Expert comptable, un vrai. Entrepreneur, Erick Rajaonary.

Interview de Eric Rajaonary : “La croissance prévue dans la LF 2016 est impossible”

En ce moment où le débat se concentre sur la Loi de Finances rectifictive 2015 et celle de la Loi de Finances initiale pour 2016, le président du FIVMPAMA, Eric Rajaonary, reste sceptique sur les prévisions de croissance dans cette Loi de finances qui a été soumise à l’Assemblée Nationale. Interviewé par nos journalistes, il explique ce qu’il entend par « impossible ».

Malaza : Comment trouvez-vous les prévisions de croissance prévues dans la Loi de Finances 2016 face au contexte actuel ?
Eric Rajaonary : Je me soucie réellement de ce qui va se passer pour l’année prochaine. J’ai peur, en tout cas pour les prévisions de croissance que l’Etat annonce dans ce projet de loi pour 2016. Les indicateurs nous montrent que c’est impossible. Si on regarde le taux de l’Ariary face à l’Euro dans la loi de finance 2015, il est de 3 410 Ariary alors qu’en cette fin d’ année 2015, il est de 3 600 Ariary pour un Euro. La Loi de Finances 2016 prévoit un taux de 3 890 Ariary pour un Euro. Si on regarde aussi le taux d’inflation prévu dans la Loi de Finances rectificative 2015, ce taux est de 7% alors qu’on est actuellement à 8% en fin d’année. Il faut voir également le taux de pression fiscale qui est actuellement à 10% alors que le secteur informel compte à peu près 2 millions d’entreprises qui emploient environ 3 millions de personnes. Il y a pas de mesures incitatives pour amener ces entreprises informelles dans le formel et, justement, comment pensent-ils basculer dans le secteur formelavec des mesures qui ne concordent pas avec le contexte actuel. Le nombre d’entreprises formelles enregistré à la Chambre de Commerce et de l’Industrie est de 200 000. Notre but est de réduire le nombre d’entreprises informelles et augmenter les entreprises formelles, mais, à ce rythme là, c’est impossible.

Malaza : Y-a-t-il par contre des mesures, ou biens des lois à mettre en place pour asseoir une croissance économique ?
Eric Rajaonary : Je pense qu’il faut réduire le taux de pression fiscale. Mais en ce qui concerne les entreprises informelles, si on veut les inciter à entrer dans le formel, il faut reprendre l’exonération de l’impôt sur les revenus pour toute nouvelle entreprise créée dans une période de deux ans. On l’a déjà appliqué auparavant mais à notre grand étonnement, on l’a retiré dans la loi de finance rectificative. Il y a aussi le retour du minimum d’IRSA de 2 000 Ariary par employé. Qui va procéder à des recrutements si l’on doit payer 2 000 Ariary d’IRSA ? C’est beaucoup pour une petite entreprise. Il y a aussi l’imposition de droit d’accise de 10% sur la téléphonie mobile alors qu’il y a beaucoup d’hommes d’affaires qui utilisent les portables ou les smartphones ou encore les droits d’accises de 10% pour les voitures neuves. Les malagasy devront se contenter d’acheter des voitures d’occasion et nous savons bien les risques que nous encourrons avec cette catégorie de véhicules si je ne cite que les accidents et la pollution.

Malaza : Y-a-t-il d’autres lois que vous avez demandé à être révisées ?

Eric Rajaonary : Nous avons demandé une baisse de la TVA à 10% pour les entreprises touristiques, mais l’Etat a refusé. Nous allons recevoir le sommet de la Francophonie l’année prochaine et nous sommes en pleine relance du secteur touristique alors pourquoi refuser ? Nous avons un objectif d’atteindre 500 000 à 600 000 touristes pour 2016 et de quelles façons pourrait-on atteindre cet objectif là ? En ce qui concerne le patriotisme économique, nous devons protéger nos industries. Nos industries ne produisent pas assez pour rehausser l’économie nationale. A la Réunion, j’ai vu qu’à chaque entrée de marchandise, un droit de taxe sur mer est collecté et c’est ce genre de protection que nous pourrions faire. Nous avons des industries qui produisent les même produis qu’on importe mais on doit les protéger davantage. PAPMAD fut dans le temps une fierté nationale mais elle ne l’est plus. Il y a beaucoup d’importations et moins d’exportations que ce soit dans les intrants agricoles, le ciment, les savons, les chocolats et bien d’autres. Ce qui m’a étonné dernièrement, c’est cette obligation des institutions financières à déclarer les comptes des sociétés et des particuliers à l’Etat. On ne peut plus avoir un compte sans que l’Etat ne le sache alors qu’à mon avis, ce genre de chose reste tout de même un secret professionnel. On ne peut pas dire des choses comme avoir une croissance assurée, un taux d’inflation pondéré alors que dans la Loi de Finances rectificative, seules 30 à 40% de ces revendications sont prises en compte. Tant que notre production locale n’augmente pas pour améliorer notre exportation, il serait impossible de croire qu’on va avoir une croissance économique.

C.Ramah Imprimer

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Mr Eric RAJAONARY le Bio Entrepreneur, le Batman Africain 

 

Son parcours
Né à Paris, Erick Rajaonary y est retourné afin de poursuivre ses études supérieures. Il a décroché le diplôme d’expert-comptable à Lyon en 1990. Petit-fils d’un premier chirurgien-dentiste à Madagascar et fils d’un médecin stomatologiste, le premier également dans le pays, sa vocation était auparavant dans la médecine, suite à une logique familiale. Mais il n’a pas emboîté leurs pas ! Il revient dans son pays pour travailler au sein du Secrétariat Technique à la Privatisation en tant qu’expert financier entre 1998 et 2002. Ensuite, débute une carrière en tant que consultant aussi bien à Madagascar qu’en France pendant trois ans. Le PDG du groupe Guano MAD est marié et père de quatre enfants et grand-père d’une petite fille.

Eric Rajaonary un fervent croyant
Parlant de caractère, les gens le trouvent sympathique. Il est ouvert à tous. Mais il aime bien marchander les produits. En outre, ses employés le considèrent comme un patron qui les écoute bien, conciliant, tolérant et négociable. « J’aime bien leur donner des responsabilités avec des moyens nécessaires. Ils ont ensuite une obligation de résultats. Par contre, je déteste quand on m’évoque des problèmes sans me proposer des solutions », dit-il. Erick Rajaonary se charge en ce moment des relations publiques et de la supervision de son groupe. « Depuis que je suis entouré de très bonne équipe jeune, j’ai trouvé maintenant l’équilibre entre mes occupations professionnelles et ma vie familiale », a-t-il confié. Comme loisirs, il fait du tennis et un peu de musculation. C’est un Rotarien depuis presque dix ans. Il aime les sucreries, la charcuterie et les salades. « Je suis également un protestant pratiquant », a-t-il témoigné. Interrogé sur la vie politique, le PDG du Guano MAD a répliqué qu’il était tenté compte tenu de la situation actuelle et des sollicitations à plusieurs reprises des notables d’Amoron’i Mania d’où il est originaire. « Mais je n’ai pas envie de m’y mettre. Un jour viendra ! », A-t-il conclu.

Le Groupe GuanoMad
Le groupe GuanoMAD est spécialiste de l’engrais biologique à base d’excréments de chauve-souris. Son histoire Rajoanary la raconte à qui veut l’entendre. En effet, « Cela a commencé par une conversation avec un ami en octobre 2005, sur le guano en Amérique Latine. S’ensuit alors une profonde discussion à propos de ce nouveau projet, celui d’exploiter le bat guano dans des grottes potentielles à Tuléar (Sud – Ouest de Madagascar). Une visite de deux à trois grottes dans le Sud a suffi pour me convaincre et en novembre 2005, j’ai décidé d’enclencher toutes les études techniques (les analyses physico-chimiques et micro biologiques du guano, les tests sur terrains) et les démarches administratives et juridiques afférentes à l’exploitation des grottes. » Pour lancer cette idée au début utopique aux yeux de son entourage, le businessman a du vider toutes ses économies.

Son concept est innovateur
Le concept repose sur la valorisation du caractère naturel et BIO du produit. Et donc intégrer dans l’esprit des consommateurs la notion de développement durable. A travers la commercialisation du produit, on développe quatre concepts :
• Développement de l’agriculture BIO,
• Lutte contre l’insécurité alimentaire : à savoir qu’aujourd’hui la seule manière de sortir de la pauvreté c’est le développement de l’agriculture à Madagascar. Nous avons aujourd’hui 36 millions d’hectares de terres cultivables et on exploite que 3 millions d’hectares.
• Protection de l’environnement : l’usage du produit guanomad contribue énormément dans la gestion du sol (le guano nourrit le sol), de l’eau (à travers la dépollution) et de la biodiversité (le produit améliore l’écosystème).
• Et enfin le développement rural. L’extraction du guano dans les zones enclavées implique la construction de routes et pistes, la contribution dans l’amélioration de la vie sociale des villageois par la création d’emplois, le versement d’une ristourne (calculé en fonction des quantités extraites) au village, à la commune et à la région, et enfin par la participation financière volontaire de Guanomad dans différentes actions sociales (éducation, santé etc….)

« Le prix de vente de mon produit était à l’époque deux fois moins cher… »
Erick Rajaonary a utilisé sa carte d’expert-comptable pour viabiliser son projet. En fait, « le prix de vente de mon produit était à l’époque deux fois moins cher que celui des engrais chimiques. J’avais ainsi tout pour gagner car il s’agit d’un produit fabriqué localement permettant de créer des emplois tout en désenclavant des zones reculées. Ce projet contribue en plus au développement local au lieu d’importer des engrais chimiques entraînant la fuite de devises et la destruction des sols au fil du temps », a-t-il rajouté.
En 2013, Eric Rajonary a remporté le trophée Africa Awards for Entrepreunariaship. En attendant, le Guanomad compte s’exporter sur le marché européen et américain d’où les produits sont déjà appréciés. Déjà présent dans six pays africain, le groupe ne compte pas rester en aussi bon chemin.

==> http://www.midi-madagasikara.mg/…/portrait-erick-rajaonary…/

Photo de Malagasy Ladies and Gentlemen.
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Ientrepreneuriat.net

 

ZES : Le secteur privé malgache s’inquiète

Réserves et inquiétude. Le secteur privé malgache affiche ses craintes après que Maurice et Madagascar ont signé un accord, lors de la visite du président malgache à Maurice il y a quelques jours, pour le développement d’une Zone économique spéciale (ZES) à Madagascar.

«La relation commerciale avec Maurice est à sens unique. Cela est dû à plusieurs facteurs: nos produits n’ont pas accès au marché mauricien à cause des barrières non tarifaires appliquées sous diverses formes par le gouvernement mauricien. Et d’un autre côté, les produits mauriciens non conformes aux textes malagasy en vigueur envahissent notre marché sans aucune mesure prise par le gouvernement malagasy», analyse Sendra Rakotovao, directrice exécutive du Syndicat des industries de Madagascar (SIM).

Elle confie que «des industriels malagasy émettent beaucoup d’inquiétudes sur les origines de ces produits en provenance de Maurice par rap- port aux accords régionaux». Sendra Rakotovao ajoute que le syndicat patronal industriel regroupant les plus grandes industries de Madagascar a été exclu des consultations mais que des entreprises individuelles membres du SIM ont accompagné le président de la République malgache pour la signature de cet accord à Maurice.

En effet, il y aurait une certaine méfiance des hommes d’affaires malgaches vis-à-vis des Mauriciens surtout au niveau du manque de coopération de Maurice. «Les compagnies mauriciennes viennent s’installer à Madagascar et c’est une bonne chose car cela crée de l’emploi. Mais il faut que cela aille dans les deux sens. Les compagnies malgaches ont beaucoup de mal à s’installer à Maurice», explique Sylvain Ranjalahy, rédacteur en chef de L’Express de Madagascar. Le manque de consultation avec le secteur privé est aussi déploré : «Nous avons tous été mis devant le fait accompli.»

Pas de consultation

Toutefois, au niveau du gouvernement malgache, on accueille favorablement cette signature d’accord qui serait une bonne chose pour l’économie malgache. N’empêche qu’«il est déjà arrivé que le gouvernement malgache recule devant la pression du secteur privé pour de gros projets, surtout si c’est fait sans consultation», relate Sylvain Ranjalahy.

Contacté, Christian Rajaosafara, vice-président du SIM, confirme également qu’il n’y a pas eu de consultation au préalable. «Nous avons vu les lieux qui devraient accueillir la ZES ; l’idée est lancée mais concrètement il n’y a encore rien. Au SIM, nous regroupons les grandes, petites et moyennes entreprises et nous participons à 25 % des recettes fiscales. Nous sommes une force de proposition et je pense que pour ce projet, il faut que les mesures administratives soient bien placées et délimitées. Il n’y a pas eu de consultation mais ce projet a été évoqué il y a plusieurs années sans avoir été réalisé.»

Il précise aussi que si ce projet est réalisé avec de nouvelles entreprises qui apportent une valeur ajoutée, il peut générer des emplois et aider au développement social. «Nous y sommes favorables mais il faut que le gouvernement fasse bien les choses.»

Nous avons essayé de joindre la présidente de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Madagascar de même que le Groupement des entreprises de Madagascar, en vain.

De son côté, Gérard Sanspeur, président du conseil d’administration du Board of Investment(BoI), qui est actuellement à l’étranger, nous explique qu’une visite des lieux a été effectuée à Madagascar il y a deux semaines.

L’ambassadeur mauricien à Madagascar déclare, pour sa part, que le projet est encore au stade embryonnaire et qu’il est trop tôt pour que les démarches arrivent jusqu’à l’ambassade. Au niveau du ministère des Finances, on précise qu’il s’agit d’un important projet d’agro-industrie et de logistique portuaire avec l’implication de la Banque mondiale. «Au niveau politique, nous essayons de pré- venir tous les risques», avance-ton au ministère des Finances.

La compétence locale a aussi été critiquée à Madagascar. «Le gouvernement malgache devrait avoir une attitude méfiante; cette expertise réussie des ZES à Maurice n’est qu’une publicité mensongère», lance Holijaona Raboanarijaona, président d’Emergence Madagascar et expert en ZES à Midi Madagasikara, site d’information malgache.

lexpress.mu Publié par : APOI 18 mars 2016 acrticle sur Maurice

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A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

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