Frantz Fanon : contre le colonialisme.

Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor sont cités par Frantz Fanon
 dès son premier ouvrage Peau noire, masques blancs. Dès l’introduction de Peau noire, masques blancs, Fanon cite ainsi le « Discours sur le colonialisme » de Césaire : « Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. » Justine Canonne.

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Frantz Fanon

 

Psychiatre et écrivain martiniquais, né en 1925, il publie son premier ouvrage Peau noire, masques blancs en 1952. Devenu médecin-chef à l’hôpital psychiatrique de Blida, en Algérie, à partir de 1953, il constate la situation de « déshumanisation systématisée des indigènes » et rejoint le combat du Front de libération nationale (FLN) alors que débute la guerre d’Algérie. En 1957, il rejoint Tunis, où il collabore au journal du FLN, El Moudjahid. En 1959, Frantz Fanon publie L’An V de la révolution algérienne. Alors qu’il se sait atteint d’une leucémie, il rédige son dernier ouvrage, Les Damnés de la Terre, publié en novembre 1961. Il meurt aux États-Unis le mois suivant, à l’âge de 36 ans.

Les oeuvres de Frantz Fanon

Peau noire, masques blancs.
1952, rééd. Seuil, coll. « Points », 2001.

Dans ce premier ouvrage, le jeune psychiatre martiniquais explique entreprendre une « interprétation psychanalytique du problème noir ». Frantz Fanon entend déconstruire les mécanismes d’infériorisation qui sous-tendent les relations entre Noirs et Blancs, afin de « rendre possible pour le Noir et le Blanc une saine rencontre ». Dans le régime colonial, les relations entre Noirs et Blancs sont toujours faussées, les premiers ayant toujours pour objectif de « blanchir la race », de « s’élever » jusqu’aux seconds, explique Fanon. Il faut sortir de ce schéma aliénant qui enferme « le Blanc dans sa blancheur » et « le Noir dans sa noirceur ». « L’expérience vécue de l’homme noir » est sans doute l’un des chapitres les plus marquants de Peau noire, masques blancs : Fanon y décrit, à la première personne, le vécu du Noir dans le monde blanc et l’expérimentation du racisme européen.

Frantz Fanon : contre le colonialisme

Justine Canonne

Mis à jour le 03/01/2012

Comment guérir le colonisé de son aliénation ? Telle est la question à laquelle n’aura de cesse de répondre le psychiatre martiniquais Frantz Fanon. Source d’inspiration pour lespostcolonial studies, son œuvre est mal connue en France. Cinquante ans après sa mort, retour sur une pensée aussi dérangeante qu’actuelle.

« Nous ne tendons à rien de moins qu’à libérer l’homme de couleur de lui-même. » Tel est l’objectif que poursuivra Frantz Fanon à travers toute son œuvre intellectuelle. Elle puise dans son expérience comme il l’explique dès son premier ouvrage, Peau noire, masques blancs (1952) : « L’objectivité scientifique m’était interdite, car l’aliéné, le névrosé, était mon frère, était ma sœur, était mon père. »

Né en 1925 à Fort-de-France, dans une famille de la petite bourgeoisie martiniquaise, le jeune Fanon s’engage dans les Forces françaises libres durant la Seconde Guerre mondiale et fait l’expérience du racisme des Français envers les Noirs. Démobilisé en 1945, il repart vers la Martinique, où il passe son baccalauréat. En 1946, il part étudier la médecine à Lyon, avant de s’orienter vers la psychiatrie. C’est après sa thèse, soutenue en 1951, qu’il publie Peau noire, masques blancs.

Dans ce livre, qu’il décrit comme une « étude clinique », il analyse « l’aliénation » du colonisé, et plus particulièrement du Noir antillais. Pour le jeune psychiatre martiniquais, cette aliénation est inhérente au système colonial. « Le colonialisme exerce une violence psychique, son discours : le colonisé est “laid”, “bête”, “paresseux”, a une sexualité “maladive”, explique la politologue Françoise Vergès. Et pour Fanon, le colonisé finit par intégrer ces discours de stigmatisation, le sentiment d’être inférieur, il finit par mépriser sa culture, sa langue, son peuple, il ne veut plus alors qu’imiter, ressembler au colonisateur. »

 

Décoloniser les esprits

Cette volonté du colonisé de ressembler au colonisateur, Fanon l’observe chez les siens mis en contact avec la métropole. Ils adoptent le français, langue du colonisateur, rejetant le créole. Voulant se rapprocher le plus possible du Blanc, les Antillais se mettent même à distance des Noirs africains, qu’ils n’hésitent pas à considérer comme inférieurs, comme les« véritables nègres ». Selon Fanon, cette « négrophobie » des Noirs envers d’autres Noirs est caractéristique de l’aliénation qui s’est emparée de ses frères. Ces derniers ont intériorisé ce système colonial qui place le Blanc tout en haut de l’échelle des races. Ainsi « le Noir n’est pas un homme », « le Noir est un homme noir » qui « veut être blanc », et c’est bien là le signe de son aliénation. Pour Fanon, le Noir ne sera pleinement homme que lorsqu’il sera débarrassé de cette aliénation qui le déshumanise.

Cette aliénation qu’il décrit chez le Noir antillais, Fanon l’observe également chez les colonisés d’Afrique du Nord à partir de 1953, alors qu’il occupe le poste de médecin-chef à l’hôpital psychiatrique de Blida, en Algérie. Désormais, toute son énergie et sa pensée seront consacrées à cette question : comment guérir le colonisé de son aliénation, lui permettre de devenir libre, d’accomplir son humanité ?

Sa réponse ne tarde pas. Le seul moyen de sortir de l’aliénation est la décolonisation, pas seulement celle du territoire, mais aussi celle des esprits. Elle doit permettre au colonisé d’accomplir pleinement son humanité. Cette idée, déjà en germe dans Peau noire, masques blancs, est pleinement explicitée dans Les Damnés de la Terre (1961) : « La décolonisation est très simplement le remplacement d’une “espèce” d’hommes par une autre “espèce” d’hommes ». La décolonisation doit ainsi créer une nouvelle espèce d’hommes, en supprimant le clivage de la race, socle du système colonial.

Il faut dépasser l’antagonisme entre colons et colonisés, entre Blancs et Noirs, afin que l’humanité soit une. Cette universalité de la condition humaine est chère au jeune psychiatre. Au nom de celle-ci, il dit prendre garde tout autant aux Noirs qui veulent devenir blancs qu’aux Noirs qui exaltent des valeurs noires supérieures. « Pour nous, celui qui adore les nègres est aussi “malade” que celui qui les exècre », écrit-il dans Peau noire, masques blancs, estimant que « le Noir qui veut blanchir sa race est aussi malheureux que celui qui prêche la haine du Blanc. » Exalter la race noire contre le Blanc, n’est-ce pas encore pour le Noir s’enfermer « dans sa noirceur », alors que le but est justement d’en sortir ?

 

Fanon et la négritude

Si Fanon émet des réserves sur l’exaltation par les Noirs de leur culture, d’un passé noir, il ne néglige pas pour autant le courant de la négritude (encadré ci-dessous). Fanon s’oppose à Jean-Paul Sartre qui considérait la négritude comme une simple étape, un simple « passage » vers l’accomplissement de l’humanité (1). Mais faire de la négritude le « temps faible » d’une progression vers une société sans races, comme le fait Sartre, n’est-ce pasde facto ôter au Noir la possibilité d’y recourir ? Le discours sartrien « détruit l’enthousiasme noir », écrit ainsi Fanon dans Peau noire, masques blancs. Le penseur martiniquais dit au contraire avoir « besoin de (se) perdre dans la négritude absolument » avant de la dépasser. C’est là que pointe la complexité de la pensée de Fanon.

Si Fanon estime que les Noirs ont besoin de se reconnaître dans un passé commun, il affirme qu’aucun homme ne doit pour autant être prisonnier de son passé. Les hommes doivent plutôt chercher à construire leur avenir. Il ne faut pas « fixer l’homme » – sous-entendu le fixer dans son histoire, dans sa situation de colonisé, ou d’ancien esclave pour les Noirs – mais « lâcher l’homme (2) ».

 

Apôtre de la violence ?

La sortie de l’aliénation passe par la décolonisation, et une décolonisation nécessairement violente qui « laisse deviner à travers tous ses pores des boulets rouges, des couteaux sanglants », explique-t-il dans Les Damnés de la Terre. Fanon se ferait-il l’« apôtre de la violence (3) ».

La violence révolutionnaire est certes l’un des thèmes centraux des Damnés de la Terre. Mais la pensée de Fanon fut quelque peu déformée par Sartre, qui signa la préface du livre, explique la philosophe Magali Bessone (4) : « La préface de Sartre radicalise le discours de Fanon et pose la violence comme fin en soi. » Or, chez Fanon, la violence des colonisés n’est pas une fin en soi. Elle est plutôt un moyen de sortir de l’aliénation. Elle est en outre une « contre-violence » en ce qu’elle est une réponse à celle exercée par le système colonial. Dans l’esprit de Fanon, la violence est ainsi l’unique moyen pour le colonisé de se libérer d’un système colonial lui-même violent.

Le colonisé doit conquérir lui-même son émancipation. Il ne doit pas se voir accorder sa liberté, il doit l’obtenir par la force, sinon la désaliénation n’aura pas lieu. Pour Fanon, qui écritLes Damnés de la Terre en pleine guerre d’Algérie, « l’homme se libère dans et par la violence », une violence qui « désintoxique » et « débarrasse le colonisé de son complexe d’infériorité ».

 

Fanon l’Algérien

Les textes militants de Fanon, la véhémence des Damnés de la Terre, lui ont valu d’être longtemps marginalisé en France. Fanon, qui avait rejoint le Front de libération nationale (FLN) en Algérie en 1955, démissionne de son poste à l’hôpital psychiatrique de Blida l’année suivante. En retour, il reçoit un arrêté d’expulsion. Il part alors pour Paris, puis pour Tunis, où il devient l’une des plumes du journal du FLN, El Moudjahid, à partir de 1957. Convaincu de la nécessité d’une solidarité panafricaine en vue de la décolonisation du continent, il voyage aussi dans plusieurs pays d’Afrique, notamment au Ghana, en Guinée ou au Congo, en tant que représentant itinérant du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) en 1960. Entre-temps, son œuvre est censurée par les autorités françaises. L’An V de la révolution algérienne est saisi dès sa sortie en 1959. Rédigé quelques mois avant sa mort, alors qu’il se sait atteint d’une leucémie, Les Damnés de la Terre est imprimé dans des conditions de semi-clandestinité, puis interdit lors de sa diffusion en 1961, pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État ». Mais ses textes sont abondamment commentés après sa mort, survenue en décembre 1961, et dans la décennie suivante.

 

L’amnésie française

La véritable éclipse de Fanon se produit à partir des années 1970. Il devient alors « un philosophe maudit » en France, « pays pour lequel la guerre d’Algérie n’a pas eu lieu », note sa biographe Alice Cherki (5). Mais si Fanon est marginalisé en France pour sa participation à la lutte du FLN, c’est, parallèlement, de son vécu algérien qu’il tire son universalité. Il n’est ainsi pas seulement un penseur de la question noire, il a pensé les dérives du système colonial dans son ensemble. Et c’est bien pour sa condamnation radicale du colonialisme français qu’il est demeuré longtemps occulté en France. « En redonnant à la colonie son rôle dans la construction de la nation, de l’identité nationale et de la République française, Fanon fait apparaître comment la notion de “race” n’est pas extérieure au corps républicain et comment elle le hante », remarque ainsi F. Vergès. Dévoilant le clivage racial au fondement du système colonial, Fanon gêne le républicanisme d’une France qui se dit indifférente aux différences, mais qui, dans son propre empire colonial, a dénié des droits à des populations au motif de leur « race » dite inférieure.

 

Un retour en France ?

Alors qu’en France elle sombre dans l’oubli, la pensée voyageuse de Fanon parcourt le monde. Elle imprègne ainsi la réflexion de chercheurs anglophones via le courant despostcolonial studies*. Après ce détour anglophone (encadré ci-dessous), un retour de Fanon s’observe en France depuis un peu plus d’une décennie. La biographie de F. Fanon par A. Cherki a permis la redécouverte de l’auteur martiniquais au début des années 2000. L’essor des études postcoloniales à la française, les travaux sur l’esclavage et la colonisation de certains chercheurs français remettent à l’honneur l’analyse du texte fanonien (6).

Cependant le retour de Fanon en France apparaît incomplet. Il y est rarement abordé comme un théoricien, estime ainsi le philosophe politique Matthieu Renault. La publication d’œuvres biographiques sur Fanon, au détriment d’essais sur sa pensée, semble un symptôme de la difficulté française à le lire autrement que comme un militant, comme si « l’homme d’action ne saurait être en même temps homme de pensée (7) ».

Fanon reste donc encore et toujours à relire (8). Le cinquantième anniversaire de sa mort montre paradoxalement à quel point il demeure largement ignoré en France, alors même que certaines de ses pages, sur le racisme ou sur le devenir des pays africains après les indépendances, sont d’une surprenante actualité.

 

NOTES

(1) Jean-Paul Sartre, « Orphée noir », préface, in Léopold Sédar Senghor, Anthologie de la poésie nègre et malgachede langue française, 1948, rééd. Puf, 2011. Dans ce texte, que Frantz Fanon critique dans Peau noire, masques blancs, Sartre définit notamment la négritude comme « un passage et non un aboutissement » et comme « le temps faible d’une progression dialectique (…) (visant) à préparer la synthèse ou réalisation de l’humain dans une société sans races ».
(2) Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, 1952, rééd. Seuil, coll. « Points », 2011. Dans sa conclusion, Fanon écrit : « Il ne faut pas essayer de fixer l’homme puisque son destin est d’être lâché. »
(3) David Macey, Frantz Fanon. Une vie, La Découverte, 2011. Le biographe explique que Fanon a pu être considéré comme « l’apôtre de la violence » dans ses liens avec les leadersde la lutte de libération algérienne et lorsqu’il promeut l’usage de la violence dans Les Damnés de la Terre.
(4) Magali Bessonne, « Frantz Fanon, en équilibre sur la color line », introduction à Frantz Fanon, Œuvres, 
La Découverte, 2011.
(5) Alice Cherki, Frantz Fanon. Portrait, Seuil, 2000.

(6) Voir Françoise Vergès, « “Le Nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc”. Frantz Fanon, esclavage, race et racisme », Actuel Marx, n° 38, 2005/2.

(7) Matthieu Renault, Frantz Fanon. De l’anticolonialisme à la critique postcoloniale, Amsterdam, 2011.
(8) Voir Jean-François Bayart, « Relire Fanon », en ligne sur Mediapart, 18 octobre 2011.
http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-francois-bayart/181011/relire-fanon.

Le colonialisme a-t-il été positif ? NON, c’est un crime contre l’humanité (dossier)

samedi 2 avril 2016.

La colonisation, sous prétexte d’apporter LA civilisation à des peuples considérés comme arriérés, parce que vivant sous une autre culture que celle d’occident, s’est faite sur une base profonde de racisme, de xénophobie. La principale différence avec l’esclavagisme est que le colon n’achetait plus les hommes, n’exerçait plus le droit de vie ou de mort, bien que souvent, les conditions de travail étaient telles, que la différence n’était pas si évidente : il suffit de revoir le film documentaire de René Vautier « Afrique 50 » qui en fait la démonstration.

Le code de l’indigénat, définissait un droit d’infériorité, de sous citoyens des colonisés. Les révoltes étaient sévèrement réprimées. La scolarisation des « indigènes » n’a été que très limitée, et en fonction du besoin minimum pour être assez productif. Les routes ou voies de chemin de fer n’ont été construites que pour transporter les matières premières. Les indépendances n’ont pas été accordées par générosité d’âme, mais parce que les mouvements d’émancipation étaient tellement puissants qu’ils y auraient conduit de toutes façon. Un certain nombre de pays ont du mener des guerres (même si elles n’ont pas eu cette qualification, ou bien plus tard : Vietnam, Madagascar, Algérie, Cameroun… par exemple), générant de véritables massacres.

Que ce soit au Vietnam, ou en Algérie, les crimes contre l’humanité sont patents : les tortures, les viols, les exécutions sommaires (corvées de bois), les crevettes Bigeard, les villages rasés au napalm,… sont des réalités. Les essais nucléaires au Sahara, les défoliants au Vietnam (même si les américains ont ensuite terriblement accentué leur utilisation) continent encore aujourd’hui de générer des victimes. A Paris 2 crimes d’état ont été perpétrés sous la responsabilité du sinistre Papon : 17 octobre 1961 et 8 février 1962. Tous ces crimes n’ont toujours pas été reconnus par l’Etat Français, ni condamnés. Aujourd’hui, la voix de la France serait plus crédible, et entendue, si elle avait fait cette démarche, et enfin, nos leçons de démocratie de Droits de l’Homme auraient enfin un sens.

Pourquoi ne pas retenir, l’idée d’une journée de mémoire du colonialisme, comme cela s’est fait pour l’esclavage en 2006 ?

2) Depuis 2002, on assiste à une volonté de réhabilitation du colonialisme

Depuis 2002, on constate peu à peu une volonté de réhabilitation de l’idée du colonialisme, de le présenter comme « positif ». C’est la loi du 23 février 2005 qui inscrivait dans le marbre législatif « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord… » Un tollé, initié en particulier par des historiens, obligeait Jacques Chirac à faire supprimer cet alinéa de l’article 4. Mais cette loi scélérate conserve son esprit colonialiste. La « Fondation pour la Mémoire de la Guerre d’Algérie », prévue dans cette loi est entrain de se mettre en place : les 2 principales organisations d’Anciens Combattants (l’ARAC et la FNACA) en sont exclues.

Avant 2002, il n’existait qu’une quinzaine de stèles, en France, glorifiant l’Algérie Française, maintenant ce sont près de 70 répertoriées à ce jour et honorant souvent l’OAS. Un certain nombre se permettent même de rendre un « hommage » aux 4 responsables de l’OAS condamnés à mort et exécutés pour le leurs crimes commis au nom de cette organisation factieuse : Bastien-Thiry, responsable de 2 attentats conte le Général de Gaulle en sa qualité de Président de la République, Degueldre chef des réseaux Delta véritables escadrons de la mort responsables de près de 3.000 morts et de milliers de victimes, ainsi que ses lieutenants Piegts et Dovecar. Ces « honneurs » sont de plus en plus souvent rendus en connivence entre l’extrême droite, les associations pro-OAS et les élus, principalement UMP.

C’est le discours du 7 février 2007 à Toulon, du candidat Sakozy, par lequel il définit sa conception colonialiste des rapports qui vont être virement réactivés sous sa présidence avec les anciennes colonies. Puis ce fut l’engagement de réhabilitation de l’OAS qu’il prenait dans sa lettre du 16 avril 2007 au Clan-R. Ensuite, on se souvient du discours prononcé à Dakar, insultant les Africains. Une orientation politique déterminée.

3) Quand le « Naturel » colonialiste gouvernemental fait surface de façon éhontée

Comment s’étonner du comportement scandaleux, honteux de notre ministre des affaires étrangères ? Le Président Sarkozy montrait le chemin, à peine élu Président de la République, il prenait des vacances sur le luxueux bateau de son ami Vincent Bolloré, ce milliardaire qui doit sa fortune comme colon s’enrichissant, moyennant corruption avec les dictateurs ivoiriens, togolais…

Alors, il est tout naturel que MAM aille passer ses vacances en Tunisie, en pleine tourmente, pour tenter de sauver les hommes du clan de l’ami Ben Ali, et en profite pour réaliser de fructueuses affaires, en famille. A ce moment là, le Président Sarkozy ne passait-il pas, comme en 2009, quelques jours à la résidence « Jnane Lekbir » de son ami le roi Mohamed VI, près de Marrakech ? Par qui était financé ce séjour ?

Tout comme notre Premier Ministre Fillon, il est tout naturel de concilier fonction officielle et avantages personnels : comment refuser à l’ami Moubarak (ce despote désigné par Sarkozy pour être le président de l’UPM – l’Union pour la Méditerranée-) d’être hébergé dans l’un des plus luxueux hôtels égyptien ?

Pour ces gens là, la politique n’est rien d’autre qu’un moyen de se servir de leurs relations pour un profit personnel à partager entre amis, entre nantis.

Le 14 juillet dernier, pour « fêter » les 50 ans d’indépendance des anciennes colonies, notre Président avait convoqué les dictateurs mis en place, soutenus par le système de la Françafrique. C’est en effet la cellule Afrique de l’Elysée qui orchestre, depuis 50 ans leur maintien, leur soumission, y compris avec les services de mercenaires comme Bob Dénard pour maintenir les intérêts des groupes financiers dits français, ainsi que les éliminations des Sankara, Lumumba… Les photos de « famille » montrent les connivences entre ces « coquins » qui s’enrichissent sur le dos des peuples de façon éhontée et en font profiter leurs mentors avec les systèmes de commissions, retro-commissions, compromissions… Ces relations occultes entre ces chefs d’état de ces anciennes colonies et la Gouvernance française permettent ainsi les financements de partis politiques au pouvoir et les enrichissements personnels scandaleux.

4) Janvier 2011, Un tournant historique dans le monde

La révolution tunisienne restera une date historique, marquante : qu’un peuple opprimé, se lève massivement, pour exiger plus de libertés, des réformes économiques… et obtienne de chasser le dictateur, malgré un quasi soutien international est devenu un exemple, un espoir pour les autres peuples vivant dans des conditions d’oppression similaires.

Le peuple égyptien a gagné, lui aussi, et chassé le despote qui semblait indéboulonnable.

En Algérie, au Yémen, au Bahreîn, en Lybie, au Maroc,… ces régimes se sentent ébranlés. Les manifestations souvent importantes, sauvagement réprimées ont poussé certains de leurs chefs d’états dictatoriaux à accorder des mesures économiques (souvent l’augmentation des fonctionnaires et tout particulièrement les policiers et les militaires afin de conserver un appui en espérant tenter de casser le mouvement populaire), des engagements pour lever les entraves aux libertés d’expression… Ces dictateurs sentent bien qu’ils n’ont, comme seule issue pour tenter de conserver le pouvoir, que de lâcher du lest. Ils sont pris au piège de perdre leur légitimité imposée par la force ou risquer d’être chassé.

Comme dans les pays d’Amérique Latine qui se sont libérés du joug impérialiste américain, il est bien prévisible que ces dictateurs, même s’ils son déchus, tenteront de trouver des mercenaires, des groupes de pressions pour tenter de déstabiliser les nouveaux systèmes mis en place. Faisons confiance aux peuples qui ont montré une très grande maturité, une détermination, une sagesse pour faire aboutir leurs revendications. Besson risque bien d’être écouté pour que la France de Sarkozy accorde généreusement l’asile politique aux soutiens de ces tyrans sanguinaires.

Mais nul doute que ces exemples qui animent le Maghreb, les pays arabes, risquent aussi d’inspirer les autres peuples africains, et que la contagion ne gagne tout le continent, et peut-être même au delà.

Quel exemple de démocratie, où la voix du peuple a été entendue, pas comme en France où la représentation est truquée par des lois électorales dénaturant l’expression populaire. Et notre Sarkozy qui ne constatait aucun conflit social s’opposant à sa politique en début de mandat, qui n’a pas vu défiler assez de manifestants contestant la casse du droit à la retraite, ne risque-t-il pas d’être obligé demain, si le mouvement populaire s’amplifie, de reculer sous la pression déterminée de la rue ?

Front de Gauche.

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A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

Pour une prise de conscience citoyenne des Malagasy
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