Un mythe : Fidel Castro, 1926-2016.

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Cuba. Le père de la Révolution Fidel Castro est mort

Le père de la Révolution cubaine Fidel Castro est décédé ce vendredi soir à La Havane à l’âge de 90 ans, a annoncé son frère Raul, qui lui a succédé au pouvoir en 2006. « Le commandant en chef de la révolution cubaine est décédé à 22H29 ce soir », a annoncé Raul Castro sur l’antenne de la télévision nationale.

« L’organisation de l’hommage funèbre qui lui sera donné sera précisée » ultérieurement, a-t-il ajouté dans cette brève allocution conclue par un tonitruant: « Jusqu’à la victoire, toujours! » (« Hasta la victoria, siempre »), l’antienne bien connue du Comandante.

Le « Lider Maximo », qui a tenu son île d’une main de fer depuis la révolution de 1959 et défié la superpuissance américaine pendant plus d’un demi-siècle, avait cédé le pouvoir à son frère Raul à partir de 2006 après une hémorragie intestinale. Il avait abandonné en avril 2011 ses dernières responsabilités officielles, en cédant son poste de premier secrétaire du Parti communiste de Cuba (PCC) à Raul, numéro deux du parti depuis sa fondation en 1965.

La page de la guerre froide tournée à jamais

L’ex-président cubain avait totalement disparu des écrans cubains entre février 2014 et avril 2015, ce qui avait alimenté de nombreuses rumeurs sur son état de santé. Mais depuis un an et demi, même si ses déplacement restaient limités, il avait recommencé à publier des « réflexions » et s’était remis à recevoir chez lui personnalités et dignitaires étrangers.

Son décès, qui survient à peine deux ans après l’annonce historique du rapprochement entre Cuba et les États-Unis, vient définitivement tourner la page de la guerre froide, qui a mené le monde au bord du conflit nucléaire lors de la crise des missiles d’octobre 1962.

La mort d’un des derniers géants du XXè siècle

Avec Fidel Castro disparaît un des tout derniers géants politiques du 20e siècle, un autocrate paternaliste qui a fait d’une petite île des Caraïbes un acteur du bras de fer entre superpuissances américaine et soviétique, avant de s’éloigner du pouvoir pour des raisons de santé. « Jamais je ne prendrai ma retraite de la politique, le pouvoir est un esclavage et je suis son esclave », affirmait celui qui a défié son grand voisin du Nord durant un demi-siècle avant de prendre du recul à partir de 2006.

Car avec le temps, le « Barbudo » de 32 ans qui avait renversé en 1959 la dictature du général Fulgencio Batista et incarné les espoirs de la gauche révolutionnaire s’est transformé en un autocrate impitoyable avec son opposition, régnant sur Cuba en père de famille.

 

« Invincible patience. Discipline de fer. La force de l’imagination lui permet de vaincre l’imprévu », écrivait de lui en 2008 son ami, le prix Nobel de littérature colombien Gabriel Garcia Marquez, décédé en avril 2014 à 87 ans. Ses opposants ne manquent pas de qualificatifs non plus : dictateur, mégalomane, autoritaire, « un monstre d’égoïsme, cynique et sans morale » pour son ancien ami, le journaliste Norberto Fuentes, devenu un de ses plus féroces critiques.

Dernier survivant de la Guerre froide, il a déjoué tous les pronostics en parvenant à maintenir sur pied le seul régime communiste du monde occidental, malgré l’implosion de l’Union soviétique. Au prix de lourds sacrifices de la population, soumise dans les années 90 à une « période spéciale en temps de paix » synonyme de terribles pénuries, et sans jamais concéder le moindre assouplissement politique de son régime.

Ancien élève jésuite

Fils d’un immigrant espagnol, cet ancien élève des jésuites est entré dans l’Histoire les armes à la main en tentant à 27 ans de s’emparer en juillet 1953 de la deuxième place militaire du pays, la caserne de la Moncada à Santiago de Cuba (sud-est), avec une centaine de conjurés. L’échec de l’opération, qui vaudra prison et exil au jeune avocat, ne ruine en rien sa détermination.

Amnistié et libéré, il lance trois ans plus tard une guérilla de 25 mois qui mettra à bas la dictature de Batista et donnera la victoire à ses « barbudos » en janvier 1959. Dès lors, à moins de 200 km des États-Unis, il incarne en pleine Guerre froide une Révolution qui ne tarde pas à afficher ses sympathies pour Moscou.

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John F. Kennedy, le deuxième des 11 présidents américains qu’il aura défiés, fait débarquer les anticastristes dans la baie des Cochons en 1961 : cuisante défaite américaine, Fidel Castro devient un héros, un David socialiste qui va faire du combat contre le Goliath impérialiste son cheval de bataille.

Orateur intarissable devant les foules, son image fait le tour du monde : cigare, barbe, treillis et casquette le font entrer au Panthéon des révolutionnaires, aux côtés de Lénine et Mao. Nikita Khrouchtchev en fait son poulain et croit pouvoir installer des missiles nucléaires à Cuba : la « crise des missiles » d’octobre 1962 met le monde au bord de l’apocalypse. L’accord conclu entre les deux Grands laisse Fidel Castro amer et humilié de n’avoir pas été consulté. Il se fait alors l’instigateur des guérillas tiers-mondistes, défiant Washington, mais aussi le Kremlin à l’occasion, tandis que son compagnon d’armes Ernesto « Che » Guevara le quitte pour une mission impossible en Bolivie où il trouve la mort en 1967.

Plus visionnaire que gestionnaire, Fidel Castro fait table rase en 1968 des dernières survivances du capitalisme cubain. Désormais, Cuba est solidement arrimée à l’URSS et en 1975, Fidel Castro lance ses troupes au-delà de l’Atlantique pour une aventure africaine de 15 ans, sur les champs de bataille d’Angola et d’Ethiopie.

Le 21è siècle n’est pas le sien

Contraint par la chute de son protecteur soviétique à de timides concessions au capitalisme dans les années 1990, il reviendra dessus dès l’alliance trouvée avec Hugo Chavez, le président vénézuélien décédé en 2013 qui a brandi pendant quelques années la flamme d’un nouveau « castrisme ».

Même désabusée, une large partie de la population reste « fidéliste », attachée notamment aux deux vitrines sociales du régime : santé et éducation. Et c’est toujours d’une main de fer qu’il fait impitoyablement taire toute opposition, emprisonnée ou exilée. Le 21e siècle n’est pas le sien.

A partir de 2001, une série d’incidents de santé viennent le rappeler à l’ordre. En juillet 2006, une lourde opération chirurgicale le force à abandonner le pouvoir à son frère cadet Raul, son indéfectible bras droit et ministre de la Défense depuis 1959.

En février 2008, la passation de pouvoir est officielle. Le Commandant-en-chef Fidel devient un « soldat des idées » et se contente dès lors de publier ses « réflexions » dans la presse cubaine et de recevoir quelques personnalités en visite. Aussi flamboyant sur la scène publique que secret sur sa vie privée, Fidel Castro a eu au moins huit enfants, dont cinq fils avec Dalia Soto del Valle, la discrète femme auprès de laquelle il a vécu jusqu’à sa mort.

En avril, à la clôture du Congrès du parti communiste cubain, il avait admis, la voix tremblante : « Bientôt j’en aurai fini comme tous les autres. Notre tour viendra, à tous ». Il avait aussi évoqué le legs du communisme cubain, au moment où l’île est engagée depuis fin 2014 dans un rapprochement historique avec l’ex-ennemi américain. Un virage diplomatique opéré par son frère et qu’il n’a jamais remis en cause, même s’il n’a eu de cesse de rappeler sa méfiance vis-à-vis de Washington.
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Fidel Castro contre le dictateur Batista

Fidel CastroFidel Castro est né le 13 aout 1926 à Biran dans la Province de Holguin dans une famille aisée. Son père, Angel Castro y Argiz, est un immigrant galicien qui a fait fortune à Cuba en achetant des terres.

Angel Castro se mariera avec une institutrice du nom de María Luisa Argota avec qui il aura deux enfants. Mais les relations du couple ne sont pas des meilleures et c’est avec Lina Ruz Gonzalez, la cuisinière d’Angel Castro, que celui-ci aura un troisème enfant, Fidel Castro. Il ne sera reconnu par son père et aura le droit de porter son nom qu’au mois de décembre 1943.

Raul Castro, quatre ans plus jeune que son frère, est en fait le demi-frère de Fidel Castro puisqu’il est le fils de Lina Ruz Gonzales et d’un contremaître.

C’est au collège de Belén de La Havane, une école de jésuites, que le jeune Fidel Castro suis ses études. Il entrera à l’Université de La Havane en 1945 et obtiendra un diplôme de Droit en 1950.

C’est à l’Université que s’éveille en lui une certaine conscience politique et il participe à des manifestations comme celle d’avril 1948 à Bogota, en Colombie. Cette manifestaion menée pour protester contre la création de l’Organisation des Etats Américais (OEA) se terminera par la mort de 3000 personnes.

Cette même année, en octobre 1948, Fidel Castro épouse Mirta Diaz Balart, la soeur de Rafael Diaz Balart qui sera membre du gouvernement du dictateur Fulgencio Batista.

Le premier fils de Fidel Castro, Fidel Félix “Fidelito” Castro Díaz Balart, naît en septembre 1949. Mais les relations entre Fidel Castro et Mirta ne sont pas au beau fixe et le couple divorcera quelques années plus tard en 1955.

Entre temps, Fulgencio Batista s’empare du pouvoir à la suite d’un coup d’état le 10 mars 1952 qui renverse le président Carlos Prio Socarras.
Reconnu par les Etats-Unis, le pouvoir de Batista est contesté à l’intérieur de l’île, en particulier par Fidel Castro qui tente dans un premier temps en tant qu’avocat de démontrer son inconstitutionnalité. Mais la demande est jugée irrecevable et Fidel Castro va s’engager dans la lutte armée contre Batista.

Le 26 juillet 1953 Fidel Castro est à la tête d’un groupe de 123 insurgés qui attaque la Caserne de la Moncada mais l’affaire tourne mal. 68 insurgés seront exécutés et Fidel Castro est arrêté le 1er aout et condamné à 15 ans de prison.

Cependant Fidel Castro va bénéficier d’une loi d’aministie en 1955 mais il devra s’exiler au Mexique. C’est là que Fidel Castro va organiser la résistence au sein du groupe appelé Mouvement du 26 juillet ou M-26.

C’est à Mexico que les opposants au régime de Batista vont donc se réunir et préparer leurs attaques contre le dictateur. En juin 1955 Raul Castro fait connaissance d’Ernesto Che Guevara et le mettra en contact avec Fidel quelques semaines plus tard, le 8 juillet 1955.

En novembre 1956 Fidel Castro accompagné du Che Guevara et de 80 autres membres du M-26 s’embarquent à bord du Granma, un petit yacht, dans le but de mener une expédition contre Batista.

Le 2 décembre 1956 débarque sur les côtes cubaines mais Batista a été mis au courant de cette expédition et l’armmée de Batista les surprend. Sur les 82 hommes de l’expédition du Granma, moins d’une vingtaine survivront et ceux-ci devront trouver refuge dans la Sierra Maestra.

Décimé, le groupe des rebelles va pourtant se reconstituer tant Batista se montre impopulaire avec une misère de plus en plus importante à Cuba. Rapidement ce sont plus de 800 hommes qui rejoignent Fidel Castro dans la Sierra Maestra où commence la guerrilla contre les armées de Batista.

Au mois de mai 1958 Batista tente une attaque connue sous le nom d’Offensive d’été contre les guerrileros dirigés par Fidel Castro et Ernesto Che Guevara dans la Sierra Maestra. Ce sont plus de 12 000 soldats qui sont envoyés mais Castro remporte la victoire et de nombreux soldats commencent à déserter.

Les révolutionnaires cubains vont enchaîner ensuite les victoires en prenant Santa Clara le 31 décembre 1958 et Santiago de Cuba le 1er janvier 1959. Ce même jour Batista s’enfuit de Cuba pour rejoindre Saint Domingue en République Dominicaine.

Manuel Urrutia est proclamé président et Fidel Castro entre dans La Havane le 8 janvier 1959, mettant à fin à la lutte contre la dictature de Batista.

Fidel Castro va ensuite s’attacher à préparer les prochaïnes élections. Des mesures sont prises comme la nationalisation des entreprises vitales au développement de l’île, ce qui provoque l’ooposition des Etats-Unis au nouveau régime socialiste que Fidel Castro souhaite implanter à Cuba pour le bien être de son peuple.

Toutefois le nouveau régime sera reconnu par les Etats-Unis et Fidel Castro devient premier ministre le 16 février 1959. Mais rapidement les tensions vont se faire sentir. Des entreprises américaines comme la célèbre United Fruit sont expropriées.

En avril 1959 Fidel Castro est à Washington et rencontre Richard Nixon, le vice-président, à la Maison Blanche. Mais les désaccords sont trop importants entre les deux pays et Fidel Castro va se tourber vers l’Union Soviétique en signant un accord économique en février 1960. Les russes fourniront du pétrole à Cuba.

Les Etats-Unis rompent alors les relations diplomatiques avec Cuba et Fidel Castro signe des accords économiques et militaires avec Nikita Krouchtchev alors président de l’URSS.

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