13/04/2016. Filazana manjo, Atoa Henri Rahaingoson.

Décès de Henri Rahaingoson

Langue

Ph. L’Express de M/car Henri Rahaingoson.

13.04.2016
 Toliara tsy miroro a ajouté une photo à l’album Portrait, personnage, hitsoire.

H. Rahaingoson: «Notre langue est malade, pas morte»

Après la Journée mondiale de la langue, on célèbrera en juin, à Madagascar, le Mois de la langue maternelle. Une initiative du linguiste et poète Henri Rahaingoson, de l’Académie malgache, lancée en 1993. Une langue malgache qui affronte sans complexe la mondialisation, nous explique-t-il.

Langue maternelle ou langue nationale ?
Il faut êtres très prudent quand on évoque ce sujet, car beaucoup de choses sont à considérer. A Madagascar, on n’arrive pas à se mettre d’accord pour dire quelle est notre langue maternelle. Même entre linguistes, le débat perdure. En fait, la langue maternelle serait la langue utilisée par une mère pour transmettre son éducation à ses enfants. Alors, si l’on suit cette logique, les enfants d’un juge, d’un directeur de banque, d’un marchand de poisson ou d’un clochard n’ont pas la même langue maternelle. Ils habitent le même quartier mais ils sont élevés dans des registres différents… D’autres disent que la langue maternelle, c’est la langue nationale, donc le malgache. Mais qu’est-ce que cela signifie dans ce vaste pays comptant 18 tribus, dont chacune a son dialecte ?

C’est pour cela que j’ai lancé en 1993, à l’avènement de la Troisième République, presque dix ans avant la Journée mondiale de la langue par l’UNESCO, la célébration du Mois de la langue malgache, commémorée pendant tout le mois de juin. On parle là, non de la langue maternelle, mais de la langue malgache se montrant sous plusieurs dialectes.

On vous doit un célèbre dicton…
Andrianiko ny teniko, ny an’ny hafa koa feheziko qui signifie littéralement : ma langue, je la fais souveraine et quand à celle d’autrui, je la maîtrise et je la fais mienne. Quand j’ai inventé ce mot, je pensais au proverbe izay marary andrianina (les patients sont souverains). Je trouve que le malgache est malade, et il a besoin de nos soins. Et c’est pourquoi la célébration du Mois de la langue malgache : pour la retenir en vie et la réanimer petit à petit.

Le malgache se dégrade, dites-vous ?
Notre langue se détériore et s’améliore, bref elle évolue. C’est une langue vivante, et comme tout être vivant, elle subit inéluctablement une perpétuelle transformation. Se vanter de pouvoir la garder telle qu’elle a été du temps d’Andrianampoinimerina est une erreur. On est dans l’ère de la mondialisation, et Madagascar ne peut pas y échapper. Les chocs interculturels, le développement de la technologie et de la science, et surtout les échanges commerciaux avec les autres pays, font muer petit à petit le malgache. Une langue se détériore ou est en déclin quand elle a encore des vocables appropriés pour dire une chose mais qu’on utilise des mots d’une langue étrangère. Emprunter des mots étrangers n’est pas un pêché si et seulement si on n’a pas son équivalent en malgache.

Peut-on tout dire en malgache ?
Aucune langue n’est naturellement complète. Les Anglais ont inventé la machine qu’ils ont baptisée computer. Quand cette technologie a atteint la France, on a inventé le mot ordinateur, Et nous, nous parlons aujourd’hui de solosaina. C’est le travail des linguistes de continuellement mettre à jour leur langue et de la parfaire sans arrêt. C’est ce que nous faisons à l’Académie malgache. Nous avons en réserve toute une liste de mots liés à l’informatique. Rindram-bainga pour hardware (matériel) et rindram-baiko pour software (logiciel). Nous envisageons de publier très prochainement un glossaire des terminologies et jargons utilisés dans la presse et la communication. Le malgache est bien une langue du XXIe siècle.

Henri Rahaingoson est l’initiateur du Mois de la langue maternelle en 1993.

no comment / 7 avril 2015 – Traditions // N°: 63

Toliara tsy miroro a ajouté une photo à l’album Portrait, personnage, hitsoire.

Langue et langage – Une réforme orthographique inévitable

25.02.2016

La langue maternelle comme levier de développement et outil principal pour une éducation de qualité. L’événement tenu au sein du centre Betania Ankasina s’est fondé sur ces bases.

Une conférence-débat des plus animées évoquant le futur de la langue malgache. Tous les acteurs de l’éducation nationale, des enseignants, des auteurs,  de même que les jeunes élèves et leurs parents, ainsi que d’illustres académiciens et le public en général se sont retrouvés au sein du centre Betania Ankasina hier. Le but était de célébrer la journée internationale de la langue maternelle. Le tout, à travers une table ronde pour discuter du rôle qu’occupe actuellement la langue maternelle dans l’éducation, mais aussi à travers une exposition sur la littérature et des rencontres avec des auteurs malgaches. Le public, et notamment les jeunes, ont ainsi découvert, hier, une véritable ode à la langue malgache, organisée par la commission malgache pour l’Unesco, en accord avec le ministère de l’Éducation nationale et l’association
« Vohitsera », avec la présence de l’académicien Henri Rahaingoson.
« Éducation de qualité, langue d’enseignement et résultats de l’apprentissage », ont été la thématique principale de cette journée, laquelle a été longuement discutée durant la conférence-débat. « Les échanges concernant l’aspect linguistique de notre éducation importent réellement, surtout à l’époque actuelle. Le fait est que dans le cadre de cette célébration, on fait face à cette problématique. La langue malgache en soi serait-elle vraiment suffisante pour l’éducation et l’apprentissage en général   », interroge l’académicien.

Réforme en vue
Rappelant l’époque de la malgachisation dans toute sa splendeur, l’efficacité de la langue malgache a donc été longuement argumentée lors du débat qui a égayé cette célébration de la journée internationale de la langue maternelle. Henri Rahaingoson confie « Qu’est- ce que l’éducation   Qu’est-ce que l’apprentissage   Quelle est donc la langue la plus appropriée, autant pour l’un que l’autre   Le fait est que la langue malgache est, elle aussi, en constante évolution, et se doit de s’adapter à chaque fois aux réalités de la société, ainsi que du programme scolaire en lui-même ».
Une affirmation à laquelle il rajoute « Tout comme ce qui est en train de se faire outre-mer, une réforme de l’orthographe de la langue malgache est aussi à prévoir, voire inévitable. La mise en place d’une politique linguistique est d’ailleurs actuellement discutée au sein de l’Assemblée nationale et de l’Académie malgache pour aller dans ce sens ».
Maîtriser sa langue maternelle, tout en faisant sienne celle d’autrui, ce fameux leitmotiv de Henri Rahaingoson gagne de plus en plus en ampleur au fil des générations. « Autant la maîtrise que le respect de la langue maternelle importe le plus pour l’éducation nationale actuellement», conclut Todisoa Andriamam­pandry, directeur général du ministère de l’Éducation nationale. C’est pourquoi, en vue de promouvoir cette politique linguistique, la mise en place du Conseil national de l’éducation (CNE) a été réalisée. Distinguant ce qu’est la langue mère, originelle de la langue maternelle que l’on promeut autant pour le développement, une exposition présentée pour l’occasion, était, quant à elle, essentiellement ornée de cette vocation éducative. Andry Patrick Rakotondrazaka. L’Expressmada.

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A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

Pour une prise de conscience citoyenne des Malagasy
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Un commentaire pour 13/04/2016. Filazana manjo, Atoa Henri Rahaingoson.

  1. Thierry Sinda dit :

    Henri Rahaingoson fut un solide intellectuel amoureux des lettres françaises et malgaches. On peut dire de lui, qu’ il fut un érudit des hauts plateaux, profondément malgache, c’ est à dire autant discret que possible, et se tenant à bonne distance du tintamarre des hommes de culture à bon marché qui exhibe sur la place publique un prêt-à-penser mal réchauffé et des plus insipide et superficiel. Il est le parfait reflet du précieux Madagascar d’ hier. Et comme je le disais de manière prémonitoire, il y a si peu de jours à Paris en sa présence – où il nous avait fait, comme à son habitude, un brillant exposé, sans notes, portant sur les 150 ans de la presse malgache à la demande de l’ AIFM de Francine Ranaivo – un vieillard qui meurt c’ est une bibliothèque qui brûle(Amadou Hampate Ba) .Les jeunes pousses, ce jour ,buvaient son savoir sans limite: Hanitra Salomon (la petite fille de Dox et présidente de l’ UPEM France) Rainibemirindra Andramanalinarivo (le plus jeune honoré de l’ Ordre des arts et Lettres et culture malgasy) et quelques autres. Mon ami Henri a rejoint la terre des ancêtres, que celle-ci lui soit légère en cette année de Francophonie mondiale où lui et moi caressions le projet d’y inclure un récital de poésie. Je suis heureux qu’il soit inscrit à tout jamais en lettres d’or dans mon ouvrage « Anthologie des poèmes d’amour des Afriques et d’ Ailleurs » disponible au CCF de Tana. Bonne route et envoie-nous des messages de paix, de poésie et d’amour pour notre Afrique dite aujourd’hui globale…

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