la situation dans la région d’Alep et au nord de la Syrie », la France « appelle à la cessation immédiate des bombardements, ceux du régime et de ses alliés sur l’ensemble du pays, et ceux de la Turquie dans les zones kurdes », selon le texte. L’armée turque a bombardé au mortier dimanche pour la deuxième journée consécutive des positions kurdes dans le nord de la Syrie, aux alentours de la ville syrienne d’Azaz dans la province d’Alep.

Cet appel intervient alors que de nombreux pays de la coalition exhortent Ankara à arrêter de cibler les zones kurdes. Ci-dessous, le tweet du porte-parole du Quai d’Orsay…

« La priorité absolue va à l’application du communiqué de Munich et de la résolution 2254 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, comme à la lutte contre Daech », ajoute le communiqué. Les Etats-Unis, alliés et partenaires de la Turquie au sein de l’Otan, ainsi que le gouvernement syrien, ont également condamné ces bombardements.

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« Cessation des hostilités », en Syrie

Aussi, le président américain Barack Obama a demandé à son homologue russe Vladimir Poutine de mettre fin aux frappes de l’armée russe en Syrie contre des groupes de l’opposition modérée, conformément à l’accord international conclu à Munich jeudi.

Les grandes puissances impliquées dans le dossier syrien, tout particulièrement la Russie, alliée de Damas, et les Etats-Unis, partisans de l’opposition, ont conclu jeudi un accord à Munich prévoyant une « cessation des hostilités » en Syrie dans un délai d’une semaine.

Mais la situation sur le terrain s’aggrave chaque jour et est marquée par une implication grandissante des acteurs extérieurs.

La Turquie hostile à la progression kurde

La Turquie redoute que les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), qui contrôlent déjà une grande partie du nord de la Syrie, n’étendent leur influence à la quasi-totalité de la zone frontalière avec la Turquie.

La progression des YPG à l’ouest de l’Euphrate en Syrie constitue « une ligne rouge », a expliqué le vice-Premier ministre turc Yalcin Akdogan, avertissant que la Turquie ne resterait pas « les bras croisés ».

Par ailleurs, l’armée syrienne de son côté continue de progresser au nord d’Alep et ne se trouvait plus dimanche qu’à environ trois kilomètres au sud de Tall Rifaat, l’un des trois bastions qui restent aux insurgés dans cette région. La localité, qui a été visée samedi par plus de 20 raids russes, est également attaquée à l’est par les Kurdes.

L’offensive dans la région d’Alep lancée le 1er février par le régime de Bachar al-Assad a provoqué l’exode de dizaines de milliers de personnes qui restent notamment bloquées au nord d’Azaz, tout près de la frontière turque, espérant que les autorités turques les laissent entrer.Huffingtonpost

Après l’attentat d’Ankara, l’aviation turque a bombardé des objectifs du PKK en Irak

– Avec AFP

© reutersSource: Reuters

Suite à l’attentat meurtrier d’Ankara du 17 février et malgré l’absence de preuves sur les auteurs de l’attaque, le Premier ministre turc a bombardé les forces Kurdes d’Irak et n’a pas manqué de les accuser d’avoir organisé l’attentat.

Les bombardements turcs de ce jeudi 18 février ont visé un groupe de 60 à 70 combattants du PKK, dont des officiers, dans le secteur d’Haftanin, non loin de la frontière syrienne. Ce camp est l’une des plus importantes bases arrières des rebelles kurdes dans les montagnes du nord de l’Irak.

Depuis la reprise des combats entre les forces de sécurité turques et le PKK l’été dernier dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde, les chasseurs turcs ont mené de nombreux raids contre ces camps. Les affrontements meurtriers ont repris après deux ans de cessez-le-feu et il y a quelques jours la Turquie a commencé à bombarder des positions kurdes en Syrie.

Ces combats ont fait voler en éclats les pourparlers de paix, engagés avec le PKK par le gouvernement, à l’automne 2012, pour tenter de mettre un terme au conflit kurde, qui a fait plus de 40 000 morts depuis 1984.

Après l’attentat du 17 février à Ankara, le président Recep Tayyip Erdogan a promis une riposte à cette attaque en plein cœur de la capitale turque.

Des représailles qui mettent de l’huile sur le feu

Les Etats-Unis et Paris ont déjà appelé la Turquie à cesser les bombardements des régions du nord de la Syrie. Damas avait fermement condamné les derniers bombardements turcs, les qualifiant de «soutien direct aux terroristes». Le gouvernement syrien a aussi envoyé une lettre à l’ONU réclamant que le Conseil de sécurité «assume ses responsabilités pour la paix et la sécurité internationale en mettant fin aux crimes du régime turc». RT/co

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A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

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