Francophonie 2016. Mme Michaelle Jean et ses « petits propos ».

Michaelle

Lors de son séjour à Madagascar, Madame Michaelle Jean, Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie a tenu les propos suivants : « s’éloigner du français, c’est se tirer une balle dans le pied. » La formule peut paraître lumineuse aux yeux de certains, mais en vérité, elle est grotesque et maladroite. Tout d’abord, l’image de se tirer une balle est mal choisie, dans le contexte d’attentats terroristes. Quand on a la prétention de défendre la langue française, on évite les écarts sémantiques et on s’inscrit dans un niveau de langage plus soutenu.

Ensuite, l’effort désespéré de Madame Michaelle Jean pour faire la promotion de la langue française est aussi ridicule que sa formule. Le malgache a intérêt à apprendre le plus de langues étrangères possibles en privilégiant celles qui sont le plus parlées dans le monde, en termes de nombres de locuteurs, comme l’anglais, l’espagnol, le mandarin, l’arabe, l’hindi et le portugais. On peut sans risque s’éloigner du français sans l’abandonner. Ce n’est pas parce que le français est la langue étrangère la plus influente à Madagascar qu’il faut négliger les autres. Dans son entreprise évidente de reconquête de la Grande Ile, la France aimerait que le citoyen malgache oublie sa langue maternelle et se désintéresse des autres mais ce serait absurde et dangereux. Cela reviendrait, pour le citoyen malgache, à scier la branche sur laquelle il est assis. Dans le contexte de trafic de bois précieux, cette image est plus appropriée.

M. GASPARD. LGDGI.

Michaelle Jean : « S’éloigner du français, c’est se tirer une balle dans le pied »

23.03.2016 | 8:31

La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie estime que Madagascar ne doit pas mésestimer cette entité. Celle-ci reste un espace important d’échanges et d’opportunités. Michaelle jean est dans la Grande île pour deux jours.

Quel est l’objet de votre visite à Madagascar  ?
Il s’agit d’une visite officielle, mais c’est également ma première visite à Madagascar, en qualité de secrétaire générale de la Francophonie, et en tant que simple visiteur. C’est un pays que j’ai toujours rêvé de connaître et où j’ai toujours rêvé de me rendre. Dès lors que Madagascar recevra le prochain sommet de la Francophonie, qui sera mon premier sommet en tant que secrétaire générale de l’organisation, il est très important pour moi de venir pour rencontrer les autorités, la population elle-même, et de sentir quelles sont les aspirations des Malgaches, quelles sont les forces de Madagascar, de voir comment Madagascar veut accueillir ce rendez-vous. J’en profiterai aussi pour inaugurer le nouveau bureau de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) pour la région de l’océan Indien qui aura son siège à Antananarivo.

Vous étiez attendue  l’année dernière. Pourquoi cette première visite a-t-elle été reportée ? 
Vous faites probablement allusion à un premier projet. Nous voulions venir, mais les autorités ont souhaité que le bureau régional soit totalement équipé et prêt à recevoir son équipe. C’était une bonne idée, parce que ce sera un espace important pour la région, qui pourra, dans nos projets, abriter de jeunes pousses dans des startups malgaches, de jeunes entrepreneurs. On pourra même y mettre un premier incubateur. Je pense que c’est le bon moment maintenant. En plus, cela coïncide avec le mois de la Francophonie. C’est formidable de marquer le mois de la Francophonie à Madagascar.

Vous avez dit venir pour sentir les aspirations des Malgaches. Selon les échos que vous en avez, pensez-vous que Madagascar sera prêt à temps pour accueillir le Sommet  ?
Je pense qu’on y investit énormément d’efforts. Madagascar devrait absolument, et je n’en ai aucun doute, être prêt à temps pour le sommet de novembre. Ma visite vise d’ailleurs, non seulement à constater les avancées, mais aussi à encourager les autorités, et surtout à m’assurer que la population malgache s’approprie ce sommet. Un sommet de cette envergure peut être une étape majeure dans le développement de Madagascar et accueillir ce sommet, c’est aussi attester que Madagascar joue un rôle influent et de premier plan au sein de l’Organisation internationale de la francophonie. Ce sont 80 États et gouvernements qui seront là. Pratiquement, plus d’un tiers des pays de l’Organisation des Nations Unies, et je pense que le sommet marquera aussi le retour de Madagascar dans le concert des Nations. Cela pourra donner, et cela les Malgaches doivent en être pleinement conscients, une impulsion qui risque de modifier le profil de Madagascar sur la scène internationale.

Dans quel sens le profil de Madagascar pourrait-il être changé par ce Sommet ? 
C’est un sommet qui peut être propice à l’arrivée de nouveaux investisseurs. C’est un sommet qui peut aussi inaugurer la création de nouvelles infrastructures et la modernisation des principales infrastructures. Ce sommet donnera à Madagascar une vitrine internationale pour montrer le vivier que représente la Grande ile en termes de savoir-faire et de potentialités. Ce sera aussi une occasion unique de promouvoir la destination Madagascar. Je suis persuadée que cette réunion sera un levier pour la future croissance du pays, et l’occasion pour Madagascar d’affirmer un statut mondial. D’ailleurs, j’aime beaucoup le thème choisi par Madagascar pour ce sommet : croissance partagée et développement responsable. C’est un thème puissant parce qu’il porte en lui des aspirations qui, aujourd’hui, sont globales, qui portent des valeurs universelles qui iront au-delà de l’événement. Madagascar ne pouvait pas choisir mieux d’autant plus que la feuille de route que nous avons reçue et que nous devons porter en son cœur, porte sur une stratégie économique pour la francophonie.

Vous avez parlé des avantages d’abriter le sommet. Mais qu’apporte le fait d’appartenir à la Francophonie ? La Francophonie existe-t-elle encore sur la carte du monde ? 
Je vous dirai que la Francophonie, c’est 80 États et gouvernements sur les cinq continents. Nous constituons un portail et un espace vaste et stratégique avec 17 pays membres de l’Union Européenne, une trentaine de pays issus du continent africain, avec la région de l’océan Indien qui est une région très dynamique, avec également des pays des Amériques, et pas les moindres parce que le Canada en est un. Il y a aussi les nouveaux pays d’Amérique latine qui se sont joints à nous dans l’espace francophone, comme le Mexique, l’Uruguay, le Costa Rica. La Francophonie, ce sont aussi les pays d’Europe centrale et d’Europe orientale, les pays du Mekong, notre portail asiatique. La Francophonie, c’est une alliance avec l’espace asiatique, l’ASEAN. La Francophonie, je dirai que c’est un espace pour de grandes possibilités d’échanges, ce sont des routes aussi pour des échanges commerciaux. C’est un espace qui contient des pays très avancés, industrialisés, des pays émergents, des pays en développement, des pays moins avancés, mais chaque pays en soi à de quoi offrir, soit en termes de ressources humaines, soit en termes de ressources naturelles. Ce sont également des pays de jeunesse, et qui dit jeunesse ne dit pas forcément défi mais dit aussi  chance, et grande possibilité.

La Francophonie, c’est 80 pays, mais la langue française n’est pas parlée partout, non  ?
La langue que nous avons en partage est un levier très important. C’est la troisième langue des affaires après l’anglais et le mandarin. C’est aussi la deuxième langue la plus enseignée dans le monde. C’est 274 millions de locuteurs francophones. C’est aussi avec l’anglais, une langue parlée sur les cinq continents. Pour tout cela, en termes d’influence, de possibilités de partenariats, d’arrimage, de maillage, de réseautage, c’est considérable. Alors je pense que oui, (rires), l’Organisation internationale de la francophonie est un espace crucial et en plus très recherché par les autres organisations internationales, y compris les Nations Unies, qui voient en nous un bassin d’expertise. Les Nations Unies, pour toutes les opérations de maintien de la paix, ont absolument besoin de la Francophonie. Parce que nous sommes aussi un bassin d’experts, de médiateurs, de juristes, de police hautement professionnelle. Vous poseriez cette question à Ban ki Moon, il vous dirait : « Écoutez moi, sans la Francophonie, il y a quantité d’actions ou de projets qui sont impossibles à porter ». Il y a aussi nos alliances avec l’Union Européenne et la Commission européenne. Non, il ne faut pas sous-estimer l’espace francophone.

Mais pour aller loin, ne vaut-il pas mieux parler l’anglais que le français   Le français mène-t-il encore à quelque chose  ?
C’est une erreur de croire cela. Les gens qui le disent, sont très loin de la réalité. Dans la Francophonie, vous avez l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) qui est un réseau de 800 universités dans le monde. Cela veut dire qu’un étudiant à Madagascar, qui fait des études en français, a la possibilité d’accéder à des bourses, à des échanges avec ce vaste réseau universitaire. En plus, l’OIF a cette singularité de soutenir aussi l’enseignement des langues nationales en plus du français, parce que nous estimons qu’une bonne connaissance de sa langue vernaculaire permet d’aller vers d’autres langues, notamment le français, et donne une plus grande performance dans ses études. Il faut essayer de dissiper cette mauvaise perception, parce que si Madagascar devait s’éloigner du français, c’est  se tirer une balle dans les pieds. Cela n’empêche pas évidemment que l’on parle d’autres langues. Mais encore une fois, il ne faut pas abandonner celle qui est déjà bien présente dans vos esprits, dans vos cœurs, et que vous avez bien en bouche en grande majorité. Le français est un atout, une grande chance.

Comment l’OIF travaille-t-elle aujourd’hui pour préserver la langue française face à la déferlante de l’anglais et du mandarin  ?
Il y a une déferlante de l’anglais, c’est vrai, mais il y a aussi une vraie présence du français dans le monde. Il faut arrêter cette espèce de discours constant de mésestime du français. D’autant plus que les projections indiquent que dans les trente prochaines années, le français rattrapera et se retrouvera à équivalence avec l’anglais dans le monde.

Réellement ?  Pourquoi  ?
Parce qu’il y a une poussée démographique, entre autres, dans le bassin francophone du continent africain qui est considérable. Et pour répondre à votre question, c’est la raison pour laquelle nous avons créé l’année dernière un institut de la francophonie pour l’éducation et la formation. Cet institut va rassembler toutes les compétences de l’espace francophone dans ces deux domaines. Il va permettre aux pays qui en ont besoin, de renforcer la qualité de leur programme éducatif, la qualité de la gouvernance et de leur politique en matière d’éducation et de formation. Les jeunes réclament que les formations qu’ils reçoivent, soient beaucoup plus adéquates et mieux arrimées aux besoins du marché de l’emploi. Les jeunes ont aussi un esprit d’entreprendre qu’il faut canaliser, qu’il faut soutenir et qu’il faut accompagner. C’est dans ce sens que s’inscrit notre programme de soutien à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes dans les filières créatrices d’emplois. Les jeunes demandent également un accompagnement important  dans certains domaines d’innovations, dont les technologies de l’information et de la communication. Avec notre vaste réseau universitaire, nous avons la possibilité de connecter les jeunes étudiants malgaches avec des universités dans le monde entier. L’idée est de maximiser notre capacité, ce qui permet d’enrichir et de mieux cibler nos stratégies de développement et de croissance.

Vous parlez beaucoup d’éducation et de développement économique. Les objectifs de la Francophonie relèvent-ils plus du développement que de la défense d’une langue et d’une culture commune  ?
Tout est dans le tout. La Francophonie avance avec beaucoup plus d’assurance sur d’autres domaines, et également en capacité de focaliser davantage sur le développement humain et économique. Parce que ces assises sont solides. Cette langue est un levier pour créer, penser, inventer. Pour nouer davantage de liens importants et stratégiques en termes de partenariat, de réseautage, de maillage sur cet espace francophone. Cela nous donne une force de propositions, une force de frappe, une possibilité beaucoup plus grande. Et qui parle de développement et de croissance a besoin aussi d’investissement beaucoup plus grand dans le capital humain, dans le savoir, dans les connaissances, dans les capacités d’innover, dans les capacités aussi de faire des recherches. Il faut bien cibler les filières que l’on veut développer, les compétences que l’on veut rehausser pour mieux se positionner sur les marchés et pour une meilleure intégration.

Ce qui fait aussi peur, c’est que la francophonie soit un relent de la colonisation française.
Il faut sortir de cela. Dès que l’on en sort, il y a un déclic qui s’installe dans notre esprit. Nous sommes plus focalisés sur ce que nous sommes, sur ce que nous voulons offrir et sur les liens que nous voulons établir avec d’autres dans cet espace qui est extrêmement dynamique. Quand j’entends cela, j’ai envie de dire que, nous sommes au XXIe siècle et qu’il faut y aller. Il y a des convergences, qui sont là, des occasions à saisir, des opportunités. Si l’on reste sur ce vieux discours, on ne va nulle part. Nous avons envie de nous rencontrer, d’agir ensemble, c’est pourquoi nous misons sur la francophonie économique. Il faut absolument sortir de cette espèce de zone glauque et entrer de plain-pied, avec assurance et avec le désir de gagner, dans cet espace très dynamique. C’est comme cela qu’on y arrive. Sinon, on piétine.

A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

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