Diplomatie ? Jean Marc Châtaignier et Mamy Rakotoarivelo… et Andry Rajoelina.

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Nouvelle agression de Jean-Marc Châtaignier contre une personnalité malgache : les limites sont dépassées

Avant de prendre la décision d’écrire ce qui suit, nous avons pris la peine de recouper l’information parue sur le net relatant l’incident survenu le vendredi 28 octobre (2011) entre le chef de la délégation Ravalomanana et l’ambassadeur de France à Madagascar, d’autant que ce dernier a adressé à l’administrateur du site concerné un démenti dont il a exigé la publication. Nous avons donc contacté des témoins directs de l’incident, ce qui a pu se faire facilement, la scène s’étant déroulée à l’Hôtel Colbert, lieu public s’il en est.
Les témoignages recueillis confirment trois choses : l’incident a bien eu lieu, il été provoqué par l’ambassadeur, qui a bien invectivé et menacé du poing Mamy Rakotoarivelo. Il a également bousculé la conseillère d’ambassade qui essayait de le calmer, ce qui montre aussi ses bonnes manières vis-à-vis des femmes qui travaillent avec lui. Circonstances aggravantes, l’ambassadeur ment en démentant et n’assume pas ses actes.

On ne compte plus les entorses au protocole diplomatique, aux conventions internationales, ou au simple savoir-vivre de la part de Jean-Marc Châtaignier, ambassadeur de France à Madagascar. Cette fois, il a passé les limites.

Au-delà des divergences politiques, les Malgaches se doivent de réagir fortement et solidairement devant un comportement inimaginable au 21ème siècle. Invectiver et menacer ainsi du poing Mamy Rakotoarivelo, c’est d’abord une question de respect humain refusé à un Malgache, par le représentant de l’ancienne puissance coloniale, qui plus est. Compte tenu des responsabilités passées et actuelles de Mamy Rakotoarivelo, c’est aussi une véritable atteinte à la dignité nationale, ce qui doit transcender toute autre considération, car tous les Malgaches ont été insultés à travers ce compatriote.

Peut-on seulement imaginer que l’ambassadeur de Chine ou des Etats-Unis en France puisse agresser verbalement et menacer du poing une personnalité politique française ? Et si une telle chose invraisemblable se produisait, il y aurait une levée générale de bouclier, tous partis politiques confondus. Unissons donc nos voix pour exiger que Jean-Marc Châtaignier « dégage » de Madagascar !
Pour mémoire, nous présentons ci-dessous un rappel des « exploits » passés de cet étrange ambassadeur.

Non respect des usages diplomatiques

Il est d’usage dans les représentations diplomatiques, qu’un ambassadeur nouvellement arrivé dans le pays fasse une visite de courtoisie à ses homologues déjà en poste. Le nouvel arrivant met généralement à profit cette visite pour compléter son information sur le pays d’accueil, même s’il a bien entendu été briefé avant sa prise de fonction.

Jean-Marc Châtaignier, lui, n’a pas cru bon de respecter cette tradition à son arrivée au lendemain du coup d’Etat en mars 2009. Au contraire, il a souvent irrité des ambassadeurs bien au fait des réalités du pays en voulant, lui, arrivant à peine, leur faire la leçon et leur expliquer le pays.

Ses oreilles ont dû bien souvent siffler, tant les remarques des autres chefs de mission étaient acerbes après chaque rencontre avec lui, et le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas joui de l’estime de ses homologues, ni en tant qu’ambassadeur ni en tant qu’individu entre 2009 et 2010, période où l’Union Européenne et des pays comme l’Allemagne, les Etats-Unis, ou la Norvège, qui n’avaient pas reconnu le régime issu du putsch, étaient encore représentés par des ambassadeurs nommés avant le coup d’Etat.

Non respect des conventions internationales

Il faut rappeler ici que c’est par une bien étrange gymnastique que la diplomatie française est parvenue à la fois à dire qu’il y avait bien eu coup d’Etat à Madagascar, avec donc impossibilité pour la France comme pour tout membre de l’Union Européenne de reconnaître le régime issu de ce coup d’Etat, mais à y dépêcher tout de même un ambassadeur dans les heures suivant le putsch, alors que les conventions internationales interdisent l’envoi d’un nouvel ambassadeur auprès d’un régime que l’on ne reconnaît pas. Dans notre Lettre n° 4 en date de février 2010, nous écrivions : Coup d’Etat au Honduras. Les pays américains, les USA en tête, s’en émeuvent et réagissent rapidement en exigeant le retour à l’ordre constitutionnel. Rien de plus normal, cela se passe sur leur continent.

Plus admirable, car cela ne se passe pas sur leur continent, à l’appel de l’Espagne les gouvernements européens réagissent comme un seul homme et rappellent leurs ambassadeurs au Honduras au lendemain du putsch. Nous nous disons : l’Europe est fidèle à ses valeurs démocratiques.

Oui, mais… le coup d’Etat au Honduras a eu lieu après ceux perpétrés au Mali, en Guinée et à Madagascar ! Et la différence de fermeté des réactions européennes au coup d’état au Honduras et à ceux perpétrés en Afrique est criante !

Pour Madagascar, la France s’est même fait remarquer en y envoyant Jean-Marc Châtaigner, son futur ambassadeur, dès le lendemain du putsch. Cette précipitation ressemblait fort à l’envoi sur place d’un chef d’équipe chargé d’une mission d’appui aux putschistes. A titre de comparaison avec cette arrivée hâtive de Jean-Marc Châtaignier, le Représentant Résident de l’Union Européenne à Madagascar, dont le séjour s’est achevé en juillet 2009, n’a pas été remplacé car l’Union ne reconnaît pas le pouvoir illégal.

Oh, Monsieur Châtaignier ne portait pas encore alors le titre d’ambassadeur puisque, tout de même, le Président Sarkozy avait reconnu en mars 2009 « qu’il s’agissait bien d’un coup d’Etat à Madagascar », et que pour la France « Marc Ravalomanana restait le président en titre », ajoutant toutefois « qu’il y avait beaucoup à dire sur lui ». (N’y a-t-il rien à dire sur certains chefs d’état africains moins bien élus que Marc Ravalomanana, dont les pays régressent au lieu de progresser, mais qui sont pourtant qualifiés de « sages », « d’amis de la France » ?)

Jean- Marc Châtaigner a ensuite profité de la signature de l’accord additif d’Addis Abbeba en novembre 2009, sans même attendre sa mise en œuvre effective – Andry Rajoelina président de la Transition mais deux co-présidents issus respectivement des mouvances Ravalomanana et Zafy assurant une collégialité des décisions et de la signature des actes règlementaires – pour présenter ses lettres de créances à Andry Rajoelina. La France avait enfin trouvé le prétexte pour être le seul Etat à reconnaître indirectement ce régime issu d’un putsch.

Mais Andry Rajoelina ayant, quelques semaines après Addis Abbeba, déclaré nuls et non avenus ces accords qu’il avait pourtant dûment signés, se retrouve dans la même situation qu’auparavant : celle d’un putschiste à la tête d’un régime illégal non reconnu par la communauté internationale, position sur laquelle la France – officiellement tout au moins – dit s’aligner. Quelle valeur a donc l’accréditation de l’actuel ambassadeur de France donnée par un « chef d’Etat » qui n’aura droit à ce titre qu’en respectant les accords qu’il renie?

Mais on n’en est pas à un vice de forme près, car déjà sans attendre cette accréditation, et dès son arrivée à Antananarivo en mars 2009, Jean-Marc Châtaigner avait multiplié des actes en principe interdits à un diplomate dont le pays ne reconnaît pas le régime, notamment des rencontres avec les ministres du gouvernement illégal dans les ministères, un passage en revue des troupes lors d’une cérémonie de remise de décoration au chef des FASOI et à l’attaché militaire de l’ambassade de France par les militaires putschistes…

Manque de savoir-vivre

Le pire, cependant, est dans la personnalité même de l’ambassadeur. Car à ces manquements aux usages diplomatiques et aux règles régissant les relations internationales, dont il faut reconnaître que les instances dirigeantes de son pays partagent avec lui les responsabilités, s’ajoute en effet des dérapages comportementaux à répétition liés à son manque de contrôle de soi et à son manque de savoir-vivre. Ce qui est un comble pour un ambassadeur ! Il avait ainsi été particulièrement insultant envers le Professeur Adolphe Rakotomanga en mai 2010, ce qui nous avait amenés à écrire:
« La très grande faute » de Jean-marc Châtaignier

…le traitement récemment infligé au Professeur Adolphe Rakotomanga par l’actuel ambassadeur de France à Madagascar est, suivant le mot cynique de Talleyrand, « pire qu’un crime, une faute politique ».

(Voir l’article du Professeur Adolphe Rakotomanga et les minutes de son entretien avec l’ambassadeur en annexe sur notre blog).
Certes, l’ambassadeur n’est pas un diplomate de carrière. Mais il a fait preuve d’une maladresse extrêmement nuisible à son pays, en traitant grossièrement un universitaire, Maître de Conférence et ancien Ministre de l’Education Nationale, qui fait partie de cette catégorie de personnalités dont la France a justement intérêt à garder la sympathie.

Pire, en se conduisant comme un gouverneur général en pays conquis, il a réussi à réveiller les pires souvenirs de la colonisation en apostrophant et en menaçant au mépris de toutes les règles de la diplomatie et de l’hospitalité une personne honorable qui le rencontrait à son invitation.

Ce faisant, il a aussi réussi à dresser actuellement contre lui et le pays qu’il représente des universitaires et des responsables malgaches passés ou actuels, qui se sentent solidairement insultés avec le Professeur Adolphe Rakotomanga.

Toutefois, les ressentiments nés de la politique actuelle de la France pourront encore être surmontés dans le futur si le gouvernement français choisit la voie d’un partenariat durable en préférant l’intérêt mutuel à l’oppression et si un véritable diplomate prend le relais de l’actuel ambassadeur, dont le mode de fonctionnement fait l’unanimité contre lui, tant dans le milieu malgache que dans le milieu diplomatique.

N’ayant fréquenté depuis son arrivée au lendemain du putsch que des personnes vénales à qui le sens de l’honneur et le patriotisme font défaut, l’ambassadeur de France a commis une lourde erreur en assimilant tous les Malgaches à ces mercenaires à qui il peut s’adresser de manière insultante.

Mais le véritable travail d’un ambassadeur n’est-il pas au contraire de chercher à comprendre le mieux possible le pays où il est envoyé, afin de défendre les intérêts de son pays tout en développant un réseau d’amitiés durables utiles pour l’avenir?
Manifester un tel mépris pour les élites intellectuelles et les dirigeants de Madagascar n’est à l’évidence pas la bonne méthode.
Et les amitiés vénales ne reposant que sur l’argent sont les plus éphémères, car il y aura toujours un plus offrant.
Quand un ambassadeur a si peu appris sur la mentalité et les usages d’un pays après quatorze mois de présence, il est de l’intérêt de son gouvernement de le rappeler d’urgence pour sauver ce qui peut l’être des relations futures entre la France et Madagascar.
(voir l’intégralité de notre texte dans notre Lettre n°12 sur notre blog)

Helas, non seulement Jean-Marc Chataignier est toujours là, mais après 30 mois de présence il n’a toujours rien appris sur la mentalité et les usages malgaches

Il vient de récidiver en gravissant une échelle supplémentaire dans l’insulte : le vendredi 28 octobre 2011, il a apostrophé et menacé du poing en public Mamy Rakotoarivelo, ancien ministre, député élu, vice-président de l’Assemblée nationale élue suspendue par les putschistes, chef de la délégation légaliste dans les négociations en cours en vue de la sortie de crise.

Descendants des Menalambas et des Patriotes de 1947, réveillez-vous !

Ne laissez pas ce Galliéni en herbe insulter ainsi Madagascar !

Les Inconditionnels de Madagascar,
À l’Ile de la Réunion

Jeudi 3 Novembre 2011 – 07:06

Publié le 20/03/2009

La Depeche. fr

Madagascar: le nouveau pouvoir se défend d’avoir commis un « coup d’Etat »

JM Chataignier Rajoelina

19 Mars 2009. AFP.

Le nouveau régime au pouvoir à Antananarivo s’est défendu vendredi d’avoir commis un « coup d’Etat », face à la multiplication des condamnations internationales, l’Union africaine (UA) ayant pour sa part décidé de suspendre Madagascar.

L’Union européenne (UE), les Etats Unis et la France, ancienne puissance coloniale, ont également dénoncé un « coup d’Etat », et appelé à l’organisation rapide d’élections. Washington a également annoncé vendredi la suspension de son aide non humanitaire à Madagascar.

Fortement menacé d’isolement et de rupture de l’aide au développement essentielle à ce pays parmi les plus pauvres du monde, le nouveau pouvoir dirigé par Andry Rajoelina cherchait vendredi à dédramatiser la situation.

« Nous ne pensons pas que c’est un coup d’Etat. C’est l’expression directe de la démocratie, quand la démocratie représentative ne s’exprime pas à travers les institutions », a déclaré à l’AFP à Antananarivo le Premier ministre de transition, Monja Roindefo.

« Peut-être la vision de l’Union européenne est un peu brouillée, on est prêt à s’expliquer. Après cela, nous allons leur demander de reconsidérer leur position », a-t-il poursuivi.

Pour l’instant, ces condamnations « ne nous embêtent pas outre mesure », a affirmé le Premier ministre, ajoutant: « s’ils n’ont pas bien compris le processus, ils ont le droit de réagir. S’ils maintiennent leur position après notre plaidoirie, là ce sera embêtant ».

Une cérémonie d’investiture du « président de transition » Andry Rajoelina doit avoir lieu samedi dans la capitale malgache.

Lâché par l’armée, le président Marc Ravalomanana a démissionné mardi en transférant les pleins pouvoirs à un directoire militaire, qui les a ensuite remis à M. Rajoelina, qui s’était imposé en peu de temps à la tête de l’opposition en menant la contestation contre le chef de l’Etat.

La Haute Cour constitutionnelle de Madagascar a officiellement entériné mercredi l’accession au pouvoir de M. Rajoelina, après avoir validé l’ordonnance par laquelle le président Ravalomanana, menacé d’arrestation, avait démissionné.

A Addis Abeba, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA « a décidé de suspendre Madagascar » de l’organisation panafricaine.

« Ce qui s’est passé à Madagascar est un changement anticonstitutionnel de gouvernement » et « peut être interprété comme un coup d’Etat », a déclaré le président du CPS, l’ambassadeur burkinabè Bruno Nongoma Zidouemba.

« Si un retour à l’ordre constitutionnel n’intervient pas très rapidement, nous étudierons la possibilité de prendre des sanctions contre les autorités de Madagascar », a-t-il averti, évoquant également la « tenue rapide d’élections ».

Le prochain sommet des chefs d’Etat de l’UA est prévu en juillet à Madagascar, mais ce projet est compromis par la situation actuelle, selon l’organisation.

L’UA a suivi les recommandations émises jeudi par la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) qui demandait la suspension de Madagascar et doit se réunir à la fin du mois pour décider de sanctions.

Berlin a jugé « non démocratique » le changement de pouvoir « sous la pression de la rue » dans la Grande Ile de l’océan Indien, et appelé M. Rajoelina à respecter la Constitution.

La Tanzanie a également dénoncé « un coup d’Etat inacceptable » et annoncé qu’elle ne reconnaissait pas le nouveau régime malgache.

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A propos Mouvement des Citoyens Malagasy de Paris

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