Les Cathos n’étaient point responsables, Razanakolona un foza. Après le constat quelle voie, à part celle du Seigneur ?

Message des Evêques à la Nation

« Donne-nous des bergers dignes de confiance »

Recueillis par JRR . Lakroi

Les Evêques de l’ Eglise Catholique à Madagasikara, les Raiamandreny, réunis en session extraordinaire, ont examiné la situation de Madgasikara. Voici leur message à l’issue de cette réunion.

 

 

« Il fut pris de pitié pour eux parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger » (Mc 6,34).

« …la brebis perdue, je la chercherai, celle qui se sera écartée, je la ferai revenir ; celle qui aura une patte cassée, je lui ferai bandage ; la malade, je la fortifierai…Je ferai paître mon troupeau selon le droit ».

Que la paix soit avec vous !

 

Ces paroles de l’Ecriture nous ont incité nous les Evêques, vos Raiamandreny, réunis en session extraordinaire, à examiner la situation de notre pays. Comme le prophète Ezéchiel, nous sommes « pris de pitié pour le peuple », lequel ressemble à « des brebis sans berger », à cause de la succession jusqu’à aujourd’hui des régimes qui n’ont pas su tirer les leçons des dérives commises dans le passé et qui a été à l’origine de nos malheurs.

Nous attirons donc l’attention pour que nous n’oubliions pas l’histoire : nous sommes encore en pleine célébration du 56è anniversaire de l’obtention de notre indépendance et nous redisons encore une fois que « le patriotisme, la liberté et le progrès » sont les devises de la vie que nous avons adoptées depuis l’origine.

 

Lueur d’espoir

L’espoir n’est pas totalement perdu, car durant ces trois années où nous avons enduré les séquelles de la crise précédente, nous avons su revivre la sagesse malgache : la tolérance, la solidarité et le fihavanana. Oui, l’espoir n’est pas perdu même s’il y a eu des pressions venant de l’extérieur. Le pays a retrouvé progressivement la confiance de la communauté internationale…La preuve c’est qu’on a pu obtenir une partie des crédits sollicités pour faire fonctionner la vie sociale. Il en est de même de la possibilité d’envisager l’accueil du Sommet des pays francophones, quoique le doute persiste concernant l’achèvement des travaux dans les délais requis. Il y aussi le projet d’accueillir le groupe des pays africains membres du Comesa.

Actuellement, nous nous préparons à célébrer le 50è anniversaire des relations diplomatiques entre la République malgache et le Saint Siège. Cet accord a permis à l’Eglise de travailler en toute sérénité pour la promotion de la dignité humaine.

 

Mais hélas, des ténèbres envahissent notre ciel

Madagascar est malade ; certains osent même dire qu’il est en train d’agoniser. La vie de la Nation s’enfonce peu à peu dans la boue ; les dirigeants restent les bras croisés devant cela . Un régime inefficace , des promesses fallacieuses, mêlées de mensonges et laissant la porte ouverte à la violence !

 

1- Les valeurs malgaches sont détruites :

• La vie et la dignité humaine ne sont plus respectées ;

• Les pauvres ne sont pas protégés ; on laisse les jeunes mener une vie anarchique car la discipline n’est pas suivie dans la vie sociale, sachant qu’il n’existe pas de structures appropriées pour la préparation de leur avenir. Pis encore : il n’y a pas d’orientations claires pour l’amélioration de l’éducation.

• Le vrai fihavanana malgache est perdu, les habitants d’un même quartier se méfient entre eux et même les membres d’une famille se déchirent.

 

2. Confusion sur le plan spirituel :

• On ne respecte pas les valeurs spirituelles, mais au contraire on les détruit et on incite les croyants à s’entredéchirer, et en même temps on profite des cérémonies religieuses pour faire du discours politique, ce qui fait perdre la valeur de la prière.

• On regarde avec indifférence le vol des cloches qui se répand ça et là, suivi d’intimidations pouvant aller jusqu’à l’assassinat de ceux qui protègent les biens de l’Eglise. Qui se trouve derrière tout cela ?

• Il est difficile de résister au vandalisme des statues saintes se trouvant au bord des chemins et qui manifeste une persécution indirecte de l’Eglise catholique. On sait également qu’il y a des opérations de ramassage des Bibles entre les mains des croyants et on les achète cher afin d’éradiquer la foi chrétienne.

• On complique l’obtention et on alourdit le coût des permis de séjour des missionnaires résidants à Madagascar. A cela s’ajoute la requête du permis de construire des lieux de culte qui se sont implantés depuis longtemps dans le but de perturber la foi chrétienne.

• La stratégie des extrémistes qui se cachent derrière une religion censée apporter le salut commence à gagner du terrain.

 

3.Désordre dans la vie politique et économique :

• Les instances de contrôle qui devraient prévenir le détournement et les dérives n’exécutent pas leurs tâches ou subissent des intimidations, au point que l’anarchie règne totalement.

• La pauvreté s’enracine davantage tous les jours, alors qu’il n’existe pas d’orientations et de stratégies claires pour développer le pays. L’exploitation des richesses nationales qui sont censées apporter le bien-être au peuple et sauvegarder le bien commun n’est plus maîtrisée car l’anarchie règne totalement.

• Tout le monde, y compris les dirigeants et le peuple, regarde avec indifférence les feux de brousse et la destruction de l’environnement.

 

4.La vie sociale et culturelle suit une pente vertigineuse

• Le pays vit dans l’insécurité : celle-ci revêt plusieurs formes, tels les assassinats, les cambriolages, les attaques de villages, les kidnapping…

• Le bakchich et la corruption touchent totalement tous les secteurs de la vie sociale alors que certains des hauts responsables et leur entourage bénéficient d’une impunité.

• Le pouvoir et les autorités chargées d’appliquer la loi sont achetés pour faire subir des injustices aux gens et s’approprier illégalement des terrains d’autrui.

• Les droits et la dignité des pauvres ne sont pas protégés. Nous voyons tous que l’état des routes est déplorable dans tout le pays.

• Les gens vivent les pires souffrances car autrefois les malades étaient considérés comme des princes, aujourd’hui ils sont abandonnés.

Si on réfléchit sur toutes ces réalités, on s’aperçoit que c’est le bien commun de la nation qui est bafoué à l’heure actuelle. L’amour effréné de l’argent en est la cause, si bien que la vie sociale est devenue une véritable anarchie. Le peuple est excédé.

 

« JE FERAI PAITRE MON TROUPEAU SELON LE DROIT »

Nous affirmons ici que l’Eglise ne s’immisce ni ne propose un modèle pour l’organisation de la vie politique et la gestion du pays. Sa mission est d’enseigner, de sensibiliser et de conscientiser les personnes pour qu’elles se soucient toujours du bien commun et considèrent les responsabilités exercées comme un service à la nation et jamais comme un instrument d’enrichissement personnel.

Nous cherchons tous des solutions. Nombreux sont ceux qui ont pris conscience qu’il faut changer la manière de gérer les affaires nationales. Des groupements de partis, de syndicats et des composantes de la société civile réunis autour de plateformes s’autoproclamant « opposition » voient le jour ici et là. Les solutions qu’ils proposent consistent à instaurer une nouvelle Transition pour remplacer les structures qu’on vient de mettre en place. Est-ce vraiment la bonne solution ? Il y en a parmi eux qui instrumentalisent le message de l’Eglise et de Justice et Paix pour renforcer leurs idées et s’auto-justifier. De grâce, nous vous supplions de ne pas faire de la récupération.

Il est vrai que certains parmi eux sont animés du souci de l’intérêt général, mais quand on examine de près les réalités et l’histoire, il semble que leur but soit de conquérir le pouvoir en vue de partager des postes pour en tirer profit. Souvent ce sont ceux-là mêmes qui réclamaient autrefois le changement à cor et à cri qui reviennent au pouvoir et une fois qu’ils ont le pouvoir, ils deviennent silencieux et ne font rien du tout pour le pays. Pour nous, cela ne convient pas.

La démagogie et le discours bien argumenté ne suffisent pas pour redresser la nation. Cela requiert un changement de mentalités, et une nouvelle culture animée d’un patriotisme et d’un sens aigu des responsabilités. Nous devons par conséquent envisager des solutions durables, parmi lesquelles nous retenons quelques-unes susceptibles de contribuer au redressement national :

• Il faut se rappeler que le pouvoir est un service à la nation et au peuple pour ceux qui y aspirent et ceux qui l’ont reçu.

• Une collaboration sérieuse entre l’Etat et les Eglises pour faire régner la justice est recommandée.

• On aura soin d’aider et d’éduquer les citoyens pour qu’ils vivent les valeurs fondamentales, tels l’honnêteté, le dévouement, la charité, la dignité humaine et le souci de l’intérêt général. La commission épiscopale Justice et Paix peut apporter sa contribution à cette formation.

• On privilégiera les jeunes dans la préparation de leur avenir et on leur confiera progressivement des responsabilités dans la nation et dans l’Eglise.

• L’époque que nous vivons exige la prise de responsabilités par des personnes de bonne volonté et par des hommes nouveaux, prêts à travailler pour la nation ainsi qu’à animer les institutions et les vivifier, afin de motiver tout le monde, particulièrement les paysans.

• On veillera à respecter la loi et à mettre solidement en place les organes de contrôle tout en exhortant tout le monde à prendre part aux affaires nationales à travers l’exercice des responsabilités qui incombent à chacun, pour faire fonctionner la vie de la nation et éviter l’autodestruction et s’acheminer ainsi progressivement vers une alternance démocratique sans heurts.

• La foi en Dieu et le fait de prier en toute liberté sont des droits fondamentaux parmi les droits humains. Nous demandons dès lors à l’Etat de défendre les droits des croyants et les biens qu’ils utilisent pour le culte, par exemple en réprimant ceux qui volent les cloches.

• Nous encourageons tout le peuple pour qu’il ne baisse pas les bras, mais qu’au contraire il reste solidaire et qu’il n’accepte pas d’être manipulé pour provoquer des troubles et conquérir le pouvoir.

 

« Comme des brebis sans berger »

« Aide Seigneur cette patrie ». Nous sommes faibles et fragiles et nous avons besoin de ta miséricorde. Donne-nous des bergers dignes de confiance pour nous conduire sur le chemin du « patriotisme, de la liberté et du progrès ». Eteins dans nos cœurs l’égoïsme effréné. Vivifie l’espérance de chacun, avec la prière de Marie, pour que « notre Madagascar devienne un pays heureux ».

Nous vous bénissons, nous Evêques, vos Ray aman-dreny.

 

 

Mgr TSARAHAZANA Désiré, Arsevekan’i Toamasina, Filohan’ny Fivondronamben’ny Eveka eto Madagasikara
Mgr RAHARILAMBONIAINA Marie Fabien, Evekan’i Morondava, Filoha lefitra
Mgr RANDRIANARISOA Jean Claude, Evekan’i Miarinarivo, Sekretera Jeneraly
Mgr RAMAROSON Marc Benjamin, Arsevekan’Antsiranana
Mgr RAZANAKOLONA Odon Marie Arsène, Arsevekan’Antananarivo
Mgr RABEONY Fulgence, Arsevekan’i Toliary
Mgr RABEMAHAFALY Fulgence, Arsevekan’i Fianarantsoa,
Mgr Georges VARKEY, Evekan’i Port-Bergé
Mgr ROSARIO Saro Vella, Evekan’Ambanja
Mgr RAKOTONDRAJAO Roger Victor, Evekan’i Mahajanga
Mgr RAOELISON Jean de Dieu, Evekan’Ambatondrazaka
Mgr DI PIERRO Gaetano, Evekan’i Moramanga
Mgr RANDRIAMAMONJY Marcellin, Evekan’i Fenoarivo Atsinanana
Mgr RANAIVOMANANA Philippe, Evekan’Antsirabe
Mgr BOMBIN ESPINO Gustave, Evekan’i Tsiroanomandidy
Mgr RAKOTONARIVO Fidelis, Evekan’Ambositra
Mgr CAIRES DE NOBREGA José Alfredo, Evekan’i Mananjary, Administrateur Apostoliquen’i Farafangana
Mgr RAZAKARIVONY Fulgence, Evekan’Ihosy
Mgr RAKOTOZAFY Vincent, Evekan’i Tolagnaro
Mgr ROBASZKIEWICZ Zygmunt, Evekan’i Morombe
Mgr MALO Michel, Evêque Emérite d’Antsiranana
Mgr RANDRIAMBOLOLONA Philibert, Archevêque Emérite de Fianarantsoa
Mgr RAZAKARIVONY Raymond, Evêque Emérite de Miarinarivo
Mgr SCOPELLITI Antoine, Evêque Emérite d’Ambatondrazaka
Mgr ZEVACO Pierre, Evêque Emérite de Tolagnaro
Mgr PELLETIER Donald, Evêque Emérite de Morondava
Mgr TOASY Armand, Evêque Emérite de Port-Berger

+ Jean Claude RANDRIANARISOA + Désiré TSARAHAZANA
Secrétaire Générale de la CEM Président de la CEM

Conférence des Evêques de Madagascar
SECRETARIAT DE COORDINATION
102 bis rue Cardinal Jérôme Rakotomalala
BP. 667 Antanimena Antananarivo – 101

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Déjà en 2015… Un cri de détresse mais perdu dans les prières des mécréants (ils squattent les demeures saintes).

Sans âme, sans conscience. Bientôt le linceul comme drapeau malgache..

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Antananarivo | 10h51.
lundi 16 novembre 2015

Les évêques catholiques

Madagascar en détresse, il lui faut une âme

lundi 16 novembre 2015, par Bill

La Conférence des évêques catholiques de Madagascar la semaine dernière livre son message aux catholiques, à toutes les communautés religieuses dans leur ensemble et à tous les composants du pays. En tant que berger dans le sens religieux du terme, la Conférence épiscopale des évêques appelle ses fidèles à la tolérance et au pardon mutuel dans la grâce divine. Mais le message s’adresse aussi et surtout à la nation malgache et à ses différents composants, gouvernants et administrés. Il consacre d’ailleurs deux grands paragraphes à ce vivre ensemble et au respect de la nature qui fait l’humanité.

La Conférence des évêques déplore que le monde et dans le cas présent de Madagascar, est en train de courir vers son anéantissement en raison des inepties de l’homme. Malgré l’avertissement que la Conférence des évêques de Madagascar a émis en Novembre 2012, l’égoïsme continue de prendre le dessus sur le sens du bien commun ; les intérêts privés et particuliers sont devenus les leitmotives à la place du service et de l’intérêt public ; la corruption envahit tous les compartiments de la vie sociétale ; le mensonge est roi au même titre que l’hypocrisie. Les évêques regrettent que le Malgache très attaché à sa terre, à son patrimoine soit réduit à vendre et à brader la terre de ses ancêtres, à s’entretuer et s’acharne à se traîner  devant le tribunal où l’équité et la justice ne sont pas en odeur de sainteté.

Les évêques de l’église catholique de Madagascar recommandent la renaissance de l’éducation à tous les niveaux pour une revivification de l’âme. Ils recommandent aussi aux dirigeants l’esprit du service public : la bonne gouvernance que l’on clame sur tous les toits signifie tout simplement chercher à faire prévaloir le bien commun qui est fondé sur les droits de l’homme et la capacité à écouter les autres. D’après le message des évêques, la crise que le pays et le monde vit aujourd’hui est l’expression d’une crise interne, intérieure à l’homme lui-même ; l’homme à perdu son âme.

 

CONFERENCE EPISCOPALE DE MADAGASCAR

« Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde! » (Mt 5, 7)

Recueillis par JRR il y a 18 heures

A l’issue de l’Assemblée Générale tenue par la Conférence Episcopale de Madagasikara, les Evêques envoient un message aux chrétiens et aux hommes de bonne volonté. Intégralité.

« Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde! » (Mt 5, 7)

« Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde! » (Mt 5, 7)

MESSAGE AUX CHRETIENS ET AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE

Que la Paix du Seigneur soit avec nous .

Le 8 Décembre prochain, le Saint Père le Pape François ouvrira la Porte Sainte de l’Année Sainte de la Miséricorde en communion avec chaque diocèse. Nous sommes invités à cheminer ensemble tout au long de cette année de grâce pour la sanctification de notre vie.

 

I- Dieu chemine toujours avec nous…. .

1– Deux fois de suite, l’Eglise a célébré le synode sur la famille, manifestant la place importante de cette dernière pour le développement de l’homme et de tout ce qui constitue la personne humaine. Cela nous amène à rendre grâce à Dieu en communion avec le Pape et les participants qui ont cheminé avec lui. Nous attendons l’enseignement de l’Eglise, fruit de ces synodes.

2– Nous étions bien unis lors de la célébration de JMJ mada 8 à Fianarantsoa. Nous vous remercions pour cette communion. Nous sommes tous convaincus que ce n’est pas le rassemblement qui est l’objectif premier mais un début d’une vie nouvelle : « avoir un cœur neuf pour voir Dieu ».

3– La célébration de l’année de la Vie Consacrée a été aussi une magnifique occasion de communion. Les Consacrés ont approfondi avec l’Eglise leur identité pour qu’ils puissent partager avec tous la joie de l’Evangile en tant que prophètes.

4- Jeunes et enfants ont célébré ensemble l’année jubilaire de l’AFAFI et du FET pendant laquelle ils ont insisté sur le fait que la « Prière, la Parole de Dieu et l’Eucharistie » aident à être missionnaires et témoins dans la vie quotidienne. Les voir unis, ayant le même idéal, est sans nul doute un réel espoir pour l’Eglise et la Nation.

5– Cette année 2015 restera vraiment une année de grâce pour l’Eglise de Madagascar car 10 diocèses ont célébré les 60 ans de leur érection. L’ensemble de la Conférence Episcopale était à Morondava pour célébrer cela et rendre grâce à Dieu autour de Mgr Savio HON TAI FAI, secrétaire Général de la Propaganda Fide venu de Rome. Cela révèle bien que l’Eglise est profondément enracinée à Madagascar.

6– Nous étions été comblés d’amour et de reconnaissance pour Dieu qui a permis la venue des reliques de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et de ses Parents. Leur passage a ranimé la foi et a montré la grandeur de la famille Chrétienne. Notre époque a besoin de modèle. Que nous sachions imiter leur vie.

 

II- Car la miséricorde de Dieu…..

 

1– La miséricorde est la haute manifestation du caractère de Dieu. C’est son cœur même qu’il offre à travers Jésus cloué sur la Croix (Cf Jn 19, 34. C’est cela que nous contemplons plus particulièrement tout au long de cette Année : Le salut que Dieu nous offre est œuvre de sa miséricorde. Il n’y a pas d’action humaine, aussi bonne soit-elle, qui nous fasse mériter un si grand don. Dieu, par pure grâce, nous attire pour nous unir à lui. Il envoie son Esprit dans nos cœurs pour faire de nous ses fils, pour nous transformer et pour nous rendre capables de répondre par notre vie à son amour. ” (Evangelii Gaudium, la Joie de l’Evangile, 112).

2– Cette Année Sainte est un nouvel appel pour chacun à se convertir et à se renouveler pour une vie qui nous engagera à être miséricordieux comme le Père (cf le thème de l’Année Sainte). «L’Église doit être le lieu de la miséricorde gratuite, où tout le monde peut se sentir accueilli, aimé, pardonné et encouragé à vivre selon la bonne vie de l’Évangile ». (Evangelii Gaudium, la Joie de l’Evangile n°114).

 

III- Malheureusement nous nous détournons de cet amour….

 

1– La terre est malade de l’arrogance des hommes. Pas seulement notre monde mais notre patrie. Elle a besoin d’être soignée (Cf Encyclique Laudate sì). Mais, de quoi est-elle malade?

2– Il n’y a plus de respect du bien commun, car la plupart de nos compatriotes sont trop épris d’égoïsme et cela ruine la vie à tous les niveaux. Or il ne peut y avoir le respect du bien commun tant que la corruption, l’injustice, l’insécurité règnent.. Voir notre lettre du mois de novembre 2012.

3– La politique porteuse des vraies valeurs ne peut être fondée sur le mensonge et la démagogie qui hélas se manifeste aux yeux de tous. Souvent, ce n’est pas le service qui pousse à faire la politique mais le carriérisme.., et c’est pour cela qu’on place d’abord les membres de sa famille, les amis, ceux de même ethnie, le clientélisme. Voilà l’origine de la corruption. Comme conséquence ce n’est plus la compétence ni la sagesse qui font développer le pays mais le pouvoir de l’argent. Seront-ils pris ceux qui osent vendre la terre héritée des ancêtres aux étrangers ? Des familles sont divisées, se rendent au tribunal et se battent à cause de cette situation. Le petit peuple est complètement épuisé car aucune lueur de salut ne le fera sortir du gouffre profond où il se trouve.

4– La solidarité (fihavanana) est malade car c’est l’hypocrisie et la pudeur (henamaso) qui forgent la relation entre les personnes, les enchaînent ne les aidant pas à être témoins de la vérité. Pour mettre en place cette mauvaise mentalité, certaines personnes malintentionnées cherchent à détruire des Associations et l’Eglise qui insistent sur la solidarité. En plus la vie sociale est abîmée, l’environnement est détruit. Celui qui continue à faire des feux de brousse détruit la génération.. Nous détruisons ainsi notre maison commune. Le climat est complètement perturbé.

 

IV- Cri de la terre aride, cri des déshérités …

Le Pape nous rappelle : Ouvrons nos yeux pour voir les misères du monde, les blessures de tant de frères et sœurs privés de dignité, et sentons-nous appelés à entendre leur cri qui appelle à l’aide. Que nos mains serrent leurs mains et les attirent vers nous afin qu’ils sentent la chaleur de notre présence, de l’amitié et de la fraternité. Que leur cri devienne le nôtre et qu’ensemble, nous puissions briser la barrière d’indifférence qui règne souvent en souveraine pour cacher l’hypocrisie et l’égoïsme.» (le visage de la miséricorde, 15)

Comment répondre à l’appel merveilleux du Pape ?

Convertissons-nous. Ne soyons pas des gens sans réactions, qui ont peur. Ne nous décourageons pas. Relevons-nous pour aller de l’avant

1– Cultivons en tous les lieux l’éducation (familles, écoles, mouvements et sociétés), le respect du bien commun, pour que nous devenions de vrais patriotes et combattions cette mentalité égoïste qui ne regarde que soi même et ses origines tribales

« Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde! » (Mt 5, 7)- Que ceux qui ont des responsabilités étatiques mettent fin à cette politique égocentrique. L’état de droit et la bonne gouvernance cherchent toujours le bien commun fondé sur les droits de l’homme et reste à l’écoute. Rejetez au loin la mentalité ségrégationniste dans le service.

3– Respectons toujours la grandeur de la nature car c’est l’œuvre de Dieu. La crise de notre vie actuelle est le reflet d’une crise intérieure aride,sans âme. Notre rapport avec la nature et avec l’environnement nécessite une profonde conversion (cf-Laudato si n°217). Manifestons cela par des actes concrets, individuellement et communautairement.

4– Il est vrai que l’Eglise est bien enracinée dans le pays mais cela exige encore un engagement de notre part. C’est dans la vie quotidienne que doit se révéler cette conversion. Efforçons-nous d’être des témoins comme les Saints et nos Ancêtres pleins de sagesse. Cette Année Sainte est un temps fort pour vivre la miséricorde de Dieu qui nous amène au vrai renouveau pour la sanctification. Restons unis avec le Pape pour implorer ::«Seigneur, je me suis laissé tromper, de mille manières j’ai fui ton amour, cependant je suis ici une fois encore pour renouveler mon alliance avec toi. J’ai besoin de toi. Rachète-moi de nouveau Seigneur, accepte-moi encore une fois entre tes bras rédempteurs » (Evangelii Gaudium, la Joie de l’Evangile, 3).

Nous sommes en communion avec l’Eglise Universelle tout au long de cette Année Sainte. N’allons pas vers la culture de la mort mais ensemble cheminons vers la civilisation de l’amour et de la paix : « Heureux les miséricordieux car ils obtiennent miséricorde» (Mt 5, 7) »

Que la Sainte Vierge, Reine de la Paix, Patronne de Madagascar nous guide et implore la miséricorde de Dieu pour nous. Nous, vos Evêques, nous vous bénissons.

 

Antananarivo, le 12 novembre 2015

St Josaphat, Evêque Martyr

 

Mgr TSARAHAZANA Désiré, Arsevekan’i Toamasina, Filohan’ny Fivondronamben’ny Eveka eto Madagascar

Mgr RAMAROSON Marc Benjamin, Arsevekan’Antsiranana, Filoha lefitra

Mgr RANAIVOMANANA Philippe, Evekan’Antsirabe, Sekretera Jeneraly

Mgr RAZANAKOLONA Odon Marie Arsène, Arsevekan’Antananarivo

Mgr RABEONY Fulgence, Arsevekan’i Toliary

Mgr RABEMAHAFALY Fulgence, Arsevekan’i Fianarantsoa,

Mgr Georges VARKEY, Evekan’i Port-Bergé

Mgr ROSARIO Saro Vella, Evekan’Ambanja

Mgr RAKOTONDRAJAO Roger Victor, Evekan’i Mahajanga

Mgr RAOELISON Jean de Dieu, Evekan’Ambatondrazaka

Mgr DI PIERRO Gaetano, Evekan’i Moramanga

Mgr RANDRIAMAMONJY Marcellin, Evekan’i Fenoarivo Atsinanana

Mgr BOMBIN ESPINO Gustave, Evekan’i Tsiroanomandidy

Mgr RANDRIANARISOA Jean Claude, Evekan’i Miarinarivo

Mgr RAKOTONARIVO Fidelis, Evekan’Ambositra

Mgr CAIRES DE NOBREGA José Alfredo, Evekan’i Mananjary, Administrateur Apostoliquen’i Farafangana

Mgr RAZAKARIVONY Fulgence, Evekan’Ihosy

Mgr RAKOTOZAFY Vincent, Evekan’i Tolagnaro

Mgr ROBASZKIEWICZ Zygmunt, Evekan’i Morombe

Mgr RAHARILAMBONIAINA Marie Fabien, Evekan’i Morondava

Mgr MALO Michel, Evêque Emérite d’Antsiranana

Mgr RANDRIAMBOLOLONA Philibert, Archevêque Emérite de Fianarantsoa

Mgr RAZAKARIVONY Raymond, Evêque Emérite de Miarinarivo

Mgr SCOPELLITI Antoine, Evêque Emérite d’Ambatondrazaka

Mgr ZEVACO Pierre, Evêque Emérite de Tolagnaro

Mgr PELLETIER Donald, Evêque Emérite de Morondava

Mgr TOASY Armand, Evêque émérite de Port Berger

 

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 > Economie

Madagascar détient l’un des PIB par habitant les plus bas du monde

mardi 17 novembre 2015, par Léa Ratsiazo

Le rapport implacable de la Banque mondiale corrobore, malheureusement le vécu quotidien des citoyens malgaches. En effet selon le dernier Diagnostic systématique du pays (DSP) en 2014, le PIB (Produit Intérieur Brut) par habitant s’élevait uniquement à 271 USD (en dollars constants de 2005), ce qui correspond environ à la moitié de ce qu’il était en 1971 quand il a atteint le pic de 501 USD après son accession à l’indépendance. Madagascar détient donc l’un des PIB par habitant les plus bas du monde. La croissance moyenne de Madagascar ne s’est élevée qu’à 1% par an entre 2009 et 2014 (y compris la récession de 2009), ce qui est inférieur à la fois à la moyenne de 4,7% de la région subsaharienne en 2013 qu’à son taux élevé de croissance démographique (estimé à environ 2,8%). Or, la population a doublé entre 1990 et 2013 et la moitié de cette croissance s’est produite avant 2003. Selon la dernière projection démographique des Nations Unies, d’ici à 2030, la population de Madagascar se sera accrue d’environ 50% pour atteindre 36 millions d’habitants et la population âgée entre 15 et 24 ans aura augmenté d’environ 2 millions.

Or, quasiment deux ans après le retour au fameux « ordre constitutionnel », la reprise économique tarde à pointer. Il semble, note le rapport que les investisseurs privés locaux et étrangers attendent la levée de l’incertitude économique et politique actuelle. Les motions d’empêchement et de destitution à tout va ne sont pas de nature à donner confiance à qui que ce soit et surtout pas à des investisseurs. L’insuffisance des investissements dans des avoirs productifs explique en partie la mauvaise performance de l’économie malgache qui n’a pas su s’accorder au rythme de la croissance démographique.

Pourtant, durant la crise, la plupart des secteurs productifs ont été sévèrement affectés mais certains secteurs, tels que l’industrie extractive, l’agroalimentaire et le secteur bancaire ont fait preuve de résilience. Une analyse des 100 premières entreprises à Madagascar révèle que les plus grandes entreprises formelles interviennent dans les secteurs de l’exploitation minière et de l’énergie, suivis par les secteurs du commerce de détail, de la construction et des pêches, de l’agroalimentaire et du textile. Ce sont surtout l’agriculture, le tourisme et la construction qui génèrent le plus d’emploi.

Les crises politiques récurrentes en cause

Ce sont surtout les crises politiques récurrentes qui empêchent Madagascar de parvenir à une croissance stable. Toutes les poussées de croissance de plusieurs années survenues après l’indépendance ont été perturbées par les crises politiques. Certaines recherches ont indiqué que les crises sont la manifestation des conflits opposant les différentes élites dirigeantes dans leurs manoeuvres pour avoir la mainmise sur les ressources du pays et qu’elles se produisent précisément parce que la croissance réalisée sur plusieurs années rend le prix économique irrésistible. La dernière crise, à savoir celle de 2009 à 2014, a été exceptionnellement longue et a eu des impacts économiques et sociaux dévastateurs qui ont été exacerbés par la crise financière mondiale qui a freiné la croissance à l’échelle mondiale. La suspension des activités de nombreux bailleurs à cause de la crise a également entraîné des baisses importantes des investissements et un déclin très marqué de la prestation de services ; l’aide internationale représentait 40% du budget de l’État avant la crise.

Selon la Banque mondiale, le pays doit instituer un environnement favorable aux investissements privés s’il veut un jour réaliser son potentiel de croissance. La moitié des entreprises enquêtés lors de l’enquête auprès des entreprises en 2014 a indiqué que l’instabilité politique était l’obstacle majeur à leurs activités. La disponibilité d’énergie est un grave goulot d’étranglement pour le secteur de la fabrication, en particulier hors de la capitale, et limite les investissements dans les secteurs productifs tels que la pêche, le tourisme et l’agroalimentaire. De plus, le secteur privé souffre du comportement non compétitif d’opérateurs ayant des relations et les problèmes de gouvernance d’entreprise sont exacerbés par un système judiciaire défaillant. Par exemple, Air Madagascar et JIRAMA, des entreprises d’utilité publique appartenant à l’État font des pertes, ont des structures de gouvernance d’entreprise opaques et ne publient pas les états financiers vérifiés stipulés par la loi. Certaines grandes firmes privées ne révèlent pas non plus les données standards requises par la loi. Par exemple, seules près de la moitié des sociétés bénéficiant des avantages du système de zone franche avaient soumis leur rapport d’activité pour l’année 2014 dans les délais prescrits par la loi.

En principe, grâce à tous les dossiers et documents mis à leurs dispositions, les gouvernants doivent savoir ce qu’ils doivent faire. Reste à savoir s’ils vont le faire

 

 

Ferrari Ramanandraibe

Hitako ny fireneko no mahantra sy gisitra maneran-tany , hay ny toe-tsain’le vahoaka ao aminy tena tsizy mihitsy ny sasany. Ny sasany miseho ho kristianina mamonjy fiangonana isakiny Alahady na sabotsy kanefa manana toe-tsain-devoly. Mba TONGAVA SAINA ry Malagasy mpiray tanindrazana fa i Erythrée aza efa lasa lavitra noho isika!!!
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A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

Pour une prise de conscience citoyenne des Malagasy
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