Ranavalona III.

Portraits d’une Reine : Ranavalona III. Manjakamiadana. Exil à Alger. Séjour à Arcachon en 1901. Les Menalamba. Gallieni.

L’Exil à Alger (video)

Ou cliquer sur ce lien Kool saina.

Manjakamiadana

Le Rova/Palais de la Reine.

Le Rova ou le palais de la Reine, appelé aussi Manjakamiadana (lieu de tranquillité) situé à Antananarivo, c’était la demeure des rois et des reines de Madagascar au XIXe siècle. Le monument était construit au départ en bois puis en pierre. Dans l’enceinte d’autres constructions ont été édifiées , le palais d’argent, le temple protestant et les mausolées des monarques. son entrée est encadrée par un arc de triomphe surmonté d’un épervier, symbole de la royauté Merina (You Tube).

Le palais de la Reine Manjakamiadana de la ville d’Antananarivo sur « Ankamantatra » – contribution au concours de création de l’hymne de la région Analamanga en Novembre 2008
Auteur compositeur : Salomon ANDRIAMPARANONY dit ‘Dédé SORAJAVONA’.

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 RANAVALONA III

Fille de la princesse Raketaka et d’Andriantsimianatra, la princesse Razafindrahety est née le 22 novembre 1861 à Amparibe. La dernière souveraine de Madagascar est couronnée reine le jour de son anniversaire, le 22 novembre 1883, à Mahamasina, sous le nom de Ranavalona Manjaka III.

Madagascar est déclaré colonie française à compter du 6 août 1896 par l’Assemblée nationale française. La nuit du 28 février 1897, la Reine et sa famille proche sont arrêtés par surprise par le général Gallieni, gouverneur général, et envoyés en exil à l’île de la Réunion, puis en Algérie.

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(Andohalo) : Discours public de Ranavalona III en 1895.

21 Octobre 1896: Dernier kabary de Ranavalona III sur la Place d’Andohalo

A Manjakamiadana.

Archives familiales de Mme M.-C. Le Myre de Vilers.  21/08/2013

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La destitution

« Le général Galliéni fit dire à la reine qu’elle était désormais « sujet français » et qu’elle devait, en tant que telle, venir présenter ses respects au représentant de la France, ce qu’elle fut contrainte de faire, précédée du drapeau français. Il lui fut interdit de porter le titre de « Reine de Madagascar », que Galliéni remplaça par celui de « Reine des Hova ». Galliéni fit en outre enlever les drapeaux malgaches dans tout le pays ». Source.

La Reine pleurait.

« C’est par surprise que la reine, dans la nuit du 27 au 28 février 1897, apprit sa destitution et son exil. Alfred Durand, administrateur des colonies, a relaté les dernières heures de la reine dans son palais, ainsi que son long voyage d’exil jusqu’au port de Tamatave, puis de Tamatave au port de la Pointe-des-Galets à La Réunion. Mandaté par le général Galliéni pour accompagner la reine, l’administrateur se présenta au palais à minuit. La reine pleurait. Il lui donna le bras jusqu’au perron et l’aida à monter dans la chaise à porteur. Le départ eut lieu en pleine nuit, à une heure et demie du matin. La reine, sa famille, sa suite, les porteurs et l’escorte formaient un convoi de plus de sept cents personnes ». Source.

C’est le début d’un long voyage vers l’exil.

La reine, sa famille, sa suite, les porteurs et l’escorte forment un convoi de plus de 700 personnes, pour Tamatave. Un voyage d’une semaine.

Exil à La Réunion, Mars 1897- Novembre 1898.

« La reine s’installe à Saint-Denis dans la maison de la famille De Villèle, située à l’angle du boulevard Jeanne d’Arc (actuellement rue Lucien Gasparin) et de l’actuelle rue Roland Garros… Au cours de son séjour, la reine a effectué plusieurs déplacements dans la ville de Saint-Denis. Elle y aura laissé, d’après les chroniqueurs, une impression de douceur, de discrétion, de gentillesse et de nostalgie » JC Legros.

Ph. Source: Ranavalona III. R. Andriantsoa.

 Après presque deux ans d’exil à La Réunion (Mars 1897- Novembre 1898), Ranavalona a été envoyée en Algérie .

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Exil à Alger.

RANAVALONA III .Ph. Association Rakalobe-Histoire

La reine Ranavalo III. Ph. J. Geiser. Collection Eric Boulogne.

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Séjour à Arcachon : Été 1901

« La Reine de Madagascar Ranavalo (ou Ranavalomanjaka), en exil à Alger, a séjourné au Grand-Hôtel à Arcachon en Juillet 1901. Elle a choisi cette destination quand elle a appris que l’on y avait donné une pièce dont elle était l’héroïne. Sa nièce Marie-Louise l’accompagnait durant ce séjour.

Aimé Nouailhas de la Société Historique d’Arcachon et du Pays de Buch
a permis à Ranavalo, reine de Madagascar, de ne pas sombrer dans l’oubli ».

La Reine Ranavalona III et sa nièce Marie Louise à Arcachon.

Elle a séjourné au Grand Hotel d’Arcachon du dimanche 30 Juin au au jeudi 25 Juillet.

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 Ranavalo à Arcachon (extraits journaux)

1901 : Elle est là

Le 27 Juin la reine fut reçue à l’Hotel de Ville de Paris et le 28 Juin elle a été reçue par le Président de la République, Emile Loubet et son épouse. Le 29 juin, ce fut le départ pour Arcachon.

Elle est arrivée dimanche 30 juin à Bordeaux, gare St-Jean, par l’express de sept heures quatre du matin.
Ranavalo est descendue au Terminus où elle a pris un léger repas ; puis, à sept heures cinquante-sept, elle est remontée en wagon et est partie pour Arcachon avec sa suite.
Quelques curieux étaient sur le quai. Aucun incident ne s’est produit.
Par l’express de 9 heures 12, elle est entrée en gare d’Arcachon, accompagnée de sa tante, la princesse Ramassinraza, de la petite princesse Marie-Louise, de Mme Delpeux, gouvernante ; du docteur Ranaïvo, interprète, et de M. le lieutenant Bruyère, envoyé du gouvernement.
Sur le quai de la gare se tiennent le maréchal des logis et sa brigade, M. le Commissaire de police et ses agents, M. Ferras, directeur du Grand-Hôtel ; les membres de la presse locale et une assistance assez nombreuse.
A la descente du wagon, la reine, qui porte un manteau de voyage couleur beige, un chapeau mousquetaire à plumes noires, prend le bras du lieutenant Bruyère. La petite princesse Marie-Louise, nu-tête, sourit à la foule, à l’air très éveillé, et nullement effrayée par l’orage qui vient d’éclater avec pluie abondante. Elle donne la main à Mme Delpeux.
Pour gagner la cour de la gare, la reine traverse une foule nombreuse ; on se découvre, elle rend les saluts par une inclinaison de tête. Le docteur Ranaïvo donne le bras à la princesse Ramassinraza.
La reine monte dans le premier Landau avec les autres dames. M. le Commissaire de police monte sur le siège. Dans le deuxième landau prennent place M. le docteur Ranaïvo, M. le lieutenant Bruyère et M. Ferras.
Les voitures se rendent au Grand-Hôtel, où les appartements ont été retenus depuis l’avant-veille.

Grand-HôtelCet appartement est celui du second, dans l’aile Est, qui donne sur le bassin.
L’aspect de la reine est intelligent et même heureux ; sa physionomie indique qu’elle a conscience d’une certaine grandeur, son attitude et ses allures sont plutôt distinguées ; ses regards sont vifs, sa démarche est fière et ne manque pas de grâce.
Dans l’après-midi de dimanche, Ranavalo n’est pas sortie ; le temps était d’ailleurs très incertain. A deux heures, elle a demandé une tasse de thé ; à quatre heures, elle a reçu la visite du maire.

Lundi matin elle a reçu la visite du docteur Bourdier, recommandé sans doute par M. Veyrier-Montagnères ; dans la journée, la visite de la Comtesse du Bouzet.
Ranavalo et les cinq personnes qui l’accompagnent, déjeunent dans le grand restaurant vitré de l’aile Est du Grand-Hôtel ; elle voit de là les deux steam-yachts Sita à M. Leverd et Wild-Wave à M. de Georges.
Après déjeuner, elle joue quelquefois au billard.

Lundi, à 3 heures et demie, la reine et sa suite sont sortis en landau et en victoria, visiter le Casino, l’hôtel Continental en forêt, et la ville d’Hiver.
Grand Hotel du MoulleauMardi, la reine Ranavalo est allée prendre le thé à 3 heures de l’après-midi, au Grand-Hôtel de Moulleau. Ses promenades en voiture (et toujours accompagnée de M. le lieutenant Bruyère délégué du Ministre des colonies), durent une heure environ. D’ailleurs le temps, coupé d’ondées continuelles, est loin d’être agréable ces jours-ci. La petite princesse Marie-Louise est sortie avec Mme la Comtesse du Bouzet et sa fillette. Mme du Bouzet, qui avait connu Ranavalo à Alger, est autorisée à la voir, et lui avait envoyé, dès son arrivée, une belle gerbe de fleurs.
Le soir, après dîner, au grand-Hôtel d’Arcachon, l’Union Orphéonique dirigée par M. Chavan a chanté dans le Hall central de 9 à 10 heures : La Voix des Sapins de Paliard ; Les Pêcheurs de Rougnon ; Jalouse nuit, chanson du duc de Guise transcrite par Laurent de Rillé ; et Hymne à la nuit d’après Rameau, par L. de Rillé.
Ranavalo qui est musicienne et a un piano dans ses appartements, a applaudi ces quatre morceaux et remercie en français qu’elle parle très suffisamment. Sa tante Ramassinraza ne parle que malgache. La petite Marie-louise s’exprime très bien en français, mais tutoie toujours en parlant.
M. le lieutenant Bruyère assistait à cette audition musicale.
A dix heures, Ranavalo est remontée dans ses appartements.

Jeudi la reine a fait à pied de 10 heures à midi, une promenade sur la plage. Toujours gaie et souriante, elle aime beaucoup ces sorties pendant lesquelles elle se prête complaisamment aux indiscrétions des amateurs photographes.
Pour la première fois ici, elle a fait une promenade sur mer, à bord de la tillole Anne-Marie, patron Louis Beaupuy, matelot Duvaché.
Partie à trois heures avec sa suite, elle a visité le port de La Teste, est allée jusqu’à la place où se trouve la statue Jean Hameau. La population lui a témoigné des sentiments de respect que sa bonne grâce et son air affable ont toujours provoqué sur son passage.
Elle est rentrée à 6 heures au Grand-Hôtel, enchantée de son excursion.
(…)

(Avenir d’Arcachon N° 2535 du 07/07/1901)

La Reine Ranavalo – Le vendredi 5 juillet, la reine Ranavalo a fait, à pied, une promenade sur la plage de dix heures à midi. Habituée aux curiosités de la foule, elle prend part, avec beaucoup de naturel, à tous les petits jeux de la plage.
A trois heures, à bord de sa tillole attitrée, Anne-Marie, elle est allée visiter les parcs aux huîtres, où elle s’est fait expliquer la série de travaux que comporte l’industrie ostréicole. Les costumes des parqueuses très originaux et souvent très gentiment portés, l’ont beaucoup amusée.

Ces promenades journalières, soit en voiture, soit en bateau, semblent bien remplir le but qu’elle s’était proposé, de se reposer des fatigues de la capitale.
Dans toutes ses soirées, la princesse sa tante, le lieutenant Bruyère, et le docteur Ranaïvo, interprète, l’accompagnent. D’un aspect d’abord un peu froid, la princesse Ramassinraza sait, par la justesse de ses réflexions et un grand fond de bonté, conquérir l’estime de tout l’entourage de la Reine.
– Samedi matin, promenade sur la plage. Comme une dame braquait son objectif, la reine souriante lui dit :  » Ah ! je vois que vous voulez me photographier ; alors je ne bouge plus ! «  On n’est pas plus aimable.
A deux heures, le Maire est venu avec le steam-yacht Pi-Ouit de M. Picon, offrir à la Reine une promenade sur l’eau, lui faire visiter le Phare et le Cap-Ferret ; un lunch a été servi à bord.
A 6 heures, retour au Grand-Hôtel.

Ces jours-ci, la jeune princesse Marie-Louise a fait connaissance, au Grand-Hôtel, d’un petit ami, M. Henri H… de Montpellier. Elle s’amuse beaucoup avec lui et dit qu’elle ne veut plus le quitter.
Tous les jours, depuis samedi, la Reine et sa suite prennent leur bain dès 7 heures du matin.

Dimanche matin à 10 heures, Ranavalo est allée au temple protestant. Elle portait une très jolie toilette de satin noir, grand chapeau à plumes noires. Elle a été introduite au temple par M. Audap, vice-consul d’Angleterre.
Revenue déjeuner au grand-Hôtel, elle a joué ensuite une partie de dominos avec le jeune du Bouzet.
A deux heures, M. le maire est venu l’accompagner dans une visite à bord du Lysistrata, le lieutenant Bruyère était en uniforme.
Elle a été très gracieusement accueillie par M. Gordon-Benett qui lui a offert le bras, a fait servir un lunch, et après la visite l’a reconduite lui-même à terre.
Toujours accompagnée du maire, elle est allée visiter l’aquarium où elle a été reçue par M. le docteur Lalesque, président de la Société Scientifique. Des explications lui ont été fournies sur le musée par le docteur Sellier.

Ranavalo à l'aquarium

A sa sortie une foule considérable entourait la voiture. Le public saluait avec déférence.
A 4 heures et demie, Ranavalo prenait le thé à la villa Sélika, chez la comtesse du Bouzet et rentrait à 5 heures au Grand-Hôtel.
Le soir après dîner, elle a fait sa traditionnelle partie de dominos avec M. le lieutenant Bruyère et le docteur Ranaïvo.

Lundi matin à 10 heures, elle a reçu la visite de M. le général Bourdillon, visite qui a duré vingt minutes ; la conversation a roulé sur les charmes d’Arcachon au point de vue climatérique et pittoresque de la station balnéaire.

Mardi soir à 9 heures, dans le Hall du Grand-Hôtel, brillant concert auquel assistait la reine Ranavalo en jolie toilette de damas blanc relevé de dentelles, M. le lieutenant Bruyère, la princesse Ramassinraza, le docteur Ranaïvo, et dans une assistance de plus de cent personnes : familles de Gères, Léopold Escarraguel, Chabanneau, Tabuteau des Touches, Dignac de La Teste, baronne de Montalent, docteur et Mme Sémiac, marquise de St-Aulaire, docteur Pouys, Mme de St-Martin, M. et Mme Haguenot, M. de Koutousoff, Mme Zarifiopoulo, etc.
On a applaudi des meilleurs artistes de la station : Mlle Brianne qui a chanté Fabliau, de Paladilhe ; Un chagrin, d’Estainville, avec M. Ducaud-labadie ; le duo d’Hamlet, d’A. Thomas ; le duo de Thaïs, de Massenet, et avec Mme Blot, le duo de La Vierge, de Massenet. Mlle Blot a joué avec charme un morceau de mandoline. M. Ducaud a chanté : Pauvres fous, de Tagliafico ; l’air de Vulcain dans  » Philémon et Beaucis  » de Gounot ; le Bon Gîte de Déroulède. Mme Blot a chanté : Je suis à toi, de Gounot ; Sérénade, de Thomé ; Chagrin d’amour, de Martini ; Jérusalem, de Gounot. Accompagnement par M. Chavan et Mme Dasté.
Ce concert vocal et instrumental a pris fin à onze heures.

(Avenir d’Arcachon N° 2536 du 14/07/1901)

Il y a quelques jours, à bord du joli steam-yacht l’Oasis, la reine Ranavalo a fait une promenade sur le bassin, et s’est rendue à la villa Algérienne dont le propriétaire, M. Léon Lesca, lui a fait les honneurs, avec sa distinction et son affabilité habituelles.

OasisVilla algérienne

(Avenir d’Arcachon N° 2537 du 21/07/1901)

Dimanche 21 juillet, la Reine Ranavalo est allée en bateau faire le tour de l’Ile aux Oiseaux.
Lundi, l’ex-reine de Madagascar abandonnant pour un jour sa villégiature d’Arcachon, est allé visiter Bordeaux. A dix heures, le matin, une dépêche émanant du Grand-Hôtel d’Arcachon disait au restaurant du Capon-Fin d’envoyer à la gare St-Jean un landau, bon et confortable, au train qui arrive à onze heures trente-deux, puis de retenir une table de six couverts.

Après un excellent déjeuner, la reine et sa suite ont parcouru Bordeaux en voiture.
C’est d’abord le Grand-Théâtre qui a été visité ; puis les Quinconces, le Jardin-Public, la place Gambetta, la Cathédrale, le Pont, les Quais, etc.
Promenade que la reine a trouvée très agréable, d’autant plus qu’elle a pu l’effectuer dans l’incognito désiré. Elle est repartie pour Arcachon à cinq heures quinze par le rapide 69.

L'AlmaMardi Ranavalo a été déjeuner chez Mme la maréchale de Saint-Arnaud.
Parmi les convives : M. le Maire, comte et comtesse de Lestrange, docteur et Mme Bonnal, etc. Dans l’après-midi, elle a assisté au concert quotidien donné par l’orchestre du Casino au Grand-Hôtel.

Mercredi, veille du jour où prend fin sa villégiature à Arcachon, elle a distribué quelques photographies aux personnes qui lui ont été le plus sympathiques ; telles M. et Mme Léon Lesca, M. le général Bourdillon, Mme la comtesse du Bouzet, Mme Landru, Mme Ferras et à plusieurs dames du Grand-Hôtel. Ces photographies sont signées par elle : Ranavalona.

L’ex-souveraine avait demandé que la pièce dont elle faisait l’objet et qui fut jouée en 1896, au Grand-Théâtre, par l’école maternelle Engrémy. Le manuscrit n’existant plus, on lui en avait remis une analyse qu’elle s’est fait lire plusieurs fois, d’abord en français, puis en malgache pour en mieux pénétrer le sens. Certaine scènes l’ont beaucoup amusée ; les vers de la fin l’ont même touchée. De vive voix, elle a chaleureusement remercié l’auteur, Mlle Roumagnac, et lui a offert son portrait, au bas duquel elle a écrit quelques lignes aimables.

Jeudi 25 juillet, par l’expresse de 5 heures 7 après-midi, la reine a quitté Arcachon où elle espère, dit-elle, revenir, car elle en emporte un excellent souvenir.
Elle était accompagnée, du Grand-Hôtel à la Gare par M. le Maire et M. le général Bourdillon.
Beaucoup de monde sur le quai de la gare et devant le wagon-salon qui porte cette mention : « Réservé jusqu’à Marseille ».

A peine est-elle dans le wagon, qu’il lui est apporté une corbeille de fleurs naturelles donnée par le Grand-Hôtel, et aussi des gerbes et bouquets de fleurs offerts par des dames. Le train s’ébranle, la foule se découvre, on crie :  » Vive la reine ! «  . Celle-ci répond :  » Au revoir ! « 

Ranavalo se rend à Marseille où elle passera deux jours. Jusque là seulement elle est accompagné par MM. le lieutenant Bruyères et le docteur Ranaïvo, interprète, qui la quitteront à Marseille pour retourner à Paris, leur mission ayant pris fin.
Ranavalo s’embarquera le 28 pour Alger, où elle retourne habiter sa villa : Le Bois de Boulogne, située à Mustapha ; dans cette même province, où nous détenons un autre prisonnier illustre, Ham-Nghi, le roi de l’Annam.

(Avenir d’Arcachon N° 2538 du 28/07/1901)

Elle est partie

L’événement saillant de la saison estivale arcachonnaise, a été la visite de l’ex-reine de Madagascar. Cette dernière avait entre toutes les villes d’eaux françaises, choisi Arcachon comme séjour, pour les vacances que le Gouvernement lui offrait.
Nous nous faisons un plaisir de reproduire la poésie, qui lui fut adressée, à cette époque, pour une œuvre enfantine de l’Ecole maternelle Engrémy :

Salut, Ranavalo ! Salut gentille Reine !
Le soleil d’Arcachon, comme à Madagascar,
Fait briller sur tes traits ta Majesté sereine
Semant de diamants ta robe de brocart.

Nous aimons ta tournure et ta grâce onduleuse,
Ta noire chevelure et tes yeux noirs moqueurs,
Ton sourire d’enfant, ta taille harmonieuse,
Ton air affable et doux qui gagne tous les cœurs.

Tu trouveras chez nous la terre hospitalière,
Où toute âme grandit en pleine liberté.
Du palis somptueux et de l’humble chaumière
S’envole en chant d’amour ce cri : Fraternité !

Va ! Ne regrette rien. Sois à jamais Française !
Adopte les couleurs de notre cher drapeau.
Aime notre pays, car tout chagrin s’apaise ;
Le sceptre pour la femme est un bien lourd fardeau.

A toi, donc, les vertus qui donnent la vaillance !
Si tu veux d’heureux jours, au destin soumets-toi.
Et Reine par la grâce et par la bienveillance,
Tu verras tous les cœurs se soumettre à ta loi.

Du chaleureux accueil que l’on te fit en France
Garde, comme un joyau, le charmant souvenir.
Si notre sympathie adoucit ta souffrance,
$Sois une sœur pour nous, espère en l’avenir !

Souviens-toi quelquefois d’Arcachon la charmeuse,
Notre désir serait, nous t’en faisons l’aveu,
De te garder longtemps, aimable visiteuse,
Et de mettre en ton cœur un coin de son ciel bleu.

Une Arcachonnaise.

(Avenir d’Arcachon N° 2548 du 06/10/1901)

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Paris : Octobre, Novembre 1905

La Reine Ranavalona III avec sa nièce en 1905 à Paris.

Cet extrait du magazine Fémina de Novembre 1905 fait état du voyage dela reine Ranavalo à Paris en 1905 avec sa nièce la Princesse Marie-Louise.

MCM de Paris.

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Paris 1912

RANAVALONA III (1861-1917) dernière Reine de Madagascar

Souvenir reconnaissant pour la charmante réception du 9 Jllet 1912. Ranavalona»… photographie (par Jean Geiser à Alger) dédicacée: «à Monsieur et Madame Herriot. Souvenir. Ranavalona».

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Alger 

Ranavalona III..

 

« La dernière reine de Madagascar décède d’une embolie le 23 mai 1917 à Alger, à l’âge de 56 ans. Elle est alors inhumée au cimetière Saint-Eugène à Alger. Ce n’est que le 23 septembre 1938 que ses cendres sont exhumées pour être rapatriées à Madagascar, sur décision du Ministre des Colonies, Georges Mandel » Source.

« Le 23 septembre 1938, les restes de la reine furent exhumés et acheminés au port de Tamatave, par le bateau « Ville de Reims ». Le bateau entre dan le port de la Grande île et qu’un train spécial transporte son cercueil de Toamasina vers le tombeau des reines, au Palais de Manjakamiadana à Antananarivo le 30 octobre 1938. Ranavalona III, dernière reine de Madagascar, repose désormais dans le tombeau des reines, à l’intérieur du Manjakamiadana ». Eric BOULOGNE

Gallieni fait Maréchal à titre posthume (1921) était mort quant à lui le 27 Mai 1916 à Versailles.

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Les Reines de Madagascar.

VIDEO.

Parmi les cinq derniers souverains du Royaume de Madagascar, il y a eu quatre reines : Ranavalona Ière, Rasoherina, Ranavalona II et Ranavalona III. Bande sonore : Amboarapeo Tranovato Anjanahary Martiora. Enregistrement réalisé au Temple d’Anatirova le 6 novembre 2014.

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Couronne de la Reine Ranavalona III

Couronne de Ranavalona III

La couronne est maintenant dans un musée à Paris.

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 Médailles.

MADAGASCAR

Médaille de Récompense de Ranavalona III pour services rendus, instituée en 1884, en argent uniface, elle est constituée de deux flans sertis et liés par un fil torsadé sur la tranche, au centre une couronne royale rapportée surmonte la date 1884, entourée de la légende circulaire estampée sur deux cercles concentriques: la première «RANAVALOMANJAKA III MPANJAKA NY MADAGSKAR» [Ranavalona III reine de Madagascar], la seconde «MANOME ITY NOHINY NY SOA NATAO» [donne ceci pour services rendus], anneau de suspension, sans ruban, belle patine. De la plus grande rareté. Diamètre: 48 mm. Madagascar, vers 1884. TTB à SUP

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MADAGASCAR

Ordre de Ranavalona III, fondé en 1896, bijou d’officier, en vermeil et émail, poinçon à la tête de sanglier et marque du fabricant Chobillon au revers, ruban reconstitué à l’époque (décoloré). Rare. Largeur: 41 mm – hauteur: 69 mm. France, fin du XIXe siècle. TTB à SUP Note – Institué en mars 1896 par la reine Ranavalona III, et calqué sur l’ordre de la Légion d’honneur, cet ordre disparut l’année suivante avec l’annexion de Madagascar et l’exil se sa fondatrice.

 

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Manjakamiadana 

Rova Manjakamiadana 4

Rova 3

Rova 5

RANAVALONA III : LA DERNIERE MONARQUE DE MADAGASCAR(BIOGRAPHIE)/ Source (texte): Association Rakalobe-Histoire

Rova 2

Ph. MCM. Sept 2014

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NATIONALISME MALGACHE

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Rainibetsimisaraka, un des leaders des Menalamba

Le mouvement des Menalamba au début de la colonisation française

Par Rason | 18/07/2011

(MADA.pro) Les Menalamba (toges rouges) sont les premiers héros qui à Madagascar, luttèrent contre le système colonial français au nom du nationalisme malgache. Ce sont des héros souvent anonymes, issus des milieux paysans, pour prendre dans la lutte la relève des milieux dirigeants qui acceptaient la défaite.

L’insurrection des Menalamba (toges rouges) naît le 22 novembre 1895, jour de la Fête duFandroana(fête nationale) à Arivonimamo (bourgade située à une cinquantaine de kilomètres d’Antananarivo), dans un groupe de fortes têtes traditionnellement frondeur du pouvoir : les Zanak’antitra Elle gagne les confins Merina – Betsimisaraka menaçant de couper les communications avec Toamasina, les confins Nord – Ouest et Nord – Est de l’Imerina (groupes réputés maraudeurs des Manendy et des Marofotsy), enfin elle menace très sérieusement Antsirabe (siège du 25, 27 mai 1896) à partir des positions retranchées du Vakinankaratra et du Fisakana.

Elle touche ainsi des zones périphériques de l’Imerina central, zones de « marché » relativement peu intégrées dans un système politico- administratif qui donne le pouvoir à une oligarchie issue de la plaine d’Antananarivo. Dans ces zones, le pouvoir merina subsiste au XIXème siècle à condition de fermer l’œil sur bien des choses, et de s’enfermer dans des places fortes et des postes administratifs, tel Rabeony, ce gouverneur d’Ambatondrazaka qui pendant onze ans ne quitta pas une fois sa bourgade.

Dans chaque cas, il est possible de dénombrer les raisons variées de mécontentement de la population ; elles sont dues à la décomposition du régime dans les dix dernières années du pouvoir royal au moins autant qu’à l’occupation des étrangers.

Pour les confins Nord, le brigandage est incessant depuis 1890, mêlant soldats déserteurs, esclaves fugitifs, Sakalava habiles au vol de bœufs, corvéables échappés aux mines d’or de Maevatanana. Pour le Vakinankaratra et le Nord Betsileo, zone de recrutement des corvéables pour les mines d’or, zone de pillage attirant les groupes Bara et Sakalava qui ont rompu le barrage des garnisons frontalières merina, le soulèvement traduit la détresse d’une population rurale totalement désorganisée à la recherche de leaders locaux qui assurent une certaine protection. Les bandes de combattants ainsi formées, regroupent des vieux routiers du « fahavalisme » (grand banditisme) avec des paysans sortis du rang ou des petits notables villageois. Des phénomènes traditionnels se trouvent réactivés et englobés dans un mouvement très nouveau, aux objectifs multiples mais dont la raison d’être, d’après tous ses chefs, est de se refaire une patrie.

Une étude sociologique du recrutement de ces leaders reste encore à faire, pour autant qu’ils soient sortis de l’anonymat. Elle amènerait la révision de bien des idées toutes faites. Ce sont parfois des chefs locaux de clans (Arivonimamo), mais aussi des petits gouverneurs de province utilisant leur clientèle locale, d’anciens chefs de brigands (Ankaratra) ou de modestes instituteurs des missions (assassinat d’Escande et de Paul Minault à Ambatondradama – Ankaratra). La communication entre chefs s’établit par porteurs de textes écrits. Ils s’entourent de secrétaires même si par ailleurs ils font des feux de joie avec les Bibles dans les temples.

Deux fronts de lutte principaux : contre la puissance occupante, contre ses introducteurs ou agents (des éléments merina accusés de collaboration parce qu’ils sont chrétiens). Lefanjakana (administration) merina a été détruit car il avait perdu le soutien des ancêtres lors du baptême royal. Seul un retour aux sources religieuses peut lui rendre sa légitimité, lui permettre d’échapper aux charmes maléfiques des adversaires chrétiens, de redéfinir une patrie malgache dans l’opposition à l’Européen. C’est pourquoi les buts d’attaque des Menalamba sont surtout symboliques : bâtiments européens, livres religieux, temples et églises. Le 10 août 1896, on comptait 141 églises catholiques brûlés, 50 temples luthériens, 64 temples anglicans, 470 temples protestants de la LMS.

Les ambigüités sont donc nombreuses dans les sens que révèlent ces différentes revendications.

-Contre la centralisation merina et son réseau administratif ;

-pour la « libération » de la Reine ;

-pour un ordre politique à instaurer par des leaders locaux ;

-contre le christianisme apporté par les évangélistes ou catéchistes qui sont les agents des Européens ;

-contre la cupidité des classes dirigeantes qui, poussées par leur recherche inique de l’argent, ont vendu leur patrie.

La vie dans les camps nomades des Menalamba où la sagaie prime sur le fusil, formidables déplacements de partisans entraînant les paysans, leurs familles, ainsi que des troupeaux de quelques milliers de bêtes, est une résurrection extraordinaire de rites « païens », des systèmes d’alliance anciens (le fatidra ou le lien de sang), de la géopolitique de l’ancien roi Andrianampoinimerina, bref d’un héritage socio- culturel refoulé dans l’ombre sous la pression de l’école et des églises. Tout n’est pas refusé cependant du système merina : une hiérarchie militaire se reconstitue avec ses généraux, ses commandants. Il ne manque à ces mouvements qu’une tête (la Reine ou un prétendant légitime au pouvoir). Là réside, ainsi que dans la transhumance perpétuelle de ces camps où les non-combattants alourdissent les marches, la principale faiblesse de ces mouvements : la résurrection de la culture et de la société proclamée ne peut se faire qu’au bénéfice d’un souverain régénéré. Or, quoiqu’en disent les Français, la Reine et les milieux dirigeants ne répondront pas à cet appel de la base.

La bourgeoisie éclairée se réfugie dans les bras des Français, trouvant un bon prétexte dans le « paganisme » inadmissible et barbare des Menalamba. Or, ce paganisme n’avait nullement déserté les campagnes merina après la conversion royale au christianisme. Lesody (amulettes), les cultes des sampy(divinités traditionnelles) avaient survécu dans une clandestinité en fait admise par tous. On fermait les yeux. Dès lors, pourquoi ce « traumatisme » qu’invoqueront tant de citadins, sinon pour justifier la nécessité de la présence française, rempart de l’ordre social ! Mieux, les mêmes milieux suggéreront à Gallieni, une fois la Reine exilée, de transporter les corps des souverains morts depuis Ambohimanga jusqu’à Antananarivo, privant ainsi la ville sainte des Menalamba, de sa vertu sacrée. Acte habile et sacrilège qui, accompagné d’une répression très dure, atteignait les fondements de la revendication des Menalamba.

On peut s’interroger finalement sur l’ampleur limitée et les résonances vite éteintes d’un mouvement authentiquement populaire et dans lequel les innovations de la base témoignent sans cesse du courage, d’astuce, de vigueur. Son problème fut celui d’une absence de soutien par la tête : les élites nationales eurent peur et refusèrent tout sens positif au mouvement. Il fut aussi celui du mode d’insertion en milieu paysan. Les zones d’élevage semi nomade du Nord – Ouest et de l’Est soutinrent un mouvement où elles se reconnaissaient. Le Menalamba s’y fondit sans peine parmi les éleveurs de bœufs clairsemés, habitués à une justice expéditive, jamais christianisés. Passer en zone de riziculture signifiait non plus vivre avec, mais vivre sur la population. La nécessité d’un pouvoir politique fort sur la plaine et ses digues amenait chez les habitants la hantise des désordres et l’hostilité des fokonolona (communautés villageoises de base) s’était renforcée depuis 1884 à l’égard des étrangers au village. La participation des esclaves (non encore libérés) au mouvement semble avoir été faible dans une société où l’on souffrait moins, logé et nourri familialement, assimilé à un enfant, que libre mais astreint aux corvées incessantes de l’administration.

Plus généralement, l’échec du mouvement sur la plaine d’Antananarivo met en lumière le clivage socio- culturel entre la bourgeoisie christianisée ainsi qu’une bonne part des petits notables et le pourtour de l’Imerina (paysannat non christianisé et opprimé par la petite administration).

Le même clivage s’était déjà révélé dans le mêmes zones lors des soulèvements qui en 1863 accompagnèrent la mort de Radama II et entraînèrent la répression impitoyable de 1864 (Vakinankaratra, Imamo, Itasy).

Mais quelles sont les interprétations données par les contemporains au mouvement Menalamba ?

Le Président général Laroche refuse d’abord d’y voir autre chose que la présence traditionnelle desfahavalo (brigands). Puis voit un mouvement anti- chrétien, anti- européen partant de groupes paysans. Point de vue assez exact qu’il soutient sans succès.

Pour l’entourage du résident et les militaires, le gouvernement malgache est en accord secret avec l’insurrection. Les ordres partent d’en haut. Les Anglais et les grands pasteurs protestants soutiennent lesAndriana (nobles) qui sont « l’âme même de la révolte ».

Prise de position très orientée que reprendra Gallieni avec la déposition de la Reine, le procès inique fait à Ratsimamanga et Rainandriamanpandry.

Ces arguments qui ne sont étayés par aucune preuve sérieuse permettent de mettre en place Rasanjy, comme instrument de la politique française. Les Menalamba sont ainsi utilisés une première fois au service d’un certain « ordre franco- malgache ». L’unité « nationale » se refait contre eux.

Ils symboliseront donc le désordre social. On les intégrera dans les représentations théâtrales scolaires avec le felana (coquillage) au front et le cheveu hirsute : ils sont le « non civilisé », le brigand dont on déjoue finalement les embuscades.

L’influence des églises et des témoignages donnés par les journaux religieux accentue les traits noirs, maléfiques, voire diaboliques : ils ont détruit les livres saints, brûlé les églises, rançonné et réduit à l’esclavage les paysans. La revue protestante Teny Soa ne manque pas de signaler la participation de tel évangéliste à la « pacification » voire la création de tel ou tel petit poste militaire anti-Menalamba où la défense est dirigée par un pasteur. Du côté catholique, même apologie de l’ordre, même accent sur le rôle diabolique des Menalamba (symbolisé par le martyr du Père Berthieu).

Il faut attendre les nationalistes des années 1950, Ranaivo, Ralaimongo, pour voir revendiquer une communauté d’idéal avec le mouvement Menalamba. Encore ceux-ci sont-ils présentés comme poussés par des provocateurs.

Enfin, avec l’Indépendance en 1960, on ose ouvertement et sans complexe attirer l’attention sur ce qui est devenu, avec le temps non plus une masse d’hommes en chair et en os, mais un vague arrière fond sentimental, une notion imprécise mais commode car elle permet d’établir une « tradition » de nationalisme de 1896 aux années soixante, donc de combattre indirectement les propos des mauvais esprits au sujet d’une indépendance octroyée plutôt qu’acquise au prix du sang.

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Jacques Ramasinoro peintre d'Ambodifahitra/Ambohimanga.

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Le Gl Gallieni. Fait prisonnier en Allemagne en 1870. Humilié une seconde fois par les Allemands en 1916. Ranavalona III.

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Guerre et pacification: les « pleins pouvoirs » du général Gallieni (1896 – 1905).

Joseph Gallieni est un jeune saint-cyrien de 21 ans quand il prend part à la guerre franco-allemande de 1870. Il est versé dans la Division bleue de l’infanterie de marine. Fait prisonnier à la terrible bataille de Bazeilles, des 31 août et 1er septembre 1870, il connaît six mois de captivité en Allemagne. Ce sentiment d’humiliation, pour une génération qui a grandi dans les souvenirs victorieux des guerres de Crimée et d’Italie, est pour beaucoup dans sa conversion à l’Outre-Mer.

Capitaine en 1878, il est envoyé en Afrique où il obtient la signature d’un traité accordant à la France l’exclusivité du commerce dans le haut Niger (1881). Il passe deux années au Tonkin (1893-1895), avant d’être nommé à Madagascar dont il est résident puis gouverneur général de 1896 à 1905.

En août 1914, il est nommé gouverneur militaire de Paris; l’épisode des taxis de la Marne achève de faire sa légende en France. Ministre de la guerre de 1915 à 1916. Il meurt la même année. Il est nommé maréchal à titre posthume en 1921.

En juillet 1896, Gallieni soigne ses fièvres dans la petite station de Siradan, lorsque le ministre des colonies, André Lebon, le supplie d’interrompre son congé pour sauver Madagascar, occupé depuis un an à peine par les hommes du général Duchesne. Voici le récit du ministre lui-même(1):

«Si vous refusez d’aller pacifier notre grande colonie africaine, elle est perdue pour nous.

— J’y vais, décide le colonel.

— « Général », lui annonce le ministre, vous réunirez en vos mains tous les pouvoirs civils et militaires. Quelles troupes voulez-vous amener en sus du corps d’occupation ?

— Je ne demande qu’un bataillon de la Légion, afin de finir proprement s’il fallait succomber là-bas.»

En métropole, nous l’avons vu, tant que les pertes militaires restent limitées et que le succès est au rendez-vous, le consensus populaire est fort et le soutien parlementaire presque unanime.

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Gallieni est assis au centre. Image extraite de: Louis Brunet, L’œuvre de la France à Madagascar: la conquête – l’organisation – le général Gallieni, Paris, Challamel, 1903.

Image extraite de: Général Gallieni, Neuf ans à Madagascar, Paris, Hachette, 1908.

Deux fois battu par les Allemands.

Un héros ?

« Il est nommé maréchal à titre posthume en 1921 ». Grâce aux alliés (Etats Unis, Canada, Australie… et surtout les troupes coloniales africaines et malgaches), la France retrouve son indépendance en 1918. Les Africains et les malgaches ont payé un lourd tribut en terme de pertes humaines, pour que les français puissent se glorifier de nouveau. Deux guerres mondiales gagnées par une coalition… INTERNATIONALE contre le nazi. Non par l’armée française, vaincue et  humiliée.

Notre Reine retenue en exil (Alger), et les dures répressions quant aux demandes des nationalistes malgaches (VVS, et 90 000 victimes en 1947). Puis bien plus tard, le Gl De Gaule qui occorde une « liberté déguisée » aux colonies du continent noir et de Madagascar. C’est le néo-colonialisme, une forme d’esclavagisme moderne, qui ne dit pas son nom.

Et qui perdure sous le nom de Françafrique.

Tout cela est bien triste et quelque part risible et « comique ». Héros ? MCM

FAMONOANA HASINA NATAON’i GALLIENI

 

Izao hita amin’ny sary izao (noesorina !!!)nataon’i Joseph Gallieni sy ireo mpamadika tanindrazana, tamin’ny fametavetana sy famonoana ny hasin’ny firenena.
Fanotàna fady sy fanaovana maloto ny Rova sy ny raza-masina sisa no hany heriny nentina nanoherana ny tolon’ireo tia tanindrazana. Tsy maintsy nahetry mantsy ny hasin’ny vohitra Ambohimanga sy Manjakamiadana mba nentina namotehana ny fanajan’ny vahoaka azy sy nentina nampihena ny herin’ny Menalamba nanerana ny nosy izay mbola niantehatra tamin’ny herin’ny razamasina.


Ny 13 Martsa 1897 no nofongarina teny Ambohimanga ny taolam-balon’Andrianampoinimerina sy Ranavalona I ary Ranavalona II ka
nafindra teny amin’ny Rovan’i Manjakamiadana. Nofongorina toy izany ihany koa ny razana rehetra tao amin’ny fasana avaratry ny Rova izay fasan’i Radama rainy naorina tamin’ny 1828,
sy ny fasana faharoa nisy ireo mpanjaka vavy nisy an-dRasoherina, naorina tamin’ny 1868.


Naboridana ireo razana rehetra ireo ka nesorina avokoa ny firavaka sarobidy sy fitaovana sarobidy niaraka taminy, ny sasany
tamin’ireo firavaka ireo ihany anefa no mody naranty tao amin’ny mozea rehefa navadika ho mozea ny Rova taty aoriana kely.
Natambatra tao amin’ny fasan-dRadama moa ny mpanjaka lahy ary ny mpanjaka vavy kosa tao amin’ny fasan-dRasoherina avy eo.

Notre Reine.