Kidnapping de Yanish… Son père raconte.

Madagascar : un patron de la communauté karana raconte sa course contre la montre pour sauver son fils kidnappé

25 mai 2017 à 20h36 — Mis à jour le 27 mai 2017

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Dans les rues d’Antananarivo, en février 2015. © Martin Vogl/AP/SIPA

Yanish Ismaël , 26 ans, a été enlevé le 14 mai dernier par des personnes non identifiées. Un policier est mort en tentant d’empêcher ce kidnapping, dernier en date d’une longue série qui touche la communauté indo-pakistanaise des karanas, dont une grande partie est aussi de nationalité française. Jeune Afrique a interrogé son père, Danil, à qui les ravisseurs auraient demandé une rançon.

« Dépourvu. Vidé ». Depuis le 14 mai et le kidnapping de son fils Yanish, Danil Ismaël subit une véritable guerre des nerfs de la part des ravisseurs. La dernière fois qu’il les a eu au bout du fil, le 21 mai, s’était pour s’entendre dire « ton fils ne va pas bien. Dépêche-toi de payer, ce n’est pas le premier que nous tuerons. Ni le dernier ». Un peu plus tôt, le même jour, le patron de la Société malgache de transformation de plastiques (SMTP), groupe diversifié qui emploie plus de 1 500 personnes sur la grande île, avait été rendre hommage à Joseph Théophile Livatiana Nomenjanahary, le policier qui s’était courageusement interposé lors du rapt et qui est mort de ses blessures à la polyclinique d’Ilafy.

En voyage d’affaires dans la région de Nosy Be, Danil Ismaël n’était pas présent sur les lieux du drame, mais sa famille lui a depuis raconté les événements, dans le moindre détail. « Un dimanche par mois, mon fils se rendait au cimetière musulman d’Ilafy, pour visiter la tombe de ses grands-parents », commence à raconter ce membre éminent de la communauté karana. Yanish, 26 ans, est alors accompagné de son jeune neveu et ne juge pas utile de se faire escorter par l’un des gardes du corps de la famille. Après s’être recueilli devant la sépulture en compagnie de ses oncles, il est un peu moins de 10h30, quand Yanish se dirige vers la sortie et monte dans sa voiture, quand un 4×4 surgit et bloque le passage. Armés de fusils d’assaut et cagoulés, plusieurs hommes bondissent hors du véhicule, mettent en joue le plus jeune des fils Ismaël, le sortent de sa berline et l’obligent à grimper dans la leur.

Entre temps, l’officier de police Livatiana Nomenjanahary, présent sur place pour escorter une autre grande famille karana, les Tahora, sort son arme et, selon plusieurs témoins, tire en l’air. Les ravisseurs répliquent immédiatement et l’atteignent de deux balles à l’abdomen. « D’excellents tireurs car ils étaient distants d’une bonne cinquantaine de mètres », croit savoir Danil Ismaël. La scène n’a pas duré deux minutes, devant une centaine de personnes médusées. Moins d’une demi-heure plus tard, le téléphone de Danil Ismaël sonne. Au bout du fil, les kidnappeurs : « Votre fils est entre nos mains ».

Une demande de rançon proche du million d’euros

En état de choc, le père de Yanish regagne la capitale et prend contact avec le colonel Robin Joubert, attaché de sécurité intérieure à l’Ambassade de France à Madagascar. Il est dans le même temps contacté par l’Ambassadeur de l’Inde à Antananarivo, qui se dit consterné par les événements qui ciblent ces derniers temps la communauté Karana, victime depuis le début de l’année, de près d’une dizaine d’enlèvements, plus ou moins médiatisés, à travers le pays. A 17h04 exactement, le portable de Danil Ismaël retentit une nouvelle fois. Les ravisseurs se font alors plus précis : « Aucun dépôt de plainte et si tu coopères, nous ne ferons rien à ton fils ». Ils parlent également pour la première fois de rançon. « Une somme énorme, en devise étrangère », assure Danil Ismaël, sans plus de précision. Bien plus que les 25 000 euros demandés trois ans plus tôt pour libérer un neveu de l’homme d’affaires, mort dans des conditions aujourd’hui encore mystérieuses, malgré le règlement de la rançon.

Bien que plusieurs ministres se soient relayés, à titre privé, dans la soirée du 14 mai auprès de la famille Ismaël, les relations que cette dernière entretient avec les services de police de Madagascar sont plutôt distantes, du fait qu’aucune plainte n’ait été déposée. Dani Ismaël a par contre placé beaucoup d’espoirs dans les autorités françaises, via l’ambassade où il se rend le 17 mai, et le Collectif français d’origine indienne de Madagascar (CFOIM), créé justement pour gérer ce type de crise.

La France est depuis longtemps déjà en première ligne sur ce dossier. L’ancien ambassadeur François Goldblatt a même remis en février 2015 aux autorités malgaches une liste de suspects, susceptibles d’être liés à ces affaires d’enlèvements intervenues entre 1995 et 2014. Le document qui, selon la presse malgache, pourrait comporter les noms de plusieurs membres des différents services de sécurité du pays, voire de la communauté d’affaires karana elle-même, a aujourd’hui disparu, après avoir, semble-t-il, été à l’origine du rappel anticipé à Paris du diplomate, aujourd’hui en poste en Érythrée.

Des complicités parmi les karanas ?

Pour Danil Ismaël, s’il ne fait aucun doute que les ravisseurs sont Malgaches. Ils pourraient bien s’appuyer sur certaines complicités karana. « Les ravisseurs sont en général très bien renseignés », confirme un journaliste de la capitale. De là à voir un règlement de compte entre les familles les plus influentes d’une communauté qui compte parmi les principales puissances financières de l’île, il n’y a qu’un pas que refusent, pour l’instant, de franchir les enquêteurs.

Bientôt deux semaines après les événements, les recherches avancent lentement. Faute de plainte officielle, la police judiciaire malgache, en liaison avec le CFOIM et les services de l’ambassade de France, ne peut travailler qu’à partir des éléments que la famille veut bien leur communiquer. « Ce sont eux qui mènent en direct les négociations avec les ravisseurs, notamment pour faire baisser le montant de la rançon », explique un proche du dossier. Les ravisseurs ont déjà assuré à plusieurs occasions qu’ils avaient le temps. Surtout que la profusion de puces téléphoniques quasi-gratuites, dans un pays où aucune pièce d’identité n’est demandée lors de l’acte d’achat, empêche toute géolocalisation des appels sur la durée. Presque un comble, alors que le principal opérateur du pays, Telma, est dirigé par une personnalité de la communauté karana, Hassanein Hiridjee.

*Erratum :  l’information que nous avons publiée sur le montant de la rançon n’a pas été confirmée.

JeuneAfrique.

Madagascar : les karanas, ces proies lucratives pour les kidnappeurs

24 mai 2017 à 20h36 — Mis à jour le 24 mai 2017 

En deux mois, un adolescent de 16 ans et un jeune homme de 26 ans ont été enlevés. Si le premier a été libéré, le second demeure entre les mains de ses ravisseurs. Les deux victimes, de nationalité française, ont un point commun : elles font partie de la communauté des karanas, un nom qui désigne les Malgaches d’origine indo-pakistanaise. Au cours de la dernière décennie, les Karanas sont devenus les cibles privilégiées des kidnappeurs. Un phénomène qui inquiète les autorités françaises, 30 à 40% d’entre eux étant de nationalité française, et les enquêtes n’étant que très rarement élucidées.

Le 11 avril, Firoze Nourbahy, 16 ans, s’apprête à monter dans le bus scolaire qui le conduit tous les jours au lycée français de Tananarive lorsque des hommes armés et cagoulés l’obligent à monter dans une voiture. L’adolescent recouvrera la liberté neuf jours plus tard en échange du paiement d’une rançon. Un mois plus tard, le 14 mai, Yanish Ismael, 26 ans, est enlevé à son tour à la sortie d’un cimetière par une dizaine de malfaiteurs armés. Il se trouve aujourd’hui toujours entre les mains de ses ravisseurs.

Deux enlèvements avec un dénominateur commun : tous deux font partie de la communauté des karanas, un terme plutôt péjoratif employé pour désigner les Malgaches d’origines indiennes ou pakistanaise, et qui sont, depuis plusieurs années maintenant, la cible récurrente de pillages ou de rapts sur la Grande île. Autre point commun : tous deux ont la nationalité française.

« Plus une journée sans que la communauté ne soit touchée »

« La situation est grave. Il ne se passe plus une journée sans que la communauté ne soit touchée », s’alarme le collectif des Français d’origine indienne de Madagascar (CFOIM) dans un communiqué publié en avril dernier. Et parmi les quelque 90 kidnappings enregistrés depuis 2010, une grande majorité concernerait cette communauté des karanas, selon plusieurs sources.

Comment expliquer cet acharnement ? « Madagascar est une île rongée par la pauvreté, rappelle Jean-Michel Frachet, l’un des responsables du CFOIM. Et dans l’imaginaire de nombre de Malgaches, les résidents d’origine indienne ou pakistanaise sont perçus comme des entrepreneurs ou des industriels vecteurs de richesses, qui ont réussi et dont les commerces sont souvent signe de prospérité. Ils sont donc devenus des proies considérées comme lucratives », explique-t-il. La preuve avec ce dernier enlèvement : Yanish Ismael se trouve être le fils d’une richissime famille d’industriels.

Plusieurs sources estiment entre 15 000 et 20 00 le nombre de ressortissants d’origine indo-pakistanaise présents sur l’île, dont 30 à 40% seraient de nationalité française.

« Corruption, impunité, abus des forces de l’ordre »

En poste dans le privé depuis plus de 20 ans sur l’île, le vice-président du Conseil consulaire des Français à Madagascar, Jean-Hervé Fraslin, paraît désabusé par la situation. Si celui-ci ne parle pas « d’insécurité généralisée », il déplore néanmoins une croissance de la criminalité, avec « des périodes de forte accélération », notamment lors de la période de transition entre 2009 et 2013. « Une dégradation du contexte institutionnel qui a profité aux criminels », ajoute-t-il.

Mais pour Jean-Hervé Fraslin, il y a plus préoccupant encore : l’inertie de l’appareil judiciaire, en particulier concernant les enquêtes portant sur les enlèvements. « Si les enquêtes pour meurtre vont parfois jusqu’au bout, ce n’est que très rarement le cas de celles liées aux kidnappings », souligne-t-il. Sur l’île, une rumeur tenace circule depuis bien longtemps maintenant : des policiers, des gendarmes voire des militaires seraient concernés de près ou de loin par certains enlèvements. Une complicité présumée dénoncée sans ambiguïté dans le rapport pour l’année 2016 du département d’État américain sur l’état des droits de l’Homme à Madagascar. Il y est écrit que « les violations des droits de l’homme les plus importantes ont inclus l’incapacité du gouvernement à garantir l’État de droit, ce qui a abouti à une corruption et une impunité officielles et à des abus de la part des forces de sécurité ».

12 ressortissants français tués depuis 2012

Ainsi, pour mener à bien les enquêtes sur le kidnapping de ressortissant français, Paris a récemment suggéré aux autorités malgaches la désignation d’un magistrat référent chargé de coordonner l’ensemble des investigations, qui pourrait travailler en collaboration avec le Parquet de Paris. Les enquêteurs bénéficieraient en outre d’une assistance technique, de moyens de surveillance et d’investigation fournis par la France. « C’est le meilleur moyen d’obtenir des réponses rapides et de pallier la lenteur et l’opacité actuelles de la justice », estime Jean-Hervé Fraslin. Pour l’heure, l’État malgache n’a pas encore donné suite à cette suggestion.

En attendant, face au risque sécuritaire, le Quai d’Orsay invite sur son site les ressortissants français à la plus grande prudence sur la Grande île. Une vigilance maximale motivée également par ce bilan macabre : depuis 2012, douze ressortissants français y ont été tués.

JeuneAfrique.

Herisetra sy fakana an-keriny Mampiaka-peo ireo mpandraharaha

24/05/2017

Efa tsy rariny intsony ny herisetra, fakana an-keriny, fandrobana atao amin’ireo mpandraharaha, hoy ny fanambarana ofisialy navoakan’ny fianakaviamben’ny mpandraharaha eto Madagasikara omaly izay ahitana ireo fikambanana goavana toy ny CFOIM, SIM, GEM, FIVMPAMA, GEFP, FIOVA, GEPAM …

Lasibatr’ireo tambajotran-jiolahy tato anatin’ny taona vitsy izay ireo mpandraharaha manerana an’i Madagasikara, hany ka tena misy akony amin’ny asa sy ny fitadiavana. Miantso ny fitondram-panjakana sy ireo tompon’andraikitra isan-tsokajiny eto amin’ny firenena ireo mpandraharaha ireo handray andraikitra sy hanolotra vahaolana mahomby amin’ity herisetra mitranga etsy sy eroa ity ka mba samy hilamin-tsaina ny rehetra tsy an-kanavaka. Nanindry mafy ny SIM na ny sendikan’ny indostria eto Madagasikara fa misy akony amin’ny fahazotoan’ireo mpamatsy vola ho tonga eto Madagasikara izao herisetra izao ka hampandringa ny sehatry ny fandraharahana amin’ny ankapobeny. Tena ilaina maika ny fametrahana paikady sy fepetra hentitra sady mahomby hiadiana amin’ny herisetra, ka ahafahana manana tontolon’ny fandraharahana milamina.

Ny 14 mey lasa teo moa no nisy naka an-keriny ary tsy mbola hita popoka hatramin’izao i Yanish Ismael, 26 taona mpandraharaha ary zanaky ny tompon’ny SMTP. Io tranga io no tena nahafeno ny kapoaka ka nahatonga ireo mpandraharaha nitabataba amin’izay satria tahaka ny tany tsy misy fanjakana eto Madagasikara.

RTT. TiaTanindrazana.

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